SPACE COWBOY

Disponible depuis deux mois dans les bacs, le Blu-ray du OUTLAND de Peter Hyams constitue une bonne occasion de revoir cette jolie petite réussite de la SF, pérennisée par un succès jamais vraiment démenti en vidéo.

Lorsqu’on regarde sa filmographie, peuplée principalement de films sans aucune personnalité voire de nanars pas piqués des hannetons, on ne peut pas vraiment dire que Peter Hyams aura marqué l’histoire du cinéma. Et pourtant, au tournant des années 70-80, celui à qui on allait pas tarder à confier la suite du 2001 de Kubrick signa deux films de science-fiction remarqués : CAPRICORN ONE et OUTLAND (titré à l’époque OUTLAND …LOIN DE LA TERRE). Surprise : ce dernier, remake officieux d’un classique westernien, le très surfait LE TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS de Fred Zinnemann, se laisse encore voir aujourd’hui et confirme le bon souvenir que l’on avait de ce petit classique de la SF eighties. Dans le rôle du marshall O’Niel, un cowboy de l’espace confronté à une série de morts étranges au sein d’une colonie minière située sur une lune de Jupiter, Sean Connery, le poil fourni et le shotgun chatouilleux, s’avère en parfaite adéquation avec l’univers du film. Car c’est en affichant des ambitions plus modestes que le film de Zinnemann, parabole un brin lourdaude et démonstrative sur le maccarthysme, que OUTLAND gagne ses galons d’honnête série B spatiale. Le rôle de Connery, plus badass et moins geignard que celui de Gary Cooper, permet ainsi au film de se recentrer sur l’action et sur l’enquête jusqu’au-boutiste d’un homme intègre seul contre tous. Mais curieusement, si le film de Peter Hyams n’accuse pas trop le poids des années, c’est surtout à cause d’éléments certes typiques de son époque mais néanmoins garants d’une certaine qualité narrative aujourd’hui plus difficile à dénicher.

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Héritier de la SF des années 70, celle qui va, en gros, de SOLEIL VERT à ALIEN, OUTLAND reprend de cette glorieuse lignée ses ambiances (production design techno-industriel, lumières réalistes, son aseptisé, musique aussi minimaliste qu’angoissante de Jerry Goldsmith, maquettes soignées, etc.), ses penchants pour les élans horrifiques soudains (voir les explosions de corps peu ragoûtantes dues à la dépressurisation) mais aussi ses personnages non-formatés, comme le prouve le sidekick inattendu campé par une Frances Sternhagen impeccable en quinquagénaire austère mais courageuse. Bref, s’il n’a rien d’original, le western SF de Hyams s’impose comme le réceptacle humble et efficace d’une époque révolue, où les films de studio savaient jouer la carte de l’inattendu, et affirme du même coup sa propre pérennité par la singularité même de ces composants. En un mot comme en cent, de quoi passer un bon moment. Le film, régulièrement édité en vidéo, bénéficie enfin d’une copie satisfaisante (si l’on excepte un début plutôt inquiétant), qui se rapproche sans doute beaucoup mieux de l’expérience vécue en salles à l’époque. Les suppléments, eux, ne font pas dans l’exhaustif (en même temps, pourrait-il en être autrement sur un titre comme celui-ci ?) mais proposent néanmoins, outre la sempiternelle bande-annonce, un instructif commentaire audio (non sous-titré), dans lequel Peter Hyams revient en détail sur sa collaboration avec Sean Connery et sur la confection du film. À l’écoute, impossible de remettre en cause, sur ce projet spécifique, la passion et l’implication du cinéaste, qui était alors plus proche du solide artisan que du shooter impersonnel qu’il allait devenir par la suite.

En bonus (dénichés par Julien DUPUY) : Une page qui recense les miniatures de Martin Bowers, une adaptation en BD par Jim Steranko parue dans MÉTAL HURLANT à l’époque de la sortie du film, et enfin une explication en vidéo du système Introvision, inauguré sur OUTLAND.

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RÉALISATION Peter Hyams
SCÉNARIO
Peter Hyams
PRODUCTION
Richard A. Roth
MUSIQUE
Jerry Goldsmith
AVEC Sean Connery, Peter Boyle, Frances Sternhagen, James B. Sikking, Kika Markham…
DURÉE 109mn
ÉDITEUR
Warner Bros
DATE DE SORTIE
En salles en France : le 2 septembre 1981. En Blu-ray : le 17 octobre 2012.
BONUS
Commentaire audio de Peter Hyams
Bande-annonce

3 Commentaires

  1. Fest

    Merci, j’hésitais justement à choper le Blu-ray de ce sympathique petit film… Par contre revu récemment – juste après 2001 – 2010 qui m’avait impressionné en salle et en fait j’aurais pas dû… Incroyable comme le Kubrick supporte mieux le poids des ans !

  2. opop

    OUTLAND est un chef d’oeuvre. Et le blu-ray ENTERRE le dvd tout crado sorti il y a huit mille ans.

  3. Dr Sature

    J’ai acheté le BD américain quand il est sorti l’été dernier et j’ai racheté l’édition fr à la rentrée. c’est le même mais je m’en fout. C’est une sauvegarde, on sait jamais…. J’aime ce film.

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