L’ÉTERNITÉ ET UN JOUR

Cette semaine, cela fait très exactement 25 ans que Sergio Leone nous a quittés, emporté par une crise cardiaque à l’âge de 60 ans le 30 avril 1989. Étant donné l’influence majeure que le cinéaste a eu sur ses pairs, comme sur ses spectateurs, il nous semblait légitime de lui rendre un nouvel hommage et de cerner ce qui fait encore aujourd’hui la modernité de son cinéma.

Au même titre que Stanley Kubrick ou Steven Spielberg, il n’y a qu’un seul cinéaste de la trempe de Sergio Leone. Le style cinématographique novateur et le point de vue unique du réalisateur italien sur le western ont instantanément marqué les esprits au point de donner naissance au « western spaghetti », un genre qui perdure encore aujourd’hui dans le cœur des cinéphiles. Mais la place évidente qu’il occupe dans le septième art lui a longtemps été reprochée de son vivant, et ce dès le succès sans précédent de POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS. Que ce soit à l’époque du BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, d’IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST ou encore d’IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE, trois titres majeurs considérés aujourd’hui comme ses plus grands films, Sergio Leone a toujours eu maille à partir avec une frange de la critique, qui lui a régulièrement reproché son maniérisme et sa supposée distanciation. Cinéaste latin par excellence, Sergio Leone a pourtant toujours été animé par une passion dévorante, au point d’être même grandement affecté, sur le plan physique, par les réceptions parfois désastreuses de ses œuvres au sein de l’industrie du cinéma. Réceptif à cette nouvelle façon de filmer l’Ouest américain, à son style opératique et musical intense, à son rythme tour à tour lancinant, puis nerveux, et aux nombreuses icônes du cinéma qu’il a contribué à créer, le grand public ne s’y est pourtant pas trompé : grâce au poids des années et au triomphe qu’il a fait à chacun de ses films, il a permis à Sergio Leone de marquer l’histoire du cinéma avec un grand H, et surtout avec un grand C.

L’ironie de la situation veut que Sergio Leone n’ait jamais mis les pieds en Amérique avant de tourner POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS à Almeria en Espagne, et de redéfinir ainsi le western – genre américain par excellence – aux yeux du grand public. Sa passion pour l’Ouest sauvage et sa propension à déconstruire les codes cinématographiques du western auront-ils suffi à faire de lui le nouveau maître du genre ? Non, car même s’il reconnaît l’influence des grands ténors que sont John Ford, Howard Hawks ou Budd Boetticher, Sergio Leone développe une vision beaucoup plus crue et réaliste du western. Cette notion ne s’applique pas uniquement aux décors et aux costumes, mais également aux valeurs généralement mises en avant par le genre, du moins tel qu’il est conçu dans le cinéma américain. Chez Sergio Leone, la noblesse et la droiture des cowboys tels qu’ils sont incarnés par John Wayne et ses pairs n’ont pas le droit de cité, puisque même les personnages de « bons » incarnés par Clint Eastwood n’hésitent pas à manigancer ou à tirer dans le dos pour arriver à leurs fins. Une vision aussi magnifiée, mais surtout aussi pessimiste, de l’Ouest sauvage n’est pas vraiment anodine. Pour avoir grandi en Italie, entre les deux grandes guerres et dans un environnement propice au cinéma (c’est un enfant de la balle), Sergio Leone s’est souvent perdu dans la fiction, comme il l’explique lui-même :

« J’ai grandi avec le cinéma. Mes parents travaillaient dans le cinéma. Ma vie, mes lectures, tout ce qui m’entoure est lié au cinéma. Pour moi, le cinéma, c’est la vie. Et inversement ».

Sa haine du fascisme – qui gangrène alors son pays – le pousse à développer une fascination pour l’Amérique qu’il entrevoit, à l’instar de beaucoup de gens de sa génération, comme le symbole d’une liberté qui lui est refusée chez lui. Une perception qui change à l’âge de 14 ans, lorsque les soldats américains entrent dans Rome en 1943 :

« Pendant mon enfance, mon intérêt pour l’Amérique était presque religieux. Puis de véritables Américains sont entrés dans ma vie – en Jeep ! – et ont saccagé tous mes rêves. Je les trouvais très énergiques, mais très décevants malgré tout. Ce n’était plus des figures de l’Ouest avec lesquelles j’avais grandi, mais de simples soldats comme les autres, si ce n’est qu’ils étaient victorieux, donc matérialistes, possessifs et très enclins à profiter des plaisirs d’autrui ».

Cette expérience très personnelle nourrit, entre autres, le point de vue artistique du cinéaste, point de vue qui lui sera maintes fois reproché, notamment par certains critiques qui le taxeront régulièrement de cynisme et de misanthropie. D’autres amateurs plus perspicaces relèveront l’approche à la fois analytique et personnelle mise en place par le cinéaste pour pousser le western dans des contrées inédites, et parfois même dans ses derniers retranchements. D’ailleurs, le philosophe Jean Baudrillard ne s’y trompera pas lorsqu’il déclarera que Sergio Leone est probablement le premier cinéaste postmoderne. Il fallait au moins ça pour redéfinir un genre jusqu’alors considéré comme moribond.

Un soleil de plomb, un poncho, un cigare, un gros plan sur le regard minéral de Clint Eastwood, un cadre en CinémaScope cadré au millimètre, la musique d’Ennio Morricone… En quelques notions stylisées qui relevaient du jamais vu à l’époque, Sergio Leone a changé le visage du western à tout jamais. Et comme c’est souvent le cas pour les cinéastes novateurs, beaucoup lui ont reproché de privilégier la forme au détriment du fond. Il ne s’agit pas seulement des critiques, mais aussi de certains de ses collaborateurs, comme c’est le cas de Clint Eastwood :

« Les vraies vedettes de ses films étaient les innovations techniques : le son, l’éclairage qui n’est pas plat mais au contraire plus stylisé. C’est le style qui prime chez lui ».

Certes, la forme novatrice de Sergio Leone saute aux yeux. Mais elle sert surtout à magnifier les différentes thématiques évoquées par le réalisateur au fil de sa carrière, comme la fin d’une époque dans IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST par exemple. Grand cinéphile et amateur de westerns américains, Sergio Leone est probablement le premier réalisateur à reconnaître publiquement ses influences directes et à les citer d’ailleurs de manière explicite dans ses œuvres, y compris quand elles ne concernent pas directement le genre du western : POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS s’inspire de façon très marquée de YOJIMBO, réalisé par Akira Kurosawa quelques années auparavant, en reprenant distinctement la même trame et la transposant du Japon féodal à l’Ouest américain. Au fil de sa carrière, Leone continue de se nourrir de l’esthétique de ses films favoris pour la détourner de façon opératique et tragi-comique, à la fois dans la composition du cadre, dans l’aspect romantique de la musique et dans la construction de ses personnages principaux. Un mélange des genres déroutants, mais salvateur, comme l’explique le cinéaste :

« Dans les films d’aventure, en particulier les westerns sérieux, les réalisateurs ont peur de faire rire le public, de permettre à l’esprit picaresque d’empiéter sur le tragique. Le genre picaresque ne se limite pas exclusivement à la tradition littéraire espagnole comme Don Quichotte : il existe des équivalents en Italie, comme la Commedia dell’arte qui n’a pas de véritable héros. Prenez Arlequin dans la comédie de Goldoni : il sert deux maîtres et c’est un voleur. Il se vend à l’un puis à l’autre alternativement. Ce n’est pas un « vrai héros », à l’image de Clint Eastwood dans LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND. Une fois de plus, il y a dans mes antécédents culturels des influences qui n’ont rien à voir avec le western ».

Cette approche à la fois thématique et esthétique permet à Sergio Leone de se distinguer, à tel point que la tonalité ironique de ses films sera perçue par certains comme la fin d’un cinéma plus traditionnel et porté par des sentiments plus nobles. Une assertion à moitié vérifiée, car le talent de Sergio Leone, ainsi que son respect pour ses maîtres, aura effectivement permis de voir émerger un cinéma plus moderne. Mais les vrais classiques sont toujours là, et ils sont indémodables.

Il faut comprendre que Sergio Leone ne détruit pas ses icônes par simple souci de nihilisme, mais au contraire pour appuyer un propos spécifique. À ce titre, même si l’anecdote suivante a fait le tour du monde, elle s’avère parfaitement révélatrice de la tournure d’esprit du cinéaste : en écrivant la séquence d’ouverture d’IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST, durant laquelle « l’Homme à l’harmonica » (Charles Bronson au sommet de son charisme) abat les trois hommes qui l’attendent à la gare, Sergio Leone a pensé à Clint Eastwood, Eli Wallach et Lee Van Cleef pour incarner les trois pistoleros qui vont justement essuyer les tirs du personnage principal. L’idée pour le cinéaste est évidemment de prendre les trois interprètes de son précédent film, LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, et de leur faire mordre la poussière à l’écran, à la fois pour surprendre le spectateur mais également pour signifier d’entrée de jeu, dans une logique évidemment postmoderne, l’aspect terminal de ce nouveau western. Si l’idée amuse beaucoup Wallach et Van Cleef, elle est tuée dans l’œuf par le refus de Clint Eastwood, qui ne voit pas « le côté amusant de la chose » selon Leone. Évidemment, cette petite formule pour expliquer la défection d’Eastwood est l’arbre qui cache la forêt : en faisant mourir les protagonistes de son précédent film d’entrée de jeu, Sergio Leone aurait encore plus clairement signifié la thématique d’IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST, qui relate par la création du chemin de fer la fin d’une époque dans l’Ouest américain. Toutefois, la position de Clint Eastwood est compréhensible, puisqu’il ne souhaite pas forcément se débarrasser du personnage qui a fait de lui une star, tout simplement « pour le côté amusant de la chose ». Il faut dire que Leone a le chic pour trouver les acteurs adéquats et faire ressortir leur charisme en quelques images, au point de leur offrir certains de leurs rôles les plus marquants. Ainsi, c’est en tournant avec lui que Charles Bronson accède enfin au statut de star, après avoir passé des années à incarner des seconds rôles de haute volée dans des classiques hollywoodiens tels que LES SEPT MERCENAIRES ou LES DOUZE SALOPARDS. Et c’est en incarnant le terrifiant Frank, son premier « méchant », que Henry Fonda livre l’une de ses prestations les plus emblématiques dans IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST :

« J’ai réfléchi à la façon dont je pourrais interpréter ce rôle de méchant. Je suis allé voir un optométriste pour me faire fabriquer des lentilles de contact noires, et je me suis laissé pousser la moustache, pour me donner l’air méchant. Mais en arrivant à Rome, Sergio s’est écrié d’un air horrifié : « Enlevez-moi ça ! ». Il tenait à mes yeux bleus, à mon visage. Rappelez-vous la première scène. La caméra pivote très lentement jusqu’à ce que l’on reconnaisse le tueur. Sergio Leone voulait que le public retienne son souffle : « Seigneur, c’est Henry Fonda ! »»

Certain de ses effets, Sergio Leone ira même jusqu’à déclarer qu’un acteur comme Clint Eastwood n’arbore que deux expressions faciales : « avec et sans le chapeau ». Oui, le cinéaste fait des merveilles avec un poncho, un cigare et quelques gros plans, mais l’histoire du cinéma ne lui donne pas forcément raison en ce qui concerne le statut de celui qui a incarné pour lui le célèbre « Homme sans nom ». Les deux hommes n’auront peut-être pas toujours été tendres vis-à-vis l’un de l’autre par voie de presse interposée après avoir mis un terme à leur collaboration, mais Clint Eastwood lui-même n’oubliera jamais ce qu’il doit à Leone, notamment en lui dédiant le superbe IMPITOYABLE en 1992.

Au lendemain du succès fracassant de POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS, Sergio Leone a rapidement développé une réputation de cinéaste perfectionniste et tyrannique, de celles qui collent aux plus grands maîtres de l’histoire du cinéma. Rigoureux, exigeant et féru de technologie, il développe une méthodologie particulière et à contre-courant de son époque, n’hésitant pas à tourner à l’aube en commençant par les prises de vue en grand angle, pour finir généralement au coucher du soleil avec ses célèbres gros plans. Bon nombre de ses collaborateurs rapportent d’ailleurs qu’il n’avait que faire des complaintes de l’équipe du film tant qu’il n’avait pas réussi à tourner tout ce qui était prévu sur le plan de travail, quitte à épuiser les techniciens avec des journées de 15 à 18 heures d’affilée. Le comédien Eli Wallach évoque même ses premiers pas sur le plateau du BON, LA BRUTE ET LE TRUAND en précisant que Clint Eastwood l’a mis en garde sur une chose, une seule, à savoir les explosifs, étant donné que Leone aimait placer ses acteurs au plus près de l’action. Au fil des projets, le perfectionnisme de Leone s’est amplifié, et celui-ci ira même jusqu’à employer des techniques de tournage inédites pour obtenir ce qu’il souhaite. Déjà sur le plateau de POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS, il décide de diffuser la musique qu’Ennio Morricone aura composée et enregistrée au préalable, afin de dicter l’ambiance du film aux techniciens, et surtout d’influer sur la gestuelle des comédiens et de caler le rythme de sa mise en scène. De même, sur le tournage d’IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST, la musique de Morricone sert carrément à caler le mouvement de grue qui suit le personnage de Claudia Cardinale, lorsque celle-ci traverse la gare pour arriver en ville ! Ce perfectionnisme ne concerne d’ailleurs pas uniquement le tournage de ses films, mais également leur développement. Dans le cadre du BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, Leone fait énormément de recherches et découvre qu’une seule grande bataille aura eu lieu au Texas pendant la Guerre de Sécession. L’épisode n’a jamais été exploité dans le cadre d’un western américain, et le cinéaste surprend même les documentalistes de la bibliothèque du Congrès à Washington, à qui il apprend que l’événement historique a bien eu lieu en leur demandant de la documentation sur le sujet. Mais c’est évidemment IL ÉTAIT UNE FOIS EN AMÉRIQUE, son dernier film, qui accapare toute son attention, et ce pendant quinze longues années. Pour cette adaptation longtemps repoussée du roman The Hoods de Harry Grey, Sergio Leone refuse ainsi la proposition d’adapter LE PARRAIN, et travaille avec pas moins de sept scénaristes au fil des années, afin de concrétiser ce qu’il espère être son œuvre la plus aboutie. Après moult problèmes liés à la production et au choix des acteurs (il en auditionne 3 000 !) Leone est enfin en mesure de commencer le tournage au début des années 80. Celui-ci durera plus de dix mois, entre l’Italie et l’Amérique du Nord et s’avèrera très physique pour Leone, qui fait d’ailleurs lui-même tous les repérages afin de trouver les décors parfaits. L’incroyable implication du cinéaste au fil des années est incontestable (le film est un chef-d’œuvre), mais elle a un prix : après le remontage américain du film et sa réception désastreuse au festival de Cannes, Sergio Leone, épuisé et meurtri, est victime d’une crise cardiaque qui manque de lui coûter la vie. Il ne tournera malheureusement plus aucun autre film, malgré ses nombreux projets.

Sergio Leone est parti trop tôt, emporté par une seconde crise cardiaque en avril 1989, à l’âge de 60 ans. Il a laissé derrière lui une kyrielle de projets qui ne seront jamais tournés, et dont le plus imminent aura été son film de guerre LES 900 JOURS DE LENINGRAD, dont on sait qu’il devait s’ouvrir sur un plan séquence ébouriffant. Sur les sept films pour lesquels il est crédité en tant que réalisateur, trois comptent parmi les œuvres les plus influentes de l’histoire du cinéma. Beaucoup de cinéastes se réclament évidemment de son style, sans jamais parvenir à l’égaler, que ce soit dans le cadre d’un hommage ou d’une parodie. Pourtant, certains réalisateurs ont su capter son essence pour la retranscrire dans des projets personnels, comme John Carpenter sur des films comme NEW YORK 1997 ou VAMPIRES, dans lesquels il reprend d’ailleurs les interprètes de Sergio Leone, Lee Van Cleef et James Woods. Quentin Tarantino va encore plus loin et revendique également cette influence, à travers l’utilisation de compositions d’Ennio Morricone évidemment dans KILL BILL, dans le rythme à la fois lancinant et percutant de certaines de ses séquences, mais aussi et surtout dans la façon dont il met en scène sa propre carrière, dans une logique postmoderne presque terminale : après tout, comme Sergio Leone, Quentin Tarantino s’est fait connaître en assumant lui aussi ses influences, et en révolutionnant le polar avec RESERVOIR DOGS, qui emprunte énormément au CITY ON FIRE de Ringo Lam, de la même manière que POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS a pu émuler le YOJIMBO de Kurosawa. Mais c’est Sam Raimi qui se frotte directement au maître avec le western MORT OU VIF, dans lequel sa mise en scène virtuose extrapole sur celle de Sergio Leone, en poussant ses expérimentations stylistiques encore plus loin. On l’a déjà dit : il n’y a qu’un seul cinéaste de la trempe de Sergio Leone. Mais une chose est certaine : avec de tels disciples, son esprit perdure encore dans le cinéma contemporain, même 25 ans après sa disparition.

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Notre texte sur MORT OU VIF de Sam Raimi

Remerciements particuliers à David Kuhn.

3 Commentaires

  1. exarkun

    Texte passionnant et parfait.

  2. Arno

    +1
    Sauf pour Mort ou vif, j’insiste. Ce style de Raimi ne s’y prêtait pas. + Gene Hackman en mode Impitoyable, + un shérif noir – ben voyons ! – etc. Di caprio y était excellent.

    Sur Leone, le bouquin de de Christopher Frayling « Il était une fois en Italie » est ma bible.

  3. jo

    « Sa haine du fascisme… »

    Qui ne l’empêchera pas quelques années plus tard de collaborer de très prêt avec le régime franquiste qui mettra à sa disposition des centaines de soldats, notamment pour la scène du pont du Bon la Brute le truand…

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