HOMMAGE À JAMES GARNER ET ÁLEX ANGULO

Deux grands acteurs nous ont quittés ce week-end. Une star hollywoodienne et une gueule du cinéma espagnol. Dernier coup de chapeau à deux personnalités à part qui auront su prendre leur place à leur manière dans l’histoire du cinéma.

Le physique de grand gaillard charismatique de James Garner s’était d’abord fait remarquer à la télévision américaine avec la série western MAVERICK, dont il incarnait le héros charmeur et malin, avant d’attaquer une carrière cinéma riche et variée. On l’aperçoit dans le drame LA RUMEUR de William Wyler, en fiancé d’une Audrey Hepburn accusée d’aimer secrètement Shirley MacLaine, ou le film de guerre LA GRANDE ÉVASION de John Sturges, dans lequel il campe un aviateur américain enfermé dans un camp de prisonniers allemand, qui prend sous son aile un compagnon aveugle interprété par Donald Pleasence. On le voit ensuite occuper la tête d’affiche dans les westerns LA BATAILLE DE LA VALLÉE DU DIABLE de Ralph Nelson et SEPT SECONDES EN ENFER de John Sturges (dans lequel il incarne le célèbre shérif Wyatt Earp), le film sportif GRAND PRIX de John Frankenheimer, le polar LA VALSE DES TRUANDS de Paul Bogart, où il interprète le détective Philip Marlowe et donne la réplique à Bruce Lee. Après un retour à la télé dans les années 70, il revient au cinéma avec VICTOR VICTORIA de Blake Edwards, pour qui il tournera également MEURTRES À HOLLYWOOD, où il reprendra le rôle de Wyatt Earp aux côtés de Bruce Willis dans le rôle de Tom Mix. En 1985, il est nominé à l’Oscar du meilleur acteur pour MURPHY’S ROMANCE de Martin Ritt. Un peu plus en retrait ces vingt dernières années, on l’avait vu toutefois dans la version cinéma de MAVERICK, aux côtés de Mel Gibson, dans SPACE COWBOYS de Clint Eastwood (qui n’était pas rancunier puisque Garner lui avait mis une raclée dans la série MAVERICK, à l’époque où il n’était encore qu’un jeune aspirant comédien) et N’OUBLIE JAMAIS de Nick Cassavetes. Il est décédé à l’âge de 86 ans dans sa demeure de Los Angeles.

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L’Espagnol Álex Angulo, lui, n’aura pas eu une carrière aussi longue mais aura durablement marqué les cinéphages par ses prestations habitées chez le cinéaste Álex de la Iglesia, notamment dans les deux films qui l’ont révélé dans la première moitié des années 90, ACTION MUTANTE et LE JOUR DE LA BÊTE, dans lequel il incarnait l’inoubliable curé Ángel Beriartúa, lancé à la poursuite de l’Antéchrist. Très populaire à la télévision espagnole et toujours prêt à enchaîner les courts-métrages de jeunes réalisateurs, le comédien continuait néanmoins d’apparaître au cinéma. C’est le cas dans EN CHAIR ET EN OS de Pedro Almodóvar, dans le chef-d’œuvre MORT DE RIRE de son compère De la Iglesia, dans l’oppressant petit survival THE BACKWOODS de Koldo Serra (où il côtoie à l’écran Gary Oldman et Virginie Ledoyen) ou encore dans LE LABYRINTHE DE PAN de Guillermo Del Toro, où son personnage de docteur abattu par l’officier franquiste campé par Sergi López est resté dans la mémoire des spectateurs. Alex Angulo est mort brutalement à l’âge de 61 ans, dans un tragique accident de voiture. « Je pense que plus rien ne sera jamais pareil » a simplement déclaré un Álex de la Iglesia terrassé par le chagrin sur son compte Twitter.

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