RETOUR À LA VIE

Deuxième et dernière partie de notre entretien fleuve avec William Friedkin autour du CONVOI DE LA PEUR à l’occasion de sa venue à la Cinémathèque Française pour y présenter la version restaurée de son film dans le cadre du festival « Toute la mémoire du monde ». Toujours débordant de vie et d’enthousiasme, celui que l’on surnomme « Hurricane Billy » continue d’évoquer la confection mouvementée de son plus gros échec, sans s’interdire de dériver vers d’autres sujets. Une chose est sûre : la passion n’a toujours pas quitté ce sacré bonhomme sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise (il a 78 ans et en fait facilement 10 de moins). La parole est au maestro !

Qu’est-ce qui vous a fait choisir Walon Green comme scénariste ?

Je l’ai connu à l’époque où j’ai commencé à travailler à Hollywood, on avait bossé ensemble sur des documentaires. C’est un type adorable et brillant, que je continue de voir, on déjeune ensemble régulièrement. Aujourd’hui, il a assuré sa carrière grâce à la série télévisée LAW AND ORDER, qu’il a produite et dont il a réécrit un paquet d’épisodes. Mais à l’époque du CONVOI DE LA PEUR, il était surtout connu pour le scénario de LA HORDE SAUVAGE de Sam Peckinpah. On avait sympathisé assez vite car nous avions les mêmes références, les mêmes goûts musicaux et littéraires. Je lui ai parlé du projet au cours d’un dîner et il m’a fait part immédiatement de son enthousiasme. Son premier jet était horrible. Je me rappelle avoir jeté le scénario à travers la pièce et lui avoir dit « C’est de la merde ! C’est bon à foutre à la poubelle ! » (rires) Du coup, il a tout réécrit et m’a livré ce que je considère comme le meilleur script qu’il m’ait été donné de porter à l’écran.

LA HORDE SAUVAGE et LE CONVOI DE LA PEUR racontent tous deux l’histoire de personnages au bout du rouleau et en route vers la mort…

C’est vrai, Wally est très bon pour ce genre d’histoire. Cela dit, il connaissait déjà parfaitement le film de Clouzot, sans doute même mieux que moi. Il connaissait LE SALAIRE DE LA PEUR par cœur. C’est quelqu’un de très cultivé, il parle au moins sept langues, dont l’espagnol. Du coup, la plupart des références à la culture latino qu’il y a dans le film viennent de lui. À chaque fois que je lui demandais de changer quelque chose, il revenait avec quelque chose de meilleur. Je considère qu’il est autant responsable que moi de la qualité du film, à l’arrivée. Nous avons fait un autre film ensemble, TÊTES VIDES CHERCHENT COFFRES PLEINS, juste après LE CONVOI DE LA PEUR.

C’est dommage, on ne le voit pas beaucoup s’exprimer sur son métier dans les médias…

Mais bordel, parce que les gens, et les journalistes en particulier, se contrefoutent des scénaristes ! Ils croient que les réalisateurs sont les uniques auteurs d’un film alors qu’il n’y a rien de plus faux. Si vous appelez Wally Green maintenant et que vous lui demandez de vous parler du CONVOI DE LA PEUR, il arrêtera ce qu’il est en train de faire et il se fera un plaisir de répondre à vos questions.

Vraiment ?

Écoutez, dès qu’on a fini cet entretien, je vous file ses coordonnées. Je suis très heureux que quelqu’un veuille interviewer Wally, c’est un très grand monsieur du cinéma et il serait peut-être temps qu’on s’intéresse à ce qu’il a fait.

Merci beaucoup. Comment vous êtes-vous démarqué du film de Clouzot pour revenir au livre original de Georges Arnaud ?

C’est Georges Arnaud qui avait les droits de l’histoire, pas Clouzot. C’est ce que m’avait dit ce dernier lorsque je l’avais rencontré. Du coup, je me suis tourné vers Arnaud pour négocier les droits et il était très heureux de voir son livre à nouveau adapté, près de 25 ans après LE SALAIRE DE LA PEUR. Au-delà du génie filmique de Clouzot, que je n’aurais jamais pu recréer, c’est bien cette histoire centrale qui me fascinait littéralement, avec ces personnages désespérés partis pour une mission suicide au cours de laquelle ils vont expier les erreurs de leur vie passée. Je voyais le roman comme une métaphore de notre monde moderne : quatre personnages venus des quatre coins du monde assis sur une bombe roulante et qui sont obligés de coopérer entre eux s’ils ne veulent pas être réduits en miettes. C’est une histoire qui est toujours très pertinente aujourd’hui. Le monde actuel, c’est ça, avec tous ces pays qui possèdent des armes capables d’anéantir l’humanité. Nous vivons tous constamment sous cette menace, même si la plupart des gens l’ont oublié. C’était ce sentiment de danger et de désespoir que je voulais imprimer à mon film. Et du coup, je voulais développer ces personnages par rapport au film de Clouzot, montrer ce qu’ils avaient été avant de venir s’échouer dans ce bled oublié du monde. Sans jamais les juger, je voulais montrer leur passé de tueur, de banquier, de terroriste ou de petit escroc malchanceux, pour que le spectateur sache qu’ils avaient atterri dans cet endroit perdu parce qu’ils étaient poursuivis par la loi. Je n’aime pas juger mes personnages. Il y a cette phrase que j’aime beaucoup du cinéaste Jean Renoir. Lorsqu’on lui demandait pourquoi il n’y avait pas de méchants dans ses films, il répondait : « Parce que je pense que chacun a ses raisons. » Malgré ce qu’ils ont fait, je ne présente pas les personnages du CONVOI DE LA PEUR comme des animaux mais comme des êtres humains. Même le terroriste : il a tué des innocents mais ce n’est pas mon rôle de le juger, je le montre simplement comme un être humain qui a ses raisons.

Et ce n’était pas difficile de faire, à Hollywood, un film avec trois personnages non-américains, qui s’expriment dans leur langue natale durant le premier tiers du film ?

Alors ça, je peux vous dire que je n’en avais rien à foutre. Et puis j’avais un précédent : L’EXORCISTE était devenu l’un des plus gros succès de tous les temps alors que j’y outrageais une gamine de 12 ans. À l’époque, à Hollywood, beaucoup de gens m’ont dit « Mais comment pouvez-vous filmer une chose pareille ? ». Un certain nombre de personnes ne voulaient pas voir le film à cause de ça. Ça me sidérait parce qu’ils n’avaient pas vu le film et ne pouvaient donc juger ce qu’il y avait dedans. Mais ils le faisaient quand même. Alors je peux vous dire que les présupposés et les peurs des gens vis-à-vis d’un film que je fais, c’est le cadet de mes soucis.

C’est vrai que le succès faramineux du film étonne encore aujourd’hui, vu ce qu’il contient…

Je vais vous dire une chose : je suis persuadé que le film ne pourrait pas avoir le même succès aujourd’hui. Ça serait impossible. L’EXORCISTE est trop sérieux. Tous les films d’horreur qui marchent de nos jours sont fantaisistes, avec un humour à la con pour faire marrer les adolescents. Le mien était un film d’horreur très réaliste. Refaire cela aujourd’hui serait une entreprise beaucoup trop hasardeuse. En outre, le changement de statut du prêtre dans la société occidentale m’empêcherait de refaire le film à l’identique aujourd’hui. L’ecclésiastique n’incarne plus du tout la figure d’autorité qu’il était encore à cette époque. C’est devenu très difficile de faire de lui le héros d’un film. C’est comme le terroriste palestinien campé par Amidou dans LE CONVOI DE LA PEUR : aujourd’hui, après le 11 septembre, il serait totalement impossible de représenter à l’écran un personnage pareil sans le juger.

Justement, pour revenir au CONVOI DE LA PEUR, étant donné que vous étiez également le producteur du film, pouvez-vous me dire à combien est monté le budget exact du film à l’arrivée et comment vous avez fait pour dépasser le budget initial ?

Honnêtement, je ne m’en souviens pas. À cette époque, je ne me souciais guère de ce genre de questions. Quand j’ai fait L’EXORCISTE, je me rappelle d’une discussion où il était question de faire le film pour 4,5 millions de dollars et on a terminé à 8 millions. Nous ne savions pas combien cela allait coûter en fait parce que le film que nous allions faire était expérimental. Tourner les scènes que contenait le script avec une gamine de 12 ans, cela voulait dire que les prises de vue allaient être sans doute plus longues que prévu. Il n’y avait rien de sûr avec un projet pareil. Je crois que le studio n’a jamais signé un document précisant le budget exact du film. Je sais juste qu’on a dépensé aux alentours de 8 millions de dollars au final. Et les recettes de l’exploitation en salles ont été gigantesques, de l’ordre de 800 millions de dollars actuels ! Pour LE CONVOI DE LA PEUR, il me semble que les studios voulaient le faire pour 10 millions. Mais ça n’aurait jamais été possible. À cette époque – et c’est toujours le cas aujourd’hui – les gens de studios se disaient : « Allons-y, faisons ce film pour tant d’argent et si jamais ça se complique, soit on arrêtera tout, soit on continuera en espérant que la décision prise soit la bonne. » Faire un film, c’est un pari, il ne faut jamais l’oublier. Sur LE CONVOI DE LA PEUR, là encore, je ne me souviens pas avoir vu un papier avec un budget précis écrit dessus ou un quelconque rapport financier. J’ai lu ici ou là des gens dire que le film avait coûté 20 millions mais je pense que c’est faux, il n’a pas coûté autant. Ce genre de projections entretient la légende autour du tournage chaotique du film, mais ça n’a pas été le chaos. Vous savez, je me contrefiche de l’argent, je n’ai jamais fait ce métier pour ça. D’ailleurs, cette ressortie du CONVOI DE LA PEUR ne me fera pas gagner un seul dollar. J’ai pris sur mon temps pour superviser la restauration du film, pour venir parler du film au public ou à des gens comme vous, mais cela ne me fera pas gagner un centime de plus. Je ne me soucie pas de ça, je n’ai jamais fait ce métier pour l’argent. Chacun des films que j’ai fait, je l’ai fait parce que j’avais envie de le faire, qu’il s’agisse d’un succès ou d’un échec. Je n’en ai fait aucun pour devenir riche.

Est-il exact que la fameuse séquence du pont suspendu a nécessité trois mois de tournage ?

Je ne pourrais pas vous dire ça de manière précise. Je sais que ça a pris beaucoup de temps parce que c’était un vrai défi visuel. Nous avons tourné cette scène au Mexique. Et à l’endroit où nous étions, pour avoir la bonne lumière, il fallait tourner entre 7 et 10 heures du matin, puis entre 19 et 22 heures. Dans l’intervalle, il y avait trop de soleil et on devait donc arrêter de tourner. Bref, le tournage de cette scène a été très long parce qu’il était morcelé. De plus, si nous avions tourné cette scène normalement, nous aurions été dépendants de la météo puisqu’il nous fallait un ciel couvert. C’est pour ça que nous avons fait la pluie nous-mêmes. Nous pompions l’eau dans la rivière et grâce à une gigantesque machine, nous la déversions sur le décor, pendant que d’énormes ventilateurs aussi grands que cette pièce soufflaient à fond sur les pauvres acteurs. Tout ça parce que j’avais décidé de filmer cette séquence sous la pluie et le vent. Et ce fut une décision fatale ! (rires) Bref, en tout cas, c’est la luminosité qui nous a posé le plus de problèmes sur cette scène, ça nous a obligé à nous couvrir énormément et c’est pour cette raison que ça a pris autant de temps pour la tourner.

Le montage européen de l’époque était donc différent, avec un certain nombre de scènes supplémentaires. Pourra-t-on voir ces scènes coupées dans les suppléments du Blu-ray ?

Vous savez, je n’ai jamais vu ce montage, j’en ai évidemment entendu parler mais je ne l’ai jamais vu. Il a été supervisé par Pedro Teitelbaum, qui dirigeait CIC à l’époque. D’après ce que l’on m’a dit, ils ont complètement changé la structure du film, en mettant les scènes d’introduction au milieu du film sous forme de flashbacks. Mais je n’ai pas d’aigreur vis-à-vis de ce qu’ils ont fait. Ils avaient leurs raisons eux aussi ! (rires) Sinon, pour finir de répondre à votre question, j’ai tourné ces scènes qui ont été coupées mais si je ne les ai pas intégrées à mon montage à l’époque, je ne vois pas la nécessité de les proposer avec le Blu-ray aujourd’hui.

Vous avez donc restauré LE CONVOI DE LA PEUR sans modifier le montage du film. Ne regrettez-vous pas de l’avoir fait sur L’EXORCISTE ?

Pourquoi me posez-vous cette question ?

Parce que – peut-être ne serez-vous pas d’accord avec moi – je pense que le premier montage était bien meilleur, plus réaliste, plus…

Plus ambigu, oui, je vois ce que vous voulez dire. Il laissait au spectateur le soin de décider du sens de ce qu’il voyait, alors que le montage plus récent était beaucoup plus explicite. C’est vrai, vous avez raison et vous n’êtes pas la première personne à me le dire. En fait, j’ai fait ce nouveau montage pour faire plaisir à William Peter Blatty. 25 ans après le succès du film, il regrettait toujours que son message ne soit pas passé de manière plus appuyée à l’écran. J’avais tellement d’affection pour lui que j’ai fini par faire ce montage qui rendait davantage justice au message de son roman. J’ai quand même résisté pendant 25 ans, mais finalement, le succès du film étant acquis et les spectateurs aimant bien découvrir des images inédites de leurs films préférés, je me suis dit : « Allez, pourquoi pas… » Cette version est donc plus explicite, oui, mais ça ne me dérange pas plus que ça. Mon premier montage existe toujours, de toute façon. Et celui-ci, je l’ai fait pour Blatty, je le lui devais bien : il avait créé cette histoire et il me l’avait offerte.

LE SANG DU CHÂTIMENT est toujours invisible, dans sa version initiale comme dans son remontage. Peut-on espérer bientôt une ressortie en vidéo ?

Il n’y a rien dans les tuyaux mais j’aimerais bien, oui. C’est un film très spécial. Après l’avoir fait, j’étais très embêté car j’ai fini par changer d’opinion sur le sujet qu’il abordait…

Oui, c’est même, à ma connaissance, un cas unique dans l’histoire du cinéma, où le metteur en scène a remonté son film non pas pour des raisons commerciales ou artistiques, mais simplement parce qu’il avait changé d’opinion sur le sujet du film…

Exactement. Peu à peu, j’ai changé d’avis et je me suis dit que, dans certaines circonstances, la peine de mort était acceptable. J’ai pensé le contraire durant une bonne partie de ma vie mais, en voyant tous ces tueurs en série sans aucune pitié ni remords, je me suis mis à réfléchir davantage à ce sujet. Le premier film que j’ai réalisé, le documentaire THE PEOPLE VS. PAUL CRUMP, a eu comme conséquence de sauver un condamné à la chaise électrique. Je ne savais pas s’il était coupable ou innocent mais je ne voulais tout simplement pas le voir exécuté. Et, quelque part, ce remontage du SANG DU CHÂTIMENT m’a fait revenir sur le même sujet. Prenez un criminel comme Hitler : si on l’avait capturé, quelle utilité y aurait-il eu à le laisser vivre, à le laisser manger, dormir, se promener ou que sais-je encore ? Si quelqu’un avait empoisonné Staline, est-ce que cela nous aurait empêché de dormir ? Un type qui a tué 20 millions de ses propres compatriotes ! 20 putain de millions !! Ou bien un fou irrécupérable comme Charles Manson : quel intérêt la société a-t-elle à laisser un type pareil en vie, dont on sait de manière certaine qu’il est coupable de crimes atroces ? Pourquoi ? Je pose la question. Par exemple, ce que les Israéliens ont fait avec Adolf Eichmann me convient tout à fait. Il avait échappé à Nuremberg, ils l’ont retrouvé, l’ont emmené en Israël, lui ont fait un procès pour montrer au monde ce qu’il avait fait puis ils l’ont exécuté. Franchement, cela aurait servi à quoi de garder en vie le type qui a organisé l’application de la « solution finale » ? C’était ce qu’il fallait faire. Pas comme ce que nous avons fait, nous, les Américains, avec Oussama Ben Laden, où nous l’avons retrouvé puis abattu sur place. Les gens avaient droit à un procès, pour comprendre et voir ce que Ben Laden avait fait. Au lieu de ça, l’Amérique a assassiné Ben Laden pour le punir du 11 septembre. Bref, c’est pour cela que j’ai fini par penser que, dans certains cas très spéciaux, la peine de mort était juste. Évidemment, il faut des preuves irréfutables, mais franchement, si on les obtient, pourquoi laisser en vie quelqu’un qui a torturé et démembré un enfant ? Pour quelles raisons valables ? Honnêtement, pour être bien clair, si j’avais la chance de me tenir en face de Hitler, Staline ou un autre de ces meurtriers de masse avec un pistolet chargé, est-ce que j’appuierais sur la gâchette ? Sachant ce que l’on sait sur ces gens, oui, je le ferais. Par exemple, sur le cas de Lee Harvey Oswald, là, la peine de mort ne serait pas la solution. On ne sait même pas quel a été son rôle réel dans l’assassinat de Kennedy ! Et le voir se faire flinguer comme il l’a été, par un vulgaire mafieux à la sortie d’un commissariat, c’est misérable. Ça, ce n’est pas la justice. C’est de la vengeance ou peut-être même de la manipulation, mais ce n’est pas juste. J’ai un ami à moi qui était mon avocat il y a de ça bien des années, il est désormais juge à la cour d’appel de Los Angeles. Il faisait partie de la commission Warren qui a enquêté sur l’assassinat de Kennedy. Un jour, récemment, lors d’un déjeuner avec lui, je lui ai demandé ce que je n’avais jamais osé lui demander jusqu’ici : qu’il me parle de son expérience au sein de la commission Warren. Il m’a répondu que dès le premier jour de son incorporation à la commission, Earl Warren est rentré dans la pièce avec une pile de papiers qu’il a jeté sur la table en disant : « J’ai été procureur et je peux faire de cet Oswald l’unique coupable en à peine une semaine. Ne perdons pas plus de temps sur cette affaire. » Bref, c’était plié avant même que ça n’ait commencé et ça, ce n’est pas l’idée qu’on peut se faire de la justice. Mais je m’aperçois que je me suis un peu éloigné de votre question je crois…

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À propos d’une éventuelle ressortie du SANG DU CHÂTIMENT…

Oui, c’est ça. Si les gens qui ont les droits me le proposent, je superviserais cela avec plaisir. On me reparle souvent de ce film, même si ce n’est pas la plus connue de mes réalisations. Les deux montages sont tout à fait accessibles en plus, je ne pense pas que la restauration soit un travail très compliqué. Même si c’est un processus qui devient rapidement chronophage à partir du moment où l’on s’en mêle.

J’avais une dernière question qui n’a rien à voir avec LE CONVOI DE LA PEUR. Pourquoi avez-vous quitté le projet COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY ? (film récupéré par Jan Kounen et sorti en 2009 – ndr)

Je n’avais pas confiance en les producteurs. Ils n’étaient pas capables de réunir assez d’argent, ni de satisfaire la vision que j’avais du sujet. J’aimais bien le scénario, qui était extraordinairement intéressant mais je n’ai pas senti les producteurs. Je les ai rencontrés plusieurs fois mais ça n’a pas marché. Je n’ai pas vu le film qu’ils ont finalement tourné avec un autre metteur en scène. Mais j’avais envie de le faire à la base, notamment pour pouvoir filmer la grande scène de la première du Sacre du printemps, qui figurait au début du script si mes souvenirs sont bons. Car cet événement est l’une des grandes dates dans l’histoire de l’art. Un des plus grands morceaux de musique du 20e siècle qui déclenche un scandale et une émeute en plein théâtre des Champs-Élysées ! J’avais quand même travaillé un certain temps sur ce projet : on avait le script, j’avais commencé le casting et j’allais d’ailleurs faire le film avec le formidable Mads Mikkelsen dans le rôle de Stravinsky. Il était parfait pour le rôle et il est resté à bord du bateau quand moi j’en suis descendu. Mais bon, ce n’est pas bien grave vous savez. Ce n’était pas le premier projet qui n’aboutissait pas, ni le dernier j’imagine.

À lire également : la première partie de l’interview de William Friedkin.

Pour suivre l’actualité de SORCERER, une adresse s’impose, celle de The Sorcerer Blog.

Remerciements à William Friedkin, Élodie Dufour et Jean-Luc Wachthausen (des extraits de cette interview ont été initialement publiés dans Le Figaro du 3 décembre 2013).

2 Commentaires

  1. Antoine Békourian

    Bien plus riche et intéressant que la Masterclass ! Excellente interview. Merci.

  2. Merci beacoup pour cet interview!

    Je serais très interessé dans un interview avec Walon Green!

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