PLUS DURE SERA LA CHUTE

En l’espace de quelques années, William Friedkin a connu la gloire, les Oscars, les critiques dithyrambiques et les cimes du box-office. Mais ça, c’était avant LE CONVOI DE LA PEUR. Avec cet éprouvant voyage au bout de la nuit, le cinéaste mord violemment la poussière et voit son film condamné aux oubliettes du cinéma. Heureusement, 36 ans plus tard, le chef-d’œuvre malmené ressuscite enfin dans une splendide copie restaurée. En attendant la sortie du Blu-ray au printemps prochain, Friedkin était à Paris cette semaine pour présenter cette nouvelle copie à la Cinémathèque Française, dans le cadre du festival « Toute la mémoire du monde », dont il était l’invité d’honneur. À cette occasion, nous avons pu le rencontrer le soir même de son arrivée dans sa chambre d’hôtel, où il nous a reçu pour une interview qui allait largement excéder la durée initialement fixée. En voici la première partie.

Pour commencer, pouvez-vous nous dire pourquoi LE CONVOI DE LA PEUR est resté quasiment invisible pendant si longtemps en France ?

Parce que les gens qui contrôlaient la distribution, une compagnie qui n’existe plus aujourd’hui et qui s’appelait CIC (Cinema International Corporation), ont décidé, vu le bide du film aux États-Unis, de le sortir en Europe dans une version remontée. La version officielle – la mienne – n’a donc jamais été réellement montrée en Europe. Heureusement, en France et en Suède, il y a quelque chose qui s’appelle le droit moral (en français dans le texte – ndr) qui donne au réalisateur un contrôle sur la manière dont son film est montré. Du coup, je les ai poursuivis pour l’exploitation qu’ils ont faite de mon film au nom du droit moral. Cela m’a coûté du temps et de l’argent mais j’ai pu faire prévaloir ma version du film et leur retirer le droit d’exploiter leur version. Évidemment, durant cette période, peu de personnes étaient au courant de la procédure que j’avais lancée. Internet n’existait pas encore et les nouvelles n’allaient pas aussi vite. Les gens qui sont aujourd’hui à la tête d’Universal, de Paramount et de Warner Bros, face à la pression du public, ont décidé de ressortir ma version du film et de la restaurer. Paramount va donc ressortir le film en salles, Warner Bros l’exploitera en Blu-ray et en streaming, et Universal le diffusera à la télévision. À la base, Warner devait s’occuper de tout : la télé, la vidéo et la salle. Mais en fait, les avocats d’Universal et de Paramount ont alors découvert qu’ils avaient encore les droits d’exploitation pour la télévision et les salles. Ces studios ont changé de main plusieurs fois depuis qu’ils ont produit mon film et entretemps, les documents sur les droits d’exploitation ont sombré dans les sous-sols de leurs entrepôts. Il a fallu chercher et réunir tous ces documents pendant plusieurs années. Et au final, les trois studios se sont entendus pour se répartir les droits d’exploitation. Ils ont tous été exceptionnellement coopératifs et ont manifesté un réel intérêt dans la restauration et la ressortie de mon film. De toute manière, je n’aurais pas pu leur forcer la main, je n’avais pas ce pouvoir-là. Il fallait que l’initiative vienne d’eux.

Je ne savais pas que le film allait ressortir également dans les salles. Ça sera une sortie mondiale ?

Tout à fait. Ils vont le ressortir partout car les requêtes des spectateurs qui voulaient voir le film venaient du monde entier. C’est dingue ce qu’il s’est passé autour de ce film depuis sa sortie. Je viens même de recevoir un mail m’apprenant qu’en avril prochain, à Copenhague, à l’occasion d’une rétrospective de tous mes films, Tangerine Dream va venir interpréter la musique du CONVOI DE LA PEUR en « live ». Mais pour revenir à votre première question, les gens de CIC ont cru qu’ils allaient faire du film un succès en le remontant mais le film s’est également planté sous cette forme. Je suis donc très heureux que l’Europe et la France puissent enfin découvrir mon film tel que je l’ai conçu, surtout dans cette copie restaurée en 4K, qui est de toute beauté. C’est mon film, tel que je l’ai voulu, et il est là, pour toujours désormais. C’est pour cela que je suis un grand supporter des nouvelles technologies. Maintenant que le spectateur a la possibilité de voir les films dans des conditions optimales, pourquoi s’infliger des images à la colorimétrie dégueulasse, constellées de scratchs, de rayures et autres cicatrices du temps ? Je ne comprends pas les nostalgiques de la pellicule qui préfèrent revoir un film dans une copie 35mm pourrie plutôt que de le regarder en haute définition. Je trouve ça magnifique qu’on puisse désormais revoir les films de Georges Méliès tels que les contemporains du cinéaste ont pu les découvrir au lieu de se taper les copies horriblement usées avec lesquelles j’ai grandi. La restauration du CONVOI DE LA PEUR a pris des mois et des mois, mais croyez-moi, ça en valait largement la peine.

Personnellement, Dieu sait si j’adore FRENCH CONNECTION, L’EXORCISTE ou POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES, mais je crois que c’est votre meilleur film…

Je suis totalement d’accord. Il s’est passé quelque chose avec ce film, quelque chose de presque transcendantal, je le vois dans les réactions des spectateurs. À la base, j’ai simplement fait le meilleur film que je pouvais faire. C’était à la fois un sujet important pour moi, qui traitait de choses qui m’étaient chères, et un hommage à Clouzot. Même si, évidemment, je voulais revisiter l’idée de départ à ma manière. C’est comme une nouvelle version d’un grand classique, comme si j’avais fait une nouvelle version de HAMLET ou de RIGOLETTO. Vous savez, je dirige des opéras maintenant, et je m’apprête à faire une nouvelle version de RIGOLETTO. Je n’ai jamais vu d’autres représentations de cet opéra de Verdi sur scène, mais je vais donner mon interprétation de cette histoire.

Lorsque le tournage du film a démarré, vous étiez l’un des rois du Nouvel Hollywood. Comment avez-vous vécu l’échec commercial du film ?

C’était très troublant. Honnêtement, je ne m’y attendais pas puisque je pensais déjà que c’était mon meilleur film. Mais je ne pouvais pas y faire grand chose, c’était le destin. Mon film était mort-né. Y compris dans les années qui ont suivi, j’ai dû vivre avec cette idée. Je me suis dit que c’était assez paradoxal car le film ne parlait que de personnages qui plantent les graines de leur propre destruction. Et en passant en revue toutes les raisons possibles qui ont fait de mon film un échec, je me disais que chacune était crédible. On a beaucoup parlé de la sortie presque concomitante de LA GUERRE DES ÉTOILES mais il y a eu aussi le travail des critiques. L’EXORCISTE avait été un énorme succès et, comme souvent dans ces cas-là, les gens m’attendaient au tournant sur mon film suivant. Après, il y avait aussi le fait que LE CONVOI DE LA PEUR était un film anti conventionnel pour l’époque. Il n’y avait pas de héros, juste des hommes qui risquaient la mort pour expier quelque chose. Et ce genre de sujet n’était pas très populaire à la fin des années 70. Les gens préféraient voir des films comme LA GUERRE DES ÉTOILES, SUPERMAN ou LA FIÈVRE DU SAMEDI SOIR. Je ne cherche pas forcément à dénigrer ces « feel good movies » mais je crois que ce système arrive aujourd’hui à saturation avec des conneries comme AVENGERS. Et je pense que le cinéma américain est actuellement en train de quitter ce cycle, je pense qu’une sorte de renaissance ne va pas tarder à arriver.

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Et quelle était votre situation personnelle à Hollywood juste après l’échec du film ?

Je pouvais encore tourner des films mais je sentais comme une « schadenfreude » à mon égard… C’est un mot allemand qui désigne une situation où les gens se réjouissent d’un malheur. Et je sentais cela autour de moi : les gens semblaient se réjouir de mon échec. Je pense que j’ai connu le succès trop jeune. Pour eux, j’étais un jeune réalisateur qui faisait des films beaucoup trop radicaux et qui avait besoin d’en rabattre. Mais ce qui est marrant quelque part, c’est que le public change. Loin de moi l’idée de me comparer à Van Gogh mais bon, quand vous voyez qu’il ne vendait quasiment rien de son vivant et que sa peinture n’intéressait quasiment personne, alors qu’aujourd’hui chacun de ses tableaux s’arrache à prix d’or… Pourquoi cela ? Je n’en sais rien du tout… Après je ne suis pas amer sur ce sujet, mais c’est un fait qui ne laisse pas de m’intriguer. Mais je suis vraiment très heureux que le film puisse revenir d’entre les morts. D’autres cinéastes n’ont pas eu cette chance de leur vivant. CITIZEN KANE et SUEURS FROIDES ont été des échecs à leur sortie en salles et ont été négligés par la critique. SUEURS FROIDES ne faisait pas partie du top des Cahiers du Cinéma au moment de sa sortie. Or, Welles et Hitchcock n’ont pas pu assister à la résurrection de leur film par le biais de la vidéo et à leur redécouverte par le public. Pendant des années, ces films étaient invisibles. Désormais, des millions de gens peuvent les contempler dans les meilleures conditions.

Henri-Georges Clouzot est mort l’année de la sortie du CONVOI DE LA PEUR…

Oui, j’espère que ce n’est pas à cause de mon film ! (rires) Non, je plaisante, évidemment !

Savez-vous s’il a eu le temps de voir le film ou au moins d’en avoir un petit aperçu ?

Je ne crois pas. Je l’avais croisé à Paris avant le lancement du projet et je lui avais demandé la permission de faire une nouvelle version de son film LE SALAIRE DE LA PEUR. Il n’était pas en bonne santé et était alors retiré du monde du cinéma, mais je lui avais expliqué ce que je souhaitais faire. Et il m’avait encouragé. Je lui avais dédié le film et je lui avais accordé un pourcentage sur les bénéfices du film mais bon, vu que le film n’a pas fait de bénéfices… En outre, à l’époque où j’ai décidé de me lancer dans ce projet, le film de Clouzot n’était plus vraiment visible, à part à la télévision ou lors de ressorties ponctuelles en salles. Là aussi, la vidéo n’existait pas encore donc il me semblait opportun de raconter à nouveau cette histoire mais différemment. Et c’est ce que j’ai expliqué à Clouzot. C’était un réalisateur impressionnant vous savez, pour un jeune réalisateur comme moi. LE SALAIRE DE LA PEUR et surtout LES DIABOLIQUES sont deux films très reconnus aux États-Unis. Et ce qui est bien c’est que je crois que depuis la sortie de mon film, son côté culte a fini par remettre le classique de Clouzot dans la lumière. Par exemple, j’ai vu qu’il repassait à la télé française cette semaine, tandis que la version restaurée de mon film est projetée à la Cinémathèque. Par contre, si Clouzot n’a vraisemblablement pas vu mon film, son acteur principal, lui, l’a vu. J’ai rencontré Yves Montand il y a de nombreuses années au restaurant La Colombe d’Or, à Saint-Paul-de-Vence. Il est venu à moi, s’est présenté et m’a simplement dit combien il avait adoré LE CONVOI DE LA PEUR. Ça m’a beaucoup touché parce qu’il faisait partie, avec Humphrey Bogart et Steve McQueen de ces acteurs que j’aurais adoré diriger dans l’un de mes films.

AmidouSorcererOn a entendu beaucoup de rumeurs sur les acteurs qui auraient dû jouer dans votre film : Clint Eastwood, Steve McQueen, Lino Ventura, Gene Hackman, Jack Nicholson, Marcello Mastroianni…

Alors, déjà, Eastwood, Hackman et Nicholson, il n’en a jamais été question. Par contre, Steve McQueen, le script était écrit pour lui. Je le voulais à tout prix dans le rôle finalement tenu par Roy Scheider. Mon casting de départ était celui-ci : Steve McQueen, Lino Ventura, Marcello Mastroianni et Amidou, qui est donc le seul acteur que j’ai pu avoir. Il a été le premier à signer son contrat d’ailleurs. McQueen, c’est un vrai rendez-vous manqué. Il aimait beaucoup le scénario mais il voulait que je le réécrive pour donner un rôle à sa femme, Ali MacGraw, ou alors il souhaitait que je lui donne au moins un poste de productrice associée. En plus de ça, il voulait que le film soit tourné aux États-Unis et non en Amérique latine. Du coup, je l’ai envoyé balader. Et j’ai eu tort de le faire, je ne ferai pas la même chose aujourd’hui. Car j’ai réalisé entretemps qu’un gros plan sur McQueen est plus important que le plus incroyable des paysages que vous puissiez filmer. C’était idiot de ma part, c’était juste une bête question d’ego et j’ai fait passer cela avant mon film.

Mais, tourné aux États-Unis, le film n’aurait pas été le même, non ?

Je ne crois pas. Vous savez, c’est un pays immense, avec des endroits géographiquement très variés. On aurait pu tourner à côté de la frontière mexicaine par exemple. On y trouve des petites villes très similaires à celle où j’ai tourné, en République Dominicaine. Ou alors on aurait pu tourner carrément au Mexique, ce n’était pas très loin des États-Unis. Après tout, j’y ai bien tourné la séquence du pont suspendu. Bref, une fois que Steve McQueen ne faisait plus partie du projet, Lino Ventura m’a dit « OK, dans ce cas, il est hors de question que je figure en deuxième position au générique derrière Roy Scheider. ». Mais je pense que l’une des raisons principales de son refus était la gêne qu’il éprouvait à tourner en anglais. Et je le comprenais quelque part car moi-même, je ne pourrais pas venir tourner un film en français chez vous. Mon français n’est pas assez bon. Lino a également refusé, pour les mêmes raisons, RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE et APOCALYPSE NOW. Peut-être aurait-il accepté de faire un effort s’il avait partagé l’affiche avec McQueen, mais là, c’était trop lui demander. Il était venu me voir à Los Angeles, j’avais passé de très bons moments avec lui, je lui avais même montré le boulevard Ventura, ça l’avait amusé. C’était un immense acteur et j’aurais adoré l’avoir dans mon film. J’ai d’ailleurs tout fait pour le convaincre, en lui disant notamment qu’il n’avait pas tant de dialogues que ça dans le film. LE CONVOI DE LA PEUR n’est pas un film très bavard. Mais c’était trop dur pour lui. C’est dommage car je pense qu’il aurait fait une carrière formidable aux États-Unis. Ceci étant dit, Bruno Cremer était parfait pour le rôle. J’ai adoré travailler avec lui, il n’avait pas peur d’y aller, il avait bossé son anglais et sur le plateau, il donnait tout. C’était lui aussi un grand acteur. Quant à Marcello Mastroianni, il voulait faire le film mais trois ou quatre ans avant, il avait eu une petite fille avec Catherine Deneuve. Cette dernière n’était pas d’accord pour qu’il parte aussi longtemps à l’étranger sans voir sa gamine. Et il était également hors de question pour elle et l’enfant de déménager si longtemps en pleine Amérique latine. Du coup, Mastroianni a laissé tomber le projet.

RoyScheiderLes quatre acteurs retenus sont aujourd’hui tous décédés. Quel souvenir gardez-vous de votre collaboration avec eux ?

Bruno Cremer, je viens d’en parler. Tout s’est très bien passé avec lui, cet acteur était un vrai bonheur. C’est avec Roy Scheider que ce fut difficile. Lorsque je l’avais dirigé dans FRENCH CONNECTION, alors qu’il n’était pas connu, il était adorable : il faisait tout ce que je lui demandais de faire, sans discuter, sans faire aucun problème, sans jamais se plaindre. Lorsque je l’ai retrouvé sur le tournage du CONVOI DE LA PEUR, il avait complètement changé.

Il y avait eu LES DENTS DE LA MER entretemps…

Tout à fait. Mais attention, je ne veux pas dire qu’il se prenait pour une grosse star de cinéma. Simplement, il avait changé en tant qu’être humain. Sur FRENCH CONNECTION, il était chaleureux, généreux, toujours disponible. Là, ce n’était plus le cas. Il avait un problème avec moi : il avait souhaité interpréter le père Karras dans L’EXORCISTE. Et j’étais plutôt favorable à cela. Mais mon scénariste et producteur William Peter Blatty ne voulait pas de lui. Je pense qu’il m’en a voulu pour ça… Il était vraiment fatiguant sur le plateau : il se plaignait tout le temps, à propos du petit déjeuner, du déjeuner, du dîner, à propos des prises de vue qui étaient trop longues, ce genre de conneries quoi. Je me souviens de lui comme quelqu’un qui était toujours en colère, et je crois que ça ne s’est pas arrangé par la suite, avec l’âge. Alors qu’il était si sympa sur FRENCH CONNECTION… En fait, je ne crois pas que tout cela venait du rôle qu’il avait loupé pour L’EXORCISTE. Je ne sais pas ce qui s’est passé dans sa vie pour qu’il devienne ainsi. Peut-être le succès… Le succès peut parfois affecter votre vie de manière aussi négative que l’échec… Et pourtant, ça ne remet aucunement en cause sa prestation dans LE CONVOI DE LA PEUR. Il y était tout simplement formidable. Quant à Amidou et Francisco Rabal, ils étaient fantastiques eux aussi, comme Cremer. C’était des gars qui n’avaient pas peur de mouiller la chemise.

Fin de la première partie. Rendez-vous lundi sur Capture Mag pour retrouver la seconde partie de l’interview.

Remerciements à William Friedkin, Élodie Dufour et Jean-Luc Wachthausen (des extraits de cette interview ont été initialement publiés dans Le Figaro du 3 décembre 2013).

Pour ceux qui souhaiteraient s’y rendre, le festival « Toute la mémoire du monde » continue jusqu’à dimanche soir, avec notamment aujourd’hui vendredi après-midi la fin de la carte à blanche à William Friedkin : le cinéaste présentera à 14h et 16h30 À CAUSE D’UN ASSASSINAT d’Alan J. Pakula et SUEURS FROIDES d’Alfred Hitchcock. Programme et renseignements ici.

1 Commentaire

  1. jpk

    Super interview.
    Et j’approuve tout ce que tu dis sur le film : je l’ai vu plein de fois en 4/3 avec mon dvd pourri avant de le voir en grand écran à la cinémathèque il y a quelques années et j’ai pris une telle claque, comme si je le redécouvrais, que je me suis juré de ne jamais le revoir si ce n’est dans des conditions optimales.
    C’est un gigantesque film, une oeuvre parfaite, à égal avec le Clouzot et pour des raisons différentes… Tout le début en plusieurs parties, l’explosion de la raffinerie, le passage sur le pont, la fin dans le désert, la B.O. de Tangerine Dream, le titre original, tout est dément dans ce film…
    Vivement le blu-ray, quoi…

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