LES FANTÔMES DU PASSÉ

Sensation du dernier Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS), INSENSIBLES sort le 10 octobre en France. À l’occasion du festival, nous avons pu rencontrer son réalisateur, Juan Carlos Medina.

En Espagne, dans les années 30, des enfants insensibles à toute douleur physique sont enfermés dans une forteresse, quelque part dans les Pyrénées. De nos jours, David Martel, neurochirurgien, doit retrouver ses parents biologiques pour bénéficier d’une greffe nécessaire à sa survie. Les deux histoires vont peu à peu se croiser, la quête de David l’obligeant à questionner le passé de sa famille et à remettre en cause sa propre identité. Premier film du jeune cinéaste franco-espagnol Juan Carlos Medina, INSENSIBLES confirme l’importance et la vitalité du cinéma de genre espagnol d’aujourd’hui. Au croisement du drame, du thriller, du film historique et du film d’horreur, voire furtivement du slasher, Medina propose une évocation frontale du passé espagnol, au moyen d’un scénario à la fois riche et carré, finement ciselé, dont chacun des rouages semble marqué du sceau du destin. Le film arrive même à surprendre dans sa deuxième partie, lorsqu’il prend un tournant d’une densité jusqu’alors insoupçonnable en se concentrant sur Berkano, l’un des enfants insensibles qui va devenir peu à peu l’excroissance ultime du Mal. Ce personnage, parce qu’il est l’incarnation nihiliste de la barbarie qui prend sa source dans les totalitarismes de cette époque, transcende le récit et confère au long-métrage une dimension horrifique fondamentale. Si le rythme est parfois inégal, dans la mesure où le récit historique prend rapidement plus de profondeur que la quête contemporaine de David, et si la rectitude du scénario prend parfois le pas sur l’émotion à proprement parler, INSENSIBLES reste un film d’une grande maturité, dense, noir et profond. Manifestement l’une des très belles découvertes de l’année.

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Mais c’est encore le réalisateur Juan Carlos Medina qui en parle le mieux…

Pour un premier film, vous abordez certaines questions fondamentales et complexes. Pourquoi avoir choisi un sujet aussi lourd ?

En réalité, je ne me suis pas posé la question de savoir si le sujet était lourd ou non. C’est un film personnel, qui touche des choses que j’avais besoin d’exorciser, par rapport à ma vie familiale, à des thématiques qui sont profondément les miennes. C’est clairement un scénario qui vient directement des tripes, que j’avais besoin de traiter. Et vu l’effort que ça demande de faire un premier film, de mettre un pied dans l’industrie du cinéma, on ne peut le faire que pour quelque chose qui motive vraiment. Il y a plein de gens, au fur et à mesure, qui m’ont dit que c’était un film trop lourd, trop risqué. Et oui, c’était effectivement un film risqué, c’était un tournage sur le fil du rasoir, sans aucune marge d’erreur.

Justement, qu’avez-vous fait pour minimiser les risques et vous assurer que tout se passerait bien ? Avez-vous pu aborder le tournage dans les conditions que vous souhaitiez ?

Pour que tout se passe pour le mieux durant le tournage, j’ai essayé de construire mon film sur de bonnes bases. J’ai mis beaucoup de temps pour trouver et choisir un producteur adéquat, et j’ai finalement fait le pari de la confiance et de l’amitié, en choisissant quelqu’un que je connaissais depuis longtemps, qui n’est pas un énorme producteur, mais avec lequel je savais que je pouvais travailler en toute quiétude. Parce que tout est affaire de relations humaines dans le monde du cinéma. Le plus important est de partager le même rêve, de partager des idéaux communs sur le cinéma, de s’associer avec des gens qui ont vraiment envie, qui ont « faim ». Partant de là, on a assemblé une équipe et j’ai pu avoir tous les gens que je voulais, à tous les postes. Je n’ai pas eu à faire de compromis. Que ce soit à la photo, à la musique, j’ai travaillé avec les personnes que je voulais avoir. Pour les acteurs, j’ai dû composer avec les limitations budgétaires du film, mais l’Espagne est un pays qui possède un vivier d’acteurs phénoménal. Ne serait-ce qu’à Barcelone – dans le film, peu d’acteurs viennent de Madrid – on a trouvé des acteurs sensationnels. Je suis allé chercher de nombreux acteurs au théâtre, que j’ai découverts lorsqu’ils jouaient dans des pièces de Tchekhov ou de Tennessee Williams, et ils ont effectué le passage au cinéma très facilement, grâce à leur technique exceptionnelle.

INSENSIBLES traite directement du passé espagnol, et d’un épisode particulièrement douloureux. Vouliez-vous dès le départ évoquer l’histoire au travers du film de genre ?

Pour moi, c’était une démarche assez naturelle de partir « là-dedans ». D’une part, parce que j’adore le cinéma de genre, je ne vais pas le cacher, et surtout le cinéma qui traite le genre de façon sérieuse. J’aime beaucoup des démarches comme celles d’un Paul Verhoeven ou d’un Álex de la Iglesia. Je suis aussi influencé par des films comme ALIEN qui, à l’origine, devait être un film de série B, et qui a finalement été l’un des plus beaux films de science-fiction de tous les temps, parce qu’on lui accordé un traitement de film de série A, de véritable film noble. Aujourd’hui, c’est vrai que le cinéma de genre espagnol, notamment depuis les films de Guillermo Del Toro, bien qu’il soit mexicain, fait directement face aux traumas et aux cauchemars du passé de l’Espagne. Mais en réalité, cette tendance remonte à beaucoup plus loin, bien avant le cinéma de Guillermo del Toro. Del Toro est arrivé à un moment particulier et a réalisé des films très importants, qui devaient être faits, qui sont des films superbes, mais il n’a pas inventé cette tradition. Il y a déjà tout ça chez Narciso Ibañez Serrador, avec son film LA RÉSIDENCE, ou encore LES RÉVOLTÉS DE L’AN 2000 (voir la bande-annonce ci-dessous), qui avaient été suivis par le magnifique L’ESPRIT DE LA RUCHE, réalisé par Victor Erice, où il y a également tous ces éléments – la monstruosité d’un passé enfoui vu à travers le regard d’un enfant, le surgissement du fantastique dans l’austérité et le tragique de la vie quotidienne, dans le contexte de l’Espagne de l’après-guerre. Il y avait déjà ce « réalisme magique » espagnol, qui vient certainement de l’influence de la littérature, notamment de Gabriel García Márquez. Mais pour moi, le fantastique, c’est surtout une manière de toucher à ses démons de façon détournée, de parler de quelque chose qui est indicible. Et pourquoi est-ce indicible ? D’une part parce que c’est dans un champ qui n’est pas exprimable, de la même façon que la Shoah fait partie de l’indicible pour les Juifs, et d’autre part parce que les vraies preuves matérielles sont enfouies, cachées, ou ne sont pas accessibles. C’est donc une façon pour les Espagnols de parler d’une façon allusive, à travers le prisme du fantastique, de quelque chose dont ils ne peuvent pas parler directement.

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Lorsque vous évoquez l’indicible, on pense directement au personnage de Berkano. Lorsque Berkano est « créé », on a l’impression que le film change de registre. Est-ce que vous pensiez ce passage comme une rupture, un tournant ?

Oui, complètement. Pour moi, Berkano, cette incarnation du Mal, c’est une des premières visions que j’ai eues du film. C’est effectivement là où je voulais vraiment aller. J’ai eu la vision de Berkano bien avant de trouver l’idée de la maladie des enfants. Cette maladie n’est en réalité qu’un vecteur me permettant de créer un symptôme physique de l’enfermement des enfants, sorte de métaphore du peuple espagnol à cette époque, qui a connu l’enfermement, la privation, à peu près tout ce dont les gens ont besoin pour vivre une existence normale. L’Espagne toute entière a été mise dans un cachot dont on a jeté la clef. Tous les artistes, tous les intellectuels, tous les scientifiques, tout ce qui faisait la beauté de la société civile espagnole a été exilé ou exécuté. Ce personnage monstrueux est bien sûr une métaphore de tout cela. La maladie de l’insensibilité était pour moi une façon d’aborder le sujet de façon physique, en filmant des corps, et non pas en filmant des idées abstraites. C’est dans ce sens-là que j’ai intégré la maladie des enfants dans le scénario. Cette maladie de l’insensibilité est une métaphore de l’insensibilité émotionnelle et humaine. La maladie n’était donc qu’un outil pour parler du destin d’une société, du destin d’un pays. Et cette phase du récit s’achève en effet lorsque le monstre Berkano est créé.

Dans le film, le SS emploie d’ailleurs le terme de « renaissance » lorsqu’il donne à l’enfant le nom de Berkano. Vouliez-vous véritable ériger la figure de Berkano en excroissance ultime du Mal ?

Oui, exactement. C’est une sorte d’incarnation absolue d’un mal historique. À ce moment-là, il n’y a alors plus rien d’humain dans cet enfant. Tout ce qui aurait pu faire de lui un être humain a été perdu en route et il est devenu cette espèce de créature prisonnière de l’horreur, qui travaille son corps, qui se fait des scarifications, qui va tracer autour de lui, dans sa cellule, des dessins étranges. Il est complètement perdu dans ces sortes de limbes du Mal absolu. Et c’est finalement lui qui se révèle être le père du protagoniste principal.

En caricaturant un peu, cela signifie-t-il que, pour vous, la paternité de l’Espagne d’aujourd’hui puise sa source dans ce Mal absolu ?

Non, n’allons tout de même pas jusque-là. (rires) Mais je crois que l’on peut dire qu’aujourd’hui, de la même façon que dans le film, il y a, dans l’histoire de l’Espagne, des squelettes dans le placard, ou même des squelettes dans une chambre emmurée. Ces squelettes ne sont certainement pas beaux à voir et il y a des gens qui ne veulent pas qu’on puisse les exhumer. Ce serait bien que, comme dans le film, certaines personnes décident de casser le mur pour mettre un peu de lumière dans cette chambre pourrie… Quelqu’un me posait récemment la question de savoir pendant combien de temps faire de tels films sera nécessaires pour résoudre les problèmes liés aux traumatismes provoqués par l’Histoire tourmentée de l’Espagne. Et je lui ai répondu que le problème était exactement inverse. C’est justement tant que ces problèmes ne seront pas résolus qu’on continuera à faire de tels films. Il n’y a aucun autre moyen de parler de ces traumas, de les exorciser. S’il y a un tel « reste » dans l’inconscient collectif du pays, et que des gens continuent à faire des films sur ce sujet, c’est que les choses sont toujours là. Il y a tout un domaine de l’histoire du pays qui a été raconté et transmis dans les familles par les parents et les grands-parents, mais qui n’a jamais été inscrit dans les livres d’Histoire, qui n’a jamais été reconnu comme faisant partie de l’Histoire officielle de l’Espagne. Et cette Histoire est malheureusement encore là, sous la forme du tabou ou de l’indicible. Comme par hasard, tous les grands spécialistes de cette partie de l’Histoire espagnole sont des étrangers, des Anglais ou des Américains. Cependant, ne surestimons pas la réflexion historique présente dans le film. Il ne faut pas oublier qu’INSENSIBLES est aussi un film de genre – c’est un thriller, un film fantastique, voire un film d’horreur. Il n’est pas fait uniquement pour parler de ces thématiques historiques.

À ce propos, est-ce que ce mélange des genres vous motive profondément ? Car, ce qui est remarquable, c’est précisément cette imbrication de différents registres. Avec la figure de Berkano, vous tirez d’ailleurs le film vers le slasher.

Oui, absolument. Je suis justement un grand fan du cinéma asiatique, notamment du cinéma coréen, du cinéma japonais. J’aime beaucoup un film comme DARK WATER de Hideo Nakata, qui est à la fois une chronique sociale des difficultés d’une mère qui vient de divorcer, confrontée à des problèmes fondamentaux de la vie quotidienne (trouver un travail, un logement, élever son enfant), et un film d’horreur, une histoire de fantôme. En tant que spectateur, j’adore ce mélange, car la dimension sociale renforce la dimension horrifique, et vice-versa. Cela donne des films complexes, qui ont du culot, qui surprennent. Aller voir un film qui n’est qu’un exercice de style et qui prétend uniquement me montrer les mécanismes d’un genre que j’ai vus et revus quinze milliard de fois, cela ne m’intéresse pas tellement. J’ai envie d’être surpris en tant que spectateur, donc j’essaye de faire la même chose en tant que réalisateur.

Votre narration est volontairement binaire, dans la mesure où vous jouez sur deux époques différentes. Cette alternance entre présent et passé vous paraissait-elle évidente ? Vous n’aviez pas peur de cette binarité, du rythme que vous deviez trouver, pour faire patienter le spectateur jusqu’au dénouement ?

Dès l’écriture du scénario, cette construction m’est apparue complètement logique. Après, je n’avais pas la certitude qu’à l’écran l’alternance entre passé et présent correspondrait exactement avec le scénario. Mais je comptais sur le fait que les deux histoires étaient suffisamment prenantes et poignantes, et que l’intuition de leurs intersections par le spectateur serait vraiment là et permettrait de conserver le spectateur accroché au film tout au long du récit. Mais je ne savais pas à cent pour cent si cela allait fonctionner de la même façon à l’écran que sur le papier. Au montage, on s’est vite rendu compte qu’il y avait un problème avec les dix premières minutes du film. On passait du présent au passé beaucoup trop rapidement. Manifestement, ça ne fonctionnait pas, c’était trop haché, on n’avait pas vraiment le temps de rentrer dans l’une des deux histoires parallèles. Il fallait donner plus de temps au spectateur, grouper un peu plus les scènes, pour lui permettre de rentrer véritablement dans le film. Mais ce problème ne s’est posé quasiment que pour les dix premières minutes du long-métrage. Pour le reste, presque tout a fonctionné comme dans le scénario.

À propos du scénario, il semble que vous l’aviez préparé depuis bien longtemps. Êtes-vous réellement depuis une dizaine d’années sur ce projet ?

En fait, ce n’est pas comme ça qu’il faut le présenter. J’ai écrit le scénario en 2004, mais je n’ai tout de même pas fait que travailler sur ce scénario depuis cette période. J’ai heureusement fait d’autres choses dans ma vie ! Il y a eu une première version qui a été écrite en 2004, puis il y a eu beaucoup de travail sur d’autres versions, jusqu’à pratiquement un mois avant de commencer à tourner. Le processus s’est donc étalé sur toutes ces années. Et ça s’est étalé parce qu’il a été extrêmement difficile de trouver les financements nécessaires. Dès que vous allez voir quelqu’un pour avoir de l’argent pour faire votre film, il exige des changements sur le script. De surcroît, il m’a été très difficile de rentrer dans le milieu du cinéma, d’en ouvrir les portes, d’autant plus parce que je ne connais personne dans cet univers. J’ai fini par trouver des producteurs français très courageux, François Cognard le premier, mais les gens comme lui, capables de lire un scénario envoyé par un illustre inconnu et d’y voir un film potentiel, et un film de qualité, sont extrêmement rares. Si vous ne connaissez personne et que vous débarquez chez un producteur parisien, personne ne lira votre script et il finira automatiquement à la poubelle. J’ai fait des études de cinéma mais je ne connaissais personne, vraiment personne, avant de me lancer véritablement. Je suis parti de zéro et ça prend donc énormément de temps. Quelqu’un m’a dit un jour : « Quand vous avez de la famille dans le milieu, ça vous fait gagner dix ans ». C’est tout simplement vrai. Regardez les gens qui ont de la famille dans le milieu, ils font leur premier film à 25 ans. Je l’ai fait à 35 ans. Effectivement dix ans plus tard.

Aujourd’hui, le cinéma de genre « à l’espagnole » se porte très bien, comme le montrent les films de Del Toro, ou d’Álex de la Iglesia. Etes-vous très influencé par certaines de ces œuvres ? Vous sentez-vous profondément espagnol dans votre façon d’aborder le film de genre ? Et comment expliquez-vous que le cinéma de genre espagnol soit aussi bon ?

(Grand sourire) C’est curieux parce qu’à chaque fois que je dis ça aux gens en Espagne, ils ont du mal à croire qu’il puisse y avoir un tel a priori positif en faveur du cinéma espagnol en France. Je ne pense pas que le cinéma espagnol dans son ensemble soit particulièrement bon. Je ne sais pas si le nombre de bons films espagnols, annuellement, est si important que cela, par rapport aux autres films européens. Si vous demandez aux Espagnols, ils diront probablement que leur cinéma n’est pas exceptionnel.

Mais vous ne pensez pas qu’en France il y a un problème avec le cinéma de genre ? Manifestement, le cinéma de genre français ne fait pas se déplacer les foules, ou en tout cas rarement, et ne bénéficie pas d’un appui inconditionnel du monde cinématographique professionnel…

Je pense qu’il ne faut pas blâmer le public français, qui est l’un des meilleurs publics au monde. Je connais les problèmes que vous soulevez, je suis moi-même français, de par ma mère, et je vis en France depuis douze ans déjà. Je connais beaucoup de jeunes gens qui ont fait des films de genre en France ces dernières années. A mon sens, le vrai problème vient de la manière dont le film est financé, des sources de financement. Et s’ajoutent également de nombreux a priori quant à ce que le public veut voir, sur ce que le public est supposé aimer. Je pense que le public français est très ouvert sur des films étrangers différents, sur des cinémas audacieux. Après, la question reste de savoir si les Français s’attendent à voir des réussites dans ces domaines, dans ces genres, au sein même du cinéma français. En plus, le cinéma français de genre est souvent tributaire de budgets serrés, voire ridicules. Faire un film en France, ça coûte aussi deux fois plus cher qu’en Espagne. À la base, faire un film de genre, ça signifie faire un film un minimum flamboyant, avec des décors importants, une direction artistique puissante, dont découle une direction de la photographie expressive, donc des coûts importants. On n’est pas en train de filmer des arrêts de bus et des cafés parisiens ! Au contraire, dans le cadre du cinéma de genre, on filme des choses qui demandent un investissement lourd, on fait des films forcément assez chers, d’autant plus lorsqu’on a recours à un vrai travail sur la direction artistique, voire à des effets spéciaux conséquents.

En parlant d’effets spéciaux, la dernière scène de votre film recourt au CGI de façon plus prononcée que dans le reste du film. D’ailleurs, cette scène ne résout pas la question de la maladie du personnage principal, que vous laissez, je suppose, volontairement de côté…

Oui, car la maladie du médecin n’est en réalité qu’un MacGuffin. La vraie question, existentielle, est celle de l’identité de ce personnage. Une fois qu’il a compris qui il était véritablement, la question de sa propre survie ne se pose même plus. Il n’y a pas de survie possible. Le film montre très clairement qu’il n’y a pas de résolution. Le passé ne peut que continuer à détruire chacun des protagonistes touchés, malgré la catharsis finale.

Après un film comme INSENSIBLES, qu’avez-vous envie de faire ? Comment voyez-vous les choses ? Voulez-vous poursuivre le « film de genre à l’espagnole » ?

Je suis espagnol, mais je suis aussi français. En plus, je suis né aux États-Unis. Ce film, c’était en quelque sorte « mon » film espagnol, mais le prochain sera peut-être un film français, ou même un film américain. Je ne ressens pas une filiation avec un pays ou une école particulière. Ce qui m’intéresse, ce sont des thématiques importantes, qui me tiennent à cœur, et que j’ai envie de traiter par le biais d’une histoire. Je ne suis pas particulièrement attaché au fantastique. D’ailleurs, INSENSIBLES est certes un film fantastique, mais c’est aussi un drame, un film historique. C’est le résultat de tout ce que j’ai essayé de mélanger. Je m’intéresse à énormément de choses et je ne me fixe pas de limites en terme de genres. En grandissant, les goûts changent et j’aurai peut-être envie d’explorer des univers différents. Les choses qui vous tiennent à cœur divergent à chaque étape de votre vie. On verra bien.

RÉALISATION Juan Carlos Medina
SCÉNARIO Juan Carlos Medina et Luiso Berdejo
CHEF OPÉRATEUR Alejandro Martínez
MUSIQUE Johan Södquervist
PRODUCTION François Cognard, Adolfo Blanco, Antoine Simkine & M.A. Faura
AVEC Alex Brendemühl, Irene Montala, Tomas Lemarquis, …
DURÉE 105 mn
DISTRIBUTEUR DistriB Films.
DATE DE SORTIE 10 octobre 2012.

3 Commentaires

  1. Koopa

    Beau boulot ! Et pour citer Medina lors de cette interview : « c’est agréable de répondre à des questions intelligentes » !

  2. Esté

    Voici une interview où l’on sent que le réalisateur va puiser au plus profond de ses idées, et n’offre en tous les cas pas les habituelles réponses formatées de cet exercice de style devenu tellement minuté, répétitif. L’intervieweur y est pour quelque chose… bien entendu !

  3. Passionnante interview, merci du partage.

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