LE DÉSORDRE ET L’AMORAL

Est-il encore besoin de présenter Paul Verhoeven aux lecteurs de Capture Mag ? Cinéaste génial et sensitif capable de ruer dans les brancards, celui que l’on surnomme le « Hollandais violent » continue de fonctionner à l’instinct et n’a rien perdu de sa verve habituelle, malgré ses 78 printemps. Avec ELLE – qui sort dans nos salles aujourd’hui – le voici qui débarque dans le cinéma français avec une œuvre parfois malsaine et ambiguë, mais aussi teintée d’une ironie mordante. Une façon de brocarder les travers de la société française ? On lui pose la question, mais attention aux spoilers !

ELLE est une adaptation du roman « Oh… » de Philippe Djian. Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce livre, d’un point de vue de réalisateur ?

C’est le producteur Saïd Ben Saïd qui m’a envoyé le livre en français et m’a demandé de le lire pour savoir si je voulais en tirer un film. Nous ne connaissions pas, mais je l’ai lu, je l’ai rappelé et j’ai dit oui. Pourquoi je l’ai aimé ? Je n’en sais rien ! Pourquoi préfère-t-on Stravinsky plutôt que Chostakovitch ? Et si on veut répondre à la question : pourquoi faire tel film plutôt que tel autre film ? Je réfléchis. J’ai lu le livre avec curiosité, je l’ai trouvé intéressant et ai été épaté par sa franchise, la grande liberté des personnages, leur ambiguïté. Ce n’est pas une mise en intrigue traditionnelle et c’est ce qui m’a attiré.

Il a été question d’en tirer un film américain avant de revenir à l’idée de le faire en France, non ?

Oui, mais ce n’était pas une bonne idée. Aux États-Unis, on aurait du en faire un film de vengeance. Le personnage principal se serait mis à la poursuite de son violeur. Même THE REVENANT d’Alejandro González Iñárritu fonctionne de la sorte, puisqu’il est question de venger la mort du fils. Mais Philippe Djian n’a pas écrit le livre de la sorte, il a rajouté un background différent pour le personnage de Michèle – interprétée par Isabelle Huppert : je pense à ce qui s’est déroulé avec son père, quarante ans auparavant. La construction du roman est tout à fait différente de ce qu’on lit habituellement. On ne lit pas un tel livre tous les jours. Peu de personnes sont capables d’écrire comme cela, avec autant d’éléments imprévus. D’un point de vue moral, Djian pousse les lecteurs à se poser des questions. Moi cela ne m’affecte pas et je ne le fais pas forcément, mais de toute évidence, je sais que les gens vont s’en poser. Tout cela m’a attiré, ça allait dans des directions que je n’avais pas prévues. J’ai lu le livre de cette manière et cela m’a intéressé car je n’avais tourné de thriller comme ça. On n’est pas dans le simple whodunit, dont l’enjeu est de trouver l’identité du coupable. Certes, on s’amuse avec cette notion, on le montre laisser des messages avec son sperme sur le lit, il menace de revenir et Michèle finit par découvrir qui est son agresseur. Mais ces éléments de thriller ne sont qu’une facette du film. C’est très commun, très « Hitchcockien » dans un sens et vous savez sûrement que je suis un grand fan d’Alfred Hitchcock et que j’ai étudié son travail très attentivement.

Quel était le challenge du film alors ?

Je voulais tisser le réseau de relations sociales autour du personnage de Michèle, construire le personnage dans sa relation aux autres, les huit ou neuf personnes qui partagent sa vie, en incluant son chat (il rit). C’est un genre de film que je n’avais pas encore fait, et je pense qu’il faut toujours éviter de se répéter. Il ne faut jamais refaire ce qu’on a déjà fait. J’ai toujours refusé de faire les suites de mes films par exemple. Parfois, j’ai été tenté, même séduit, mais par chance ou par intuition, je ne l’ai pas fait, et grand bien m’en a pris, puisque ces films ont été des échecs artistiques et commerciaux. J’ai toujours réussi à éviter de me répéter dans mon propre travail, sinon je m’ennuie. Ce ne serait pas une aventure. L’essence de la création tient dans le fait de ne pas savoir à l’avance où l’on va, de partir à l’aventure et de prendre les choses comme elles viennent. C’est comme cela qu’on est créatif, en cherchant des solutions. Tisser et montrer ces relations sociales, c’est ce qui m’a séduit car je ne l’avais jamais fait auparavant. C’est difficile de vous répondre en fait, car mes choix sont intuitifs. Je ne cherche pas à les raisonner. Mais je le fais pour vous, maintenant.

La bande-annonce de ELLE.

Image de prévisualisation YouTube

Ce qui est intéressant avec ELLE, c’est que vous l’abordez un peu comme vos films américains. ROBOCOP, SHOWGIRLS ou STARSHIP TROOPERS sont des œuvres qui traitaient ouvertement de la société américaine, et de la même manière, ELLE fait la même chose en traitant de la société française…

C’est vrai, mais c’est un sous-texte qui est dans le roman, je n’invente rien.

C’est à dire que vous utilisez énormément de symboles chrétiens tout au long du film. Par exemple, je pense à ce bébé noir, alors que le père est blanc et qu’il refuse de voir la vérité en face. Connaissant votre intérêt pour la vie de Jésus et la façon dont vous remettez les croyances religieuses en question, je me disais peut-être qu’il y a une analogie avec Joseph, par exemple ?

C’est vrai que j’ai écrit un livre sur Jésus qui reprend la théorie de Jane Schaberg, une théologienne féministe qui est morte récemment. Elle disait en substance que Jésus est né d’un viol dont Marie a été la victime. Mais je n’y ai pas du tout pensé en tournant notre scène de viol dans ELLE. Selon votre lecture, ce symbole vient du fait que Vincent, le fils de Michèle, est censé être le père du bébé alors que ce n’est pas lui, mais c’était dans le livre. Bon, c’était un peu différent : dans le livre, le vrai père de l’enfant est emprisonné en Thaïlande pour des histoires de drogues, et sa petite amie Josie – qui est interprétée par Alice Isaaz dans le film – essaye de trouver de l’argent pour le faire sortir. Mais je trouvais qu’on insistait déjà un peu trop sur l’emprisonnement du père de Michèle, et que cela pouvait prêter à confusion. Avec mon scénariste David Burke, nous avons décidé que le père pouvait finalement être quelqu’un de l’entourage de Vincent, ce serveur qu’on aperçoit rapidement au restaurant et qui revient à la maternité, au moment de la naissance du bébé.

Mais justement, en admettant que ces passages soient dans le roman, est-ce que ce n’est pas quelque chose que vous avez accentué ? L’intrigue du film se déroule durant la période de Noël, on voit beaucoup d’images d’archives de la messe, le personnage de Rebecca – interprété par Virginie Efira – affirme qu’elle adore la nativité car « c’est le début de l’humanité » selon elle…

C’est vrai. J’ai accentué l’aspect religieux de l’intrigue, sans aucun doute. C’est du à mon intérêt pour la religion.

Vous mettez même l’accent de façon très ironique sur le fait que le violeur est juif…

Ah oui, ce n’est pas dans le roman ça ! David Burke est juif et c’est lui qui a décidé de rajouter ce petit détail dans l’intrigue. Cela ne vient pas de moi, mais je l’ai gardé parce que ça m’a fait rire (rires). Disons que je me suis davantage impliqué dans le personnage de Rebecca, la voisine de Michèle, et j’ai exacerbé sa personnalité dans le film : j’ai rajouté le fait que lors du repas de Noël à table, elle demande à faire la prière et veut assister à la messe à la télévision. Et elle a toutes ses décorations dans son jardin, la nativité justement, les bibelots de Noël, les sapins décorés. Michèle n’a rien de tout ça chez elle, même pas un arbre de Noël. Et je m’amuse avec tout ça c’est vrai, notamment quand Michèle se masturbe en regardant par la fenêtre d’en face et finit par jouir quand Rebecca allume les lumières de Noël dans son jardin !

Vous jouez de cette imagerie symbolique et religieuse avec la lumière aussi. Je pense notamment à la seconde scène de viol du film…

Vous parlez de la scène dans la cave du chauffage ? Avec la lumière rouge ? C’est vrai que c’est là et qu’on peut penser à une antichambre de l’enfer pour ce décor en particulier. Je comprends ce que vous voulez dire, mais ce n’est pas conscient, je n’y ai pas particulièrement pensé en construisant la séquence.

Mais du coup, on en revient à ma question initiale : est-ce que le film reflète votre vision de la société française ?

C’est une société plus catholique que la société hollandaise, c’est sûr. Mais est-ce que les français sont des gens très religieux ? Non, je ne crois pas. Peut-être que c’était le cas avant, mais plus vraiment maintenant. Je pense qu’il y a chez vous autant d’athées qu’en Hollande.

Je pense plus spécifiquement à la société bourgeoise que vous montrez dans le film en fait ?

Oui mais Michèle n’est pas croyante du tout.

Parce qu’elle a eu un trauma, puisque son père est un meurtrier qui a assassiné plusieurs personnes au nom de Dieu…

Mais c’est dans le livre. Il est pris dans un moment de folie schizophrène, psychotique. Il fait une crise religieuse, se retrouve piégé par sa propre paranoïa et commence à tuer tous ces gens sans aucune raison. Il tue même le chien ! Mais maintenant que j’y pense, je ne suis pas certain que cela vienne du livre en fait. C’est peut-être un élément de l’intrigue que nous avons rajouté avec mon scénariste, je ne sais plus. En fait, je me rends compte en vous parlant que je ne peux pas échapper à moi-même. Ma relation à la religion date de l’époque où j’ai eu 26-27 ans. À l’époque, j’ai traversé une crise religieuse qui est liée à la grossesse de ma femme, que je n’arrivais pas à gérer. C’était un épisode psychotique, même si le terme est un peu exagéré, qui a duré trois semaines. Pendant ce temps-là, j’ai rejoins une communauté pentecôtiste et je suis parti quand je me suis rendu compte que c’était du baratin, des foutaises. Mais depuis, j’ai toujours gardé un profond intérêt pour la religion. J’ai réussi à refouler cet incident afin de ne plus en souffrir, mais c’est toujours là. Ces éléments religieux me reviennent en tête quand je travaille, mais cela n’a rien à voir avec le fait d’être une personne religieuse. Au contraire, je les utilise de façon très ironique, notamment dans ce film.

Comme toujours dans votre cinéma, oui…

Il suffit de voir la façon dont je dépeins la femme « pure » dans ELLE. Dans le cadre du film, ce serait Rebecca qui semble être une épouse loyale, souriante, attachée à son mari. Mais cette image est un peu pervertie de façon malicieuse durant la scène du diner, quand elle parle de ceux qui n’ont pas la même éthique de travail qu’elle. On se doute qu’elle parle des immigrés du Moyen-Orient, et elle se fait interpeller par l’un des invités qui lui intime de se laisser aller à sa pensée raciste, mais elle se rétracte, arguant que tous les gens sont des fils de Dieu. Pendant un instant, le spectateur constate qu’elle n’est pas aussi pure qu’elle en a l’air, et ce n’est pas forcément nouveau avec ce genre de personnes très croyantes. C’est quelque chose que nous avons exacerbé avec le scénariste David Burke, notamment en rajoutant un petit élément supplémentaire vers la fin du film. Dans l’une des dernières scènes, le spectateur se rend compte que Rebecca savait ce qui se tramait, elle était au courant depuis le début. Et de cette façon, je fais une pique à l’église catholique, dont on sait qu’elle étouffe des scandales depuis des années, et d’ailleurs c’est d’actualité puisque certains d’entre eux ont fait la une des journaux ces dernières semaines. Mais tout cela, je ne l’ai pas inventé, c’est mon scénariste David qui a pensé à tout cela et je l’ai encouragé. C’est un peu la méthode américaine, il voulait en rajouter mais c’est intéressant d’un point de vue dramaturgique, car l’idée est de toujours rajouter une grille de lecture supplémentaire. Cela permet aux spectateurs de voir les choses sous un autre angle. Et pour faire marcher ce moment précis, il fallait que je force un peu le trait sur le catholicisme de Rebecca dans le film – par rapport au roman – et l’ironie permet de faire ça.

Parlons de votre style cinématographique. En arrivant aux Etats-Unis, vous vous êtes adapté au langage pour parler de la société américaine à travers vos films. Par exemple, vous avez intégré le format publicitaire dans la narration de ROBOCOP, et c’était assez novateur et pertinent à l’époque. Vous faites aussi référence à Alfred Hitchcock dans BASIC INSTINCT à travers une mise en image très précise. Mais même si la référence semble être la même pour ELLE, votre style s’est un peu relâché, vous ne cherchez pas à être aussi précis que d’habitude…

C’est vrai, c’est volontaire.

Pourquoi ?

Deux ans avant de tourner ELLE, j’ai participé à un projet un peu particulier en Hollande, un programme télévisé qui s’appelle TRICKED et que vous pouvez trouver en vidéo chez vous. C’est un projet basé sur l’improvisation, puisque c’est le public qui écrivait le scénario, donc il fallait être extrêmement flexible. En travaillant avec le directeur de la photographie – qui était également le caméraman sur le projet, nous avons décidé de rajouter une seconde caméra pour tourner plus rapidement. Et le caméraman qui opérait cette seconde caméra était également un directeur de la photographie. J’avais donc deux chefs opérateurs au lieu d’un, et ils travaillaient ensemble, en collaboration. Ils sont amis, et leur fonctionnement servait de contrepoint : il ne s’agissait pas seulement de rajouter un second point de vue additionnel pour couvrir les scènes, mais de tourner en permanence et de prendre des initiatives. On a tourné ainsi pendant deux jours, puis le scénario était écrit pendant deux semaines, et on reprenait le tournage. Le projet était bancal, et je ne le referais pas, mais cette méthode m’a intriguée, et je me suis pris au jeu. Quand je suis arrivé en France et que j’ai rencontré le directeur de la photographie Stéphane Fontaine, je lui ai décrit ce processus de travail et je lui ai demandé s’il connaissait quelqu’un de confiance pour expérimenter de la même manière sur ELLE. Il a demandé à l’un de ses amis, Matthieu Le Bothlan, qui fut son assistant et qui est désormais chef opérateur lui aussi, et l’idée lui a plu. Je crois qu’il a dix ans de moins que Stéphane et il a amené toute son énergie sur le projet. Cette méthode consiste à ne pas contrôler les mouvements de caméra. Je leur ai laissé beaucoup de liberté, sans leur dire quoi faire, mais en les engageant à suivre ce qu’ils voyaient durant les répétitions, ce qui leur semblait intéressant. Le fait de tourner ce petit projet expérimental en Hollande m’a permis d’être plus innovant, de libérer mon esprit. Et je me suis dit que la méthode serait idéale dans cet environnement culturel inconnu pour moi. Je connais la France, bien entendu, mais tout était nouveau pour moi, le casting, les lieux de tournage. Et cette façon de faire est plus nonchalante, c’est une méthode moins précise, mais à dessein. Il reste évidemment beaucoup de mise en scène, mais elle est moins resserrée que d’habitude. Nonchalante (NdR : en français dans le texte), c’est le mot.

Mais est-ce que cette méthode vous permet tout de même de construire un style suggestif, en glissant des symboles à travers les images comme du sens entre les lignes, à la manière de ce que vous faisiez sur vos films américains ?

Oui, mais ce n’est jamais conscient, ça passe à travers les mailles du filet. Aux Etats-Unis, j’ai manié l’ironie pour me donner une raison d’investir un genre qui ne m’intéressait pas tant que ça, à savoir la science-fiction. En général, je trouve que c’est un genre un peu plat, qui ne permet pas vraiment de construire des vrais personnages. Prenez TOTAL RECALL par exemple : c’est Arnold Schwarzenegger qui définit le caractère du film, pas son personnage. On ne peut pas le louper, donc c’est difficile de le faire changer de registre. J’ai donc utilisé cette couche d’ironie, pour rendre la science-fiction intéressante de mon point de vue, mais ce n’était pas vraiment une approche raisonnée, plutôt un mécanisme de défense contre mon propre ressenti. Comme je venais de Hollande à l’époque, et d’un background cinématographique très réaliste, j’avais peur que mes films de science-fiction semblent totalement irréalistes et artificiels. C’était une façon de trouver une porte d’entrée pour pouvoir faire fonctionner ces projets de manière équilibrée.

En préparant ELLE, est-ce que vous avez séjourné en France pour vous familiariser avec la société française ?

Non. J’ai commencé à travailler sur le film en octobre 2014, et j’ai pu observer mon environnement à ce moment-là, mais je n’ai pas cherché à l’étudier. À l’âge de 17 ans, j’ai passé une année en France, et cela n’a pas été très difficile de m’adapter à la culture locale, qui n’est pas si différente de celle des années 50. Cela a changé bien sûr, et moi aussi depuis. Mais pas suffisamment pour ne rien reconnaître.

Mais vous avez tourné le film en français et pour les étrangers, c’est une langue difficile, plus subtile que l’anglais. Est-ce que cela a été difficile d’interagir avec les comédiens français ?

Non. Pour améliorer mon français, je suis allé suivre des cours dans un institut linguistique en Hollande pendant une semaine et en ressortant, je me suis dit que je parlais français. Au départ, tout le monde me parlait en anglais sur le projet, mais c’était une situation ridicule car j’étais le seul à ne pas parler français couramment, donc je me suis adapté à la situation. Je peux lire le français sans problèmes, je suis en train de lire une trentaine de livres sur la résistance française en ce moment même. C’est vrai qu’en entretien, je préfère l’anglais pour énoncer le fond de ma pensée plus clairement, mais sur le tournage, je me suis laissé porter par mes comédiens. Isabelle Huppert a pris les choses en main car son personnage est au centre du film, et sa performance est tellement puissante que je pouvais totalement m’appuyer sur elle et lui faire confiance. D’ailleurs, en se mettant à ce niveau-là, elle a servi de référence à tous les autres comédiens dans le film, et ça a très bien marché. Je l’ai déjà dit auparavant, mais je ne pense pas que ELLE aurait pu être un film américain, même si c’est ce que nous avions envisagé au départ. Pour moi, le film fonctionne grâce à Isabelle Huppert, elle apporte quelque chose d’indéniable au projet, une véritable authenticité. Elle est à la fois légère et amusée, mais aussi ambiguë que l’intrigue le nécessite. D’une certaine manière, le fait de côtoyer une équipe française m’a permis de devenir plus français que je ne le suis en réalité !

C’était le cas aussi aux Etats-Unis ? 

C’est intéressant car j’ai tourné LA CHAIR ET LE SANG en Espagne en 1985, et le film était financé par des capitaux américains, par la société Orion. Mike Medavoy était le patron d’Orion à l’époque et après l’échec du film, il m’a dit une chose très intéressante : « Si tu veux faire des films américains, tu dois t’installer et vivre aux Etats-Unis. Tu dois être entouré par des américains, et c’est comme ça que tu deviendras américain toi-même ». Moi qui pensais avoir fait un film américain avec LA CHAIR ET LE SANG, je me suis rendu compte qu’il avait raison. Et malgré l’échec du film, qui avait coûté six millions de dollars, il a quand même financé ROBOCOP dans ces conditions et cela a marché. Et il s’est passé la même chose en France : il fallait que je saute le pas, que je ne garde pas ma propre identité, mon propre langage. Et en étant entouré de comédiens français, d’une équipe française, je suis plus ou moins devenu français. Plus ou moins (rires).

Je voudrais parler d’un projet qui ne s’est malheureusement pas fait, mais qui a nourri les fantasmes de nombreux cinéphiles dans les années 90 : CRUSADE, le film sur les croisades que vous deviez tourner avec Arnold Schwarzenegger. Quelle était votre intention sur ce film ?

C’était un projet qui a bien failli se faire et qui a été annulé à la dernière minute, un film sur la première croisade de 1096. Mais avec Arnold, nous avions convenu qu’il ne fallait pas tourner le film de manière totalement sérieuse. C’est d’ailleurs Arnold qui a eu l’idée et qui m’en a parlé pour la première fois sur le tournage de TOTAL RECALL. Il voulait faire un film sur les croisades. J’en ai parlé à mon tour à Mario Kassar, le patron de Carolco, la société qui a produit TOTAL RECALL justement. Et nous avons lancé le projet comme ça. Je suis allé voir Walon Green, le scénariste de LA HORDE SAUVAGE, qui venait d’écrire le projet DINOSAURE pour moi mais qui ne s’est pas fait à l’arrivée. Il a rédigé un scénario très intéressant que nous avons tous aimé, et il était question de tourner le film durant l’été 1994. À l’époque, Mario Kassar avait lancé CRUSADE en même temps que L’ÎLE AUX PIRATES de Renny Harlin et les deux films étaient très chers, leur budget était estimé à 120 millions de dollars chacun. Or, Carolco ne pouvait pas miser sur les deux films en même temps, la société n’avait pas 240 millions en banque. C’est alors que Mario a pris la regrettable décision d’annuler notre projet et de faire L’ÎLE AUX PIRATES à la place. Il faut dire qu’à l’époque, Michael Douglas était censé être dans L’ÎLE AUX PIRATES, mais il a quitté le projet en cours de route et a été remplacé par Matthew Modine. Mais à l’époque pour Carolco, une affiche avec Geena Davis et Michael Douglas représentait une valeur plus sûre qu’un film mené par Arnold Schwarzenegger et moi-même. Et c’est ce qui a mené à la faillite de Carolco, puisque L’ÎLE AUX PIRATES a été un bide retentissant. Je pense que ce choix a été une erreur fatale pour sa société, et même si je ne peux pas garantir que Mario aurait maintenu Carolco à flots s’il avait préféré faire CRUSADE, il est évident que notre scénario était bien meilleur que celui de L’ÎLE AUX PIRATES. Nous avions trouvé le ton adéquat, grâce au scénario de Walon Green qui était taillé sur mesure pour Arnold, à la manière de TOTAL RECALL. Et il y avait une ironie formidable, je me souviens encore de la fin : évidemment, dans la réalité historique, c’est Godefroy de Bouillon qui est devenu le roi de Jérusalem mais dans notre fiction, le trône est d’abord proposé au personnage d’Arnold et celui-ci refuse. Et nous terminions le film sur une note en hommage à Candide ou l’Optimisme de Voltaire, quand le personnage rentre chez lui avec la princesse arabe et décide de… cultiver son jardin. C’était magnifique, ah ! Quel dommage que le film ne se soit pas fait. Et j’ai fait SHOWGIRLS à la place, qui a été un véritable désastre à la fois critique et commercial !

Ce qui est d’autant plus étonnant qu’il s’agit probablement de votre film le plus moral : le personnage de Nomi Malone semble être le reflet de ces jeunes américaines décérébrées qui cherchent la gloire et la fortune par tous les moyens possibles, y compris en utilisant leur sexualité pour parvenir à leurs fins. Et pourtant, par sa naïveté, elle semble finalement être le personnage le plus « pur » du film dans ce milieu totalement dégueulasse, à tel point que SHOWGIRLS fait alors figure de conte moral…

Oui, mais elle n’est pure que pour un instant. Car à la fin du film, elle part refaire la même connerie à Los Angeles ! D’une certaine manière, il n’y a pas vraiment de repentance de sa part, comme une façon de dire qu’elle n’a pas appris de ses erreurs et que l’histoire se répétera toujours sur ce point. C’est un film sur l’Amérique, et d’ailleurs, il n’y a qu’en Amérique qu’une ville comme Las Vegas peut exister.

Les amateurs du film parlent aujourd’hui de plaisir coupable, de film volontairement campy, or ce n’était pas votre intention… Le film est évidemment satirique, mais cela ne vous gêne pas qu’il ne soit pas pris au sérieux ?

Peut-être que les gens qui l’apprécient cherchent un mot pour le décrire et utilisent le terme campy, mais ce n’était pas mon intention, non. Nous sommes dans l’hyperbole. Tout est outrancier, plus grand que nature, on monte tous les potards d’un cran, que ce soit dans le ton, dans le style visuel, dans le jeu des acteurs. Tout est agrandi, et c’est totalement volontaire. D’ailleurs je trouve que c’est l’un de mes films que j’arrive le plus facilement à revoir, je le trouve très divertissant, mais il a été vraiment haï au moment de sa sortie et j’en ai certainement payé le prix à Hollywood. Si j’avais fait CRUSADE à la place, ma carrière aurait été totalement différente aujourd’hui.

Remerciements particuliers à Nathalie Bittinger pour la traduction et la mise en forme de l’entretien.

ELLE sort dans les salles françaises le 25 mai 2016.

À LIRE ÉGALEMENT
L’article de Rafik Djoumi sur CRUSADE et l’entretien avec le scénariste Walon Green au sujet du projet avorté.

À ÉCOUTER
CAPTURE MAG – LE PODCAST : ÉPISODE 13 sur la carrière de Paul Verhoeven

17 Commentaires

  1. jackmarcheur

    j’ai vraiment hâte de voir ce que devient Paul Verhoeven, meme si je n’aime pas particulierement Isabelle Huppert.

    Avec le nouveau Mel Gibson, voolà des films qui m’excitent bien plus que les Marveleries !

    MErci pour l’interview que je lirai en detail apres avoir vu ELLE (j’en déjà beaucoup trop dessus d’ailleurs!)

    • Nicothieb

      Quel rapport avec les Marvel ? Ce n’est pas du tout le même type de film. Je ne pense pas que Verhoeven ait besoin qu’on rabaisse la concurrence pour donner de la valeur à l’un de ses films.

      • Alanis Morissette

        Aucun rapport en effet, mais c’est toujours bien vu sur Capture de chier sur Marvel et autres grosses légumes actuelles.
        ça fait dissident, faut croire.

        • Stéphane MOÏSSAKIS

          Ouais.

          Ou alors – mais attention hein, c’est révolutionnaire comme idée : Il y a des gens qui n’aiment pas ces films et qui le disent, et peut-être même qu’ils n’ont pas attendu le moindre avis ou la moindre critique estampillée « Capture Mag » pour le penser.

          Non parce que bon, si on est en plus responsables des spectateurs qui n’aiment pas les films Marvel (y’en a, oui) – en plus du fait qu’on nous reprocherait presque de donner notre avis sous un article qui n’a aucun rapport et ne fait aucune mention de ça – on ne s’en sort plus hein…

          • jackmarcheur

            Nicothieb et Alanis Morissette, je ne vois pas où j’ai rabaissé la concurrence, ou chié sur les Marvel (ou DC si tu préfères) même si en vrai, je CHIE sur les Marveleries depuis… bah on va dire Spiderman 3 de Sam Raimi quoi soit 2007 (Capture Mag existait il déjà?).

            Ca ne vous empêche pas d’aller voir et adorer les Marvelmerdes, ou DCD et je RESPECTE vos goûts.

            Simplement les CGI me sortent par le trou de nez depuis… Avatar en fait, la déception de ma vie, la descente aux enfers de mon Dieu Réalisateur préféré qui ne l’est plus du coup!

            Alors quand un réalisateur comme Paulo qui a été au top avec des films avec pleins de CGI, se remet à faire du Chabrol SANS CGI de merde, et qu’en plus, toutes les critiques sont bonnes, bah moi ça m’excite bien plus que les blockbusters de suphéros, c’est tout ce que je dis.

            Et je confirme ce que tu dis Stéphane, je n’ai pas attendu Capturemag pour CHIER sur les Marvel de merde.
            Et non l’équipe de Capture Mag n’est pas responsable de mes écrits !

            Ceci dit, j’ose esperer qu’on puisse aimer du Merdevel ET du Verhoeven 2016.

  2. runningman

    Bon, et bien je sais ce que je vais aller voir ce week-end au cinéma et merci pour cette interview de Master Paul Verhoeven.

    PS: j’ai envie de rajouter également que le dernier Shane Black est sans doute un des meilleurs films de cette année et LE MEILLEUR body movie de ces vingt dernières années.

    Bordel de merde, il faut voir et soutenir un film comme The Nice Guys.

  3. Colonel Ives

    Soit dit en passant, Elle est une sacrée daube, comme si Festen avait copulé avec Michael Haneke pour enfanter un tel rejeton ; le film n’est que sarcasme, cynisme, ironie, tout en tutoyant le grotesque et le nanar involontaire plus qu’à son tour …
    Cela me rend très triste venant de P. Verhoeven …

  4. Innsmouth

    Bonjour/Bonsoir,

    Je me permets de faire un léger hors sujet tout en profitant tout de même d’un sujet vaguement lié à Cannes.

    Est-ce qu’il y a une explication au fait que les festivals présidés par des grands cinéastes, dans l’air récente, donnent systématiques une palme d’or (à l’exception de David Lynch en 2002 avec le Pianiste) parfaitement oubliable, quasi exclusivement dans une mouvance naturaliste-social, aux détriment d’autres films nettement plus mémorable (ceci n’engage que moi et je ne prétends pas avoir argument d’autorité).

    Ma conception de la palme d’or, à tort sans doute au vu des palmares, est que cette dernière à vocation à faire emmarger un film à côté duquel à côté duquel le public aurait pu passer (à la différence des oscars récompensant des films plus « mainstream ») mais qui restent regardable, le meilleur exemple étant sans doute Apocalypse Now.

    Pour faire état de ce constat je commence avec la présidence de Martin Scorcsese en 1998 (ayant vu trop peu de film en compétitions dans les années antérieures je ne m’autorise pas à me prononcer).
    De plus je n’ai pas la prétention d’avoir vu tous les films de toutes les années dont je parle.

    Gagnant : Mia éoniotita kai mia méra (L’éternité et un jour)

    Année où été aussi en compétition entre autres, The general de Boorman, La vie est belle de Benigni ou Las Vegas Parano de Gilliam

    1999 Président Cronenberg: Gagnant Rosetta des frères Dardenne

    En compétition: Ghost Dog de Jarmusch, L’Été de Kikujiro de Kitano

    2004 Président Quentin Tarentino: Gagnant Farhenheit 9/11

    En compétition : Ladykiller des Cohens, La vie est un miracle Kusturica, Ghost in a Shell 2 de Oshii, Old Boy de Whan-Wook et presque tout le reste de la séléction…

    2010 Tim Burton : Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures de Apichatpong Weerasethakul

    En compétition: Biutiful de Alejandro González Iñárritu, Outrage de Takeshi Kitano (sans doute pas son meilleur mais déjà nettement plus regardable)

    2012: Nanni Moretti : Amour de Michael Haneke

    En compétition: Une séléction pas très cannes mais de film « cool », Cogan : Killing Them Softly (Killing Them Softly) de Andrew Dominik, Cosmopolis David Cronenberg, Des hommes sans loi (Lawless) John Hillcoat, L’Ivresse de l’argent Im Sang-soo, Moonrise Kingdom film d’ouverture Wes Anderson, Mud Jeff Nichols, Sur la route (On the Road) Walter Salles

    2013 Président Steven Spielberg Gagnant :La Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche (J’imagine que le débat sur la Mariage pour tous en France au même moment à du peser)

    En compétition; Inside Llewyn Davis de Joel et Ethan Coen, The Immigrant de James Gray, Tel père, tel fils (Soshite Chichi Ni Naru) de Hirokazu Kore-eda voir même Only God Forgives de Nicolas Winding Refn ( qui malgré ses défauts me semble plus intéressant).

    2015: Frères Cohen Gagnant: Dheepan de Jacques Audiard
    En compétition : Le Fils de Saul de László Nemes, The Assassin (Nie Yinniang) de Hou Hsiao-hsien, The Lobster de Yórgos Lánthimos

    Pour l’année 2016 n’ayant pas vu les films il est plus compliqué de se prononcer mais connaissant les cinéastes on peut se faire une idée.

    2016 George Miller Gagnant : Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake) de Ken Loach (je défis les gens nom passionnés de se souvenir du titre une semaine après sa victoire)
    Si même une certaines presse d’habitude plutôt complaisante avec Ken Loach considère que c’est pour ce dernier un petit film on peut s’attendre à quelque chose d’assez indigeste.

    J’aurais avoir votre avis la dessus, ainsi que celui de la communauté des lecteurs de ce site sur cette question.
    Bien sur aussi les remises en cause de mon point de vue.

    Ps: Merci à ceux qui auront pris la peine de lire ce pavé.

  5. runningman

    Pour avoir lu ton pavé, et par ailleurs très documenté sur les sélections précédentes, il y a une chose qui me frappe, de nouveau, à l’esprit ce sont les films récompensés dont leur contenu sont le reflet d’engagements pour de grandes causes et problèmes sociétaux, qui en première lecture peut être salutaires et intéressantes, mais qui le plus souvent s’apparente plus à de la facilité intellectuelle et qui renforcent dans leurs convictions une certaine « intelligentsia » du cinéma.

    • Innsmouth

      Merci d’avoir pris la peine de le faire 🙂
      C’est que l’on a ce prisme là notamment sur les fils les plus récent;
      2013 la vie d’adèle, débat sur le mariage pour tous
      2014 Winter sleep, l’année à du être chiante
      2015 Dephan, problème des flux migratoire
      2016 Moi Daniel Blake, contestation de la loi trail/ El Khomri

      Il est quand meme surprenant de voir que de grand réalisateur honore des oeuvres aussi mineures bien que socialement engagé.

      Il faut revenir à 2011 avec une édition présidé par Robert de Niro primant Tree of Life de Malik pour retrouver quelque chose qui ressemble à du cinéma.
      Je n’ai rien contre l’aspect politique ou exigeant de l’art mais là…

  6. jackmarcheur

    Innsmouth : tout dépend de ce que tu attends du festival de Cannes et des films primés.

    Juste pour voir, quels films tu aurais primé chaque année à la place des palmes, disons dans les 10 dernieres années ?

    Disons que les palmes donnent leur chance aux films que nous n’iront jamais voir : j’ai vu Rosetta parce qu’il a été primé, sinon JAMAIS je ne l’aurais regardé! (et d’ailleurs je l’ai trouvé chiant !)

    Je n’ai jamais vu de Ken Loach, mais vu tous ces prix, faudra bien que j’en regarde un un jour, pourquoi pas celui ci ?

    Et puis ce n’est pas parce qu’un film a une palme d’or que c’est forcément un film que tu vas aimer.

    Runningman : oui et non, disons qu’en ce moment, je prefere me taper un film « social » qu’un marvelmerde où là oui tu peux vraiment parler de facilité voire carrément de pauvreté intellectuelle !

    Nous spectateurs, nous sommes tellement inondés d’images « bigger and bigger » que parfois je me demande, vu les sommes astronomiques que rapportent les blockbusters, c’est qui les plus cons ?: les producteurs ? ou plutôt les spectateurs ??? (et là c’est une vraie question – que j’ai déjà posée auparavant par ici : plus un blockbuster est pourri, et plus il rapporte du flouze !)

    Parfois, c’est bon de revenir à des valeurs un peu plus terre à terre et de voir un film différent, non formaté.

    Après tu peux te dire aussi que tu vois assez de misère au journal télévisé pour aller en plus te taper une fiction sociale qui ne t’apporte pas grand chose de plus.

    • eko

      Je ne suis pas d’accord avec la fin de ton commentaire.

      La « misère » que t’assène le JT est orientée, sans analyse, elle sert le discours dominant pour tour à tour culpabiliser, faire peur et/ou rassurer le téléspectateur sans jamais passer par la case réflexion mais uniquement par la case réaction de type émotionnelle.

      Des cinéastes comme Ken Loach dénoncent. Il y a un parti pris de la part du réal qui est clairement à contre-courant du discours dominant. L’intérêt de ce genre de cinéma est d’amener de l’eau au moulin pour réfléchir, c’est-à-dire prendre de la distance, remettre en cause son point de vue.

  7. runningman

    Pour être honnête, je ne regarde même plus les films de super-héros estampiller Marvel ou DC et je n’ai jamais été un amateur de film de festoches.
    Car la connerie des premiers me fera rire à l’heure dépend (ce qui est le propre du nanar) et les seconds auront une grande chance de m’ennuyer profondément tellement le propos de base est souvent lénifiant.
    Tu dois bien savoir que ce sont les bouffeurs de popcorns qui font vivre les cinémas et que ces mêmes personnes viennent souvent pour voir le dernier blockbuster à effets spéciaux et qui le plus souvent n’ont pas grand-chose à faire de ce que les messages peuvent véhiculer dans ces métrages.
    Alors partant de ce constat, il n’est pas difficile pour toute une industrie de trouver la formule magique pour produire à la chaine des films qui se ressemblent sans jamais remettre en cause l’idéologie dominante.
    Le plus simple, selon moi, pour sortir de ce système délétère pour le cinéma, c’est encore de ne pas aller voir la plupart des merdes marquer Marvel et DC ou encore les remakes d’anciennes franchises.

  8. jackmarcheur

    Runningman : Bah copain copain alors ! ^^
    Moi pareil, ça fait longtemps que je ne regarde plus les palmares des festivals US ou français !
    Je crois que le dernier oscarisé qui m’ait vraiment marqué, c’était Braveheart.

    Sinon c’est quoi les derniers films intéressants que tu aies vus ?

    Moi: la bombasse VICTORIA (plan séquence qui tue!)
    et un petit plaisir coupable : 10 Cloverfield Lane (dommage que Capture mag n’en ait pas parlé)

    Avant ça, j’ai adoré The Revenant, mais je peux comprendre qu’on puisse être refractaire à ce genre de spectacle,
    et avant ça, la révolution a été Birdman et Gravity.

  9. runningman

    En fait le dernier film que j’ai vu c’est justement le dernier Verhoeven qui avec ces 70 balais au compteur maintenant reste toujours aussi subversif et polémique, ce que beaucoup d’autres plus jeunes cinéastes sont loin d’être autant.
    J’ai trouvé le sujet plaisant, en revanche la mise en scène est un peu plus chaotique et moins marquante que dans ses précédents métrages.
    En revanche, celui qui ma littéralement mis une claque dans la gueule, visuellement et scénarisitiquement parlant, c’est bien The Nice Guys, voilà un film à contre courant de ce qui ce fait habituellement, Shane Black utilise un genre codé, en l’occurrence le Body movie, pour mieux le subvertir et déjouer en permanence nos attentes sur l’évolution des personnages et de l’intrigue, ce qui ,de facto, en dit beaucoup plus long sur l’humain que tous les blockbusters actuels ou beaucoup de film de festivals.

  10. jackmarcheur

    bon ok tu m’as vendu ton Shane Black.

    Je vais voir aussi son précédent qui traine sur mes etageres depuis un bon moment déjà KissKiss Bang Bang

  11. Eddy

    Excellente interview ! (je la découvre seulement car je voulais avoir vu le film avant)

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