L’ARMÉE DES MORTS

Dès le 6 mars prochain, les joueurs consoles pourront exploser des zombies nazis avec ZOMBIE ARMY TRILOGY, le penchant « Grindhouse » de SNIPER ELITE, conçu par Rebellion. La combinaison des zombies et de la Seconde Guerre mondiale, deux thèmes favoris du jeu vidéo, fait-elle mouche ?

À l’origine conçu comme un « mod » pour SNIPER ELITE V2, ZOMBIE ARMY gagne donc ses galons de jeu à part entière avec la sortie de cette compilation également disponible sur consoles « next-gen ». En plus de proposer les deux premiers volets d’abord conçus sur PC, elle rajoute une troisième campagne inédite. Mais que les joueurs PC se rassurent : ils ne seront pas forcés de repasser à la caisse puisqu’une promotion conséquente leur est attribuée sur cette dernière pour les possesseurs des deux précédents. Zombies oblige, ZOMBIE ARMY TRILOGY joue largement moins la carte de la furtivité que les SNIPER ELITE mais ne sombre pas dans le bourrinage pour autant. Rebellion cherche à maintenir un certain degré de tactique dans son approche et il faudra savoir utiliser mines et autres pièges afin de pouvoir survivre face aux hordes de mort-vivants nazis. S’il reste tout à fait jouable en solo, le jeu prend évidemment toute sa saveur dès lors qu’on s’y essaie en coop à quatre, d’autant plus grâce à l’inclusion de l’incontournable mode « Horde », qui demande ici une certaine coordination afin de faire face aux ennemis spéciaux retors qui débarquent dès les premières vagues. ZOMBIE ARMY TRILOGY accuse en revanche son budget du point de vue de la technique, que l’on qualifiera poliment de modeste, même si le côté cheap sied plutôt à l’ambiance horrifique de série B que le titre cherche à reproduire. ZOMBIE ARMY TRILOGY n’est sans doute pas l’un des indispensables de l’année loin s’en faut, mais pour celui qui peut réunir trois amis, il y a surement moyen de passer l’équivalent vidéo-ludique d’une bonne soirée bières-pizza-films gore (les amateurs de barbaque seront d’ailleurs ravis d’apprendre que la célèbre « kill cam » des SNIPER ELITE répond à l’appel). En marge de notre essai du jeu, nous avons pu nous entretenir avec son lead producer Zoltan Fejes qui lève pour nous le voile sur ses coulisses, ainsi que sur la place de Rebellion au sein de l’industrie.

Comment vous est initialement venue l’idée d’un « mod » zombie pour SNIPER ELITE ?

Pour nous, ce n’était pas juste un « mod », c’était avant tout une expérience que nous voulions tenter sur un temps de développement assez court, pour voir si on pouvait injecter quelques nouvelles idées en se basant sur les éléments les plus réussis de SNIPER ELITE. Il y avait aussi l’idée de faire un shooter en coop, mais quelque chose qui soit malgré tout assez tactique sans se baser uniquement sur le sniping. Les zombies n’ont pas forcément été le premier choix évident, mais pour nous, c’est le bon choix. D’ailleurs, ça a pris auprès des joueurs PC.

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SNIPER ELITE est plus orienté sur la furtivité. La présence des zombies appelle généralement au contact, car il est plus satisfaisant d’éclater les créatures en combat rapproché. Comment avez-vous équilibré le gameplay pour refléter ceci ?

ZOMBIE ARMY reste un jeu tactique. Ce n’est pas CALL OF DUTY, et la comparaison n’a même pas lieu d’être selon nous. Ce n’est pas ce que nous avons cherché à répliquer, et il suffit de mettre les deux jeux côte-à-côte pour s’en rendre compte. Nous voulions d’abord fournir une excellente expérience en coop, et pour cela, nous avons différents types d’ennemis et cette horde massive de zombies. Nos zombies sont lents, il est facile de leur faire sauter la tête ou de prendre le temps de les démembrer. C’est une façon pour nous de faire entrer le joueur dans le jeu en douceur. Mais comme les zombies sont vraiment nombreux, il faut réfléchir à la façon de les aborder, coordonner ses actions avec ses partenaires. Pas de la même façon que dans SNIPER ELITE, qui force le joueur à planifier son chemin et tester différentes façons d’atteindre son objectif. Je dirais que l’action est plus directe dans ZOMBIE ARMY, mais nous voulions proposer une expérience différente pour les joueurs de SNIPER ELITE.

Cette troisième campagne inédite introduit de nouveaux personnages. Votre idée est de mettre l’accent sur la narration ?

Il y a très clairement une histoire et cette troisième campagne boucle l’intrigue. Nous avons notamment repris les deux premières campagnes pour faire des ajustements et refléter certains changements que nous introduisons dans ce troisième épisode. Vous verrez donc apparaître de nouveaux types d’ennemis ainsi que des légers changements qui permettent de rendre les trois jeux homogènes. Mais pour répondre clairement à votre question, ZOMBIE ARMY TRILOGY n’est pas un jeu très porté sur la narration pour autant. On ne met pas l’emphase sur le développement du personnage ou le leveling. Cela n’a absolument rien d’un RPG, et ce n’est pas non plus une grosse expérience cinématographique. Nous mettons l’accent sur le fait de donner au joueur une expérience cool en coop plutôt que de vouloir donner une histoire à nos personnages et d’illustrer leur changement à travers leur parcours de héros, ou quoi que ce soit dans le genre. Notre histoire sert juste à offrir un contexte à nos personnages, une raison d’exister. Dans l’écran de sélection, vous pouvez choisir celui qui convient le plus à vos affinités, et voilà. Pour nous, il fallait surtout un équilibre délicat entre l’effort fourni sur la narration, le côté cinématographique du jeu et ce qui compte avant tout pour nous, à savoir une bonne expérience en co-op.

Les zombies sont partout : dans les jeux vidéo, au cinéma, dans les comics, même à la télé. En quoi ZOMBIE ARMY TRILOGY se distingue-t-il selon vous ?

J’ai joué à LEFT 4 DEAD, à EVOLVE et au mode de CALL OF DUTY et, en ce qui me concerne, ZOMBIE ARMY se distingue par la façon dont il se joue, l’expérience en coop qu’il propose au joueur, son style qui me paraît très distinctif et sa façon de marier l’horreur typique des années 80 et la Seconde Guerre mondiale. Ce qui donne une ambiance que vous ne retrouvez pas dans beaucoup d’autres jeux. Je crois que certains des autres jeux à base de zombies, voire même certains films, se veulent beaucoup plus sérieux. ZOMBIE ARMY TRILOGY est parfois sérieux, mais c’est un jeu qui se veut fun avant toute chose. Selon moi, c’est ce qui lui permet de se démarquer.

Ces dernières années, l’industrie du jeu vidéo a creusé un écart conséquent entre les jeux AAA à gros budget et les productions indépendantes plus modestes. Un studio comme Rebellion se situe au milieu du spectre, mais est-ce qu’il y a encore une place pour des productions comme les vôtres, des véritables petites séries B vidéo-ludiques, sur le marché ?

Rebellion existe depuis vingt ans et occupe la place du plus gros développeur indépendant en Europe, d’un point de vue financier. Il est évident que nous ne jouons pas dans la même cour que certains des plus gros développeurs first party, mais les jeux que nous sortons parviennent à rivaliser avec ces derniers. Par exemple, SNIPER ELITE a été numéro 1 des ventes au Royaume-Uni, ce qui est une réussite extraordinaire pour la société, l’équipe et tous ceux qui ont travaillé dessus. Voilà ce qui s’est passé selon moi : il y a deux ans environ, l’industrie a connu une crise. Je ne dis pas que tout va mieux aujourd’hui mais la situation est plus stable. Certaines de ces compagnies qui travaillaient sur des jeux « B » comme vous dites, ont malheureusement disparu à ce moment-là. Mais grâce aux nouvelles plateformes, à la possibilité de s’auto-publier sur Xbox One et PS4, nous allons assister à un retour de ce genre de jeux. Je n’aime pas trop utiliser le terme de « série B » d’ailleurs, je préfère parler de jeux avec moins de budget, ce qui ne les empêche pas d’être aussi fun.

C’est bien comme cela que je l’entendais : des jeux avec un budget intermédiaire, qui ne coûtent pas forcément 50 millions de dollars à produire.

Exactement. Je pense qu’ils vont faire un comeback et que nous allons assister à une reprise, avec des indépendants basés sur un business model différent. Il peut potentiellement y avoir de plus gros investissements et des financements pour des équipes légèrement plus grosses. Non pas deux ou trois personnes comme dans le développement pour jeux mobiles, mais dix ou quinze personnes capables de produire quelque chose pour le ID@Xbox ou la Playstation 4 avec quelques millions de dollars. Pour les joueurs, ça va être génial ! Tout cela est cyclique selon moi, mais je vois un gros potentiel dans les nouvelles plateformes.

Et quelle est la position de Rebellion dans tout cela ?

Nous sommes très bien placés, je crois. Nous avons réussi à terminer notre premier titre auto-publié et à le sortir. On espère que les joueurs lui réserveront un bon accueil et quoi qu’il s’en soit, cela nous pousse à essayer de nous surpasser.

Petite question pour terminer : puisque vous détenez les droits d’adaptation de la licence 2000 AD, est-ce que certains jeux sont prévus autour des différentes franchises de l’éditeur ?

Ah c’est une question qu’on me pose de temps à autre. Rebellion possède effectivement quelques IP sur lesquelles il est possible de travailler. Après, qui sait s’il y aura des jeux ou non ? La décision appartient aux têtes pensantes de la compagnie. Donc, je vais devoir éviter de répondre à cette question. (rires)

ZOMBIE ARMY TRILOGY sera disponible sur Xbox One, PS4 et PC à partir du 6 mars prochain.

1 Commentaire

  1. Je joue au 3 sur PS4 en ce moment et il est vraiment sympa, un bon mélange entre action et infiltration, et surtout en 3D (avec les lunettes) pour accentuer l’immersion…

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