DÉCOLLAGE IMMINENT

Deux franchises importantes de la japanimation viennent enfin de trouver le chemin du grand écran après des développements pour le moins chaotiques.

GAIKING

Cela fait déjà quelques années que l’on entend parler de l’adaptation live de GAIKING, animé plutôt obscur de la Toei qui n’a d’ailleurs connu qu’une seule saison, diffusée au Japon d’avril 1976 au mois de janvier suivant. Étonnamment, GAIKING a également fait l’objet d’un (petit) culte aux États-Unis, notamment grâce à l’achat de la licence par Marvel et la firme de jouets Mattel sous la vague de figurines intitulée SHOGUN WARRIORS. Appréciez la grande foire à la licence nippone dans cette pub américaine de 1978, mélangeant allègrement Mazinger, Gaiking et Godzilla :

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Dans les années 1970, GAIKING a également fait les gros titres de la presse spécialisée en devenant l’objet d’une bataille juridique acharnée entre la Toei et Gô Nagai, la société de production refusant de reconnaître que le mangaka, créateur de MAZINGER Z ou CUTIE HONEY, était l’auteur de l’idée originale de cette série aux thématiques pourtant proches de sa franchise la plus connue en France : GOLDORAK.

Il y a plus de deux ans, deux artisans des effets spéciaux, Jules Orbach (qui avait collaboré avec Digital Domain, notamment sur L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON) et Matthew Gratzner (cofondateur de la société spécialisée dans les miniatures New Deal Studios) s’associent dans un projet d’adaptation live. Initialement destiné à rejoindre l’anthologie HEAVY METAL chaperonnée par David Fincher (chez Paramount) puis James Cameron (en indépendant), GAIKING passe d’emblée au statut de long-métrage lorsque HEAVY METAL s’enlise dans un inextricable development hell. Les deux hommes retroussent alors leur manche et conçoivent un teaser qui, lors de sa diffusion au Tokyo Anime Fair de 2010, fait son petit effet. À noter que le plan révélant le visage de la conductrice bénéficie de la technique Lightstage, qui fut utilisée pour scanner le visage des comédiens sur SPIDER-MAN 3 et L’ÉTRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON. Une partie des décors, et en particulier le splendide cockpit du mécha, est l’œuvre de New Deal Studios : capable de se séparer en cinq sections pour faciliter l’accès des caméras, ce plateau nécessita trois semaines de fabrication.

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À ce stade, Gratzner et Orbach n’ont qu’un synopsis mais savent déjà que leur film ne se focalisera que sur un robot, sa conductrice et son combat contre une invasion d’aliens venus de la planète Zela. Le reste du bestiaire et des nombreux robots géants de la série est réservé à d’hypothétiques suites. Comme le déclare Gratzner au Hollywood Reporter à l’époque : « C’est comme si nous faisions un film sur Superman, avant de concevoir une suite montrant la formation de La Ligue de Justice ». Le projet est soutenu par la Toei, attire l’attention de plusieurs médias, est annoncé pour une sortie début 2013… mais ne parvient pas à décoller, faute d’un scénario satisfaisant et d’investisseurs motivés. On pensait le projet mort et enterré. C’était compter sans l’opportunisme des argentiers hollywoodiens. Car l’arrivée très prochaine du PACIFIC RIM de Del Toro n’est sans doute pas étrangère à la récente annonce de la résurrection de ce projet, sous l’égide de la société de Gale Anne Hurd, Valhalla Entertainment. On peut néanmoins s’étonner, et légitimement regretter, que Gratzner et Orbach, qui ont mis tout leur cœur pour porter à l’écran ce rêve d’amoureux des méchas, ne soient apparemment pas de la partie.

GATCHAMAN

Autre adaptation en long-métrage d’une très grosse licence nippone, GATCHAMAN, connue chez nous sous le titre LA BATAILLE DES PLANÈTES, arrive également au terme d’un interminable développement. Ce mélange assez improbable entre film de ninjas, space opera et tokusatsu (initialement, la série surfait sur le succès japonais de KAMEN RIDER) a longtemps intéressé la société d’animation Imagi Animation Studios (le très médiocre ASTROBOY en CGI), qui embaucha une partie de l’équipe de son TMNT LES TORTUES NINJAS, dont le réalisateur Kevin Monroe, pour porter à l’écran une adaptation en images de synthèses et relief, destinée à un public plus adulte (les pontes d’Imagi évoquent même la possibilité d’une classification R, soit « interdit aux moins de 17 ans non accompagnés » !). Scénarisé par, entre autres, Paul Dini (ouais !!!) et Robert Mark Kamen (bouuuhh !!), le film fut régulièrement annoncé pendant plusieurs années, l’excitation des fans étant attisée (ou pas) par quelques petits teasers destinés à débloquer des fonds pour la mise en route du film. Coup sur coup, voici les bandes-annonces de juillet 2009 et juillet 2010.

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Mais suite aux résultats décevants d’ASTROBOY, Imagi ferme ses portes, laissant le projet mort-né. Les Japonais récupèrent alors la licence, et viennent de mettre en route une adaptation, live cette fois, de la série, dont les premières images viennent tout juste d’être dévoilées à la télévision nippone. Rien de très excitant à se mettre sous la dent, le film n’étant en tournage que depuis octobre dernier. Ces images dévoilent juste le cast en civil. On se permettra néanmoins de regretter que les ravages du jeunisme ont transformé cette bonne grosse brute de Ryu Nakanishi en un éphèbe gominé.

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Côté fiche technique, on notera la présence rassurante de Shinji Aramaki au poste de character design (Aramaki est le réalisateur peu inspiré des deux APPLESEED, mais il reste un excellent designer de méchas), de Takashi Yamazaki aux effets spéciaux (SPACE BATTLESHIP YAMATO), et du scénariste Yûsuke Watanabe, auteur des scénarios du sympathique diptyque GANTZ, mais aussi du vilain 20th CENTURY BOYS. Honte à nous, le réalisateur Toya Sato est inconnu au bataillon de Capture Mag ! Ce GATCHAMAN, dont voici le site officiel, sortira en salles au Japon à l’été prochain.

2 Commentaires

  1. Juledup

    J’ai lu ça en effet, très bon complément ! Merci CineHeroes.

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