RHAPSODIE EN AOÛT

Petit mois d’août, cela va sans dire. Mais les signes de reprise se font déjà ressentir. Avec la Gamescon évidemment, qui s’avère l’un des rendez-vous incontournables de la rentrée, mais aussi avec le premier jeu AAA qui annonce déjà la fin de l’année avec fracas. Il s’agit bien évidemment du RPG Cyberpunk DEUS EX : HUMAN REVOLUTION, qui aura tout de même été annoncé en 2007 et qui finit donc par sortir aujourd’hui. C’est Frédéric Laboureur qui nous en parle le mieux, et autant dire que le jeu lui a joué une petite partition très agréable à l’oreille ! Le reste des sorties est beaucoup plus discret, comme nous le confirme Matthieu, puisqu’on compte notamment deux ressorties téléchargeables d’une poignée de classiques de la baston qui tâche, et surtout INSANELY TWISTED SHADOW PLANET, un petit jeu XBLA qui distille des petits plaisirs aussi simples que son titre est compliqué à retenir. Enfin, pour nous autres francophones !

3 AOÛT : On en parlait voici quelques jours (ou c’était l’année dernière, je ne sais plus !) à propos de BASTION, mais c’est vrai : pour se faire remarquer, les petits jeux disponibles sur les différentes plate-formes de téléchargements doivent avoir du caractère. Et ça tombe bien, car INSANELY TWISTED SHADOW PLANET en a à revendre ! Et pour cause, puisque le jeu émane de l’esprit du Québécois Michel Gagné, un cador de l’animation qui a notamment travaillé sur des titres comme LE GÉANT DE FER, LES INDESTRUCTIBLES, OSMOSIS JONES avant de se faire un nom en dehors de l’industrie en 2005, avec la série INSANELY TWISTED SHADOW PUPPETS (voir la vidéo ci-dessous), ce qui lui permet ainsi de développer le jeu qui nous intéresse aujourd’hui. Situé dans le même univers, INSANELY TWISTED SHADOW PLANET applique d’ailleurs la même approche « bidimensionnelle » de la mise en scène pour maintenir la logique d’ombres chinoises propre au style original, en l’appliquant notamment au gameplay du jeu, particulièrement intuitif. Le but est simple dans INSANELY TWISTED SHADOW PLANET : vous incarnez un petit martien qui doit évoluer en milieu hostile au sein de son petit vaisseau spatial, après qu’un météorite ait percuté le soleil, ce qui a modifié l’écosystème de votre planète. L’aire de jeu se parcoure alors progressivement, avec des puzzles et des phases de tirs qui renvoient évidemment aux grandes heures du « shoot’em up » sans pour autant que le jeu n’aspire à ce genre à proprement parler. Tout au plus, les développeurs tirent leurs révérences aux classiques (ASTEROIDS par exemple) en introduisant quelques actions particulières, qui se greffent logiquement au reste du jeu. Mais c’est toute la force et la simplicité du jeu que de se trouver à la croisée des gameplay, et il est évident que les différentes intégrations ont longuement été réfléchies et testées, afin qu’elles fassent totalement sens avec l’univers proposé. Le meilleur exemple réside dans les boss du jeu, qui nécessitent autant de réflexion que d’action pour être vaincus, et cela sans jouer sur les « skills » et donc la frustration éventuelle du joueur. Bref, INSANELY TWISTED SHADOW PLANET dépasse de loin son statut de petit jeu indépendant à l’univers bigaré, mais pour s’en rendre compte, il faut absolument y jouer. Chaudement recommandé donc !

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17/21 AOÛT : La Gamescon 2011 aura été l’occasion pour certains éditeurs de dévoiler quelques bande-annonces de projets alléchants, et notamment ceux qui sont sortis en fin d’année. Matthieu en a donc profité pour faire un petit récapitulatif de ce qui a été ensuite diffusé sur le net. C’est par ici que ça s’est passé !

24 AOÛT : La baston 2D s’étant vue remise au goût du jour dans la foulée du succès de STREET FIGHTER IV et de ses déclinaisons, Capcom, fidèle à ses bonnes vieilles habitudes, se remet à exploiter autant que possible le filon redevenu juteux. Nous arrive donc cette déclinaison en ligne de STREET FIGHTER III : 3rd STRIKE, troisième mouture du troisième opus de la saga légendaire, logiquement affublée du sous-titre ONLINE EDITION. Sachant que le titre est toujours très prisé des connaisseurs pour sa technicité, au point de disposer encore aujourd’hui d’une place de choix lors des tournois officiels, il aurait sans doute suffi à Capcom d’agrémenter le jeu de ce simple mode en ligne et de compter les biftons. Mais l’éditeur a visiblement décidé de mettre les petits plats dans les grands en offrant tout bonnement la version la plus complète possible du jeu. En plus donc de la possibilité de jouer en ligne (avec un « netcode » très solide utilisant le système GGPO originellement développé pour permettre le jeu en ligne sur les titres arcades émulés), l’éditeur rajoute donc un éventail très complet de modes de jeu (notamment en ce qui concerne les modes d’entrainement), d’options de customisations, de bonus à débloquer via des succès « in game » et même une bande son remixée optionnelle. Une démarche qu’on aimerait retrouver plus souvent lors de ressorties de vieux jeu, et qui est à tout l’honneur d’un éditeur qui aura souvent fait preuve d’une certaine paresse en la matière. Cette ONLINE EDITION s’impose donc sans mal comme la version définitive du jeu, et les néophytes autant que les joueurs confirmés en mal de belle et bonne baston 2D ont, une fois n’est pas coutume, de bonnes raisons de repasser à la caisse.

Par Matthieu GALLEY

26 AOÛT : Le cyberpunk et le jeu vidéo, c’est une longue histoire d’amour. Où plutôt, « c’était ». Un film comme BLADE RUNNER de Ridley Scott par exemple, est à l’origine d’un nombre incalculable de jeux d’aventure et de science-fiction depuis sa sortie – au même titre qu’ALIENS a influencé nombre de FPS spatiaux – et pourtant, un studio de développement aussi installé que Gearbox Software a récemment admis son incapacité à en tirer une nouvelle adaptation, car le projet ne serait pas viable d’un point de vue financier dans l’économie actuelle du jeu vidéo. Rien que pour ça, la sortie de DEUS EX : HUMAN REVOLUTION est déjà plus que louable : elle fait carrément plaisir tant cette préquelle des jeux créé par Warren Spector au début des années 2000 s’avère être l’unique représentant, ou presque, du cyberpunk jouable de ces dernières années. Désormais développée par Eidos Montréal, la licence débute en l’an 2027. L’humanité a évolué de façon irréversible, grâce à l’avènement des implants cybernétiques qui permettent de démultiplier les facultés de chaque individu. Même s’ils ont été inventés dans un but noble, pour palier aux déficiences naturelles de personnes génétiquement malades, ces implants servent désormais à accéder au pouvoir et à la réussite sociale. Qui peut désormais imaginer qu’un trader ne se fasse pas implanter le module de prise de décision instantané ? Qui pourrait penser qu’un orateur se refuse d’exploiter le module de persuasion des foules ? En peu de temps, les multinationales à l’origine de la cybernétique ont pris le contrôle de la planète et seuls ceux qui peuvent se payer ces améliorations ont une chance de succès. Dans ce contexte fascinant et très ancré dans le genre, vous incarnez Adam Jensen, le chef de la sécurité de l’une de ses multinationales. Lors d’un congrès durant lequel votre ancienne petite amie Megan va annoncer une découverte révolutionnaire, mais qui risque bien de faire des envieux, un commando armé fait irruption et décime tout le monde, laissant votre personnage sur le carreau, très gravement blessé. Ce sont des prothèses cybernétiques qui remettent Adam sur pied, et celui-ci est bien décidé à retrouver les assassins de son amie, tout en cherchant à découvrir le but de l’attaque et comment elle a été rendue possible. Comme on peut le constater, les thématiques et préoccupations au cœur de la littérature cyberpunk, et notamment cette extrapolation scientifique de nos dérives politiques et économiques actuelles, sont au centre de DEUS EX : HUMAN REVOLUTION, qui scinde par ailleurs son intrigue et son univers à travers un triple système de narration : au delà des cinématiques en début et fin de missions, le jeu nous balance des informations « ingame » via notre audiocom qui permet de retracer notre progression dans l’enquête, mais aussi avec les habituelles tablettes qui reviennent sur les personnages annexes et le contexte mis en place. Rien que du très classique en matière de RPG, et cela vaut pour les nombreuses améliorations disponibles, mais c’est ce qui permet de plonger progressivement au sein de l’intrigue en faisant à la fois les missions principales et les missions secondaires, qui sont également narratives et permettent d’installer une ambiance d’autant plus immersives qu’elles concernent la vie ou le passé de protagonistes principaux et secondaires. La grande nouveauté au sein de la licence DEUS EX consiste à son adaptation aux mœurs vidéoludiques actuels. Cela signifie que la maniabilité a donc été pensée avec les manettes des consoles en tête, ce qui se confirme lorsqu’il est établi qu’il est tout autant possible d’aborder le jeu comme un FPS classique en vidant ses chargeurs à tout va, que de jouer en mode furtif, en évitant soigneusement de se faire repérer. Cette seconde option est la plus recommandable, tant il est évident que les développeurs ont optimisé leur « level design » en fonction, avec des tonnes de passages secrets, de caméras susceptibles de vous repérer, de conduits d’aération à arpenter et de murs fragiles à détruire pour se créer un chemin alternatif. Mais en devenant clairement un jeu « console », DEUS EX : HUMAN REVOLUTION emprunte forcément aux jeux furtifs du genre, qu’il s’agisse d’un SPLINTER CELL : CONVICTION ou d’un RAINBOW SIX : VEGAS, qui proposent le même système de couverture, les mêmes combats au corps à corps et le même souci avec les cadavres qu’il faut planquer pour ne pas se faire repérer. Mais s’il est certain que les développeurs font tout pour mettre le jeu au niveau de la concurrence, notamment avec un système de dialogue très convaincant mais qui louche sur celui de Bioware et MASS EFFECT, DEUS EX : HUMAN REVOLUTION a ce petit goût de titre à l’ancienne. Dans son moteur graphique déjà, qui se situe un cran en dessous de ce qu’il est possible d’accomplir de nos jours. Mais aussi en termes d’identité, puisque les beaux jours du cyberpunk sont clairement derrière lui, ce qui tend à expliquer pourquoi le genre n’est plus tellement représenté. Et pourtant, les choix artistiques à la fois déférents (on pense évidemment à BLADE RUNNER et son architecture high-tech) et radicalement opposés (les teintes jaunes, qui évitent à la fois le bleu du film de Ridley Scott et le vert de MATRIX, pour citer les œuvres les plus célèbres du genre), qui sont au final pensés et cohérents, permettent à DEUS EX : HUMAN EVOLUTION de trouver sa propre identité, à travers ses idées nouvelles, ses avancées technologiques et sa logique post-moderne. Et pour un jeu qui aurait pu tomber dans les travers qu’il dénonce, à savoir cette crainte de sombrer dans la désincarnation la plus totale, ce n’est pas une mince affaire.

Par Frédéric LABOUREUR

31 AOÛT : La sortie en avril dernier de MORTAL KOMBAT – tout court – ayant remis la licence sous le feu des projecteurs (ce d’autant plus que le jeu s’est avéré plutôt réussi à la surprise générale), Warner capitalise sur l’occasion en sortant sur les plates-formes de téléchargement cet ARCADE KOLLECTION. Comme son nom l’indique, nous avons là affaire à une compilation qui regroupe MORTAL KOMBAT 1 & 2, ainsi qu’ULTIMATE MORTAL KOMBAT 3 dans leurs versions arcade, le tout pour un prix modeste. Évidemment, le tout est agrémenté d’un mode en ligne afin de pouvoir se foutre sur la gueule avec ses potes ou de parfaits inconnus, mais contrairement au STREET FIGHTER III : 3rd STRIKE : ONLINE EDITION que nous évoquons un peu plus haut, ici ce mode représente la seule valeur ajoutée du produit. Déjà bien maigre à la base, la proposition confine à l’arnaque dès lors que ledit mode s’avère mal implémenté, les combats en ligne souffrant d’un lag flagrant et bien évidemment très handicapant compte tenu du genre. Les nostalgiques et les fans hardcores éprouveront sans doute un petit pincement au cœur à retrouver des jeux ayant bercés leur adolescence dans un tel état, mais le gameplay typique de MK, déjà limité à l’époque et ayant largement subi les ravages du temps (d’autant que le gore ne suffisant plus à faire passer la pilule), on ne saurait que trop leur conseiller de plutôt se pencher sur le nouvel opus HD plutôt que dépenser leur argent durement gagné dans un produit visiblement sorti à la va-vite pour surfer sur la vague.

Par Matthieu GALLEY

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