L’ANNÉE DE MATTHIEU

GOD OF WAR III, RED DEAD REDEMPTION, METAL GEAR SOLID : PEACE WALKER et on en passe ! Matthieu Galley aurait pu citer tous ces titres comme des potentiels jeux de l’année. Mais partant du principe qu’il en a déjà parlé en long et en large au cours de l’année et que de toute façon, n’importe quel jeu peut passer pour un jeu de l’année quand on apprécie les « qualités » d’écriture de UNCHARTED 2 (tu sais ce qu’il te dit le grec ?), celui-ci a préféré se concentrer sur des titres puissants et évocateurs, mais dont il n’a pas encore parlé ici bas (et pourtant, il parle beaucoup, le bougre !). Sacerdoce, quand tu nous tiens !

JEU DE L’ANNÉE : BAYONETTA

On aura beaucoup parlé cette année, ici comme ailleurs, du lent déclin du jeu vidéo japonais au cours de cette génération de consoles. On l’a dit incapable de se plier aux nécessités de la HD, engoncé dans des designs archaïques,  incapable de s’adapter aux nouvelles envie des joueurs et on en passe. Des arguments qui contiennent un fond de vérité, mais qui n’ont en rien empêché que le meilleur jeu de cette année 2010 soit une oeuvre qui représente le jeu japonais dans toute sa splendeur et tous les excès qui font précisément qu’on l’aime. Ce jeu, c’est bien évidemment BAYONETTA, aka le nouveau chef d’oeuvre « plus frime que moi tu meurs » d’Hideki Kamiya, auparavant créateur du déja bien poseur DEVIL MAY CRY. On ne va pas se mentir, pour un blog qui se veut avant tout axé sur la narration, BAYONETTA n’est pas forcément un bon client, tellement son scénario complètement non-sensique (au point que les personnages eux mêmes ne le prennent pas aux sérieux !) est avant tout un prétexte à aligner les morceaux de bravoure et les clins d’oeils débridés à des pans entiers de la production ludique (en particulier les jeux Sega et les précedentes oeuvres des membres de chez Platinum Games). Un défaut qui n’en est pas vraiment un, et qui s’efface totalement derrière le feu d’artifice de créativité que représente le jeu dans son ensemble. Doté d’une profondeur rare dans son système de combat qui offre une marge de progression énormissime dans le gameplay (on peut encore découvrir de nouvelles choses six mois après avoir fini le jeu en se relançant une petite partie) et permettant aux meilleurs joueurs de sortir un niveau de jeu d’extraterrestre, BAYONETTA représente ainsi pour les fans de beat them all et de « character action game »,  dont votre serviteur fait partie, une forme de nirvana, un everest dont on se demande bien comment il va pouvoir être dépassé. Surtout, on est là en face de l’exemple même d’un jeu véritablement généreux. A une époque où le moindre petit contenu supplémentaire se voit monétarisé, Kamiya fait un gros doigt au principe même de DLC et bourre le jeu de contenu débloquable comme à l’ancienne, via le challenge, offrant ainsi une véritable motivation à refaire le jeu en long en large et en travers. Sachant toujours être spectaculaire sans jamais y sacrifier son interactivité, constamment drôle et sexy, BAYONETTA est ainsi une véritable ode à la créativité du jeu vidéo japonais, qui réussit précisément parce qu’elle assume son identité, collant par là même une sacré claque dans la gueule de ceux qui croient que le salut consiste à refiler leurs IP à des studios occidentaux (*tousse*Capcom*tousse*). Et ma PS3 aura trouvé le jeu aussi surpuissant que moi, tellement même qu’elle en a même décidé de se suicider, ne pouvant apparamment pas supporter tant de maîtrise et de talent. Si ça c’est pas une preuve que c’est le jeu de l’année, je sais pas ce qu’il vous faut…

DÉCEPTION DE L’ANNÉE : MONKEY ISLAND 2 – LECHUCK’S REVENGE SPECIAL EDITION

Evitons toute confusion au préalable : il ne sera pas question ici d’un avis rageur pour raconter à quel point j’ai été déçu en rejouant pour la première fois depuis des années à un jeu qui aura bercé mes années formatives de joueur, qui m’a obsédé au point de le refaire des dizaines de fois (j’avais même carrément écrit une soluce en anglais que j’avais soumise à un magazine qui ne l’a jamais publié, les salauds !), et que je considère comme représentant le pinacle de son genre (aux côtés du INDIANA JONES AND THE FATE OF ATLANTIS, également développé par Lucasarts, d’ailleurs c’est quand ils veulent pour en faire un remake aussi). Non, pas de déception à la clé quant au jeu en lui-même, ça reste un chef d’oeuvre, et le coup de polish graphique de cette édition spéciale est franchement bienvenue. En revanche, il y a de quoi être largement déçu par certains aspects de cette édition spéciale. Si le package est à première vue parfait (outre la mise à jour visuelle, on peut aussi mentionner l’inclusion de dialogues parlés et surtout d’un commentaire audio de Tim Schafer, Ron Gilbert et Dave Grossman, excusez du peu), il souffre de manquements incompréhensibles. Au cours du portage, les développeurs ont en effet fait sauter un certain nombre d’éléments marquants du jeu original. Exit donc la superbe séquence générique (seul moment du jeu qui plus où l’on entendait le légendaire thème musical de la série), exit un gag hilarant pendant le générique de fin, adieu au célèbre système iMuse (procédé made in LucasArts qui permettait des modifications dynamiques des plages musicales à la volée) et ne pensez même pas à pouvoir choisir la difficulté du jeu (choix qui à l’origine modifiait les puzzles). Alors évidemment, de telles omissions n’affectent aucunement la qualité du jeu en lui-même, mais pour une ré-édition qui se veut définitive et à destination des fans hardcore (preuve en est la présence du jeu original dans le package), ça la fout mal. Il est appréciable que, à l’instar de l’industrie du cinéma, le jeu vidéo se soucie de la préservation de son héritage et cherche à remasteriser ses classiques, mais on préfererait tout de même que ce soit toujours fait dans un vrai souci de respect de l’oeuvre originale plutôt que de nous rappeler les sombres heures de la colorisation…

COUP DE COEUR : COSTUME QUEST

Malgré ma passion pour le métal, la sympathie naturelle que j’ai pour Jack Black et mon amour pour les jeux de Tim Schafer, BRÜTAL LEGEND avait sans conteste été ma grosse déception de l’année dernière (métal ou pas, les RTS ça n’a jamais été mon truc). L’échec commercial du jeu semble ceci dit avoir été une bonne chose pour Schafer et son studio Double Fine puisque, privés de suite, ils se sont concentrés sur la création de plusieurs jeux en téléchargement, le premier d’entre eux étant donc ce COSTUME QUEST qui s’avère être le jeu le plus tichoux de l’année. Sorte de mix de jeu d’aventure et de RPG très très light (les amateurs de customisation poussées et de système de combat hardcore peuvent passer leur chemin), COSTUME QUEST est avant tout une très jolie évocation de l’enfance, entre nostalgie d’une période dorée qui laisse la part belle à l’imaginaire, et regard lucide sur les affres des relations entre fratries, le tout enrobé dans l’humour absurde et dévastateur typique des productions Double Fine. C’est frais, c’est mignon comme tout, ça permet l’instant de quelques heures de vivre un Halloween comme les ptits américains. Et quelque part, c’est un peu l’équivalent de toutes les bonnes productions US pour mômes des 80’s façon Amblin, du genre qu’on regardait en se disant qu’on aimerait avoir les héros pour copains et vivre nous aussi des aventures extraordinaires au coin de notre rue. COSTUME QUEST, ou le penchant ludique d’un gros bonbon acidulé : ça se dévore très vite, mais on en savoure chaque instant avec un sourire gros comme ça.

4 Commentaires

  1. David BERGEYRON

    Et Red Dead ???
    Nan mais Matt ??
    RED DEAD quoi ?
    Personne ne dirige un troupeau de bétails comme toi et Red Dead n’est même pas dans ton Top ^^

  2. Matthieu GALLEY

    Non mais lis l’intro de l’article aussi pépère ! On va pas être 15 à mettre RDR en top, et en plus je voulais parler de Bayonetta (dont il faut bien dire qu’elle a quand même un boule plus flatteur pour l’oeil que celui de John Marston, alors hein)

  3. Ça dépend, moi j’aime bien les cowboys ^^

  4. Bergeyron David

    Nan mais pépère, c’est une boutade hein, une private joke quoi.
    Et puis Bayonetta, moi je trouve qu’elle a un trop gros cul d’abord ^^
    Nan moi, tant qu’il ne feront pas un jeu avec Anna Mouglalis en guerrière froide, je préfèrerais toujours les Cow Boys 😉

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