DE LA S.F. POUR FÉVRIER

Après un mois de janvier plutôt morne et quasi-exclusivement tourné autour de l’événement DEAD SPACE 2, le mois de février voit l’industrie vidéoludique se ressaisir un peu et faire quelques annonces qui vont compter, notamment celles du très attendu BATTLEFIELD 3 et de DEAD ISLAND, qui va cueillir tout le monde avec une bande-annonce particulièrement poignante. Ceci étant dit, c’est la science-fiction qui se taille la part du lion ce mois-ci, déjà avec les sorties de KILLZONE 3 et de BULLETSTORM, deux FPS qui ne font pas vraiment dans la finesse, et le second encore moins que le premier. Mais également avec une tentative de « transmédia », comme disent les jeunes aujourd’hui, attendue au tournant avec la franchise TRON, mais qui se vautre finalement dans les grandes largeurs, faute d’avoir pris le temps de réfléchir au concept général de la chose. Finalement, c’est encore le génial Tim Schafer qui nous a régalé en ce mois de février avec l’excellent STACKING ! Comme ce fut le cas pour le mois de janvier, ce billet nous permet de revenir sur les textes qui ont été déjà postés ici, et sur les jeux que nous n’avions pas traités à l’époque, comme TRON EVOLUTION et KILLZONE 3.

3 FÉVRIER : C’est le magazine Game Informer qui a révélé la chose : Electronic Arts et DICE préparent enfin BATTLEFIELD 3, dont la sortie est annoncée pour la fin de l’année. Le but avoué de l’opération, de la bouche même de John Riccitiello, le patron de EA ? Mettre CALL OF DUTY et ses 25 millions de ventes annuelles à l’amende. On a connu volonté artistique plus noble !

3 FÉVRIER : Vu le sujet, il était logique que Disney ait l’idée de lancer un jeu vidéo pour accompagner la sortie de son blockbuster TRON LEGACY (voir ci-dessous). Confié aux développeurs de Propaganda Games (le récent reboot de TUROK), TRON EVOLUTION relate les événements qui ont menés au renversement de pouvoir dans le « Grid », le monde virtuel créé par Flynn, le personnage de Jeff Bridges dans les deux films. Tout juste effleuré dans le second long-métrage, ce putsch mené par Clu, le programme dissident, n’est pas vraiment plus passionnant à jouer. Et pour cause, puisque cette intrigue propose finalement un déroulement tout ce qu’il y a de plus convenu au vu du sujet (l’émergence d’un virus nommé Abraxas), pour permettre aux développeurs d’aligner les niveaux à jouer, avec quelques pauvres cinématiques entre deux sessions de courses sur les murs et de poursuites en moto. Car le vrai problème de TRON EVOLUTION, comme c’est d’ailleurs le cas de TRON LEGACY, est d’aborder les richesses thématiques de l’univers de TRON par le mauvais bout, que ce soit dans le gameplay dans le premier cas, comme dans la narration dans le second cas. Une oeuvre évoquant les diverses possibilités d’un monde virtuel par le biais de l’évolution de son intelligence artificielle et de ses multiples représentants aurait logiquement du déboucher sur un MMORPG, ou à défaut (consoles oblige) sur un jeu à monde ouvert qui prend en compte les spécificités de l’univers traité. Sachant que le film qu’il accompagne ne traite finalement que la surface des choses au profit d’une esthétique pub assez rococo, il n’est pas étonnant que TRON EVOLUTION prenne finalement la forme d’un banal jeu d’action, qui repompe principalement la mécanique d’un… PRINCE OF PERSIA ! Vous ne voyez pas le rapport ? On vous rassure, nous non plus ! Bref, même les fans pourront difficilement être contenté d’avoir à courir sur des murs virtuels et d’enfourcher une moto difficilement maniable (et là encore, il s’agit généralement de fuir plutôt que de s’engager dans des courses dangereuses), alors que les combats de gladiateurs sont ramenés à une portion plus que congrue, puisque l’intrigue n’exploite l’idée qu’une fois, en plein milieu d’un niveau proposant le gameplay habituel qui plus est. Et pour la grande expérience « transmédia » ici recherchée par la cohésion entre les différents médiums impliqués, on repassera étant donné que le personnage ici jouable propose si peu de charisme que l’intrigue décide de ne plus jamais le faire réapparaitre dans l’univers (il s’appelle Anon, un diminutif pour Anonyme, ça ne s’invente pas !). Autant dire que le fait d’avoir joué au jeu ou pas ne changera absolument pas votre vision du film. Notons que Propaganda Games a d’ailleurs été fermé par Disney en janvier, suite à l’abandon d’un jeu consacré à PIRATES DES CARAÏBES et aux ventes décevantes de ce titre (qui semble à peine terminé en même temps). Bref, on peut dire que ça valait le coup !

9 FÉVRIER : C’est donc aujourd’hui que sort ce fameux TRON LEGACY, alias TRON : L’HÉRITAGE chez nous. Pour savoir ce qu’en a pensé Matthieu à l’époque (et probablement encore aujourd’hui), il suffit de suivre le lien !

9 FÉVRIER : Plus fort que n’importe quel (e)TRON (non, non, pas d’applaudissements voyons, ça vient naturellement), Tim Schafer nous régale avec ses poupées russes pétomanes et révolutionnaires héroïnes de l’excellent STACKING, disponible sur XBLA depuis ce jour. Voici ce qu’on en a dit à l’époque !

16 FÉVRIER : Autre vedette du XBLA, HARD CORPS : UPRISING pointe le bout de son nez sur la plate-forme de Microsoft, en exclue de quelques semaines par rapport au PSN. Il s’agit ni plus, ni moins d’une nouvelle version de ce bon vieux CONTRA, et pas la plus facile qui plus est ! Notre spécialiste de l’écrasement de boutons Matthieu nous en avait déjà parlé en son temps !

17 FÉVRIER : En développement depuis des années, DEAD ISLAND sort enfin de l’ombre avec une bande-annonce qui va faire grand bruit. Pour tout savoir de la hype, il suffit de se rendre là. Mais comme on le sait depuis, il ne s’agit que d’une bande-annonce, et elle ne reflète absolument pas le jeu à l’arrivée !

18 FÉVRIER : Entre les quelques gros morceaux de science-fiction de ce début d’année, Capcom nous sort son très attendu MARVEL VS CAPCOM 3 : FATE OF TWO WORLDS. Matthieu trouve que c’est quand même de la belle ouvrage et il le disait ici.

23 FÉVRIER : Plus que LITTLE BIG PLANET 2, qui aurait du sortir en novembre de l’année précédente, KILLZONE 3 a pour rôle, en ce début d’année, de vendre les nouveaux atouts de la PS3, qu’il s’agisse de la maniabilité FPS au PS Move, comme de la 3D proposée par l’une des récentes mise à jour de la console. De là à prétendre que le jeu n’est finalement qu’une démo technique faite avec un soin maniaque, il n’y a qu’un pas, que nous franchissons allègrement. En effet, et cela n’étonnera pas vraiment ceux qui ont déjà joué à KILLZONE 2 deux ans auparavant, il faut bien admettre que le FPS des hollandais de Guerrilla Games ne s’impose pas vraiment comme la licence la plus affirmée du médium, et pour cause. D’abord conçue comme le HALO de la PlayStation avec un premier épisode sur PS2, la franchise évolue vers une logique à la GEARS OF WAR (système de couverture, bataille rangée sous un feu nourri, boss bouffeurs de bastos,trouffions tatoués et on en passe) tout en maintenant sa logique de FPS, pour finalement devenir une sorte de CALL OF DUTY de l’espace, avec ce KILLZONE 3 qui propose une multitude de phases dans des véhicules différents (dont un jet-pack !), des fusillades dans des espaces confinés et beaucoup plus linéaires, et même une phase d’infiltration qui renvoie évidemment au fameux flashback à Pripyat du premier MODERN WARFARE, le tout dans des décors enneigés qui évoquent quant à eux les niveaux les plus emblématiques de la licence CALL OF DUTY. Dis comme ça, KILLZONE 3 semble manquer de personnalité, et c’est clairement le cas, d’autant que le design général intègre des éléments au gré des références des développeurs (une planète végétale très fortement inspirée par AVATAR) sans chercher la cohérence (à plus forte raison qu’ils sont abandonnés aussitôt). On y croit pourtant durant les premières minutes du jeu, lorsque celui-ci met les joueurs dans la peau d’un soldat Helgast (les grands méchants de la licence), un parti-pris casse-gueule mais intéressant, sachant que ces ennemis sont très spécifiquement assimilés aux soldats nazis. Mais il ne s’agit finalement que d’un subterfuge, qui confirme que toute fonction narrative n’est ici que de la poudre aux yeux, puisque l’intrigue reprend directement le cours du précédent épisode et aligne les poncifs tellement répétés à outrance (ici, Sev et Rico – les Marcus et Dom de la licence – sont seuls contre leurs supérieurs, et c’est répété à l’infinie par les cinématiques, et ce jusqu’à la fin !) qu’on finit par décrocher du semblant d’histoire mis en place, dont l’impressionnante linéarité sert finalement de prétexte à tout bourriner à la mitrailleuse. Heureusement, de ce côté-là, le savoir-faire de Guerrilla Games n’est plus à démontrer, et les quelques innovations s’intègrent finalement parfaitement dans le gameplay (le jet-pack est parfaitement maniable), tant et si bien qu’on se plait à s’imaginer ce que toute cette maestria technique aurait pu donner avec de véritables enjeux et un scénario qui intègre consciencieusement le dynamisme du gameplay. Comme toute démo technique qui remplit son office, KILLZONE 3 risque de vieillir à vitesse grand V. Autant en profiter tout de suite, pour un effet optimum !

24 FÉVRIER : Que ceux qui ne se passionnent pas pour la SF geek de TRON EVOLUTION ou la SF plus classique de KILLZONE 3 se rassurent : Epic Games a pensé à eux avec BULLETSTORM, le jeu de SF où il faut tirer dans les couilles ! Pour l’occasion, David Bergeyron nous offrait son premier texte pour ce blog !

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