AVRIL DÉSENCHANTÉ

On a parlé trop vite. Après un mois de mars bien chargé, l’industrie du jeu vidéo s’est bien reposée durant le mois d’Avril. Il n’en reste pas moins que ce début de printemps comporte son petit lot d’événements, notamment avec la sortie très attendue du génial PORTAL 2, mais aussi du reboot de MORTAL KOMBAT qui, contre toute attente, sera une bonne surprise, surtout quand on se remémore de la direction que prenait la licence avec des cross-overs complètement débiles avec l’univers de DC Comics. Mais évidemment, tout n’est pas rose en Avril, et ce sera le mois ou le PSN et Sony auront pris un coup dans l’aile. Et contre les hackers, même ce bon vieux Hulk Hogan ne peut rien faire !

1er AVRIL : Ce n’est pas un poisson d’avril, Square Enix sort enfin en France la nouvelle suite de PARASITE EVE, qui débarque dix ans après PARASITE EVE 2, sorti à l’époque sur PSOne. Son titre ? THE 3rd BIRTHDAY. Le chroniqueur qui s’en était chargé à l’époque ? Matthieu Galley pardi !

1er AVRIL : Dans le genre licence annualisée, celle de la WWE chez THQ se pose un peu là. Si bien qu’il est vraiment difficile de s’attendre à quoi que ce soit d’intéressant dans un genre galvaudé et rebattu depuis des années. Alors si en plus, l’éditeur et la société de Vince McMahon se mettent à sortir un second titre dans l’année, on ne s’en sort plus ! Sauf que voilà, WWE ALL-STARS avait un « je-ne-sais-quoi » d’intriguant, ce qui était certainement du au charisme animal de ce bon vieux Macho Man, paix à son âme. Et contre toute attente, le jeu s’avère finalement particulièrement amusant, une fois qu’il est débarrassé des obligations contractuelles de chaque tournoi annuel. Ici, le principe est simple : les superstars du catch d’aujourd’hui peuvent combattre les légendes d’hier, un peu comme dans cette petite animation qui sert de prétexte au combat dans ROCKY BALBOA. Donc en gros, si vous avez toujours rêvé de voir les jeunes coqs actuels (au hasard John Cena) se prendre quelques généreuses danses de la part des vieux de la vieilles (par exemple, Hulk Hogan, dont on ne vantera jamais assez l’évidente virilité), et bien WWE ALL-STARS est fait pour vous. Par ailleurs, la véritable nouveauté consiste ici dans une maniabilité plus proche de l’arcade, ce qui est souligné par le design très cartoonesque de l’ensemble. De fait, les catcheurs atteignent une souplesse qui n’existe pas vraiment dans les autres jeux du genre, quand le moteur physique ne les fait pas carrément voler au plafond. Nous avons donc affaire à un jeu totalement décomplexé, ce qui sied finalement bien mieux à l’univers traité que les diverses « simulations » faisandés auxquelles nous avons le droit chaque année ! Bon allez, si vous avez envie de diriger des beaux morceaux de viande habillés avec un certain sens de la classe les uns contre les autres, on vous le recommande du bout des lèvres. Mais ne dites pas que ça vient de nous hein !

20 AVRIL : Victime d’attaques répétées de la part de hackers entre le 17 et 19 avril, le PlayStation Network a été fermé par Sony à cette date, privant plus de 70 millions d’utilisateurs de ses nombreux services en ligne. L’affaire est retentissante pour plusieurs raisons : le blocus durera plusieurs semaines, les informations personnelles des millions d’usagés ont potentiellement été volées, Sony traine pour reconnaître publiquement le problème et s’excuser auprès de ses consommateurs et certains jeux vendus en ligne ne peuvent être lancés sans une connexion au PSN. Le service reprend progressivement à partir de la mi-mai, et Sony met en place un programme de dédommagement pour tous les usagers enregistrés avant le 20 avril. L’affaire aura tout de même couté la bagatelle de 171 millions de dollars et sérieusement entaché la réputation de la firme japonaise.

21 AVRIL : On avait mis de côté l’annonce du reboot de MORTAL KOMBAT, vu le manque d’intérêt évident des précédents opus. Et on avait tort, car le jeu est une vraie bonne surprise, qui ne tente pas de faire passer des vessies pour des lanternes. C’est bourrin, c’est fun et c’est tout ce qu’on demandait déjà à l’époque !

21 AVRIL : Évidemment, sortir l’un des jeux les plus intelligents de l’année le même jour que MORTAL KOMBAT, c’est un peu de la provocation quand même. Mais ne nous jugerons évidemment pas de la teneur sarcastique du signal envoyé par Valve aux autres développeurs. Tout au plus, on se remémorera que Thomas avait sorti sa plus belle plume pour la tremper dans ses larmes de joie à l’époque, afin d’écrire une ode à ce qui reste probablement son jeu préféré cette année, à savoir PORTAL 2. Rappelez-vous !

27 AVRIL : Avec OUTLAND, les Finlandais du studio Housemarque décident de changer de genre. Après avoir bien impressionné leur monde avec un SUPER STARDUST HD qui fit les beaux jours du lancement de la PS3 et un DEAD NATION non moins sympathique, deux « twin-stick » shooters survitaminés, ils se lancent ainsi dans le jeu de plate-formes en 2D. En théorie, car il semblerait cependant que le genre reste bien ancré dans l’ADN du studio car OUTLAND, s’il se présente de prime abord sous la forme d’un plateformer mâtiné d’action tout ce qu’il y a de plus classique, fait surtout penser à un titre comme IKARUGA, auquel les développeurs empruntent la mécanique basée sur la bichromie. Comme dans le « shmup » culte de Treasure, le coeur du jeu consiste ainsi à switcher en permanence entre un alignement bleu et un alignement rouge afin de détruire les ennemis de la couleur opposée et traverser les obstacles de l’environnement. Poussant l’hommage jusqu’au bout, Housemarque emmène d’ailleurs son jeu sur les rivages du « bullet-hell shooter » lors de passages où l’écran se voit saturé de projectiles en tout genre, obligeant ainsi le joueur à jongler en permanence. Aller puiser dans un genre les idées capables d’apporter de la nouveauté à un autre, voilà une démarche que l’on aimerait voir plus souvent. Tout entier tourné vers son gameplay, le jeu ne ménage qu’une place minime à la narration mais prend cependant soin à ce que celle-ci infuse une esthétique qui, dans sa tentative de transposer un récit cosmogonique des origines, va autant chercher du côté des peintures rupestres que de celui des travaux de Genndy Tartakovsky dans ses épisodes mythologiques de SAMURAI JACK. En somme, une excellente surprise, aussi belle que plaisante à contrôler et qui peut légitimement prétendre au titre de meilleur jeu téléchargeable de l’année.

Par Matthieu GALLEY

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