KADENCE DE KOMBAT !

Dans la série des licences tellement surexploitées que leur potentiel en devenait justement totalement sous exploité, MORTAL KOMBAT se posait quand même un peu là. Et malgré l’annonce d’un reboot en bonne et due forme, qui assurerait enfin un opus de qualité sur les consoles HD, on n’y croyait plus. Et on avait tort ! Pêchu, généreux, bien gore et toujours aussi ouvertement (et volontairement ?) débile, cette nouvelle version développée par les gars de Netherrealm Studios (également responsables de STRANGLEHOLD, la sympathique suite vidéoludique du A TOUTE ÉPREUVE de John Woo) s’impose comme le plaisir (presque pas) coupable du moment !

Licence emblématique du jeu vidéo des années 90 pour sa représentation outrancière de l’ultra-violence, MORTAL KOMBAT avait su se différencier des canons de l’époque (en gros, STREET FIGHTER II) par des combats rapides et une imagerie légèrement beauf sur les bords (légèrement hein), au point de se faire remarquer par les amateurs de jeux de baston plus bourrins. Et si les multiples suites sont rarement arrivées à maintenir le niveau de fraicheur des débuts, c’est parce qu’elles n’ont pas vraiment pris en compte l’évolution du médium et des désirs du joueur. Et même lorsqu’il a été question de changer la formule avec des spin-off plutôt rigolos (SHAOLIN MONKS, un beat-em all aux allures de gros bis indonésien), la licence a toujours eu du mal à se débarrasser de cette image désuète de produit d’une autre époque. Comme tous les reboot tardifs du moment, le MORTAL KOMBAT qui nous intéresse aujourd’hui joue clairement la carte de la nostalgie, mais ne tente pas pour autant de faire passer des vessies pour des lanternes, contrairement aux courts métrages « dark and gritty » qui servent de marketing viral au jeu (et dont l’origine provient de là). C’est en multipliant les opportunités de gameplay qu’il se met le joueur dans la poche, par ailleurs peu habitués à sentir les coups portés dans un MORTAL KOMBAT !

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Comme la plupart des jeux de bastons, MORTAL KOMBAT propose l’habituel mode « échelle » qui consiste en une très vague excuse scénaristique concernant chacun des combattants, afin de justifier une série de quelques combats à la difficulté graduée. Mais comme s’il fallait démontrer la preuve évidente de la générosité de cette édition 2011, le jeu propose également, et surtout, un mode histoire beaucoup plus touffu, puisqu’il consiste en une intrigue étalées sur plusieurs actes, chacun destiné au parcours de chacun des protagonistes principaux du jeu, ou presque. Très inspiré par les trois premiers jeux, mais aussi par les deux adaptations cinématographiques à la fois nulles et rigolotes, ce mode histoire est donc fidèle à l’univers traité, y compris dans les enjeux totalement dénués de véritables intérêts dramatiques, mais qui s’avèrent particulièrement amusants, une fois qu’on a intégré la logique d’écriture digne d’une série Z. Ainsi, Johnny Cage tombe amoureux de Sonya Blade à cause de ses gros lolos, Raiden se fait tellement botter le cul (dans les cinématiques hein, pas pendant les phases de combats ! Je ne vous laisserais pas dire que je joue mal !) qu’on en vient à se demander s’il ne nous pipeaute pas un peu sur ses pouvoirs divins, Liu Kang fait figure de héros pas très noble quand il apprend qu’il n’est pas « l’élu » et fait du boudin parce qu’il doit laisser sa victoire à l’un de ses petits camarades, et enfin, il aura fallu environ 500 ans pour que le diabolique empereur Shao Kahn réalise qu’il lui suffit de briser les règles instaurées par les anciens pour s’emparer du royaume Terre, puisque jusqu’ici, dans toute son ignominie, il se pliait aux normes imposées par le Mortal Kombat ! Bref, comme on peut le constater, David Mamet peut aller se rhabiller. Mais le charme opère, d’autant plus que le changement d’acte influe automatiquement sur le gameplay, et que les joueurs débutant directement par le mode histoire peuvent se retrouver agréablement déboussolés, au fur et à mesure qu’ils doivent s’habituer aux mouvements et aux capacités du nouveau combattant dont il contrôle la destinée.

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Mais ce n’est pas tout ! Conscients de faire un véritable jeu de fanboys, les développeurs cumulent les différents modes de combats, et en dehors de ce long mode solo (pour un jeu de baston s’entend) et des différents types de combats habituels (en « versus », en « tag team »), ce MORTAL KOMBAT propose quelques challenges qui devraient ravir les amateurs de défis. On songe notamment à la « Tour des challenges » et ses 300 niveaux variés qui permettent, là aussi, de tâter les combos de chacun des combattants, que ce soit pour les faire briser des murs de briques, ou pour les faire combattre pour récupérer un… ours en peluche ! La carotte pour se taper cette multitude de petits défis ? Des points à récupérer, qui permettent de débloquer des fatalités et autre combos en « X-Ray » (qui permettent de voir les os de ses adversaires se briser, Sonny Chiba style !), ainsi que des dessins de productions, des morceaux musicaux et on en passe. Bref, à l’heure du multijoueur bâclé et à outrance (ici, ce nouveau MK permet également des bastons en ligne), les développeurs n’oublient pas que la licence provient d’une époque privilégiant le jeu seul ou à deux, et misent donc beaucoup pour attirer et contenter les joueurs des débuts. Bref, à ce niveau de travail sacerdotale, il ne manquait plus qu’un remake HD de SHAOLIN MONKS pour satisfaire pleinement les bourrins que nous sommes ! Dans le prochain épisode ?

TITRE ORIGINAL Mortal Kombat
GENRE Combat
ÉDITEUR Warner Bros Interactive
DÉVELOPPEUR NetherRealm Studios
CONSOLE Xbox 360 / Playstation 3 / PC
DATE DE SORTIE 21 avril 2011

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