HE’S A MANIAC

MANIAC COP : rien que le titre ressemble à un poème tout droit sorti de la filmographie de William Lustig et Larry Cohen. Et qu’y a-t-il de mieux que MANIAC COP ? Et bien… MANIAC COP 2 pardi !

Un malfrat saute d’une fenêtre du premier étage, rebondit sur une camionnette et atterrit difficilement sur le bitume. Au sol, il tente de dégainer rapidement, mais se fait descendre sans avoir eu le temps d’appuyer sur la gâchette. À l’autre bout de la ruelle, c’est le détective McKinney – alias cette bonne vieille trogne de Robert Davi – qui a gagné le duel, pétoire encore fumante en main. Une fois qu’il s’est assuré que sa victime est hors d’état de nuire, il disparaît alors dans les néons de Time Square, en tirant nonchalamment sur sa clope. Des séquences badass et parfaitement exécutées comme celles-là, MANIAC COP 2 en regorge par dizaines. C’est la marque de fabrique de Bill Lustig (MANIAC, VIGILANTE), l’un des grands artisans du cinéma d’exploitation, dont la constance et le talent manquent cruellement à la série B d’aujourd’hui. Conçu comme la rencontre entre FRENCH CONNECTION et le mythe de la créature de Frankenstein, le premier MANIAC COP représentait déjà la quintessence du cinéma d’exploitation à petit budget, dont le concept (Matt Cordell, un policier en uniforme revient d’entre les morts pour se venger) était magnifiée par une ambiance poisseuse et un cadre hors du commun, le New York craspec de la fin des années 80 que Rudolph Giuliani n’avait pas encore nettoyé en appliquant la « Tolérance zéro ». Comme toutes les bonnes suites, MANIAC COP 2 reprend la formule, en l’abordant toutefois différemment. À l’âpreté du premier film, le réalisateur préfère cette fois-ci une approche plus orientée vers le comic-book et le cinéma de Hong Kong. De plus, le succès international du premier film lui permet d’obtenir un budget trois fois plus conséquent, et d’envisager ainsi des scènes d’action et des cascades dantesques.

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Et c’est exactement ce que propose MANIAC COP 2 : plus barge et mieux foutue, cette suite appuie sur le champignon en cumulant les idées de série B et les passages d’anthologie. Plus charismatique et affublé d’un maquillage reptilien, le personnage de Matt Cordell fait désormais figure de menace indestructible, à l’image du Terminator de James Cameron, auquel il pique quelques maniérismes et faits d’armes. Tout aussi monolithique, le « Maniac Cop » se débarrasse ainsi de ses ennemis du premier film en deux bobines, arrête une tronçonneuse à mains nues, menotte une femme-flic au volant d’une voiture sans freins, qu’il lâche en sens inverse sur l’autoroute et devient ami avec un tueur en série intéressé par les plus belles stripteaseuses de Manhattan. Clou du spectacle, qui devrait vous convaincre d’investir dans ce grand « petit » film pour une soirée pizza-bière : il dégomme à lui tout seul un commissariat entier à la mitrailleuse et embrase Sing Sing en mettant le feu aux prisonniers du pénitencier, après que l’un d’entre eux lui ait jeté un cocktail molotov sur la tronche ! Plus B (comme bonnard), tu meurs !

NB : Ce texte a d’abord été publié dans le ROCKYRAMA VIDEO GUIDE – LES 101 MEILLEURS FILMS À REGARDER ENTRE AMIS UN SAMEDI SOIR, actuellement en kiosques. Merci à Johan Chiaramonte pour l’autorisation de diffusion.

3 Commentaires

  1. Fest

    Super B aux scènes d’action jouissives (faudra que je pense à trouver mieux que mon DVD tout pourri).

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