ET TA SOEUR !

Que les choses soient claires ! Si vous pensez que Capture Mag va rejoindre le troupeau et dire du mal de notre Adam Sandler adoré, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil ! Nous ne sommes pas ce genre de site, et pour vous le prouver, on va même défendre JACK & JULIE, qui vient de sortir en Blu-Ray chez Sony. C’est dire si on l’aime, notre Zohan !

Pour certains, c’est le chantre d’une certaine beauferie de la classe moyenne américaine. Pour les autres, c’est un comique charismatique qui a réussi à transfigurer ses névroses asociales par l’humour. La vérité, c’est qu’Adam Sandler se situe peut-être entre ses deux extrêmes. Et c’est certainement ce qui lui a permis d’investir et de changer avec un certain succès le visage de la comédie familiale, genre convenu par excellence, pour l’emmener tout doucement vers les rives du grand portnawak, dans des films parfois timides (SELF CONTROL) et d’autres beaucoup moins (LITTLE NICKY, son chef-d’œuvre). Et toujours avec une grosse prédilection pour l’humour resté au stade anal, ce qui lui vaut certainement cette réputation peu enviable auprès des critiques. Dans JACK & JULIE, il incarne des jumeaux, un frère et une soeur, et s’essaye donc pour la première fois au double rôle et au travestissement, des concepts comiques galvaudés autour desquels certains comédiens ont carrément bâti une carrière toute entière. Typiquement le genre de « high concept comedy » qu’aurait tourné George Simmons, son personnage dans FUNNY PEOPLE d’ailleurs. Alors forcément, « on » allait pas le louper au tournant, et à peine dévoilée, la bande-annonce du film a maintes fois été détournée et ridiculisée sur le Net. L’exemple le plus frappant ? Un extrait du film HARDCORE de Paul Schrader, dans lequel le personnage de George C. Scott n’assiste plus au boulard dans lequel sa fille a tourné, mais bel et bien au spectacle traumatisant d’un Adam Sandler déguisé en vieille fille juive new-yorkaise insupportable.

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Le ton est donné, et JACK & JULIE en a donc pris pour son grade, plus encore que n’importe quel autre des films d’Adam Sandler (étrangement, le récent et très cynique LE MYTHO – JUST GO WITH IT n’a pas subi les mêmes quolibets). Outre un succès très mitigé, le film a également fait le plein aux Razzie Awards – les oscars du pire, pour les deux du fond – une institution bien connue pour tirer sur les ambulances (on parie sur les futures nominations de JOHN CARTER l’an prochain ?). JACK & JULIE mérite-t-il cette réputation désastreuse pour autant ? Avec ses effets spéciaux d’une autre époque (pour les dédoublements numériques des jumeaux, on est loin de THE SOCIAL NETWORK !), son humour gras du bide qui tape régulièrement en dessous de la ceinture et la non féminité fièrement affichée par Sandler lui-même dans le rôle de Julie (Jill en VO), le film tend effectivement le bâton pour se faire battre, détournant même certaines clichés limites sur les latinos en histoire d’amour à peine esquissée. Mais en dehors de ce charme suranné émanant d’une œuvre qui tend à se satisfaire d’une vieille blague à base de slip sale et de bouffe mexicaine qui débouche les chiottes (bah ouais, mais moi ça me fait rire), il y a une certaine fascination à voir le cabotinage outrancier de Sandler au féminin (enfin, façon de parler), mais également de sa clique habituelle (Dana Carvey, Norm McDonald, Allen Covert ou encore David Spade, qui jouent tous des « freaks » d’une manière ou d’une autre). Mais bien évidemment, c’est encore le jeu tout en finesse de ce bon vieil Al Pacino qui marque les esprits, puisque l’acteur shakespearien semble bien décidé à singer son copain Robert De Niro et foutre sa carrière de grand comédien aux orties en faisant à peu près n’importe quoi, et surtout n’importe comment. La preuve !

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Mais même en affichant sa vulgarité assumée (et bien assumée même) avec une régularité parfaitement divertissante, JACK & JULIE ne va pas aussi loin que la plupart des séquences coupées – visibles sur ce Blu-Ray – ne le laissent suggérer. En une vingtaine de minutes, on peut donc admirer le personnage de Julie devenir encore plus embarrassant, lorsqu’elle se balade en petite culotte pour prendre le petit déjeuner devant ses neveux, lorsqu’elle expose ses grosses loches tombantes à tous les passagers d’un paquebot de croisière, ou encore quand elle se vide les intestins sur sa future belle-mère, une vieille mexicaine édentée partie se soulager dans des gogues publiques. Avec ses incroyables passages manquants et la présence fantomatique d’un Santiago Segura en forme olympique – qui ne semble pas apparaître ailleurs que dans le montage espagnol du film – JACK & JULIE aurait pu vraiment repousser les limites du mauvais goût (dans une comédie familiale s’entend) et obtenir ce statut d’ovni qui lui pend au nez de façon assez régulière. En l’état, c’est une petite comédie balourde un peu plus grassouillette et vulgos que la moyenne… Et vous savez quoi ? Moi ça me va !

4 Commentaires

  1. SonicKyuss

    « En l’état, c’est une petite comédie balourde un peu plus grassouillette et vulgos que la moyenne… Et vous savez quoi ? Moi ça me va ! »
    Je comprends jamais vraiment ce genre d’affirmations de la médiocrité comme valeur positive :/

    • Stéphane MOÏSSAKIS

      Je crois que c’est ce qui s’appelle un plaisir coupable en fait…

      (Steph)

    • Il y a une toute toute petite différence entre « grassouillet et vulgos » et médiocre. Learn2french.

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