COMMANDO : A LOVE STORY

Quand vous pensez au cinéma d’action des 80’s, vous pensez forcément à COMMANDO. Et pourtant la fascination provoquée par le film ne vient pas uniquement du tronc d’arbre fièrement porté par Arnold Schwarzenegger, ou encore de sa capacité à soulever une cabine téléphonique pour l’envoyer valser sur quelques policiers de passage. Cette fascination, et même l’émotion (mais si !) que le film provoque sont imputables à la présence de ce bon vieux Bennett. Qui ça ? Allons, ne faites pas les innocents, vous savez très bien de qui je parle !

« Une lame dans une gorge d’enfant, ça s’enfonce comme dans du beurre » lance le brave soldat peón, en caressant doucement son schlass, qu’il agite imprudemment sous le nez de son interlocuteur à la moustache frétillante. La réponse ne se fait pas attendre : « Toi tu me ranges ce couteau, et tu fermes ta gueule ». Toute la nonchalance – virile mais pas trop – de Bennett est là, et avec ce simple échange digne des plus grandes œuvres de John Steinbeck et Tennessee Williams, COMMANDO pose l’un des plus flamboyants personnages de l’histoire du cinéma. Alfred Hitchcock disait « Plus le méchant est réussi, meilleur sera votre film ». De toute évidence, même s’il est mort cinq ans avant la sortie du film de Mark L. Lester, le maître du suspense pensait déjà à Bennett. Bon, il a également dit « Pour faire un grand film, il y a trois éléments indispensables : le script, le script et le script ! » et là, forcément, quand on s’est tapé COMMANDO 535 fois en entier, on a envie de se demander : « Qu’est-ce qu’il y connaît au cinéma celui-là d’abord merde ?!? »

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La rumeur raconte que le réalisateur Mark L. Lester aurait assisté à une séance de RAMBO II : LA MISSION et en serait sorti en s’exclamant : « Bordel, il faut qu’on leur montre qu’on a une plus grosse bite ! ». Mais ceci n’explique pas pourquoi COMMANDO est l’un des plus grands films de tous les temps, qui nous transporte à chaque vision dans notre imaginaire le plus fou (des bras tranchés à la machette ! Des méchants scalpés avec un disque de tondeuse à gazon !! Des roses rouges décapités à la M-60 !!!). C’est également parce qu’il s’agit de la plus belle histoire d’amour gay jamais portée sur grand écran ! Plus belle même que celle de BROKEBACK MOUNTAIN ! Et c’est là que Bennett rentre en scène : avec la grâce évanescente d’un grand stratège guerrier et la côte de maille saillante qui cache ses pectoraux en acier mou, notre moustachu préféré kidnappe la fille de John Matrix (Arnold !) pour mieux l’obliger à reprendre du service et le faire « sortir du placard » par la même occasion. Pour lui déclarer son admiration en somme, qui prend la forme d’un amour éperdu. Car de toute évidence, si Bennett s’en prend à la famille de Matrix, c’est tout simplement pour l’attirer vers lui, et le convaincre qu’ils sont faits pour être ensemble.

Le look « pédé cuir » n’est pas qu’un simple hommage à Freddy Mercury, c’est un style de vie affirmé dont les lourdes chaînes et le pantalon moulant sont autant de protections qui cachent le véritable désir de Bennett : celui de retrouver la vigueur de son partenaire d’antan, avec lequel il défouraillait des douzaines de guérilleros à la M-16, en tirant sur un cigare cubain et en se faisant des œillades complices, d’un air de dire qu’ils sont vraiment trop cons tous ces révolutionnaires communistes. C’est d’ailleurs ce qu’il admet à demi-mot dans la bastonnade finale (« Comme au bon vieux temps ! »), sorte de scène de cul brutale déguisée en mano-a-mano pété à la punchline dantesque : « John, c’est pas entre les deux yeux que je vais te buter, je vais te buter entre les couilles ! ». Sacré Bennett, toujours prêt à citer les grands auteurs ! Ce seront d’ailleurs ses dernières paroles (et oui, comme quoi faut quand même faire attention à ce qu’on dit parfois), puisqu’il les lâchera juste avant de se ramasser un bon gros tuyau turgescent dans le buffet, en soupirant un ultime râle de plaisir, qui laissera Matrix totalement indifférent. Bref, il y a un je-ne-sais-quoi de Roméo et Juliette dans cette relation conflictuelle et socialement inacceptable, surtout dans les années 80 si prudes, malgré l’exubérance générale. Souvenez-vous-en la prochaine fois que vous regarderez le film : derrière ses airs bourrus d’actioner taillé pour les larges épaules rassurantes de ce bon vieil Arnold, COMMANDO a un petit cœur qui bat. Et ce cœur, c’est notre ami Bennett.

NB : Ce texte a d’abord été publié dans le numéro 1 de ROCKYRAMA, actuellement en kiosques. Merci à Johan Chiaramonte pour l’autorisation de diffusion.

4 Commentaires

  1. Remarquez, ça explique aussi le gag de la nana qui tire avec le lance roquette à l’envers.

  2. Arnaud

    Regardez bien la photo de haut de page, fixez-la au moins 30 secondes sans la quitter des yeux et puis revenez me voir ici même……………………………………………..
    ………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………
    Alors ?
    Franchement.
    Hein.
    Ne dites pas le contraire…
    AUX CHIOTTES LES DARK VADOR, LES TERMINATOR ET AUTRES HANS GRUBER !!

  3. Z-Man.

    Snif ce fut émouvant, magnifique, que dis je c’est le papier le plus extraordinairement fouillé que j’ai pu lire ces derniers temps.
    Je ne verrai plus jamais commando de la même façon.
    Bon à quand un papier sur Red Heat.

  4. Bruno

    Oui Bien Vu l’article!

    Il faut aussi mettre en évidence que la relation amoureuse entre Matrix et Bennett arrive à son paroxysme par une pénétration avec le gros tuyaux qu’Arnold lui lance généreusement! et qu’elle est la réplique final de cette scène? –  » Crache ta vapeur Bennett ! ». Sous entendu « balance la purée! »

    Haaaa Poésie !

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