UN BON GARS

La comédie high concept du moment est québécoise et se nomme STARBUCK. Si vous l’avez raté en salles cet été, sachez que le film de Ken Scott vient de sortir en DVD et Blu-Ray. En attendant les inévitables remakes…

En ce moment même, le réalisateur québécois Ken Scott tourne THE DELIVERY MAN avec Vince Vaughn dans le rôle principal. Et oui, il s’agit en fait d’un remake américain de son film STARBUCK. José Garcia aurait également signé pour interpréter le même rôle, dans une relecture française. Et il y a fort à parier que d’autres pays s’intéressent au projet pour en tirer une version locale. Ce n’est pas étonnant, car la force de STARBUCK tient dans son pitch plutôt original, qui raconte comment un gars lambda a tellement donné de sa semence à une banque de sperme dans sa jeunesse, qu’il est devenu le géniteur de plus de 500 enfants qui veulent désormais faire sa connaissance, plus de vingt ans après leur naissance. Une bonne histoire de « branleur » en somme, qui a le mérite de créer une connivence instantanée entre le personnage principal et le spectateur (masculin tout du moins), à plus forte raison car Patrick Huard est ici plus à l’aise dans le registre comique que dans celui du film d’horreur (voir l’involontairement hilarant SUR LE SEUIL !). Jouant le registre du bon gars avec juste ce qu’il faut d’immaturité et de « beauferie » (comprendre « simplicité ») pour le rendre attachant, Huard s’approprie le caractère humain de Starbuck, et parvient même à éviter les pièges d’un scénario parfois trop démago pour convaincre.

Car c’est le souci principal du film de Ken Scott : en présentant tous les enfants avides d’affection que Starbuck a engendrés et « abandonnés » d’une certaine manière, l’intrigue joue sur la culpabilité du personnage principal pour obtenir l’émotion recherchée. Le réalisateur insiste plus volontiers sur sa relation avec certains personnages reclus, en jouant avec les clichés les plus évidents : du gothique qui se cherche au jeune homo, en passant par le déficient physique et la junkie qui lâche le crack en deux secondes, rien n’est épargné à ce bon vieux Starbuck, et par extension au spectateur. Le cumul est tel que le film vire par moments au procédé politiquement correct un peu gonflant, à cela près que Ken Scott et Patrick Huard semblent parfaitement sincères dans leur façon de présenter la trajectoire toute tracée du personnage, qui va finir par prendre conscience de la véritable signification de la paternité, au point d’avoir un enfant « légitime ». D’ailleurs, ces mièvres apartés ne remettent pas en cause l’aspect bigger than life induit par le pitch de départ, ni même la sympathie dégagée par l’ensemble. Maintenant, pour la version « affreuse, sale et méchante » du film, on implore les producteurs de l’éventuel remake espagnol (il y en aura bien un, non ?) de considérer Santiago Segura dans le rôle principal.

TITRE ORIGINAL Starbuck
RÉALISATION Ken Scott
SCÉNARIO Ken Scott & Martin Petit
PRODUCTION Jasmyrh Lemoine & André Rouleau
CHEF OPÉRATEUR Pierre Gill
MUSIQUE David Lafleche
AVEC Patrick Huard, Julie LeBreton, Antoine Bertrand…
DURÉE 109 mn
ÉDITEUR Diaphana
DATE DE SORTIE le 07 novembre 2012
BONUS
Entretien avec Ken Scott
Scènes coupées
Quiz des expressions québécoises
Bêtisier
Clip
Bandes-annonces

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