TROIS EN UN

Dès qu’ils abordent un sujet typiquement américain, les frangins Farrelly ont le droit à une sortie technique chez nous. Et c’est le cas avec LES TROIS CORNIAUDS, leur hommage aux Trois Stooges qui vient faire un petit tour rapide dans nos salles aujourd’hui même.

Il faut dire que si Larry, Curly et Moe – les 3 Stooges donc – sont des véritables institutions dans leur propre pays, ce sont d’illustres inconnus chez nous… ou presque. En effet, l’universalité de leur humour (une baffe dans la tronche, un coup d’index dans les yeux, des plans d’action crétins et on en passe) a bien fini par se retrouver dans des films plus modernes, qui n’hésitent pas ici et là à repiquer les mêmes gags, dans des contextes toutefois différents. Ça vous fait marrer quand Mel Gibson et Danny Glover se mettent à faire les poulets en plein milieu d’une grosse scène d’action de L’ARME FATALE 4 ? C’est les trois Stooges ! Vous riez aux éclats quand Bruce Campbell se fait tirer la langue et piquer les yeux par des squelettes farceurs dans EVIL DEAD III ? C’est les trois Stooges on vous dit ! Et alors, nous sommes d’accord, vous vous roulez par terre quand Jim Carrey et Jeff Daniels se lancent dans des onomatopées pas possibles, à foutre de la morve et de la bave partout, en poussant des cris gutturaux et hilarants dans DUMB & DUMBER ? Cherchez pas… c’est les trois Stooges ! Comme on le voit, l’influence des trois comiques les plus nigauds des États-Unis est présente chez les frangins Farrelly depuis leurs débuts. Et cela fait bien quelques années que les réalisateurs de MARY À TOUT PRIX cherchent à monter leur hommage, avec pour mission de faire un pur film pour les gamins qui n’ont pas connu (ou ne connaissent pas) les vertus comiques de la baffe dans la tronche, telle qu’elle est inculquée par Larry, Curly et Moe. Si le gratin hollywoodien se bouscule pour interpréter les trois rigolos (on a parlé de Sean Penn, Benicio Del Toro ou encore Jim Carrey dans les rôles-titres), ce sont finalement des acteurs relativement inconnus (ou méconnaissables dans le cas de Sean Hayes) qui prennent le relai, l’idée étant de ne pas casser la continuité avec les Stooges originaux afin de préserver le même humour crétin, voire même relancer une franchise.

Et c’est probablement l’une des plus grandes réussites du film, qui parvient ici et là à retrouver une certaine pureté originale dans l’accumulation des gags les plus crétins et les plus rebattus, avec mention « très bien » dès qu’il s’agit d’en foutre une dans la tronche pas possible de Larry David, ici déguisé en nonne grincheuse. Malheureusement, si les frères Farrelly sont clairement guidés par leurs souvenirs d’enfance et la sincérité de leur parti-pris, LES TROIS CORNIAUDS cède par moments à une tentative de modernisation particulièrement déplacée, notamment lorsque les réalisateurs invoquent quelques couillons de la télé réalité du moment (ici, JERSEY SHORE, mais il y a trois ans, cela aurait été autre chose), sans que l’on comprenne vraiment où se situe l’intérêt de la démarche. Au pire, cette approche narrative légèrement méta-textuelle a même tendance à aller à l’encontre de l’approche d’origine, un peu comme si le film s’adressait désormais aux adolescents et aux adultes qui comprennent la référence. Cela reste heureusement une portion congrue du film, qui ne gâche pas totalement la fête. Soyons clairs, il est encore un peu tôt pour déclarer que LES TROIS CORNIAUDS indique un retour en force de la part des deux frangins, surtout que ceux-ci ne doivent surtout pas se louper avec la suite de DUMB & DUMBER (mais sans Jim Carrey, c’est très mal engagé). Mais à défaut de retrouver la forme olympique d’antan, celle des KINGPIN et autres FOUS D’IRÈNE, il faut leur reconnaître que cet hommage inoffensif – et souvent drôle dans la simplicité assumée de ses gags – est loin des dernières productions cyniques auxquelles ils nous ont récemment habitués. Par les temps qui courent, les voir revenir à une forme d’humour un peu plus pur, c’est déjà pas mal !

Image de prévisualisation YouTube

2 Commentaires

  1. Beat Kiyoshi

    Y’a Larry David qui fait une nonne ??!!

    (Ce film vient de passer en haut de ma pile des « films à voir de suite »)

    (BeatK)

  2. Hicks

    Larry David + Three Stooges = direct download.

Laissez un commentaire