SIMON TOUT-PUISSANT

Vendu comme la première réunion cinématographique des Monty Python en plus de 30 ans, ABSOLUTELY ANYTHING peine à retrouver le célèbre souffle comique Pythonesque, et même la présence de ce bon vieux Simon Pegg en tête d’affiche ne peut relever le niveau de ce projet qui sent le réchauffé !

Neil Clarke (Simon Pegg), un quidam parfaitement ordinaire, reçoit les pleins pouvoirs de la part d’un conseil intergalactique qui se réserve le droit de vie ou de mort sur n’importe quelle espèce dans l’univers tout entier. Le but de cette expérimentation ? Neil a une semaine pour démontrer qu’il peut utiliser ses pouvoirs pour faire le bien. Dans le cas contraire, la Terre sera détruite. Avec un tel concept, tout peut arriver dans ABSOLUTELY ANYTHING et c’est probablement ce qui explique le titre du film. Malheureusement, c’est un titre assez mensonger. En effet, si le projet semble alléchant car il réunit l’ancienne (les Pythons, même s’il s’agit principalement de caméos vocaux) et la nouvelle garde de l’humour anglais (ok bon… Simon Pegg en fait), ABSOLUTELY ANYTHING peine à exploiter le potentiel de son concept, quelque part entre un épisode loufoque de LA QUATRIÈME DIMENSION et une redite british de BRUCE TOUT PUISSANT, qui n’était déjà pas un modèle de grande comédie philosophique à l’imagination fertile !

Image de prévisualisation YouTube

Prototype de la comédie pépère, ABSOLUTELY ANYTHING se repose principalement sur les acquis de ses vedettes – de l’humour absurde particulièrement reconnaissable des Monty Python à la bonhommie naturelle de Simon Pegg – puisque personne ne sort de son habituelle zone de confort. En temps normal, cela pourrait suffire à faire la blague, sauf que le concept même d’ABSOLUTELY ANYTHING appelle une certaine inventivité qui manque précisément à l’appel. ABSOLUTELY ANYTHING se ménage bien quelques rares gags qui font mouche (les morts qui reviennent à la vie), mais ceux-ci sont noyés dans des situations convenues (l’ancien petit ami lourdingue interprété par Rob Riggle, le chien qui parle avec la voix de Robin Williams et on en passe) qui ne saisissent jamais l’universalité suggérée par le propos, ce qui est d’autant plus étonnant que les Pythons avaient bien réussi à le faire du temps de MONTY PYTHON – LE SENS DE LA VIE, leur précédente collaboration chorale. Ici, le film aborde même une logique contraire puisqu’il semble profondément ancré dans un quotidien anglais qu’il se plait à brocarder ici et là, notamment à travers des protagonistes secondaires caricaturaux qui s’attaquent constamment à ce personnage principal totalement affable. À moins que le fait de voir deux crottes de chien se jeter toutes seules dans les toilettes, d’assister à la transformation physique de Simon Pegg, qui fait le beau devant la glace avec un corps d’athlète (copyright PLUTO NASH) ou encore le voir changer son collègue en saucisse ne vous fasse rire aux éclats, ABSOLUTELY ANYTHING démontre malheureusement que nos idoles de jeunesse ne sont pas exemptées de se prendre un méchant coup de vieux dans la gueule !

TITRE ORIGINAL Absolutely Anything
RÉALISATION Terry Jones
SCÉNARIO Gavin Scott & Terry Jones
CHEF OPÉRATEUR Peter Hannan
MUSIQUE George Fenton
PRODUCTION Bill Jones & Ben Timlett
AVEC Simon Pegg, Kate Beckinsale, Sanjeev Bhaskar, Rob Riggle (et les voix de) Robin Williams, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones…
DURÉE 85 mn
DISTRIBUTEUR Océan Films
DATE DE SORTIE 12 août 2015

1 Commentaire

  1. Moonchild

    Un film qu’on ne voudrait pas égratigner mais qui, effectivement, demeure très faiblard et n’ose pas grand chose au final … quelques moments amusants à relever …
    Seul vrai plaisir à mon sens, le conseil des extraterrestres, avec les voix en vo of course …

    PS : pour ceux qui peuvent le voir, je conseille La peur (de Damien Odoul, adapté du bouquin de Gabriel Chevallier), film d’une puissance visuelle rare … un choc !

Laissez un commentaireRépondre à Moonchild