ROME NE S’EST PAS FAITE EN UN JOUR

Les CALL OF DUTY et autres BATTLEFIELD, c’est bien joli, mais une nouvelle génération ne saurait se passer de quelques exclus propres à chaque constructeur. RYSE : SON OF ROME est celle de Microsoft et de la Xbox One. Verdict ?

Le cheval de Troie de la Xbox One, c’est bel et bien ce RYSE : SON OF ROME qui est censé démontrer l’incroyable puissance de la nouvelle console de Microsoft, ainsi que ses nouvelles fonctionnalités (contrôle vocal du Kinect dans les batailles par exemple) et la façon dont elles s’intègrent dans le design des jeux. Dans les faits, il est vrai que le nouveau jeu de Crytek, malgré un développement chaotique autrefois prévu pour la Xbox 360, affiche plutôt bien ses arguments massues : fluidité de jeu quasi irréprochable, aucun aliasing ou crénelage à prévoir, des graphismes fins et précis… Oui, c’est certain, RYSE : SON OF ROME est plus beau que le reste de la concurrence next-gen, peut-être à un KILLZONE : SHADOWFALL près. Mais cette poudre aux yeux ne peut pas vraiment masquer les défauts inhérents à ce banal hack’n’slash tout juste agrémenté de quelques notions de RPG, histoire d’apparaître comme une œuvre plus moderne qu’elle ne l’est vraiment.

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Donc oui, pour ceux qui se contentent juste de jeter un œil sur RYSE : SON OF ROME, cette exclusivité Xbox One a de sérieux atouts visuels, même si elle puise évidemment autant dans la filmographie de Ridley Scott (GLADIATOR et KINGDOM OF HEAVEN) que dans celle de Zack Snyder (pour 300 évidemment) pour traduire de manière quelque peu ringarde certains éléments de gameplay de façon cinématographique. Pour ceux qui décident de tenter l’expérience, c’est encore une autre affaire. Pad en main, RYSE : SON OF ROME ressemble à s’y méprendre aux beat’em all qui ont pullulé non pas sur la génération précédente, mais encore sur celle d’avant : mécaniques ultra-basiques que le jeu nous demande de répéter constamment (en solo comme dans les arènes multi), pauvreté de l’intelligence artificielle liée aux ennemis à la variété plus que limitée (4 ou 5 variantes au total) et combats de boss sans aucune ampleur ou imagination (en dehors éventuellement d’une baston au pied d’un Dieu d’osier dont la conclusion est totalement scriptée). De plus, la véritable beauté de RYSE : SON OF ROME a ses limites, dès lors que l’impressionnante  qualité graphique des cinématiques est comparée à l’animation des personnages dans les phases de gameplay. La comparaison inévitable avec un GOD OF WAR (qui mêle les cinématiques au gameplay en un mouvement de caméra) n’est donc pas faite à l’avantage du jeu qui nous concerne aujourd’hui.

À cela s’ajoute un traitement de la Rome antique assez basique, très orienté sur le guts & blood plutôt que sur la recherche historique, afin d’aboutir au véritable récit mythologique recherché (avec l’implication des oracles), la narration morcelée est cependant assez maîtrisée, surtout si on compare avec les précédents jeux Crytek, comme CRYSIS qui peinait à raconter son intrigue de façon cohérente. En l’état, RYSE : SON OF ROME est donc un ratage. Un ratage qui a de la gueule, et qui pourrait même donner lieu à une belle franchise, si les développeurs en venaient à corriger les défauts évoqués plus haut, mais ratage quand même. Une chose est certaine : il ne représente pas véritablement le futur que Microsoft réserve à sa console. Pour savoir ce que la Xbox One a vraiment dans le ventre, il faudra donc attendre encore un peu…

TITRE ORIGINAL Ryse : Son of Rome
GENRE Action Aventure
ÉDITEUR Microsoft Studios
DÉVELOPPEUR Crytek
CONSOLE Xbox One
DATE DE SORTIE 22 novembre 2013

1 Commentaire

  1. M’ouais ça n’a pas l’air terrible, dans le genre j’adore le petit jeu CONAN sorti il y a cinq ou six ans sur PS3 et 360, super fun et sans prétention mais très amusant avec beaucoup d’armes et de coups différents, comme quoi les beaux graphismes ne font pas tout…

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