RAPIDE & FURIEUX

Chez Game Parallax, on aime bien le cinéma, les bons scénarios et les jeux qui mixent les deux. Mais pour ceux qui rêvent d’une future carrière à la FAST & FURIOUS en enfournant la galette de SHIFT 2 : UNLEASHED, passez votre chemin. Tout NFS qu’il soit, le jeu développé par Slightly Mad Studios et les suédois de DICE change la donne habituelle de la célèbre licence de jeux de course très « arcade » dans l’âme, et généralement inspirée par des films aux poursuites automobiles endiablées. Ici, c’est la simulation qui prime, mais on est encore loin de GRAN TURISMO et FORZA MOTORSPORT !

NFS. Tout un symbole pour une génération de joueurs, qui a vu débuter la carrière de cette monstrueuse licence annualisée sur 3DO en 1994, puis sur PC pour enfin gagner le coeur des pilotes en herbe sur consoles. Très « arcade » avec une maniabilité au poil doublée d’une violence rare pour un jeu de caisse, les différentes cuvées ont connus diverses émulations qui nous ont fait incarner tantôt des rebelles, tantôt des flics à leur poursuite. Souvent aidé de nitro, notre berline était quasi indestructible et filait à des vitesses ahurissantes : NEED FOR SPEED quoi ! Oui mais voilà, à l’image du NEED FOR SPEED : SHIFT sorti en 2009, SHIFT 2 : UNLEASHED redistribue les cartes et opte pour un virage plus axé sur la simulation, si bien que la marque NFS apparaît discrètement sur la jaquette du jeu. On comprend mieux pourquoi dès les premiers coups de pédales. Toujours est-il que le mode carrière du jeu nous emmène aux quatres coins du monde, dans differents décors bien détaillés et pour la plupart graphiquement réussis. La météo, ainsi que le cycle jour/nuit, sont aussi de la partie, ce qui procure une impression de variété bienvenue, en plus des différentes variations des circuits. Les modes de course proposés sont aussi présent en grand nombre, mais sans pour autant révolutionner le genre : on retrouve ainsi le mode « course », « élimination » (qui élimine le dernier de la course toutes les 30 secondes), « chrono » contre la montre, « défi » contre un adversaire particulier et « dérapage ». De plus, chaque circuit propose des mini-challenges plutôt agréables à faire : prendre tous les virages parfaitement, suivre la ligne d’indication au sol pour faire un tour parfait, faire un tour plus rapidement que le temps indiqué. Ces challenges sont persitants d’une course à une autre, et il est donc possible de les faire progressivement. À chaque fois qu’un challenge ou une course est remplie, il donne d’ailleurs droit à un plus d’expérience qui permet de faire monter notre niveau de pilote et de débloquer la majorité des épreuves et des voitures disponibles. Du classique en somme, qui repose d’ailleurs sur les bases éprouvées d’un NFS pour ne pas se mettre les habitués de la licence à dos.

Une fois sur la ligne de départ, on se retrouve plongée dans l’habitacle de la caisse au travers d’une « vue casque » très immersive (1). L’intérieur est finement modélisé, on peut regarder sur les cotés de manière réaliste, avec un petit détail qui fait la différence : à l’approche d’un virage, la vue (donc le casque, suivez un peu) s’oriente légèrement, naturellement même, vers l’interieur de la courbe pour épouser les sensations de conduite. Cette caméra est si bien pensée que les autres vues, comme la vue capot et la vue du dessus à la NFS deviennent obsolètes. Malgré un moteur physique et dynamique un peu à la peine, en dessous d’un FORZA MOTORSPORT ou d’un GRAN TURISMO, la voiture réagit globalement bien, et il n’y a d’ailleurs pas de gestion des dégats, donc on peut se prendre les murs et repartir de plus belle, à la façon NFS ! Mais attention, les concurrents ne vous feront aucun cadeau, donc si vous vous plantez, il y a de forte chance pour la course soit finie pour vous, car vous ne pourrez plus les rattraper, et les adversaires n’hésitent pas à vous rentrer dedans au lieu de freiner, comme si on était carrément dans un jeu de stock-car ! Le résultat est d’ailleurs souvent catastrophique, car les deux voitures sortent de la piste en faisant un tête à queue et vous disqualifie de facto pour les 3 premieres places. La frustration guette et exige de s’adapter aux règles du jeu : perso, j’ai failli casser mon écran et ma manette quand le 2e m’a sorti de piste au bout de 10 minutes de course, à quelques centaine de mètre de l’arrivée. Et les voitures dans tout ça ? Le choix est bien au rendez-vous : des voitures old-school aux derniers modèles, il faudrait être difficile pour ne pas trouver son bonheur. Pour ma part, je ne me refuse rien et j’opte pour une Koenigsegg CCX à un million de dollars, mais libre à vous de prendre la Golf GTI. Certaines courses seront d’ailleurs réservées uniquement à certains type de modèles. Il est possible d’étoffer son garage au fur et à mesure que vous gagnez des courses (et donc du cash), et de gonfler ses voitures en changeant des pièces. Le nombre de pièces de rechange est colossal, mais l’interface est trop fouillie, pour avoir une véritable idée de quoi choisir pour améliorer sa voiture. Du coup, on y va un peu à l’aveuglette. Ha, si vous comptez défier d’autres joueurs en ligne, sachez que seules les voitures disponibles dans votre garage vous seront proposées pour concourir. Donc n’envisagez pas de vous éclater sur le net avant d’avoir deja fait une belle carrière, sinon c’est l’humiliation assurée ! Comme on peut le constater, SHIFT 2 : UNLEASHED ne renie pas totalement son appartenance à la licence phare et se situe à mi-chemin entre simulation et arcade. Doté d’une énorme durée de vie et d’une réalisation digne d’un NFS, malgré quelques erreurs de jeunesse, ce nouveau cru s’avère parfaitement convaincant et ne demande qu’à être maitrisé.

(1) Pour plus d’informations, vous pouvez lire notre interview de Marcus Nilsson, producteur exécutif de SHIFT 2 : UNLEASHED.

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