POUR QUELQUES COCARDS DE PLUS

Quelle est la différence entre TEKKEN et STREET FIGHTER ? Aujourd’hui, aucune. Les deux géants de la baston sur console se croisent à l’occasion de deux opus, l’un dans un environnement en 2D (celui qui nous intéresse ici) et l’autre en 3D (dont la sortie est prévue pour la fin de l’année). Premier segment du diptyque de Capcom et Namco Bandai, STREET FIGHTER X TEKKEN invite les Mishima et leurs rivaux dans l’univers délirant de Ryu et Dhalsim, histoire de les éprouver à la conversion 3D-2D.

Plutôt qu’un croisement, on pourrait plutôt parler d’un opus supplémentaire dans la licence STREET FIGHTER dans le cas de STREET FIGHTER X TEKKEN. En effet, côté Capcom, rien n’a vraiment changé, puisque le design reconnaissable du quatrième volet reste la nouvelle marque de fabrique et que les bons vieux quarts de tour vers l’avant (qui fêtent leur quart de siècle) répondent toujours présent à l’appel. Côté Namco Bandai, tout a par contre été adapté au gameplay de STREET FIGHTER : un character design très comic-book et une maniabilité revisitée, qui change tous les repaires des habitués du jeu de jambes de Steeve et Hoarang. La valeur ajoutée de TEKKEN restant la maîtrise des enchainements adaptés au style de chaque personnage, les combattants de Namco Bandai ne deviennent ici que des « nouveaux » personnages de l’univers Capcom, conversion oblige. À cela s’ajoutent les fortes ressemblances entre les divers protagonistes, qui trouvent leurs pendants dans l’une et l’autre licence (Steeve et Balrog, Law et Fei-Long, Rufus et Bob, les duos Sakura/Karin et Asuka/Lili) et on frise parfois carrément les doublons. Et même si la sélection des personnages a été soignée, certains d’entre eux sont bien trop lourds et lents pour l’univers Capcom, comme c’est le cas avec Paul, Marduk et même l’indispensable Heihachi. Chaque affrontement vraiment estampillé « Capcom vs. Namco Bandai » semble donc déséquilibré, et la 2D n’est pas vraiment à mettre en cause, surtout lorsque l’on prend en compte que SFIV et ses nombreuses itérations sont des jeux néanmoins conçus en 3D. Bref, on aurait aimé que la transposition soit un peu mieux pensée (ou respectée tout du moins), afin de prendre un vrai plaisir à manier les protagonistes de TEKKEN dans l’univers de STREET FIGHTER.

Reste que si STREET FIGHTER IV avait réussi à rafraîchir la dynamique des jeux de combat en 2D sans que les joueurs usent leurs pouces et leur stick, STREET FIGHTER X TEKKEN s’affirme quant à lui comme un titre réservé aux spécialistes du casse-garde et des hits combos à 2 chiffres. Un jeu pour les « purs et durs » donc, avec un système de « combo break » ou de « garde break » qui se manipule avec le stick seulement, ce qui surprendra certainement les débutants et les joueurs du dimanche. De plus, les « gems », petits joyaux qui s’ajoutent à votre barre d’attaque, augmenteront de très peu les dégâts à chacun de vos coups, donc autant dire qu’il s’agit d’une nouveauté très accessoire. Reste que le système d’équipe (le Tag) est très bien exploité, avec divers « cross combo » avec lesquels vous pourrez vous amuser à balancer votre adversaire à votre partenaire, qui se chargera de finir le combat par un enchainement simple ou un « Super Art », comprendre un super enchainement. On retient alors que STREET FIGHTER X TEKKEN est davantage un jeu de compétiteurs que de joueurs occasionnels, mais ceux-ci peuvent toujours se pencher dessus s’ils n’ont pas encore essayé STREET FIGHTER IV. Pour un réel croisement entre les deux licences, mieux vaut attendre de voir si TEKKEN X STREET FIGHTER s’en sortira un peu mieux au moment de sa sortie, prévue pour la fin de l’année.

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