PAS MAL POUR UNE DS

En dépit de la pléthore de déclinaisons vidéoludiques engendrées par la saga ALIEN, que ce soit en solo ou en conjonction avec le Predator, on peut encore compter sur les doigts de la main d’un lépreux les vrais titres de qualités. Compte tenu du fait que ALIENS (le petit film de qui vous savez) peut légitimement être considéré comme la base d’un paquet de franchises vidéoludiques, il y a là une injustice certaine. Bien décidé à la réparer en ajoutant un bon jeu de plus à la liste, les braves gars de Wayforward Technologies nous livre donc aujourd’hui cet ALIENS : INFESTATION, opus en apparence modeste dans ses choix de représentation mais grand par l’ambition. Pari tenu ?

Abonné depuis quelques années aux productions en 2D délicieusement rétro toujours agrémentées d’un gameplay au petits oignons (on garde encore un souvenir ému de leur CONTRA 4 old-school jusqu’à la moelle), le studio ne change pas ici son fusil épaule et choisit donc de faire de cet INFESTATION un « Metroidvania-like », qui met donc autant l’accent sur l’action que sur l’exploration. Choix judicieux, puisqu’il permet au jeu de faire le grand écart entre les deux ambiances caractéristiques de la saga, l’angoisse typique du Ridley Scott (particulièrement palpable en début de jeu lorsque l’on a pas encore pu upgrader ses armes) et le bourrinisme Cameronien. Et si ce dernier finit par prendre l’ascendant (la faute à des ennemis qui respawnent en permanence à des points fixes et un arsenal qui devient surpuissant), l’idée de faire contrôler au joueur des marines qui peuvent mourir de manière définitive s’avère doublement ingénieuse. Elle permet en effet de maintenir à flot un élément de pression sur le joueur et en prime de créer un lien affectif, certes ténu mais bien présent, avec des personnages par ailleurs relativement vides. Si chaque marine dispose d’un trait de caractère particulier, d’un léger background et d’un portrait expressif croqué par le dessinateur Chris Bacalo, leur rôle dans l’intrigue est par dessin interchangeable et seul les dialogues varieront d’un marine à l’autre en cours de jeu. Libre au joueur donc de choisir son chouchou et de tenter de le maintenir en vie jusqu’à la fin. Ou comment le gameplay parvient à susciter un élément d’affectif que l’intrigue en elle-même ne cherche pas vraiment à solliciter.

Avant tout, cependant, ALIENS : INFESTATION est un titre fait par des fans, pour des fans. De toute évidence, Wayforward aime la série ALIEN en général et du deuxième films en particulier. INFESTATION, qui se pose comme une suite spirituelle directe à ALIENS, peut plus être pris comme un simili-remake, qui reprend tous les éléments emblématiques du film de Cameron pour permettre au joueur de les vivre enfin manette (ou plutôt console dans le cas précis) en main. On aura donc l’occasion à travers l’aventure de visiter l’USS Sulaco et la planète LV 426, de croiser le space jockey dans un bout de décor, de vivre une fuite éperdue en APC ou encore de livrer bataille à une Reine Alien dans un powerloader en finissant bien évidemment par l’expédier dans l’espace. Les développeurs ont même poussé le vice jusqu’à inclure un mini-jeu permettant de s’adonner au jeu du couteau cher à Bishop ! Du fan service certes, mais du fan service bien fait (jusque dans les bruitages reprenant parfaitement ceux du film) et qui, par son potentiel indéniablement fun, fait oublier une intrigue décalquée de toute manière accessoire. N’eut été quelques choix de design malheureux tels le respawn susmentionné (qui finit par transformer le derniers tiers en tir au pigeon ou l’obligation de faire mourir un marine pour pouvoir en récupérer un nouveau), des boss assez ternes et surtout une absence totale de « Ripley » value (gag !), le tableau aurait été idyllique. Si ALIENS : INFESTATION se limite à n’être qu’un bon jeu, l’amour et le respect évident dont les développeurs font preuve pour la licence fait plaisir à voir, et leur permet de se hisser aisément au dessus d’autres titres pourtant bien plus friqués et spectaculaires. L’investissement est donc recommandé, que l’on soit fan de la série ou désireux de nourrir encore une fois sa petite DS avant de la remiser au placard au profit des nouveaux modèles de portable. Il serait dommage de ne pas récompenser travail aussi joliment fait.

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