MORT À L’ARRIVÉE

Après son reboot façon MODERN WARFARE voici deux ans, la licence MEDAL OF HONOR (à l’origine lancée par Steven Spielberg dans une sorte de continuation vidéoludique de son film IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN) continue sur sa lancée, l’argument « réaliste » en prime. Pour l’originalité, il faudra repasser par contre…

Il ne faut pas trois secondes au joueur pour constater à quel point MEDAL OF HONOR WARFIGHTER joue la carte de la sécurité, en rappelant sa condition de suiveur à travers une simple citation historique du président Kennedy, qui ouvre la campagne solo du jeu (cinq heures, en mode hard). À l’image des fameuses maximes qui ponctuent le game over dans MODERN WARFARE, donc. Un peu plus loin, il suffit de recharger son arme ou de se baisser pour découvrir que les mouvements de votre personnage sont calqués sur ceux de BATTLEFIELD 3. Enfin, la structure narrative du jeu adopte un double point de vue en nous mettant dans la peau de deux protagonistes différents (à la… MODERN WARFARE, gagné !), avec la volonté ici et là de raconter certains événements selon la perception de chacun – mention spéciale pour la séquence tutorial intitulée « À travers les yeux du Mal » qui vous propose d’incarner un terroriste (comme un certain niveau intitulé « Pas de russes ») pendant une courte session en plein camp d’entraînement. Si on peut reconnaître que les CALL OF DUTY jouent très régulièrement la carte du divertissement outrancier avec peut-être une pointe de bellicisme alarmiste, le bord politique où se situe MEDAL OF HONOR WARFIGHTER est on ne peut plus clair, à plus forte raison car les missions jouées dans la campagne sont inspirées de faits réels (et les militaires qui ont fourni aux développeurs les informations classées top secret ont d’ailleurs été condamnés par l’armée américaine !).

Image de prévisualisation YouTube

Aussi, les Navy Seals représentés dans le jeu sont littéralement assimilés à des super-héros des temps modernes par une longue citation finale d’autant plus estomaquante qu’elle contraste totalement avec le tiraillement de Preacher, l’un des deux protagonistes du jeu dont le couple est en plein tumulte (sa femme lui demande de choisir entre son job et sa famille). Tiraillé entre des cinématiques concentrées sur une forme de pathos malvenue et un gameplay qui puise son originalité chez les autres, MEDAL OF HONOR WARFIGHTER peine donc à se constituer une identité propre, à tel point qu’on croirait presque qu’il s’agit de la volonté première des développeurs de Danger Close et de l’éditeur Electronic Arts, afin de pouvoir profiter des réflexes pavloviens des acheteurs de CALL OF DUTY et BATTLEFIELD 3. S’il faut chercher un chouia d’inventivité, ce serait plutôt du côté du multi, qui propose de vous mettre à la colle avec un partenaire désigné, afin de créer une véritable connivence coopérative au sein d’un match à mort par équipe. Manque de bol, MEDAL OF HONOR WARFIGHTER ne se vend pas autant que prévu, ce qui risque bien d’influer sur la présence de joueurs réguliers dans ce mode un peu plus nerveux. Bon, je m’en vais essayer BLACK OPS 2 maintenant, histoire de comparer…

TITRE ORIGINAL Medal of Honor Warfighter
GENRE FPS
ÉDITEUR Electronic Arts
DÉVELOPPEUR Danger Close / DICE Studios
CONSOLE Xbox 360/ PS3 / PC
DATE DE SORTIE 25 Octobre 2012

0 Commentaires

Laissez un commentaire