L’ESPACE D’UN INSTANT

Christopher Nolan est probablement devenu réalisateur de blockbuster par accident, en croisant un certain justicier masqué. Mais il est aujourd’hui l’un des rares à avoir le mérite de proposer des films évènements qui sortent du lot. C’est encore le cas avec INTERSTELLAR.

Il y a un certain paradoxe dans la façon dont Christopher Nolan est perçu : considéré comme l’un des grands narrateurs de son époque, celui-ci met tout de même un point d’honneur à refuser tout ce qui est de l’ordre de l’imaginaire dans son cinéma, autrement dit tout ce qui relève de la pure fiction, et ce y compris quand le sujet s’y prête. C’est encore le cas avec INTERSTELLAR. Même si le cinéaste y revendique une certaine filiation avec 2001 – L’ODYSSÉE DE L’ESPACE de Stanley Kubrick, il ne faut pas s’attendre à une œuvre dont l’universalité s’exprime à travers une dimension métaphysique et transcendantale. Avec cette logique « Je ne crois qu’en ce que je vois », il est parfaitement cohérent que Nolan soit attaché à l’idée de tourner sur pellicule, avec des décors et des effets spéciaux pour la plupart conçus en « dur » et filmés à même le plateau. C’est pourquoi le cinéaste clame que la meilleure façon de voir INTERSTELLAR est de trouver une salle de cinéma projetant le film en pellicule, et même en 70mm, ce qui n’est pas une mince affaire. On ne lui en voudra pas car, même s’il n’est absolument pas question de rejeter tout ce que le cinéma digital a apporté et peut toujours apporter à notre médium préféré, il est évident qu’à notre époque transmédiatique, la façon dont celui-ci est employé tend régulièrement à uniformiser les œuvres pour mieux les faire passer d’un support à l’autre. Ce côté militant pleinement revendiqué par Nolan est donc rassurant, car il convient tout de même de ne pas faire disparaître l’expérience d’une véritable projection cinématographique, ni de faire oublier le savoir-faire technologique qui a façonné de multiples façons le langage visuel que l’on connaît aujourd’hui.

Quelque part, ce classicisme technologique pleinement revendiqué est peut-être l’une des meilleures choses qui pouvait arriver à INTERSTELLAR, un peu comme s’il influait directement sur le bon déroulement narratif du projet (certes, son incidence reste à démontrer, mais on se plaît à y croire). D’abord développé pour Steven Spielberg (ce qui n’étonnera personne à la vision du film), INTERSTELLAR intègre ses thématiques de manière concrète dans son récit. Le processus n’est pas nouveau chez Christopher Nolan, étant donné que celui-ci avait déjà appliqué les caractéristiques du rêve dans l’écriture même d’INCEPTION. Reste que sa façon de décortiquer la psyché de ses personnages pour les retranscrire sous forme de péripéties a donné lieu à des situations finalement très convenues, comme s’il fallait impérativement que le public puisse s’approprier leurs rêves par procuration, alors qu’il s’agit d’une expérience très personnelle par définition. Heureusement, le cinéaste et son frère scénariste, Jonathan, parviennent à appliquer les préceptes scientifiques des trous de ver à l’écriture même du projet de manière plus organique. Au cœur d’INTERSTELLAR, il y a le sacrifice de Cooper (Matthew McConaughey), ce père de famille qui accepte de laisser sa famille derrière lui – au risque de ne plus jamais la revoir – pour aller chercher un nouvel Éden terrestre au fin fond de la Galaxie, afin de permettre à l’humanité de survivre. Son périple exige qu’il traverse d’autres dimensions, et les enjeux scientifiques rejoignent le drame humain de manière assez étonnante, quand une minute sur une planète hostile et inconnue devient une éternité dans notre propre dimension. En exploitant ce processus et en le mettant au cœur du récit, Christopher Nolan construit habilement le drame qui déchire la famille de Cooper, avec une notion de temporalité inédite et relativement bien maîtrisée, étant donné que l’ellipse fait partie intégrante du récit. Habitué aux constructions faussement complexes (le sympathique MEMENTO, qui perd beaucoup de son intérêt quand on remet l’intrigue à l’endroit), Christopher Nolan semble avoir besoin de s’appuyer sur un prétexte scénaristique pour faire fonctionner cette temporalité, comme s’il doutait d’une simple ellipse cinématographique, comme cela semblait être le cas avec le climax calamiteux de THE DARK KNIGHT RISES, censé se dérouler sur plusieurs semaines. Le processus est payant, car il construit lentement, mais sûrement, l’émotion prégnante qui nourrit les personnages d’INTERSTELLAR.

Malheureusement, même s’il tente d’aborder une narration plus classique, dont la linéarité semble nécessaire pour faire avaler des notions de science-fiction « hardcore » au grand public, Christopher Nolan se perd une fois de plus dans des oppositions de concepts philosophiques et moraux qui avaient déjà plombé les suites de BATMAN BEGINS. Par l’intermédiaire d’un caméo parfaitement dispensable que l’on se gardera de révéler ici (après tout, la production est parvenue à le maintenir secret jusqu’à la sortie du film), INTERSTELLAR prend un détour sinueux et oppose ainsi deux points de vue sur l’humanité, afin de ramener les enjeux du récit à des considérations très terre-à-terre. Passe encore que le personnage de Cooper ne transmette pas vraiment au spectateur la sensation d’émerveillement qui devrait frapper n’importe quelle personne faisant un voyage à l’autre bout de l’univers. Mais il est néanmoins malheureux que le cinéaste se sente obligé de rapporter des nouvelles péripéties en invoquant des querelles de point de vue similaires au climax des deux bateaux dans THE DARK KNIGHT, quand ce voyage vers l’ultime frontière devrait justement invoquer des dangers autrement plus terrifiants que l’homme en lui-même. Dans ces moments-là, INTERSTELLAR ressemble au final décevant de SUNSHINE, voire à un vulgaire PLANÈTE ROUGE, et c’est d’autant plus problématique que ce passage entier pourrait être coupé sans jamais vraiment remettre en question les enjeux fondamentaux du récit.

Image de prévisualisation YouTube

INTERSTELLAR convoque donc l’habituel cinéma de Christopher Nolan de manière plus classique, mais pas vraiment plus épurée, et il fallait au moins revenir sur les quelques arguments scientifiques du projet pour remettre l’intrigue sur les rails, pour un final surprenant et relativement inédit, du moins dans le cadre d’un blockbuster évènementiel de cette trempe. Mais c’est justement cette science qui semble faire débat aujourd’hui au sein des médias qui remettent INTERSTELLAR en cause, comme s’il s’agissait du seul angle d’attaque possible pour mener une charge contre le cinéma de Christopher Nolan. Pour notre part, malgré les réserves habituelles, il nous semble préférable de nous concentrer sur les quelques bribes d’émotion procurées par le film, à plus forte raison quand leur simplicité repose malgré tout sur des notions narratives relativement inédites. Que l’on considère INTERSTELLAR comme un ratage ou pas (ce n’est pas forcément notre cas), cette petite réussite mérite d’être saluée, surtout de la part d’un cinéaste aussi cérébral et cartésien que Christopher Nolan.

À LIRE ÉGALEMENT
Notre critique de THE DARK KNIGHT RISES

TITRE ORIGINAL Interstellar
RÉALISATION Christopher Nolan
SCÉNARIO Jonathan Nolan & Christopher Nolan
CHEF OPÉRATEUR Hoyte Van Hoytema
MUSIQUE Hans Zimmer
PRODUCTION Christopher Nolan, Linda Obst & Emma Thomas
AVEC Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Michael Caine, John Lithgow, Casey Affleck…
DURÉE 169 mn
DISTRIBUTEUR Warner Bros France
DATE DE SORTIE 05 novembre 2014

22 Commentaires

  1. ben

    Interstellar n’est probablement pas le meilleur film de Nolan mais c’est personnellement la plus grosse claque que j’ai pris au cinéma.

    J’ai été complètement aspiré par le film et je n’ai pas vu les 3 heures passer. J’ai vécu une expérience sensorielle comme jamais allant de l’émotion la plus pure à une tension incroyable. Les enjeux du films sont énormes et la concentration sur cette relation père-fils permet de les rendre palpables ce qui ajoute une tension permanente (une véritable course contre le temps) latente et parfois quasiment asphyxiante ( culminant dans une scène qui devrait clairement rentrer dans l’histoire du cinéma). On ressort également avec une nouvelle perception de l’homme, et de nos proche dans un monde qui nous dépasse. Le film possède des défauts mais malgré ses défauts c’est la plus grande expérience sensorielle que j’ai pu expérimenter dans un cinéma.

    Je serais éternellement reconnaissant au caméo (c’est selon moi le montage alterné à ce moment qui pose problème et non l’arc du caméo en lui même qui justifie la suite des événements et appuis une des thématiques du film) qui amène à LA scène où l’enjeu ultime, la réalisation et la musique atteignent leur paroxysme pour le plus grand plaisir des spectateurs.

  2. Bon j ‘ ai adoré , certes il emprunte plein de chose , mais je préfère un Nolan qui fait qu ‘ un Besson qui torche n ‘ importe quoi , Nolan a la distanciation d ‘ un Kubrick , je prefere cela à du pathos à la Jackson

  3. Pierre

    3h d’ennui et de déception pour ma part.
    A sauver : un acteur principal convaincant, une scène vraiment émouvante face caméra dans laquelle le personnage ‘craque’, quelques plans d’effets spéciaux, et, vraiment, une superbe b.o.
    Pour le reste : une prétention scientifique qui tombe à l’eau couplée à une imagination en berne (3 planètes-mondes : une aquatique, une glacée… et une désertique : wow, c’est recherché), des dialogues qui font peine (le speech d’Anne Hattaway sur l’amour, c’était plus convaincant dans le 5è élément; ou encore le désormais célèbre « les êtres du bulk ferment le tesseract », si au moins c’était pour rire), un pompage direct de la scène d’event horizon pour « expliquer » les passages inter-galactiques avec une feuille et un crayon, deux robots impossibles à distinguer l’un de l’autre, aucune gestion de l' »espace » proprement dit, et surtout une fin calamiteuse dans un trou noir-rubik’s cube-bibliothèque où le personnage est obligé d’expliquer à haute voix des événements et enjeux incompréhensibles…), etc etc…
    Bref, quel décalage entre le film promis et espéré, une grande épopée intergalactique et le résultat sur l’écran. C’est doute la différence pour ce cinéaste entre vouloir et pouvoir.

  4. Fest

    Pour ma part j’ai trouvé le film assez fascinant dans son illustration des applications concrètes de la théorie de la relativité, étonnamment émouvant par moments, et je pense même que visuellement c’est le meilleur boulot de Nolan…

    Mais le problème est que la mise en scène et le montage du film peinent à mettre en valeur certaines lignes de dialogues totalement essentielles à la compréhension de l’intrigue et pourtant noyées dans la masse de ce qui nous est dit (et on nous en dit beaucoup et très vite, comme dans INCEPTION). Contre-exemple : dans la séquence de MATRIX dans laquelle Morpheus, après le passage de la pilule bleue, explique à Neo ce qu’est la Matrice, les Wachos usent d’un subterfuge narratif (Neo et Morpheus sont dans un programme de simulation) pour illustrer visuellement ce qu’explique le perso de Fishburne, et c’est la moindre des choses pour un spectateur qui, comme le héros, voit toute sa réalité renversée.

    Eh bien je pense que ce genre de procédé manque cruellement à INTERSTELLAR. On parachute le spectateur lambda dans des discussions entre scientifiques sans vraiment le prendre par la main, on lui balance plein d’infos à toute vitesse, dont certaines ne sont pas essentielles à la compréhension de l’intrigue, quand d’autres primordiales sont à peine effleurées. Et pourtant, au final, rien dans le film n’est impossible à comprendre dans l’absolu, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un métrage de 2h50 dans lequel il y avait largement la place pour plus de clarté. Par exemple, il me paraît important pour bien comprendre l’intrigue d’INTERSTELLAR de saisir la relation entre trou de ver et trou noir : et pourtant il ne me semble pas que cela apparaisse clairement dans le film. Peut-être est-ce moi qui n’ai pas saisi l’info au vol, mais pour ma défense ce ne fut pas non plus le cas des amis qui m’ont accompagné.

    Au final un film ambitieux à voir, vraiment, d’autant plus que l’intrigue tient en haleine pendant 3h, mais je ne peux pas m’empêcher de m’imaginer ce que ça aurait donné entre les mains d’un immense narrateur comme Spielberg.

  5. Bengal

    Un film paradoxal. D’un côté, Nolan se risque (enfin) à construire le récit sur un lien émotionnel fort, d’un autre côté il tombe encore dans des pièges qui plombaient les derniers Batman et Inception : dialogues à n’en plus finir, sous-intrigues dispensables qui ralentissent l’action, complications inutiles pour se la jouer « intelligent »…

    Pour un film dédié à l’exploration spatiale, ça manque vraiment d’imagination. Sérieusement, ils pouvaient pas trouver mieux qu’1 planète-océan, 1 planète-glace et 1 planète-désert ? Sans parler du final qui réduit l’inconnu de l’univers à une bibliothèque et à un message pas crédible une seconde. Les sensations d’isolation et d’émerveillement que procurent l’espace ne sont que rarement exploitées.

    Pourtant j’ai été agréablement surpris par le début sur Terre, notamment pour les séquences du drone et du départ. La relation père-fille est plutôt bien gérée même si les retrouvailles sont franchement prévisibles et faciles.

    Finalement, Interstellar montre plus que jamais les limites du cinéma de Nolan, ce qui est dommage pour un tel projet au potentiel énorme. Quand on pense à l’influence évidente de Spielberg, on en vient à regretter qu’il n’a pas pu le réaliser.

  6. Anthony

    Est ce que la S-F a besoin d’en faire des caisses comme ça sur le côté scientifique pour exister aujourd’hui ? Peut-être que certains vont y trouver un certain plaisir en ayant l’occasion d’aller contredire les théories utilisées dans le film pour étaler leur savoir. Je crois que c’est assez futile et inutile. Le sujet est ailleurs. Le seul principe à comprendre est la relativité du temps dans l’espace et c’est vrai que c’est un principe avec lequel seul les scientifiques et les fans de S-F peuvent déjà être familier. Pas vraiment beau, pas vraiment spectaculaire… la seule scène qui m’aura ému était en décalage avec le reste du public mais pour des raisons personnelles… C’est vraiment mieux que ce qu’on a l’habitude de voir mais vraiment pas transcendantal non plus, dommage !

  7. Dicky Moe

    La première partie sur Terre est vraiment réussie, c’est une fois dans l’espace que ça se gâte. A force de tout rationaliser, de multiplier les justifications scientifiques et les schémas explicatifs, Nolan sacrifie progressivement l’émotion au profit d’une sorte de légitimation forcée de son univers.

    Y a bien quelques belles images, mais elles ont au final assez peu d’impact, elles ne transportent pas comme ça aurait dû être le cas. Les héros ont beau visiter des paysages incroyables, ils ne sont jamais ébahis : rien n’est désigné comme sublime ou terrifiant, puisque c’est simplement scientifique.
    Je ferais aussi la comparaison avec Sunshine, mais dans l’autre sens (parce que moi j’ai bien aimé son final, même si j’avoue qu’il est assez « débridé ») : chez Boyle, y a une vraie confrontation aux forces cosmiques, y a quelque chose de mythologique, de vertigineux (même si c’est pas non plus 2001, on est d’accord). Au contraire, Interstellar est globalement d’une froideur clinique et ne déstabilise jamais vraiment.

    Trop occupé à insister sur ses cautions scientifiques et citer Kubrick à outrance, Nolan en oublie son fil rouge et ses personnages et n’évite plus les raccourcis et autres facilités, si bien que les différents twists perdent peu à peu de leur impact et deviennent de plus en plus prévisibles. Le caméo est effectivement un gros problème : on voit clairement venir le twist, et en plus il est très mal exécuté (comme dit plus haut, le montage alterné ruine en grande partie l’impact). Le perso d’Anne Hathaway est absolument transparent. Et je trouve un peu facile la manière dont il se débarrasse du premier scientifique, d’autant qu’y avait selon moi quelque chose à creuser dans sa rivalité avec Cooper.

    Bref, beaucoup de promesses et donc de nombreuses déceptions. C’est bien dommage, parce que le film dans son ensemble est loin d’être mauvais. La relation père-fille parvient par instant à émouvoir (la découverte des 20 ans de vidéo est déchirante), l’intrigue est prenante et quelques twists fonctionnent plutôt bien, et Hans Zimmer est largement plus inspiré que sur Man of Steel.

    Un film honnête, sans doute, mais qui fait le mauvais choix de parler au cerveau plutôt qu’aux tripes.

  8. Poivre

    Pour ma part, pas un mauvais Nolan mais pas un grand film non plus.

    Comme dit plus haut, tout le début sur Terre est effectivement plutôt réussi. Pour le coup le scénario entretient le flou sur l’origine de la catastrophe écologique et évite de surligner ce qui se passe à l’écran. Il y a même un vrai côté anxiogène qui se dégage avec ces tempêtes de poussières qui semblent venir de nulle part ou la remise en cause de l’exploration spatiale dans les livres d’Histoire.

    Mais après ça, des passages essentiels sont complètement foirés. Le décollage de la fusée est sacrément plat alors qu’on aurait voulu être carrément transporté dans un autre monde (le passage dans le Wormhole rattrape heureusement le coup); les exo-planètes ont autant de folie que les rêves dans Inception; le caméo nous fait retomber dans les pires clichés hollywoodiens; le climax est trop long et sur-explicatif.

    Toutefois Nolan arrive à nous livrer quelques séquences de haute volée. La scène où Cooper découvre bouleversé les années d’enregistrement de ses enfants nous tire les larmes en même temps qu’elle appuie avec beaucoup de justesse le concept de temps relatif.
    La scène d’amarrage forcée en rotation sur l’Endurance m’a collé quelques frissons et j’ai apprécié que l’épilogue se veuille assez évasif sur l’avenir de nos héros et de l’humanité en général.

    Et un truc qui m’a fait sourire, c’est la façon dont Nolan semblait empêtrer avec les robots tout le long du film. On sait que ceux-ci viennent du scénario original développé pour Spielberg où ils tenaient une place de choix. Étrangement, ils ont survécu aux multiples réécritures alors que leur utilité est plus que discutable dans cette version. Du coup il a tenté d’en faire un ressort comique, avec plus ou moins de réussite.

  9. J’ai pas trouvé l’épisode du caméo si inutile, dans le sens où il incarne bien la problématique Raison vs. Cœur, Prudence vs. Foi. Après en effet j’ai trouvé ça dommage de ressortir un truc à la Sunshine de facteurs humains alors qu’on visait le cosmique, mais ça se rattrape bien par la suite.

    PS : je ne comprendrai jamais ceux qui regardent Memento à l’endroit, alors que ça participe du principe-même du film ce montage. Et pourquoi pas The Artist en parlant ?

  10. Benj

    SPOILERS !

    Très bonne critique qui résume bien les qualités et les défauts du film même si pour moi le positif l’emporte assez largement, le film m’ayant, entre autre, fortement transporté d’un point de vue émotionnel (les 23 ans de message m’ont juste terrassé, tout comme le décollage de la fusée monté en parallèle sur les pleurs de la fille de Cooper).

    Par contre j’ai du mal à comprendre les griefs à l’encontre de tout le passage avec le « caméo » (qui avait bien fuité pendant la prod d’ailleurs).
    Ce passage reprend en effet le danger classique de l’Homme pour l’Homme (et après tout pourquoi pas ?) mais apporte également plusieurs choses :
    – une scène touchante de réveil/apparition du caméo
    – un questionnement de notre part (« qu’aurions-nous fait à sa place nous sachant condamné à mourrir seul sur une planète hostile à des milliards de km de la Terre ? »)
    – un suspense efficace lors du sauvetage de Cooper par Brand et Tars
    – et surtout il aboutit à une scène à couper le souffle : la poursuite puis l’amarrage du Lander sur l’Endurance en rotation (sur un super morceau de Zimmer)
    Par ailleurs le danger représenté par la nature sur les exo-planètes et dans l’espace est bien matérialisé par la planète précédente ou lors de la traversée du trou noir.

    En tous cas, quel plaisir de voir un blockbuster qui sort du tout venant actuel et de ces films pétés de thunes qui se ressemblent tous pour la plupart.
    Merci de l’avoir souligné 😉

  11. Benj

    J’ai retrouvé une news qui annonçait le caméo l’an dernier:

    http://www.empireonline.com/News/story.asp?nid=38574

  12. Moi

    « avec une notion de temporalité inédite »

    Pour faire mon chieur, il me semble avoir vu ça dans Gunbuster.

  13. Moi

    Le problème, je trouve, c’est que ça manque franchement d’ambition. Un peu comme le reste du film d’ailleurs.

    Avec un sujet pareil, on peut quand même faire mieux que ça…

    Bon, ça reste bien, hein, mais très décevant, pour ma part.

    • Moi

      Réponse à Benj. Saloperie de catcha!

  14. Benj

    Je comprends pas ton dernier message « Moi » !

    • Moi

      J’ai vouu répondre à ton commentaire, celui qui commence par « SPOILERS », mais j’ai pas renseigné la captcha, et au deuxième essai, le commentaire est pas allé au bon endroit.

  15. Je trouve le film dans la droite ligne de ces précédents , je savait ce que j ‘ allias voir en salle , nous ne sommes plus à l ‘ époque de Batman bégins , son iconographie , fans la droite ligne de Kubrick est tout sauf une surprise , il ne cherche pas à séduire , mais à proposé

  16. Moonchild

    Je manque sans doute d’un peu de recul mais j’aime à penser que c’est le meilleur film de Nolan, notamment parce qu’il livre une œuvre humaniste débarrassée de cette noirceur et de ce cynisme qui commençaient à ronger ses films.

    Et quand je parle d’humanisme, il ne s’agit pas de bonté, de bienveillance ou de bons sentiments (auxquels le terme est trop souvent associé, ce qui constitue un parfait faux sens) mais de replacer l’homme au centre du monde et de l’univers en tant que maître de son destin.

    Bien sûr, dans le film, un sorte de Deus ex machina est envisagé, mais c’est bien la main de l’homme qui triomphe dans la vision de Nolan.

    Du coup, je pense qu’Interstellar n’est absolument pas un film métaphysique (même s’il y quelques fausses pistes) mais bien une œuvre terre-à-terre qui en cherche une autre pour perpétuer l’espèce.

  17. Tous comme la noirceur et le cynisme sont purement humain .. que Nolan est était contaminé par la vision de l ‘ humanité , on ne met pas en scène du simili Year one et Dark knight returns ( au moins leur sous texte ) sans y perdre des plumes , mais Nolan est t il réellement métaphysique ou est ce la critique qui le vois ainsi ?

  18. jackmarcheur

    j’ai rien lu et j’irai voir le film au cinoche en esperant me prendre un baffe comme avec Gravity…

  19. En parlant de Gravity , le  » masque et la plume  » sur Inter à osé le comparé à Interstellar , sachant que le seul point commun ( en en spoilant rien ) sont des films spatiaux , dix minutes de facepalm ….

  20. Moonchild

    J’avais oublié lors de mon post précédent : pour ceux qui s’intéressent à la SF, aux voyages dans le temps, aux histoires d’amour et de famille (comme dans Interstellar), je conseille la dernière BD de Jeff Lemire, TRILLIUM, grande réussite sur tous les plans (ses efforts précédents, Essex County et Jack Joseph, étaient déjà très réussis).

Laissez un commentaire