L’ENFANT DU PARADIS

Attendu comme le messie par les possesseurs de Kinect pour son orientation franchement gamer, CHILD OF EDEN marque le retour de Tetsuya Mizuguchi, le créateur du très plébiscité REZ. Avec ce nouveau titre, Mizuguchi remet au goût du jour le concept d’origine de son précédent jeu, sorte de shoot’em up à la AFTERBURNER mêlé à un univers musical très prononcé. Mais ici, Kinect oblige, l’action devient très physique et c’est vos gros bras qui sont sollicités ! Levez le bras droit pour la première arme, le bras gauche pour l’arme secondaire et les deux pour l’arme ultime qui va nettoyer votre écran. Mais non, restez avec nous, ce n’est pas du casual !

La perte d’identité est une thématique très en vue dans la culture nippone (on songe notamment aux mangas comme TSUBASA : RESERVOIR CHRONICLE de Clamp par exemple) et il n’est pas étonnant que Mizuguchi s’en serve comme point de départ pour son nouveau jeu. Ici, tout commence par une introduction éthérée qui met en scène une jeune et jolie demoiselle au comportement insouciant. Soudain, elle perd l’ensemble de ses souvenirs, qui se dispersent aux quatre coins de la galaxie. Il s’agit pour le joueur de retrouver ces souvenirs, éparpillées sur différents mondes et qui forment le « projet Lumi ». Il faut donc endiguer le virus qui a provoqué cette catastrophe et l’enjeu est de taille, car en cas de réussite, il sera alors possible de reproduire une personnalité humaine au sein du paradis artificiel surnommé « Eden ». S’il est bien évidemment possible de jouer à CHILD OF EDEN au Pad (une réminiscence de REZ), c’est cependant à travers le capteur de mouvements de la XBox 360 que le joueur aura l’impression d’avoir son destin bien en main. Ici, il s’agit de se frayer un chemin à travers différents niveaux qui vont du style végétal à la mécanique futuriste en passant par l’indispensable monde sous-marin et ses fameuses baleines et autres raies manta, tout en dirigeant un curseur à l’écran directement avec la main dans le but de faire place nette. Pas de souci, ça répond bien, c’est réactif, la base s’acquiert rapidement et ce d’autant que la mécanique de jeu est bien rodée, avec deux armes de couleurs différentes, chacune affectant un certain type d’ennemis, obligeant le joueur à changer continuellement d’arme, donc de main. Malgré un univers très proche de son auteur, grand amateur de musique devant l’éternel (presque tous ses jeux en attestent, comme c’est encore le cas avec LUMINES), CHILD OF EDEN renvoie cependant aux principes du shoot’em up et aux codes couleurs d’un IKARUGA, la frénésie en moins rassurez-vous ! La première arme bleue permet de viser et « locker » les ennemis (à la façon d’un AFTERBURNER par exemple), pour ensuite déclencher le tir via une poussée du bras vers l’avant, l’idée étant évidemment de multiplier le combo, donc le score final, avec le nombre d’ennemis touchés. L’autre arme, dénommée « traceuse », envoie des tirs mauves en continu à un rythme très soutenu et permet de se protéger efficacement des projectiles lachés par les troupes adverses. Enfin, quand tout semble perdu, on accède à la bombe absolue en levant les deux bras au ciel en signe de reddition. Comme on peut le constater, même si l’enveloppe sensorielle proposée par CHILD OF EDEN est raisonnablement novatrice, ses mécanismes de jeu internes puisent clairement dans l’histoire du médium.

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D’ailleurs, soyons honnêtes, l’expérience proposée fait souvent penser à une ancienne démo technique, comme TINT de The Black Lotus de la grande époque Amiga, où l’on retrouve les mêmes effets meta-ball, tunnels et morphing, le tout synchronisé sur une musique à tendance techno. Mais la grande force de CHILD OF EDEN est de proposer un univers cohérent et même tenté par une certaine approche universelle, avec des graphismes et des effets de bonne facture, dont l’alliance influe sur le style sensoriel assez unique du jeu, et permettent de gommer le manque d’inspiration évident des ennemis : phénix, baleine, train, serpent mécanique, papillon, fusée et on en passe. Par défaut, le jeu est difficile par la nature même des niveaux et de leur conception : 15 minutes de jeu environ, et l’impossibilité de recommencer à un point de passage dès lors que la barre d’énergie est épuisée. Pas de vie supplémentaire donc, des ennemis strictement identiques d’une partie à l’autre ce qui force la répétitivité d’un titre par ailleurs composé de seulement cinq niveaux, soit environ une petite heure trente pour peu que le joueur décide de les faire tous à la suite. Mais même si la possibilité d’influer sur l’univers musical cher à Mizuguchi aurait permis de tempérer cette impression de répétition, il faut reconnaître que Q Entertainment et Ubisoft s’essayent à la vague actuelle de « Motion Gaming » en proposant quelque chose de plus inspiré qu’un énième UFC TRAINERKUNG-FU PANDA 2 et autres produits fainéants de la grande époque de la Wii. Vif, coloré et plutôt stimulant dans sa difficulté, CHILD OF EDEN s’apprécie comme on s’offre un carré de chocolat de temps à autre. À l’ancienne, mais c’est totalement assumé !

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1 Commentaire

  1. rââââh va vraiment falloir que je me le choppe celui-là (aussi) ^^!

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