LE KID DE LA PLAGE

Éblouis par notre affection pour le très attachant personnage principal et notre amour pour le premier film qui vient tout juste de fêter ses dix ans, nous attendions peut-être trop de BOB L’ÉPONGE – UN HÉROS SORT DE L’EAU. Ou peut-être que cette suite cinématographique ne nous en donne pas assez.

Comment trouver la bonne histoire, celle qui justifie une adaptation cinématographique lorsque la série animée dont elle est tirée est encore en activité ? LES SIMPSON se sont cassé les dents sur cette problématique, mais le premier film tiré de BOB L’ÉPONGE a su contourner le piège en tentant le récit initiatique selon les préceptes sous acides de la série (Un exemple ? Bob et Patrick portent des algues en forme de moustaches car ils sont persuadés de passer pour des adultes). Cumulant les scènes d’anthologie, de l’intro musicale des pirates qui se rendent au cinéma pour voir le film à l’overdose de glaces, en passant par l’apparition de David Hasselhoff (à une époque où c’était drôle), ce premier film ose même la mort et la résurrection de ses deux protagonistes principaux, dans une séquence à la fois touchante et hilarante. C’est un exploit que BOB L’ÉPONGE – UN HÉROS SORT DE L’EAU ne parvient jamais à réitérer, malgré plusieurs moments particulièrement savoureux. On pense notamment à une visite dégoulinante de guimauve dans le cerveau hyperactif de Bob – référence au SHINING de Stanley Kubrick à l’appui (voir la séquence ci-dessous) – comme à ces voyages spatio-temporels qui emmènent nos personnages à l’autre bout de l’univers, et d’autres passages encore, comme le « sugar rush » de Bob et Patrick à la plage.

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Le souci de cette suite tient cependant dans quelques problématiques d’écriture et de conceptualisation qui ne sont pas pleinement exploitées ou qui ne tiennent pas sur la distance d’un long-métrage. Même si le burger de crabe sert une énième fois de prétexte pour lancer l’aventure, BOB L’ÉPONGE – UN HÉROS SORT DE L’EAU tente de s’affranchir des habitudes de la série, en introduisant notamment dans l’intrigue un livre qu’il est possible de réécrire pour influer sur le déroulement de l’histoire. Ce qui aurait pu emmener cette suite encore plus loin dans les délires hallucinogènes sert finalement à la rendre plus conforme, notamment dans le dernier acte du film, quand les personnages sortent au grand jour et se servent du livre pour s’offrir des supers pouvoirs qui leur permettent de combattre le pirate « Steak Barbare » (interprété par Antonio Banderas). Ces passages en live et en images de synthèses sont pensés comme la matière cinématographique (donc inédite) de cette adaptation. Malheureusement, malgré quelques moments amusants, ils représentent surtout ce que le film propose de plus banal (un ride final dans les rues d’une station balnéaire), puisqu’ils évoluent sur la mode du moment. De plus, BOB L’ÉPONGE – UN HÉROS SORT DE L’EAU commet la cruciale erreur de séparer Bob et son acolyte Patrick pendant la plus grande partie du film, privant ainsi le récit de la dynamique comique du duo, certes éprouvée mais particulièrement naturelle. Il reste de très belles choses dans cette suite fidèle à l’esprit de la série (après 15 ans d’existence, ce serait le comble), mais rien qui ne justifie pleinement la mise en chantier d’un second long-métrage, puisque la plupart de ses moments de grâce (dont un rap final hallucinant) auraient très bien pu se trouver dans l’une des dernières saisons en date. Dommage, car dans BOB L’ÉPONGE – UN HÉROS SORT DE L’EAU, il ne manque finalement plus que la bonne histoire…

TITRE ORIGINAL The SpongeBob Movie : Sponge out of Water
RÉALISATION Paul Tibbitt & Mike Mitchell
SCÉNARIO Glenn Berger, Jonathan Aibel, Stephen Hillenburg & Paul Tibbitt
CHEF OPÉRATEUR Phil Meheux
MUSIQUE John Debney
PRODUCTION Paul Tibbitt & Mary Parent
AVEC Tom Kenny, Bill Fagerbakke, Clancy Brown, Mr. Lawrence, Caroline Lawrence, Antonio Banderas…
DURÉE 93 mn
DISTRIBUTEUR Paramount Pictures France
DATE DE SORTIE 18 Février 2015

1 Commentaire

  1. maxxx

    jai particulièrement ete decu par cette suite et ai ete vraiment choque par la publicite tres mensongere sur ce film, basant toute sa communication sur des personnages en 3D n’etant au final qu’une toute petite partie de l’histoire… Je n’ai pas ete personnellement gene par ca puisque je suis un amoureux de la bonne vieille 2d mais ca montre tout de meme l’actuelle mentalite d’hollywood, se sentant force de vendre son film comme un film 3d par peur que la 2d n’attire pas assez les foules….triste…

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