LE JOUR D’APRÈS

Si il y a des jeux que j’attends systématiquement comme un dingue, c’est bien chaque nouvelle itération de WORLD OF WARCRAFT. D’une part parce que ça doit bien faire plus de 6 ans que j’y joue (pas de manière continue, je vous rassure…), et d’autre par parce que la nouvelle extension CATACLYSM est sans aucun doute une date dans l’univers du jeu vidéo. J’en avais déjà parlé un peu parlé lors de notre bilan 2010, mais ça méritait bien quelques lignes supplémentaires, non ?

Contrairement à beaucoup de jeux, WORLD OF WARCRAFT propose un univers que l’on peut qualifier de « vivant », puisqu’on l’a vu évoluer au fil des années. Pas seulement en terme de contenu additionnel, mais aussi à travers le gameplay et l’histoire. En six ans, les développeurs ont effectivement eu le temps de gérer tous les défauts et d’améliorer leur poule aux œufs d’or. Mais ce sont surtout les joueurs qui ont fait de WORLD OF WARCRAFT ce qu’il est aujourd’hui, Blizzard restant à l’écoute de tous leurs commentaires via leur forum officiel. Il est donc assez facile de voir la différence de qualité entre le jeu de base et la première extension THE BURNING CRUSADE, puis de cette dernière avec WRATH OF THE LITCH KING, seconde extension en date. Chaque nouvel opus enterre ainsi un peu plus l’ancien contenu. La question qui se posait depuis était la suivante : comment attirer de nouveaux joueurs, sachant que faire progresser un nouveau personnage est devenu un enfer sans nom, du fait qu’une bonne partie du jeu semble furieusement daté ? Pour Blizzard, la réponse s’appelle CATACLYSM. Prenant pour point de départ le rafistolage à coups de plaque de métal d’un Dragon Aile-de-Mort par un culte pas très net, cette nouvelle extension permet aux développeurs de proposer un nouveau contenu pour les personnages de haut niveau, mais aussi et surtout de lancer une mise à jour massive du jeu de base. Et du changement, il y en a en pagaille, puisque le dragon, passablement énervé par une défaite passée, décide de revenir sur Azeroth et ravage tout sur son passage !

Image de prévisualisation YouTube

Difficile de passer tous les changements en revue, mais on compte, grosso modo, cinq nouveaux niveaux d’expérience pour les personnages (la barre passe désormais à 85), cinq nouvelles régions, sept nouveaux donjons, quelques nouveaux raids, un tout nouveau système d’expérience de guilde et un nouveau métier : l’archéologie, qui permettra de découvrir plein d’infos sur la culture et l’histoire de certaines races du jeu. Bref, de quoi s’occuper un bon moment. Mais c’est évidemment la refonte du vieux continent qui nous intéresse ici. La plupart des régions ont subi un lifting dans leur level design (si dégâts il y a eu), la gestion des quêtes est différente et surtout la narration est clairement mise en avant. Autrefois éparpillées de partout, les quêtes sont maintenant regroupées et suivent une logique propre à la région. Fini les trajets sans fin, puisque des montures terrestres ont été ajoutés (ils sont accessibles au niveau 20, contre 40 au tout début de WORLD OF WARCRAFT), et cette centralisation permet d’ailleurs le développement d’un scénario plus poussé et propre à la dite-région. Cette refonte narrative reste le changement le plus impressionnant de CATACLYSM, et les développeurs utilisent d’ailleurs deux outils apparus dans la précédente extension pour améliorer la construction scénaristique. Alors que l’intrigue passait auparavant par les textes des quêtes et les interactions avec les différents PNJ, le phasage permet ainsi au joueur de modifier l’environnement en fonction des actions accomplis par son personnage. Ensuite, la timide cinématique ingame expérimentale de WRATH OF LICH KING aura permis à Blizzard de tester ce principe de narration dans la logique en temps réel d’un MMORPG, au point que CATACLYSM en regorge désormais, pour les grands moments-clés du jeu. Cela devient un véritable plaisir de parcourir l’ancien monde et de suivre ces nouvelles histoires (ou les anciennes mises à jour). Le cataclysme devient la toile de fond du jeu, dont on découvre les conséquences petit à petit : suite aux dégâts occasionnés, la Horde et l’Alliance en ont aussi profités pour agrandir leur territoire, et des zones changent complètement de faction. La guerre fait donc rage, et l’une des zones marquantes est certainement celle des Tarides du sud, où l’Alliance a littéralement ravagé et pillé une ville de la Horde. L’amertume est d’ailleurs au rendez-vous, puisqu’on finit la zone en ayant été témoin d’un massacre en règle et en constatant que les généraux n’assument pas du tout leur acte. Plus loin encore, la zone des marches de l’ouest nous invite à enquêter sur le meurtre d’un fermier et son cheval pour découvrir par la suite tous les sans abris, les victimes des coûts prohibitifs de la guerre contre la Horde, qui se sont regroupés dans cette région. Le premier degré a donc sa place dans CATACLYSM, toile de fond oblige, mais le jeu n’oublie néanmoins toujours pas de se lâcher et de balancer des citations à tout va. En tête de liste des références incontournables, il y a un certain colonel Troteman qui va nous envoyer motiver un ancien soldat du nom de John J. Keeshan, que l’on découvre en train de faire des combats clandestins. C’est le début d’une longue série de quêtes dont l’une d’entre elles portera le titre « Ce n’est pas ma guerre » ! Besoin d’en dire plus pour saisir la référence ? Autre quête remarquée, celle concernant Harrison Jones, qui va nous faire suivre ici des aventures digne de son homologue cinématographique dans la région de Uldum : exploration de ruines, baston contre des méchants « allemands » et j’en passe…

Image de prévisualisation YouTube

CATACLYSM propose également deux nouvelles races jouables. La première, les Worgens de l’Alliance (des sortes de loup-garous), n’apporte pas grand-chose à l’univers du jeu. Par contre, les Gobelins dans la faction opposée, c’est tout autre chose, puisqu’ils changent littéralement le visage de la Horde en amenant leur technologie dans Azeroth, et surtout dans la capitale Orgrimmar qui n’a plus grand-chose à voir avec son ancienne mouture. De plus, ils apportent un peu d’humour à la Horde, qui en manquait cruellement. La Zone de départ des petits bonhommes verts est d’ailleurs absolument géniale. Kezan est une ville extrêmement polluée, par leurs usines et leurs routes, situé sur une île. Oui, oui, vous avez bien lu, les gobelins se déplacent dans leur bagnole sur des routes bitumées ! Et ils ont la radio s’il vous plait ! Vous allez donc pouvoir écraser des gens, organiser des fêtes, trouver des fringues classes, aller faire le taxi pour vos potes gob’, tuer ceux qui vous doivent de l’argent, cambrioler une banque… STOP ! Mais ça ne vous rappelle pas un certain GTA ? Comme toutes les bonnes choses ont une fin, leur île va être détruite par Aile-de-Mort et ils vont être interceptés par l’Alliance qui ne va pas leur faire de cadeau. Voilà comment justifier de manière ludique et intelligente le fait que ces gobelins vont rejoindre les rangs de la Horde. Ceci n’est bien sûr qu’un mince aperçu de toutes les richesses scénaristiques dont WORLD OF WARCRAFT regorge dorénavant. Alors certes, le jeu comporte encore de nombreux défauts, notamment dans certaines cinématiques ingame pas forcément bien réalisées ou bien intégrées. La fin de l’arc concernant Harrison Jones voit ainsi son rythme un peu cassé par trop de cinématiques, dont une sur deux sont totalement inutiles. Nouvel outil oblige, Blizzard en abuse un maximum mais nul ne doute qu’avec le temps, ils trouveront le juste milieu entre gameplay et narration. Voilà, ce n’est pas tous les jours qu’on voit l’un de ses jeux préférés se modifier pour toujours. Le pari était sacrément risqué et Blizzard l’a remporté haut la main. Vivement la suite (et DIABLO 3 au passage !), mais en attendant, je vais peut-être lâcher un peu la souris et reprendre le pad pour aller faire UNDEAD NIGHTMARE moi… Allez, pour finir en beauté, je vous laisse admirer la fendarde cinématique ingame concernant les Gobelins !

Image de prévisualisation YouTube

Pas encore de commentaire

Laissez un commentaire