LE HOBBIT : UNE IMAGERIE INATTENDUE

Reprenant, dans des conditions difficiles, les rênes d’un projet longtemps bloqué, Peter Jackson est parvenu à faire du HOBBIT une œuvre à la fois familière et sidérante, par des choix scéniques et technologiques diablement risqués qui invitent à un nouveau seuil d’expérience sensible.

Cette première partie, d’un texte qui en compte deux, portera exclusivement sur les choix visuels.

AVANT-PROPOS La décision d’attendre la sortie salle du HOBBIT avant de pouvoir en entamer l’analyse a, en partie, été motivée par la question du format HFR, le « fameux high frame rate » à 48 images par seconde. En effet, la projection de presse parisienne, qui s’est déroulée une semaine avant la sortie dans une salle pourtant adaptée à cette nouvelle fréquence d’images, s’est faite dans une 3D « normale », à 24 images/secondes. Il est tout à fait possible que ce choix ait été motivé par une méfiance vis-à-vis du caractère généralement réactionnaire de la critique parisienne. Le HFR avait déjà fait l’objet d’attaques assez dures de la part des exploitants américains ; il n’aurait pas manqué de rendre hystérique toute une presse française largement prédisposée à déboulonner cette statue de Peter Jackson que le public avait érigé sans son autorisation.

Image de prévisualisation YouTube

Toujours est-il qu’au bout d’à peine quelques minutes de projection, et devant la profusion de panoramiques et de travellings à raz du décor rendus flous par les effets de rémanence (en 24 images/secondes, le travelling plongeant qui préside à la découverte de la Pierre d’Arcane est tout bonnement illisible), il devenait évident que le HFR, loin, très loin d’être un simple effet d’annonce foraine, avait suffisamment libéré le metteur en scène et son chef-opérateur pour que ces derniers ne prennent plus les précautions d’usage imposées depuis 90 ans par le défilement du film. Au risque de jouer au spectateur élitiste, voir le film en HFR (et si possible en Dolby Atmos) devenait donc la seule vision possible, en tout cas la seule qui garantisse de « comprendre », grâce à l’expérience vécue, toute l’ambition et la spécificité d’un projet qu’on peut dès lors raisonnablement qualifier d’historique.

SOUVENIRS D’UN CHOC

Car cette question du format constitue bel et bien l’un des cœurs du projet. Tout d’abord, comme n’auront pas manqué de le notifier les contempteurs, le HFR est de prime abord ce qui garantit la nouveauté d’un spectacle filmique qui n’est, justement, plus nouveau. Car il était bien évident que l’effet de sidération provoqué en 2001 par la vision de LA COMMUNAUTÉ DE L’ANNEAU ne saurait être reproduit aujourd’hui par les mêmes moyens.

Rappelons que le public de 2001, après trois décennies de rares semi-réussites et d’immenses déceptions, n’avait jamais pu voir un univers d’Heroic Fantasy véritablement porté à l’écran avec la rigueur et la dévotion d’un cinéaste accompli, c’est-à-dire un univers incarné qui puisse ajouter les spécificités du cinéma (mouvement et découpage) aux deux médiums qui jusqu’alors assuraient la pérennité du genre : littérature et peinture. Empruntant à l’aisance formelle d’un BRAVEHEART ou d’un TREIZIÈME GUERRIER, et au respect académique de la source tel que le proposait un CONAN LE BARBARE, Peter Jackson avait tout loisir de déployer, en une série de scènes-clés (l’attaque du Balrog, la charge sur Helm’s Deep, Frodon offrant l’anneau au Nazgul, les feux du Gondor, l’attaque des Oliphants, etc.), trois décennies de visions nourries par les illustrations de Ted Nasmith, Alan Lee ou John Howe et rendues enfin possibles grâce à la maturation technologique et à la souplesse d’une nouvelle logistique de tournage (compositing de décors, maquettes, CGI, écrans verts, etc.). Le réalisateur considéra même un temps, toujours pour des raisons logistiques, que sa trilogie serait filmée en numérique haute définition afin d’assouplir le lourd traitement en post-production. Mais à l’époque, personne n’avait encore entrepris un long-métrage dans ce format (VIDOCQ et L’ATTAQUE DES CLONES ne sortiront que trois ans plus tard) et le nombre de défis, déjà trop importants pour le tournage néo-zélandais, milita en faveur du film traditionnel. Reste que le numérique fut tout de même un élément central dans l’esthétique du SEIGNEUR DES ANNEAUX, grâce aux multiples expérimentations électroniques tentées lors de l’étalonnage et qui permirent, entre autres, de mieux accorder les images de synthèse aux images live. Ceci contribua à privilégier de nouvelles teintes (vifs argent, bleus légèrement métallisés) ainsi que des effets lumineux jusque là peu usités qui eurent un impact tout à fait quantifiable sur le cinéma de la décennie, y compris hors des films dits « à effets spéciaux ».

UN CHOIX ARTISTIQUE

Sur le plan logistique, ce HOBBIT bénéficie donc d’une décennie d’expérience pour les équipes néo-zélandaises aguerries par une succession de projets insensés (KING KONG, AVATAR, TINTIN). Décennie qui aura vu advenir, entre autres choses, le perfectionnement de la prévisualisation et l’élan de la performance capture. L’inclusion et la conception d’une scène aussi démesurée, aussi enfantine dans sa démesure, que celle du combat entre les deux montagnes, semble être la conséquence attendue des nouveaux systèmes de prévisualisation sur des imaginaires de cinéastes autrefois bridés. Car Jackson avait déjà tenté cette idée, à une moindre échelle et avec une chorégraphie plus simple, dans la scène de l’escalier géant de la Moria. Il en va de même pour d’autres morceaux de bravoure du HOBBIT (le combat contre les trois trolls, l’arrivée au royaume des gobelins, la fuite au pas de course ininterrompu) dont on réalisera que leurs choix scéniques, et surtout la complexité de leurs interactions, penchent plutôt du côté de KING KONG ou de TINTIN que de la trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX.

Le choix de la 3D et du HFR (suggéré par le travail de développement de James Cameron pour sa saga AVATAR) devient donc un choix plus artistique que marketing dès lors qu’il vise à atteindre le type d’effet de sidération qu’avait eu en son temps le prologue de LA COMMUNAUTÉ DE L’ANNEAU.

Ici, le prologue sur l’histoire du Royaume perdu des nains d’Erebor joue ainsi sur un effet de reconnaissance visuelle, de correspondance avec la première trilogie, bref de retrouvailles confortables pour le spectateur : l’architecture rappelle celle de la Moria ; les teintes argentiques de la pierre d’Arcane rappellent celle du Mithril ; le plan sur Thorin se détournant du spectacle de l’avidité de son roi équivaut à celui d’Isildur se détournant d’Elrond ; les flammes du dragon Smaug renvoient à la fournaise du Mont du Destin ; le travelling arrière surplombant l’exil du peuple nain est de même nature que celui qui nous présentait le Marais des morts, etc. Mais ces retrouvailles sont d’une certaine façon contrariées par la sidération « hyper-réelle » du HFR et de la 3D qui offrent un volume, une stabilité paradoxalement déstabilisante de l’image, sur des plans que l’on voudrait être des plans d’effets spéciaux et qui deviennent ici… autre chose.

CONVENTIONS

Si tant d’efforts sont déployés dans ces toutes premières minutes pour rassurer visuellement le spectateur (qui sera de toute façon suffisamment subjugué pour ne même pas griller le caméo du réalisateur déguisé en nain) c’est que la suite va nous mener à un événement majeur et suffisamment risqué pour rompre le contrat tacite entre le conteur et son public. En effet, l’arrivée dans la Comté et la présentation de Bilbon et de Frodon cumule tous les faux artefacts que ce nouveau format est susceptible de générer : impression sensible d’un effet vidéo, impression de décors et costumes sortis d’une dramatique de la BBC, impression d’accélérations subites des comédiens, etc. En réalité, toute la gêne cumulée à cet instant du film provient d’une série de mensonges (oui, oui, de mensonges !) que le cerveau renvoie au spectateur. Face à un décor aussi familier et des plans aussi simples, éclairés de façon diffuse, le cerveau est en effet tenté de résoudre « l’anomalie » du HFR en allant chercher dans sa somme d’expérience visuelle préalable. Considérant, par exemple, que le geste du comédien manque de flou par rapport à ce qu’il devrait être habituellement dans un film, le cerveau déduit qu’il a manqué une ou plusieurs informations et il renvoie donc l’idée d’une accélération subite du geste. Le geste du comédien est naturel ; le cerveau le rend artificiel. Considérant le manque de rémanence, qui est aussi celui du format vidéo et de ses images entrelacées, le cerveau considère que l’image du HOBBIT (d’une définition et d’une stabilité qui n’a évidemment rien à voir avec la vidéo) est la même que celle de vieux dramatiques TV ou de telenovelas. Et c’est bien évidemment faux. En bref, ces quelques minutes, qui devraient être les plus familières du métrage (Ian Holm, Elijah Wood, La Comté) sont peut-être les plus violentes en ce qu’elles détruisent à la fois les conventions et les attentes du public. Mais elles sont également la condition de ce qui va suivre.

TOUR DE FORCE

Car dès l’arrivée du premier nain, Dwalin, Peter Jackson va initier un début de chorégraphie qui génère un dialogue de plus en plus complexe à l’image. Un nain, puis deux nains, puis quatre nains, puis plein de nains, face à un Bilbon qui est d’abord isolé dans son cadre, puis en simple champ/contre-champ, puis pris en sandwich entre deux interactions, jusqu’à ce que sa silhouette ne devienne qu’un élément de raccord visuel entre de multiples nains qui communiquent entre eux d’un bout à l’autre du champ. Le déploiement de ce tourbillon scénique et chorégraphique détruit le confort du trou de hobbit (son univers conventionnel) aussi sûrement que le HFR est en train de détruire le confort conventionnel du spectateur. Et pour prouver cette intention, le personnage de Gandalf va tenter de rassurer Bilbon en l’invitant à lâcher prise (« ils sont plutôt agréables une fois qu’on apprend à les connaître »), ce qui sera le prélude d’une grande scène chorégraphique et musicale où les nains s’envoient d’une pièce à l’autre des couverts et de la vaisselle, soit très précisément le type même d’objets et de mouvement que le film traditionnel, à 24 images/secondes, est incapable de capturer de manière satisfaisante.

Image de prévisualisation YouTube

Toute cette séquence d’arrivée des nains chez Bilbon est un tour de force en ce qu’elle parvient à ménager les craintes et réticences du public, en les assimilant à celle du personnage principal, tout en nous présentant d’une façon remarquable pas moins de neuf personnages en à peine quelques minutes. Des personnages distincts dans leur physique, leur gestuelle, le jeu des comédiens qui les incarnent et même la façon avec laquelle ils sont filmés (en légère contre-plongée pour Fili et Kili, en retrait et coupés à la taille pour Bombur ou Ori, avec insistance sur les profils de Dwalin et Balin, etc.). En nous permettant de différencier aussi aisément les nains, alors que Tolkien ne le faisait presque pas, Peter Jackson déplace notre gêne initiale (visuelle) vers une progressive acceptation de la suspension d’incrédulité. Alors qu’il regardait Bilbon et Frodon avec défiance, voyant des comédiens dans un décor, le spectateur est normalement acquis à la fiction lorsqu’apparaît enfin Thorin, aussitôt vu comme un personnage.

VERS LE CONTE

En théorie, le départ précipité de la Comté (en un plan, étonnant par sa brutalité, de Bilbon fonçant vers la caméra) marque l’instant où l’aventure débute et où le spectateur renoue son contrat avec le conteur. Ceci va autoriser le cinéaste à opérer des ruptures de ton et de visuel qui sont nécessaires à l’élaboration de son vaste univers filmique (celui qui va se révéler progressivement sur trois films) tout en nous éloignant du caractère héroïque-mythologique du SEIGNEUR DES ANNEAUX pour rentrer plus avant dans le monde du conte enfantin. Ainsi, le personnage du magicien Radagast est-il celui par lequel nous est rappelé l’influence manifeste de Guillermo Del Toro, qui développa pendant près de deux ans le projet. Outre la fiente d’oiseau séchée qui lui recouvre une partie du visage et le type d’insecte qui lui sort de la bouche (rappelez-vous du guide d’Ophelia dans LE LABYRINTHE DE PAN, sortant de la bouche d’une statue), Radagast est également celui qui nous introduit auprès des futures arachnides de la forêt de Mirkwood ainsi qu’auprès du Nécromancien, émanation du futur Sauron. Ses accessoires et son décor de vie sont ce qui nous fait rentrer de plein pied dans l’univers du conte pour enfants (porc-épic, traîneau de lapins géants) et qui nous rappelle d’ailleurs les raisons pour lesquelles Jackson avait décidé d’effacer Tom Bombadil de son adaptation de LA COMMUNAUTE DE L’ANNEAU. Par contraste, l’aventure personnelle de Radagast est ce qui nous mène le plus sûrement vers les zones occultes et effrayantes que l’on devrait traverser dans les films suivants.

À l’inverse, le flashback qui jette les bases du personnage de Thorin est l’appel le plus évident vers LE SEIGNEUR DES ANNEAUX (la même palette de contrastes violents et terreux que celle des combats contre les Huruk-hai), souvenir visuel qui nous renvoie pourtant lui aussi à l’univers du conte lorsque, à la fin du flashback, un plan saisissant nous ramène aux nains, regroupés à l’image pour rendre hommage à celui qu’ils savent être leur roi, à la faveur d’une pleine lune bleutée compensée par un feu de camp orangé.

SLAPSTICK

Toute l’expérience acquise par les artistes de Weta sur AVATAR (qui, rappelons-le, fut conçu pour l’IMAX avec une profondeur de détails qui couvrait jusqu’à 2 kilomètres dans le champ !) offre aujourd’hui au cinéaste l’opportunité de s’attarder sans crainte sur ses créations numériques. Ceci vaut bien évidemment pour les trolls et les gobelins, qui nous font profiter des moindres frémissements de leur peau, de leur texture, et de la gestuelle des acteurs perf-capturés. Mais cela vaut également pour les décors, depuis que les fameuses maquettes géantes (les « gigatures ») ont cédé le pas à des créations numériques. Le royaume des gobelins sous la montagne profite à la fois de ce luxe virtuel (possibilité de glisser la caméra à n’importe quel endroit et frôler les moindres recoins) et du luxe de détail visible et distinct que permet le HFR allié à la 3D. Ainsi, le système de compositing savant des DEUX TOURS et du RETOUR DU ROI avait permis à Jackson d’invoquer à plus d’une reprise l’imagerie insensée et très religieuse des chefs-d’œuvre muets de Cecil B. De Mille, Giovanni Pastrone ou Fred Niblo. Aujourd’hui, la stabilité et la précision du HFR lui permettent d’invoquer dans LE HOBBIT toute l’excitation mécanique et physique de Buster Keaton, Chaplin et Harold Lloyd, en l’augmentant d’une lisibilité accrue, une sorte d’hyper-lisibilité.

Image de prévisualisation YouTube

Ceci est manifeste dans la course démente de ses héros à travers la cité souterraine à l’architecture infernale, où Peter Jackson développe un jeu complexe d’enchaînements et de dominos qui nous rappelle le goût du slapstick déjà manifesté par le réalisateur de BRAINDEAD, FORGOTTEN SILVER et KING KONG. Encore une fois, une telle séquence fourmillant de détails ludiques n’aurait tout simplement pas été concevable sans un système de prévisualisation élaboré et sans la garantie que le spectateur ne se perde pas dans ce maelström de détails et d’enchaînements d’actions. Toute l’excitation ludique de THE HOBBIT, tout le caractère sidérant de ses moments les plus spectaculaires, est la consécration de la maturation du cinéaste et de ses équipes, déterminés à nous mener vers un nouveau seuil d’expérience sensible et cinégénique dont LE SEIGNEUR DES ANNEAUX pourrait devenir, a posteriori, l’introduction.

À suivre, LE HOBBIT : UN RÉCIT INATTENDU

Cette deuxième partie portera sur les éléments du récit, la façon de resserrer les liens avec la première trilogie, les trahisons nécessaires des écrits de Tolkien et… la question juive.

TITRE ORIGINAL The Hobbit : An Unexpected Journey
RÉALISATION Peter Jackson
SCÉNARIO Peter Jackson, Philippa Boyens, Fran Walsh & Guillermo del Toro
CHEF OPÉRATEUR Andrew Lesnie
MUSIQUE Howard Shore
PRODUCTION Carolynne Cunningham, Peter Jackson, Fran Walsh & Zane Weiner
AVEC Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Ken Stott, Stephen Hunter, Andy Serkis…
DURÉE 169 mn
DISTRIBUTEUR Warner Bros France.
DATE DE SORTIE 12 décembre 2012.

16 Commentaires

  1. Nikolai

    Rafik a toujours ce don d’exagération dans ses critiques quand il aime, ou quand il est emprunt d’un certain fanboyisme aigu (parfois légitime mais quand même, ça manque de recul).

    « vers un nouveau seuil d’expérience sensible et cinégénique dont LE SEIGNEUR DES ANNEAUX pourrait devenir, a posteriori, l’introduction. »

    Je veux bien que le HFR soit une technologie fascinante, mais il ne faut pas non plus délirer. Comme la 3D c’est encore loin d’être au point, et c’est trop bardé de problèmes pour qu’on puisse parler encore limite de « révolution-dans-la-manière-de-regarder-un-film ». Effectivement au début c’est déstabilisant, l’oeil doit s’habituer pour évacuer cette sensation d’artificialité permanente qui gêne comme si on était limite devant « Benny hill » (on dirait que les personnages sont constamment pressés)… Mais après on arrive à s’y faire, et on savoure effectivement cette sensation « d’hyper-réalité », bourré de détails surtout dans les grands travellings.
    Mais quand bien même, question d’habitude ou pas, on a plus l’impression d’être devant le making of du film que devant un vrai film de cinéma.
    Ça renforce trop les artifices, le carton pâte global surtout dans ce genre de films où c’est bourré de CGI. Et je pense pas que ce soit le formatage absolu du 24 i/s qui donne cette impression globale de fake. Kif kif en gros. Par contre ça sert indéniablement la 3D (profondeur de champ incroyable), faut le reconnaître. Je suis pour concernant la 3D. Mais faudra encore attendre un peu pour qu’on puisse réellement s’extasier dessus.

    « Toute cette séquence d’arrivée des nains chez Bilbon est un tour de force en ce qu’elle parvient à ménager les craintes et réticences du public, en les assimilant à celle du personnage principal, tout en nous présentant d’une façon remarquable pas moins de neuf personnages en à peine quelques minutes. »

    Là par contre c’est une blague. Les nains ont tous des personnalités interchangeables. Si pour vous des mimiques débiles ou un personnage qui louche plus tard (Radagast) est une preuve d’une caractérisation brillante d’un personnage, moi je trouve ça très LÉGER. A part Thorin, ils n’existent jamais les nains (comme le reste des personnages dans le fond), c’est juste des Pokemon, et encore ils ont souvent plus de personnalité ou de charisme les Pokemon.
    A sa décharge pas facile en terme d’écriture de créer autant de personnages intéressants rapidement. Mais là à part Thorin on s’en balance de la troupe. Même de Bilbo qui même si Freeman est un bon acteur, ne fait jamais exister son personnage. Du moins pas autant que Ian Holm qui donnait à son rôle bien plus de matière.

    J’attends la suite de la critique pour parler plus en profondeur du film. Mais moi qui adore pourtant Tolkien et le SDA, je suis assez déçu.
    Une impression de redite de la trilogie précédente en moins bon. Qui essaye à la fois de se démarquer du SDA (ton plus léger, ambiances qui diffèrent) tout en refaisant la même chose (mêmes plans, mêmes scènes limites remakées, même structure, même ampleur) sans jamais avoir la flamme. Qui étire sans cesse toutes les scènes parfois inutilement pour justifier sa longueur, où tout est un peu creux et sans âme (à l’image du conseil d’Elrond d’une platitude extrême où les enjeux ont du mal à se mettre en place). Christopher Lee on dirait qu’il va mourir sur place quand il récite son texte. Limite morbide.

    Del Toro aurait dû le réaliser. Il aurait conservé l’esprit tout en apportant vraiment un énorme plus à cet univers grâce à une vraie patte. Là Peter Jackson a constamment l’angoisse de paraître trop petit, il gonfle tout, sa mise en scène n’est plus que tics recyclés (à l’imagine d’un Burton récent), où plus rien ne surprend. Je sens pas les vrais choix d’adaptation comme dans le SDA pour que justement la structure donne une impression qu’on soit propulser dans une aventure. La sauce ne prend pas, faire 3 films sur un petit livre comme The Hobbit, c’est pas pour moi une idée brillante, et ça se sent tout le long.
    On ne peut pas refaire le SDA avec un matériau aussi léger que The Hobbit. Grosse mauvaise idée. La narration en pâtit énormément. Hélas.

  2. Alex

    Il n’adapte pas que le Hobbit mais prend aussi pas mal de choses d’autres écrits de Tolkien pour pouvoir « tenir » sur 3 films et faire la liaison avec SDA…

    Ensuite pour le HFR ça reste ton avis… Personnellement j’ai mis quelques minutes pour m’y habituer mais après j’étais dedans… J’avais jamais vécu ça au cinéma, c’est comme si j’étais avec eux, dans leur univers, qu’il n’y avait plus d’écran… Mais là encore ce n’est que mon avis…

  3. Tirry

    Perso, je ne l’ai pas vu en HFR. Mais le relief en 24i/s était parfait. Après Avatar, c’est la deuxième réelle plus grosse claque en relief. C’est certain. Je vous rassure la scène de poursuite dans la cité souterraine était effectivement extraordinaire même en 24i/s. Même si j’entend bien les critiques du HFR… je suis malgré tout confiant. Et j’aimerai beaucoup le revoir dans ce format. J’aime bien l’idée d’hyper-réalisme. Cela ajoute une patine et donc un choix artistique en plus pour les cinéastes. Mais à l’heure, où le public ne sait plus lire une image, ni la placer dans son contexte. J’ai bien peur que toutes ces techniques passent (du moins pour la majorité du public) pour des caprices de cinéastes.

  4. Un fanboy

    « Ça renforce trop les artifices, le carton pâte global surtout dans ce genre de films où c’est bourré de CGI. »

    C’est donc bourré de carton pâte en CGI ?

    • Nikolai

      J’ai mal fait la transition dans ma phrase. Les effets spéciaux numériques parfois dégueulasses dans les décors en carton pâte (suffit de voir la chute de Freeman quand il tombe sur les champignons en plastoc, bof bof).

  5. Nikolai

    Attention je ne rejette pas le HFR, je dis juste que c’est encore loin d’être parfait pour qu’on puisse de suite parler de révolution.
    Moi aussi j’étais dedans (j’avais oublié à force au bout de 2h), mais ça change pas la donne au final. On a plus l’impression d’être sur le plateau du film que dans le film. C’est très particulier, surtout que ça accentue les défauts quand la technique est très loin d’être au poil (comme la poursuite nulle à chier de Radagast avec le traîneau et ses incrustations grossières)

  6. Io

    La différence entre le journalisme et l’éditorialisme ?

    La même que celle qui existe entre le recueil, l’ordonnance et l’analyse des informations pour les rendre lisibles ; et l’approche qui consiste à mettre en avant une lecture spécifique d’un évènement au nom de convictions, de sentiments et d’analyses subjectives (ou reflétant la ligne de son journal, ce qui en revient souvent au même), qui en l’occurrence n’ont pas aidé à mieux saisir la petit révolution initiée par Peter Jackson.

    Un grand Merci à Rafik Djoumi pour cette leçon de journalisme, donc.

  7. Merci Rafik pour cette première partie !

    « Une expérience sensible et cinégénique » voilà tout est dit

    Merci monsieur !

  8. Slyshot

    Je ne parlerai que de la technique du film cette nouvelle technologie qu’on nous vend tous le HFR !
    Et bien c’est décevant !!
    J’aime la technologie quand elle amène un plus et là… !
    Oui merci Peter Jackson pour ne pas avoir eu mal à la tête lors de la projection en 3D ça c’est le vrai plus!
    Mais le « RENDU VIDEO » quelle horreur !!!!
    Sans parler des accélérer… J’aime la technologie mais pour qu’elle vous fasse oublier l’histoire parce que c’est mauvais là je dis non !
    Franchement, on vous dit c’est nouveau, c’est super et c’est génial, mais le résultat c’est que j’ai eu l’impression de voir un téléfilm sur M6 !
    Où est la magie ?! Alors parce que c’est nouveau on doit aimer comme pour la nouvelle sortie d’un iphone ?! Sinon on est « Out »… Et bien là je dis Stop ! ça marche pas !
    La Red est une très bonne caméra, on n’en doute pas mais le procédé n’est pas au point !
    Mais bon faut bien que quelqu’un essuie les plâtres pour les autres…

  9. Ben sur Panam

    Je n’ai jamais eu l’impression de voir un téléfilm ; la surprise des premières minutes passées, on oublie totalement cette technologie et le confort de vision est très appréciable.
    Je pense que le problème soulevé par certains, qui n’en est pas un, est que le fait d’avoir une image en mouvement plus nette permet de mieux distinguer les « défauts » du film (des costumes, des décors, des CGI,…).
    A mon avis, il est préférable de critiquer l’insuffisance des décors, CGI, etc… plutôt que de renoncer au 48 i/s.
    Revoyez Star Wars sur une VHS et une petite télé, vous verrez nettement moins les imperfections croyez moi…
    Excellente critique sinon, merci monsieur Djoumi.

  10. koff machine

    Comme le dit le chef op du film, le problème, surtout, c’est que les projos sont mal réglées dans 80% des salles de cinéma… et que eux n’y peuvent rien.

    Sinon ton article, rafik, il est franchement poussif. Le film a des qualités, mais il est aussi écrasé par ses défauts. Encore une fois, et je suis pas le seul à vous le reprocher, vous acceptez tout d’un cinéaste à partir du moment où il entre dans votre cercle d’élus. Et c’est dommage, parce que vous avez plein de choses à dire, mais bon, là… Lovely Bones, The Hobbit, King Kong, des immenses chefs d’oeuvres révolutionnaires ? Enfin bon z’avez le droit de le penser.
    J’y vais mollo sinon on va m’accuser d’être un troll…

    • Rafik DJOUMI

      koff machine :

      Oui, je reconnais humblement le fait que J’ADORE le cinéma de Peter Jackson et que je préfère habituellement réserver l’espace de mes textes à évoquer tout ce qui m’intéresse et me fascine dans ses oeuvres plutôt que m’attarder sur les (très rares) babioles qui pourraient m’incommoder. C’est un choix rédactionnel que j’assume.

      Oui, j’ai chialé comme une petite orpheline aux trois projections-salle de King Kong. Oui j’estime que King Kong ou Lovely Bones ont été largement incompris voire même niés dans leurs ambitions formelles ou thématiques. Et oui, les deux visions successives de The Hobbit en HFR m’ont réservé des moments de pure sidération. Et je fais le choix de m’attarder sur ces aspects plutôt que de me forcer à faire le décompte des bons et des mauvais points. Je parle d’un film, pas du dernier amplificateur Onkyo.

      Cependant, ce que je trouve intéressant dans la phrase « vous acceptez tout d’un cinéaste à partir du moment où il entre dans votre cercle d’élus », car tu es loin d’être le premier à nous transmettre ce genre de constatation, c’est qu’elle s’annule d’elle-même dans les réactions souvent violentes qui ont accueilli toutes les fois où nous n’avons justement « plus accepté certaines choses de cinéastes qui faisaient partie de notre cercle d’élus ». Et là je ne parle pas que de moi mais aussi de mes collègues de Capture Mag.
      Il est des cinéastes tels que George Lucas, Ridley Scott, Tim Burton et bien d’autres qui ont autrefois fait partie de notre cercle d’élus. Et dès l’instant où nous avons commencé à refuser leurs propositions et à questionner leurs démarches, nous avons du, chacun à notre tour, essuyer un feu impressionnant d’accusations diverses (mauvaise foi, aveuglement, fanboyisme, intolérance, rigidité, passéisme etc.)

      Aussi il ne fait aucun doute que si, par malheur, Peter Jackson venait à nous décevoir et que nous le disions haut et fort, nous serions immédiatement accusés d’être partie prenante et de mauvaise foi.
      En attendant, il fait partie de nos idoles et nous ne voyons donc aucun problème à l’acclamer sans aucune tiédeur.

      • koff machine

        Non mais c’est aussi ça que j’aime bien chez vous, cela va sans dire. Vous avez toujours défendu corps et âme certains films et réals contre la mollesse critique générale (car c’est plus de la mollesse que du bien pensant selon moi), et c’est tout à votre honneur, ça prouve qu’il y a encore de la vraie passion dans votre petit coeur critique.
        Si je vous le reproche, c’est pas parce que je suis tiède : je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis sur les babioles ; ainsi je trouve qu’AVATAR a myriade de défauts (certains trucs new age par exemple) seulement le film est tellement écrasant que je m’en tape. Simplement si j’aime King Kong, Lovely Bones et The Hobbit, je ne les aime pas non suffisamment pour en oublier les défauts.
        Désolé pour ce poste très fade, c’était juste pour éclaircir mon point de vue. Et bien entendu, je vous reproche de défendre absolument ces types et en même temps c’est ce qui fait tout votre sel. Donc oui tu as raison ma phrase s’annule d’elle-même…

      • Nikolai

        Le problème c’est qu’on est souvent dans un absolutisme qui est indéniablement gênant, quand ce sont des films qui sont en plus très loin d’êtres parfaits (et j’adore vraiment le SDA et la plupart des Jackson à part Lovely Bones qui LUI est un film assez insupportable). Des films écrasés par des lourdeurs ou des tics qui annihilent selon des sensibilités une certaine magie.

        The Hobbit est loin d’être un mauvais film, mais c’est un film qui souffre forcément de la comparaison avec la trilogie précédente, et qui est indéniablement inférieure sur de nombreux points. Je ne vois pas ce que le film apporte de plus à la trilogie précédente en terme de mise en scène, ou en quoi Jackson transcende quelque chose avec The Hobbit. Tout est moins bon (car en plus tout se ressemble).
        Il recycle seulement. Et quand il essaye d’apporter quelque chose de différent, il rate le coche (Radagast notamment, c’est grotesque et mal venu).
        Sa façon de concilier un ton enfantin et une ampleur un peu « sombre » façon de SDA ne fonctionne jamais. La sauce ne prend pas.
        C’est bien que ça fonctionne chez certains, mais ne pas reconnaître une narration laborieuse ou des personnages pour la plupart inexistants à l’écriture souvent catastrophique. Moi ça me dépasse.

  11. David bergeyron

    Moi je suis d’accord avec nikolai, Rafik a toujours ce don d’exagération dans ses critiques quand il aime. La preuve, il parle de porc-épics alors que ce ne sont que de tout petits hérissons 😉

  12. Fest

    Vu en 3D HFR et j’ai pris un pied total ! La stabilité de l’image lors de certains mouvements de caméra et la définition de l’image sont tout bonnement ahurissantes. Et je dois faire partie des chanceux car je n’ai pas eu droit aux fameux effets d’accéléré.

Laissez un commentaire