LE HOBBIT : UN RÉCIT INATTENDU

Alors que LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, longtemps jugé inadaptable en scénario, fut adapté avec un brio qui subjugue encore, LE HOBBIT, considéré comme plus facile à transposer, s’est révélé une toute autre forme de casse-tête pour ses scénaristes. En voici quelques exemples.

Dès l’instant où il fut décidé que Wingnut Films se lancerait dans le projet d’adaptation du HOBBIT, Philippa Boyens, Fran Walsh, Guillermo Del Toro et Peter Jackson savaient qu’ils se heurteraient à un obstacle de taille ; en l’occurrence, le fait qu’ils adaptaient le livre de JRR Tolkien BILBON LE HOBBIT, « simple » conte enfantin publié en 1937 et dans lequel son auteur dévoilait les prémisses, juste les prémisses, d’un univers qu’il ne révèlerait que vingt ans plus tard dans son volumineux SEIGNEUR DES ANNEAUX.

Ayant déjà présenté au public international l’étendue de la Terre du Milieu, avec ses clans, sa mythologie, ses coutumes, ses langages, au travers d’une saga filmique de plus de 12 heures, l’équipe néo-zélandaise ne pouvait évidemment miser sur l’esprit de découverte ludique qui était à l’origine l’un des grands moteurs du roman LE HOBBIT. Une adaptation littérale n’aurait donc fait que réduire cet espace imaginaire déployé sur LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. Le choix originel de se tourner vers le réalisateur Guillermo Del Toro afin de donner corps et âme à cette adaptation du HOBBIT était, en partie, un effet d’annonce visant à prévenir le public qu’il devrait s’attendre à un tout autre film, non pas tant la « suite » du SEIGNEUR DES ANNEAUX mais plutôt un conte fantastique par le créateur du LABYRINTHE DE PAN. Les complications financières de la MGM, et la nécessité pour Del Toro de quitter subitement le navire après deux ans de préparation, en ont décidé autrement.

En revenant à la barre, Peter Jackson, Mr « SDA » en personne, se rendait de fait responsable d’une « préquelle » aux yeux de sa future audience et n’avait plus d’autre choix que de rehausser l’intrigue du HOBBIT à la hauteur de la trilogie passée.

APPENDICES

Par chance, Tolkien lui-même était passé par là. En rédigeant son SEIGNEUR DES ANNEAUX, et tout en continuant le développement de sa « Bible » de la Terre du Milieu LE SILMARILLON, le vénérable professeur d’Oxford avait eu tout le loisir d’être agacé, voire obsédé, par les multiples anomalies et incohérences que son roman LE HOBBIT imposait au reste de son architecture ; tel une charmante cabane en bois qui deviendrait soudain mal assortie au Palais que l’on a entrepris de construire dans son voisinage. Les six appendices rajoutés à la fin des ouvrages du SEIGNEUR DES ANNEAUX (et notamment l’appendice A, consacré en partie aux Nains du Peuple de Durin) avaient vocation à réparer ces problèmes. De leur côté LES CONTES ET LÉGENDES INACHEVÉS (publiés en 1980 à titre posthume) présentaient à travers le récit de « L’expédition d’Erebor » (rédigé en 1954) toutes les motivations qu’avait eu Gandalf à organiser cette aventure avec Bilbon et les treize nains, en les raccordant étroitement au retour de Sauron. Enfin Tolkien parvint au tout début des années 50, à faire modifier un chapitre entier de BILBON LE HOBBIT, « Enigmes dans l’obscurité », qui voyait la fameuse rencontre entre Bilbon et Gollum et le vol de l’anneau. Rares sont ceux qui, aujourd’hui, disposent des toutes premières éditions dans lesquelles Gollum a un profil radicalement différent (il n’est même plus un ancien hobbit) et se comporte de façon bien plus honorable que Bilbon.

À REBOURS

Ces multiples arrangements et corrections du récit ont donc servi de base à l’équipe de scénaristes. Philippa Boyens, l’érudite tolkiendil qui, en 1997, avait rejoint le projet d’adaptation pour une quinzaine de jours avant d’en devenir la caution morale, fait ainsi remarquer que le caractère très épisodique du roman d’origine (littéralement deux lignes consacrées aux géants de pierre, par exemple) nécessitait un rallongement des péripéties et leur inclusion dans un ensemble plus vaste, à savoir la mythologie de la Terre du Milieu dont l’essentiel du public connaît dorénavant les enjeux majeurs. C’est donc une écriture à rebours qui a présidé à la création du HOBBIT afin d’en rendre tous les éléments signifiants pour l’avenir du récit (un peu ce que George Lucas n’aura pas fait sur sa prélogie STAR WARS). Dès lors, chaque épisode, imaginé innocemment par Tolkien pour avant tout distraire ses enfants le soir, se pose en amorce d’une toile qui se déroule plus logiquement vers les évènements du SEIGNEUR DES ANNEAUX. Par exemple, la rencontre avec les trois trolls gourmets n’est plus une simple péripétie mais l’annonce, pour Gandalf, d’une anomalie inquiétante pour l’ordre de la Terre du Milieu. Dans cette optique, l’inclusion en détail du Conseil Blanc, où sont regroupés Galadriel, Elrond, Gandalf et Saroumane, comporte un maximum d’éléments des CONTES ET LÉGENDES INACHEVÉS, au risque d’un ralentissement certain du rythme de l’œuvre et d’un déséquilibre de sa structure héroïque.

GANDALF THE MOVIE

En effet, durant quelques bonnes minutes, ce Conseil, qui coupe le film en deux, évacue également les présences de Bilbon et des Nains, et impose Gandalf au premier plan. Or le Sorcier gris, qui apparaissait déjà comme l’initiateur de l’aventure et l’organisateur des évènements, devient également le témoin actif des enjeux majeurs (il est celui qui sait qu’Azog l’orc blanc est toujours vivant ; celui qui devine le réveil de Sauron à la forteresse de Dol Guldur) et celui qui résout les conflits, en tuant les trois trolls, en attaquant par surprise le Roi des gobelins, en faisant intervenir les Grands Aigles. Il s’en fallait donc de peu que le Sorcier ne devienne de fait le héros de ce premier volet et les scénaristes ont donc choisi, pour contrebalancer cette impression, de « charger » le personnage de Bilbon et le rendre sensiblement plus bouffon que dans sa description par Tolkien. L’idée est de transformer, grâce à lui, cette quête épisodique et enfantine en une sorte de « Bildungsroman », un récit d’apprentissage, où chaque événement ne sert au fond qu’à amener le hobbit à maturation. Dans cette optique, l’acte fondateur et véritablement héroïque n’est plus le fait de terrasser tel ou tel ennemi (le rôle, donc, de Gandalf) mais celui qui intervient en fin de métrage, lorsque Bilbon, l’anneau au doigt, frôle son poursuivant Gollum et décide de ne pas le tuer. En décidant d’épargner ainsi son ennemi à l’instant où tous les éléments lui indiquent qu’il pourrait le tuer (il est invisible, armé, en danger, sous l’attraction de l’anneau), Bilbon devient bel et bien celui qui porte le film et la trilogie à venir. L’acte est fondateur en ce qu’il valide, bien sûr, l’enseignement de Gandalf sur ce premier film ; il est fondateur en ce qu’il annonce l’incroyable résistance de Bilbon au mal généré par l’anneau (n’oublions pas qu’il l’aura de longues années en sa possession sans jamais défaillir) ; il est aussi l’acte fondateur d’une thématique qui va parcourir toute la saga et qui trouvera son écho direct dans les (seules) paroles violentes de Frodon, l’inexpérimenté, lorsque ce dernier dira à propos de Gollum dans LA COMMUNAUTE DE L’ANNEAU « Bilbon aurait dû le tuer quand il en a eu l’occasion » avant de se faire aussitôt reprendre par Gandalf. Même le discours final de Sam, dans LES DEUX TOURS, perpétuera d’une certaine manière cet écho.

GOB JONG-LIN

Paradoxalement, l’autre façon de ramener un peu de sève mythologique au conte de Bilbon semble passer par une forme d’insistance sur les analogies historiques. On ne le répètera jamais assez : le Pr Tolkien s’est toujours défendu des parallèles tracés entre ses récits et les évènements du monde. Cependant, il y a ce que l’auteur a pu dire de sa création et ce que les lecteurs (notamment ceux de la fin des années 60) en ont retiré comme éclairage. En adaptant LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, Boyens, Walsh et Jackson avaient décidé de conserver certaines lectures analogiques largement constatées, comme par exemple l’assimilation de l’anneau à la puissance atomique, les évocations du Troisième Reich et de Nuremberg dans la constitution des armées de Saroumane, l’évocation des tranchées de Verdun dans Le Marais des Morts, etc. Et c’est donc avec une certaine logique que LE HOBBIT, en nous invitant à remonter le temps, évoque d’une façon habile les tensions impalpables et mal comprises par leurs contemporains des évènements qui ont précipité la Première Guerre mondiale. L’agitation et les évènements de la forêt noire, dont s’inquiète Gandalf et que Saroumane balaie comme des simples détails insignifiants, aurait presque pu donner lieu à un échange entre diplomates du début du XXème siècle, évoquant les groupuscules anarchistes, les risques révolutionnaires ou les crispations identitaires. Et puisque Tolkien s’était permis de dépeindre certains de ses personnages en s’inspirant de figures historiques inattendues (le Sorcier Radagast est basé sur Saint François d’Assise), Jackson va s’autoriser à l’occasion des détours similaires par l’histoire (le Roi des gobelins est basé en partie sur… Kim Jong-Il !).

LE FOYER DU MONT SOLITAIRE

Rédigé à partir de la fin des années 20 et publié en 1937, LE HOBBIT date d’une époque où il n’était pas encore tacitement interdit de considérer que les peuples avaient une Histoire et une identité culturelle. En tant que philologue et linguiste ayant consacré toute sa vie à l’étude des mécanismes de pensée tels qu’ils se révèlent dans le langage et les récits, Tolkien (qui avait bien évidemment étudié l’hébreu) connaissait mieux que personne la place et le rôle particulier de l’identité juive au sein de l’Histoire européenne, et notamment l’imagerie qui s’était constituée autour du peuple juif depuis le XVème siècle. Le peuple des Nains qu’il met en scène dans LE HOBBIT cumule les caractéristiques rattachées à cette image. On y retrouve les caractéristiques mythologiques d’inspiration biblique, tels que le prestigieux Royaume du passé, le Roi déchu tel un Salomon ayant succombé à la tentation, le grand Exode et la Diaspora, les douze nains qui se joignent à la quête de Thorin et qui rappellent les douze tribus d’Israël ; on y retrouve des caractéristiques sociologiques, comme le fait que les Nains parlent diverses langues de la Terre du Milieu mais se parlent, entre eux, en Khuzdul (dont la structure est calquée sur les grammaires sémites) ; on y retrouve l’image de l’usurier dans leur façon d’enterrer l’or ou de faire signer des contrats aux clauses compliquées ; l’image de l’artisan dans leur façon de créer la joaillerie la plus fine ; enfin on y retrouve les caractéristiques orientales dans leur façon de festoyer joyeusement avant de se recueillir subitement dans un chant mélancolique, ou encore dans l’ornementation complexe du système pileux. Toutes les tensions que Tolkien s’amusait à dépeindre entre les peuples elfes et les peuples nains sont ainsi basées sur les tensions et les exclusions entre certains peuples slaves ou nordiques et les populations juives (tensions qui trouveront leur résolution dans l’amitié entre Gimli et Legolas). Or, l’Angleterre de la fin des années 20 est directement impliquée dans l’établissement du Foyer National Juif en Palestine et les nouvelles tensions qui en découlent (avec les Arabes cette fois). Dans ce contexte, il est difficile d’imaginer que Tolkien, avec son histoire de Nains affrontant mille dangers pour retrouver leur Royaume perdu, était totalement détaché de l’actualité du siècle et indifférent au sort des Juifs. Des décennies plus tard, quelques journalistes français, convaincus d’être le phare du monde intellectuel et toujours pressés de désigner des racistes et des antisémites afin de faire oublier leur propre bigoterie, se serviront de cette analogie Nains/Juifs pour enfoncer les écrits de Tolkien et en déduire des évocations aussi subtiles que « L’heroic fantasy c’est un truc de p’tits nazis », sans bien sûr qu’aucun d’entre eux, jamais ô grand jamais, ne déterre la lettre que le Pr Tolkien avait envoyé pour la publication du HOBBIT en Allemagne, en 1938, et qui taclait avec grande classe les nazis à une époque où un tel acte demandait courage et conviction.

UNE LECTURE PEU ORTHODOXE

Derrière ces attaques d’éditorialistes français se trame en fait une agression qui dépasse largement le cadre de Tolkien et de l’Heroic Fantasy pour s’en prendre directement à la philologie et à la linguistique, agression visant à faire taire le violent combat d’idées que ces disciplines ont fait naître depuis le milieu du XIXème siècle et qui perdure, qu’on le veuille ou non, de nos jours. À vrai dire, tous les philologues ou assimilés, de Max Müller à Nietzsche, de Renan à Tolkien ou Joseph Campbell, ont fait l’objet des pires accusations de racisme et d’antisémitisme, avec une régularité qui confine (dans son imprécision et sa mauvaise foi) à l’idéologie la plus dogmatique. Aussi est-il intéressant de voir que, à travers leur transposition filmique, les écrits de Tolkien semblent perdre aux yeux des traditionnels agresseurs le fondement de ces accusations. Pour autant, le travail de Boyens, Walsh et Jackson n’a pas cherché à camoufler ou à transfigurer les évocations originelles et LE HOBBIT nous montre bel et bien des Nains aux pifs bien courbés, certains avec un délicieux accent yiddish, d’autres avec une barbe soyeuse et blanche de vieux rabbin, d’autres enfin perdant leurs moyens à la vue de quelques pièces d’or. Ce n’est pas en ces lieux que vous trouverez une condamnation aisée de cette démarche d’adaptation équilibriste, qui cherche à opérer une distinction entre imagerie et idéologie. Et pour autant, nous ne serons pas dupes de l’accueil plein de sous-entendus que ces films auront dans certains pays, notamment slaves. Déjà, le triomphe du SEIGNEUR DES ANNEAUX en Pologne ou en Russie n’était pas forcément une bonne nouvelle au regard de l’anti-islamisme qui parcourt le monde chrétien orthodoxe (là-bas, l’assaut du gouffre de Helm a clairement été compris comme une analogie de la prise de Constantinople par les Turcs). Et LE HOBBIT y sera probablement lu très différemment du reste de l’Occident.

LE SPECTACLE AVANT TOUT

Passé ce point « délicat », travaillé avec suffisamment de délicatesse pour n’avoir éveillé aucun mauvais soupçon dans la presse occidentale, LE HOBBIT reste, ne l’oublions pas, une œuvre ludique propre à raviver l’esprit d’aventure. Ainsi l’auteur de BRAINDEAD, de FANTÔMES CONTRE FANTÔMES ou de KING KONG s’est-il également employé à rajouter au sens du conte tolkienesque ses propres convictions de raconteur d’histoire et d’homme de spectacle. La façon de mettre en place, scénaristiquement, certains épisodes, semble parfois motivée par la conclusion spectaculaire qui doit en découler, comme en témoigne l’incroyable scène de fuite de la cité des gobelins dont on aura du mal à trouver l’équivalent dans les pages du livre (et en projection 3D HFR, on y atteint l’extase). Il en va de même dans la dernière grande scène d’action, en suspension au sommet des arbres, qui semble là pour nous indiquer une figure stylistique appelée à revenir dans les épisodes suivants. Ainsi la chorégraphie des corps chutant dans le vide avant d’être rattrapés in-extremis par l’arrivée des Grands Aigles nous renvoie à la probable frustration de Jackson a n’avoir jamais pu filmer son fabuleux dogfight aérien, celui qu’il avait prévu pour l’ouverture du KING KONG qu’il devait réaliser en 1996. Après avoir réalisé le court-métrage promotionnel pour la Red, CROSSING THE LINE (voir ci-dessous) et enfin après avoir du mettre de côté son projet de remake du film d’aviateurs LES BRISEURS DE BARRAGES, on peut s’attendre à ce que ces Grands Aigles nous soient présentés pour pouvoir mieux revenir dans un (futur) dogfight qui pourrait avoir lieu lors du dernier volet. On prend les paris ?

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AU RYTHME DES ÉMOTIONS

Globalement, le scénario du HOBBIT joue sur les notions de familiarité et de retrouvailles, jusqu’à répliquer au niveau rythmique le déroulé de LA COMMUNAUTÉ DE L’ANNEAU (l’arrivée à Fondcombe ou la fuite sous la montagne se retrouvent sensiblement aux mêmes endroits). L’annonce de son tout dernier plan, sur l’œil de Smaug, nous renvoie évidemment à l’œil de Sauron. Et l’on sait d’emblée que le deuxième épisode, en nous introduisant au monde des humains via la cité lacustre d’Esgaroth, aura quelque part le parfum des DEUX TOURS. Cependant, ce choix de familiarité s’est imposé tardivement à l’équipe puisqu’à l’origine, lorsque la saga du HOBBIT se découpait en seulement deux films, le premier volet se concluait au niveau du chapitre « Tonneaux en liberté » (soit avant l’arrivée à Esgaroth). « Nous avions décidé de découper ces deux films sur la base des repères géographiques, explique Philippa Boyens. Et nous avons finalement réalisé que ce n’est pas l’endroit de la carte qui détermine le rythme de ce récit mais l’endroit où vos personnages se trouvent, émotionnellement ». Ainsi, cette familiarité dans le rythme apparaît surtout comme le souvenir du rythme émotionnel de l’ancienne trilogie. Cette façon de procéder nous renseigne, si besoin était, sur les ambitions que se sont dès le départ fixées les auteurs de ces films, à savoir amener l’univers de Tolkien à l’écran, non pas par une simple traduction de ses écrits, mais en les augmentant du pouvoir émotionnel que seul le 7ème Art semble pour l’heure capable d’invoquer avec tant d’évidence. Et si l’on se souvient du pas qui avait été franchi, sur le plan des émotions justement, entre LA COMMUNAUTÉ DE L’ANNEAU et LES DEUX TOURS, alors on pourra déduire en quoi le second volet du HOBBIT risque, lui aussi, de nous porter vers des sensations finalement tout juste effleurées dans ce premier épisode. Rendez-vous l’année prochaine pour confirmation de cette prophétie et, comme le disent si bien nos amis Nains, « Zatagrif i ki Gurul Gamut ! », ce qu’on pourrait très approximativement traduire par « Ça va chier grave ! ».

Pour lire la première partie, c’est ici.

TITRE ORIGINAL The Hobbit : An Unexpected Journey
RÉALISATION Peter Jackson
SCÉNARIO Peter Jackson, Philippa Boyens, Fran Walsh & Guillermo del Toro
CHEF OPÉRATEUR Andrew Lesnie
MUSIQUE Howard Shore
PRODUCTION Carolynne Cunningham, Peter Jackson, Fran Walsh & Zane Weiner
AVEC Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Ken Stott, Stephen Hunter, Andy Serkis…
DURÉE 169 mn
DISTRIBUTEUR Warner Bros France.
DATE DE SORTIE 12 décembre 2012.

25 Commentaires

  1. Fred

    « Tolkien parvint au tout début des années 50, à faire modifier un chapitre entier de BILBO LE HOBBIT » :
    En effet dans la première version c’était Bilbo qui tirait le premier. Rétrospectivement, Tolkien n’étant pas très content de ce fait, il inversait l’action pour faire tirer Gollum en premier, rendant Bilbo plus sympathique, mais lui donnant du coup une personnalité un peu trop lisse.
    Il décida aussi de faire pousser un grand cri (‘NOOOOOOOOON!!’) à Gollum quand il perd l’anneau pour faire echo au même cri poussé par Frodo à la fin du Retour du Roi

  2. En ce qui concernce le possible futur « dogfight » (SPOILERS donc) :

    Le combat entre les aigles et les chauve-souris a été confirmé par Richard Armitage : http://www.comicbookmovie.com/fansites/JoshWildingNewsAndReviews/news/?a=71749

    • Rafik DJOUMI

      « Le combat entre les aigles et les chauve-souris a été confirmé par Richard Armitage »

      Par la barbe du Mithrandir ! Merci Beat Kiyoshi; je n’avais pas vu cette news !
      \o/

      • Mais de rien, la Bataille des Cinq Armées devrait être un putain de morceau de cinoche !

        Au fait, vu que tu chroniquais les BO de Shore à l’époque du SdA, je me demandais ce que tu pensais de l’utilisation de la musique dans ce Hobbit ?
        Ça m’intéresse d’autant plus que je trouve qu’il s’agit là d’un des rares problème du film. Je ne sais pas si c’est par véritable choix ou manque de temps (dans ce cas cela sera peut-être corrigé dans la version longue), mais il arrive souvent que ce qui a été composé par Shore pour le film soit remplacé par de la temp-track du SdA.
        L’exemple que tout le monde cite est la charge de Thorin sur Azog avec le thème des Nazgûl en fond, alors que Shore avait composé une musique originale pour la scène (à partir de 4:24 ici : https://www.youtube.com/watch?v=5uW8movDLgE )

        Alors je sais pas si c’est de la maniaquerie de ma part ou pas, mais pour une saga extrêmement cohérente dans ses thèmes et choix musicaux jusqu’ici, je trouve ça un peu décevant.

  3. koff machine

    Article passionnant, mais je suis loin d’être aussi enthousiaste que toi. Je trouve que la tâche de vouloir tout compiler / rassembler / réconcilier a été en partie foirée par Jackson. Et même si j’ai aimé le film et passé un très bon moment en salle, je trouve que le film en tant que film est nettement moins cohérent que La COmmunauté de l’anneau.

    J’étais surtout déçu que Martin Freeman / Bilbo, un acteur que j’adore, soit si peu au centre du film.

  4. Aucun mot sur l’absence de progression dramatique du film, dont le final réussit l’exploit mirifique de ne rien boucler. Marre de ces films, à la Prometheus, qui ne sont au final qu’un premier acte d’une histoire à voir en plusieurs fois, comme une vulgaire série télé. A la différence qu’à la téloche, au moins, c’est gratuit. Du pur foutage de gueule, en 3d immonde, en hfr dégueulasse, et à la mise en scène, tout comme pour la première trilogie du seigneur des anneaux, fort peu inspirée (hop, un plan d’hélico, hop, des mecs qui marchent, et ainsi de suite, sans aucune recherche de montage ni de réalisation). De la bonne grosse merde en barre, pour la quatrième fois. Mais pourquoi Jackson se priverait-il, après tout ? Vous irez tous voir les deux autres étrons.

  5. Une excellente lecture du film, ça me rassure quelques peu de voir que je ne suis pas le seul à avoir vu dans la quête des Nains une analogie du peuple Juif, n’en déplaise à Tolkien lui-même qui rejettait les analogies historiques. Il y a beaucoup trop de de traits communs qui montrent bien une inspiration de l’Histoire dans les écrits du monsieur.

  6. KJ

    Aucun mot sur l’absence de progression dramatique du film,

    Bin si, Rafik explique justement tres bien cette progression dramatique qui invoque notemment le travail de Joseph Campbell mais je suppose que tu etais trop occupé a penser a prometheus pour pouvoir lire l’article avec l’attention qu’il merite.

    dont le final réussit l’exploit mirifique de ne rien boucler.

    Malgré le fait que l’arch narratif de Bilbo soit bel et bien exploité.

    Marre de ces films, à la Prometheus, qui ne sont au final qu’un premier acte d’une histoire à voir en plusieurs fois, comme une vulgaire série télé.

    Bin ouais la c’est sur ta credibilitée vient de s’envoler, tu ne comprends de toute evidence pas ce qui faisait de Prometheus un mauvais film, du scenario horrible au viol permanent de la mythologie qu’il revisitait.
    Ensuite je ne savais pas que les films en plusieurs parties devaient automatiquement etre assimilés a de la télévision (d’ailleurs quand tu dis vulgaire serie télé ca donne quand meme l’impression que tu as arreté de regarder la télé a l’époque de Magnum PI), comme si la television avait inventé la segmentation du recit… ridicule.

    A la différence qu’à la téloche, au moins, c’est gratuit. Du pur foutage de gueule, en 3d immonde, en hfr dégueulasse,

    Non mais moi j’aime bien tes arguments, ils font du sens et sont vraiment basés sur des faits irrefutables.

    et à la mise en scène, tout comme pour la première trilogie du seigneur des anneaux, fort peu inspirée (hop, un plan d’hélico, hop, des mecs qui marchent, et ainsi de suite, sans aucune recherche de montage ni de réalisation).

    Ha bin voila, tu viens de devoiler au monde (en tout cas aux lecteurs de capture mag) ton ignorance total des notions de mise en scene… c’est quand meme un peu simplet de resumer des objets filmiques aussi complexes que le hobbit ou le SDA a des plans d’helicoptere et des mecs qui marchent lorsque l’on connait la somme des techniques utilisées pour pouvoir realiser ces visions de fantasy, tu lis pas les inrocks par hasard?
    Des recherches de montage et de realisation? je suis a peu pres sur que tu ne sais pas ce que ca veut dire, je ne vais pas repeter ce que Rafik a ici expliqué en bien mieux mais il me semble quand meme que tu devrais sans doute arreter de prendre ta pensée limitéé pour des faits, ca ferait du bien a la discussion.

    De la bonne grosse merde en barre, pour la quatrième fois. Mais pourquoi Jackson se priverait-il, après tout ? Vous irez tous voir les deux autres étrons.

    Bin oui apres tout on est tous tellement cons, et Jackson abuse tellement de notre betise avec ses innovations constantes et sa volontée de se renouveler, ses intentions evidentes de nous donner du tres grand beau spectacle.
    On s’excuse quand meme d’avoir des gouts si peu developés pour le cinéma, le vrai, celui que toi tu aimes, celui que tu qualifies sans doute de chef d’oeuvresque sans plus d’explications que lorsque tu qualifies celui ci de « merde en barre », un terme nous serons tous d’accord, tellement fin et intelligent que ca nous a tous forcé a revoir notre opinion a la baisse et nous incliner devant ta superioritée cinématographique.

    C’est juste un peu honteux que tu ais choisi un article aussi bien ecrit, aussi argumenté et erudit parce que ca ne fait que souligner au gros marqueur rouge l’imbecilité de ton propos.

    Bon les gars on retourne voir le hobbit ou quoi?

    • Alors ma grande, on n’apprécie pas que quelqu’un daube sur un truc que tu as trouvé génialissime ? C’est con, ça s’appelle se confronter à des avis différents. M’est avis que Izihah, tout aussi virulent qu’il soit dans ses propos, est certainement plus capable que toi d’accepter et de tolérer l’existence d’un avis différent. La preuve, il n’a pas tenté de démonter point par point les arguments plus ou moins cohérents de l’article de Rafik. C’est peut-être là son tort, tu me diras, et ma foi, tu as en partie raison, mais au moins, il n’a pas tenté de se livrer à un exercice de supériorité intellectuelle comme tu l’as fait KJ, exercice qui a juste prouvé que tu n’étais pas capable d’une pensée bien construite et complexe. Citer un journaliste et se contenter d’avoir recours à l’ironie ne masque pas le manque d’arguments, tu sais. Le message d’izihah était bilieux, pour le moins, mais le tien est peut-être bien pire encore : celui d’un fan aveugle. Tu cites Joseph Campbell, mais son voyage initiatique type suit un plan qui n’est suivi qu’à un tiers dans ce premier volet d’une trilogie qui n’avait pas de réelle raison d’être (l’article de Djoumi oublie de mentionner que l’ajout des annexes ne s’est fait qu’en dernière minute, histoire d’avoir un troisième film pour le prix de deux (bon ok, avec une petite rallonge budgétaire à la clé). On peut clairement se demander si cela relève d’un choix artistique, ou juste d’une pure volonté de producteur (n’oublions pas que Jackson n’est pas que réal sur ces projets). Mais bon, être fan empêche visiblement de se remettre un minimum en question, tu viens de nous le prouver avec ta réponse hargneuse et guère futée.

      • « (l’article de Djoumi oublie de mentionner que l’ajout des annexes ne s’est fait qu’en dernière minute, histoire d’avoir un troisième film pour le prix de deux (bon ok, avec une petite rallonge budgétaire à la clé). »

        Rafik n’a rien oublié du tout, cela fait au moins deux ans que l’on sait que les annexes allaient être utilisées.

  7. KJ

    Alors ma grande, on n’apprécie pas que quelqu’un daube sur un truc que tu as trouvé génialissime ?

    Ah bin tu vois si, simplement il me semble que de poster une reponse aussi couillonne en dessous d’un article comme celui ci est quand meme insultant..

    C’est con, ça s’appelle se confronter à des avis différents. M’est avis que Izihah, tout aussi virulent qu’il soit dans ses propos, est certainement plus capable que toi d’accepter et de tolérer l’existence d’un avis différent. La preuve, il n’a pas tenté de démonter point par point les arguments plus ou moins cohérents de l’article de Rafik.

    Ouh la comme je suis con, c’est vrai que la c’est une preuve irrefutable qu’il est pret a accepter l’avis d’autrui, ne pas demonter les arguments de Rafik fait vraiment de lui un etre pret a accepter les propos d’autrui, quel grand prince tout de meme de ne meme pas nous faire l’honneur de contre argumenter !T’es sur que ca n’a rien a voir avec le fait qu’il n’ a aucun argument pour povuoir appuyer ses propos?

    C’est peut-être là son tort, tu me diras, et ma foi, tu as en partie raison, mais au moins, il n’a pas tenté de se livrer à un exercice de supériorité intellectuelle comme tu l’as fait KJ,

    Ha non aucune superioritée de ma part, juste l’envie de nourrir du troll, mais la c’est bien je peux en nourrir deux!

    xercice qui a juste prouvé que tu n’étais pas capable d’une pensée bien construite et complexe.
    Citer un journaliste et se contenter d’avoir recours à l’ironie ne masque pas le manque d’arguments,

    Bin merde alors, la tu m’as bien eu, moi qui croyait qu’il s’agissait ici de l’article de Rafik et que par consequent il n’etait pas necessaire pour moi de reformuler en moins bien un avis deja plutot eclairé… ca doit etre ma superioritée intellectuelle qui parle.

    tu sais. Le message d’izihah était bilieux, pour le moins, mais le tien est peut-être bien pire encore : celui d’un fan aveugle.

    Ah et comment tu sais ca? tu t’es referé a la page 32 du livre des arguments tout fait? bin dis donc pourquelqu’un qui vient de me dire que je n’etais pas capable de faire preuve d’une pensée construite tu enchaines les clichés.

    On peut clairement se demander si cela relève d’un choix artistique, ou juste d’une pure volonté de producteur (n’oublions pas que Jackson n’est pas que réal sur ces projets).

    Ah bin oui on est en droit de se le demander, par contre je sais pas trop d’ou ca vient ton raisonement vu que je n’ai pas abordé la question,
    Rassures toi, on est pas dupe, on le sait que le cinema est un business, simplement quand on essaie de reduire des ambitions démesuré a un simple et unique appat du gain ca a de quoi agacer un peu… d’autant plus lorsque l’on ne possede aucune base tangible pour construire cette hypothese.

    Mais bon, être fan empêche visiblement de se remettre un minimum en question, tu viens de nous le prouver avec ta réponse hargneuse et guère futée.

    Ma reponse hargneuse comme tu la qualifies etait avant tout basé sur l’idée que Rafik nous ait pondu un texte en deux parties avec des arguments tout de meme solides, des idées dévelopées et une analyse complexe pour se voir repondre des inepties du genre « ouais enfin c’est de la merde ne barre », que l’on aime pas le film j’en ai rien a foutre ca ne m’empeche pas de l’aimer (ou pas) mais la ou ca devient tres fatiguant c’est quand on repond a la pensée instruite de Mr Djoumi avec dedain.

  8. dragon koff

    Cette histoire de musique m’a carrément embarrassé aussi, c’est même l’un des trucs qui m’a empêché de tout à fait rentrer dans le film. A part un gros thème nouveau (le chant des nains décliné sous plusieurs formes), le film recycle à bloc, et je me dis que le jour où on voudra voir les six films, on finira par en avoir un peu plein le cul d’entendre constamment les mêmes thèmes… Et effectivement c’est bizarre, comme si un truc s’était pas passé comme ils voulaient et qu’ils avaient du trouver des solutions bâtardes….

    • KJ

      Oui c’est vrai qu’en ce qui me concerne la bande son est le point faible du film , meme si le theme principal est de toute beautée, ca donne un peu une impression d’inachevé, par contre j’etais tellement immergé dans le film que je n’ai remarqué ce probleme qu’apres en ecoutant la B.O chez moi.

  9. Nikolai

    Le film recycle tout et pas que la musique, c’est ça le plus gros point faible.
    Aucune nouveauté dans le traitement, aucune scène qui surprend, aucune fulgurance qui ne ressemble pas à celle du SDA souvent en moins bien.
    Pour le moment perso je ne comprends pas l’émerveillement et la sidération que peut procurer cette compilation sans saveur du SDA. Le film n’a que peu d’intérêt tant tout parait vide et morne.

  10. Fest

    « Aucune nouveauté dans le traitement, aucune scène qui surprend, aucune fulgurance qui ne ressemble pas à celle du SDA souvent en moins bien. »

    Vraiment ?

    Le combat entre les deux montagnes, la poursuite de malade dans la caverne des gobelins… Il y a pourtant pour moi des trucs jamais vus avant sur un écran de cinéma.

  11. Shen-Te

    Je me permets juste de réagir par rapport à cette phrase: « Rédigé à partir de la fin des années 20 et publié en 1937, LE HOBBIT date d’une époque où il n’était pas encore tacitement interdit de considérer que les peuples avaient une Histoire et une identité culturelle. »

    La recherche actuelle (en anthropologie/ethnologie/sociologie) ne préconise pas « d’interdire » les notions de « peuple » et « culture », comme vous l’exposez (dans une prose victimaire propre à l’extrême-droite, mais passons). Elle considère simplement qu’au vu des récents développements (notamment sur la notion de « métissage », cf. JL Amselle par exemple), on ne peut pas considérer ces notions comme figées, fixées et absolues. Une culture, un peuple, en tant qu’objets figés dans le temps et l’espace, n’existent tout simplement pas. Les espaces géographique et politique changent considérablement au fil du temps, occasionnant des métissages importants entre les peuples. Comment l’identité culturelle pourrait-elle rester la même sur le temps long dans ces conditions ? C’est tout simplement impossible.

    Là où je trouve que votre propos est…malheureux, c’est que les différents « peuples » de l’univers de Tolkien sont en réalité des espèces différentes (si vous avez des exemples d’unions fertiles entre Elfes et Nains, Magiciens et Hobbits, faites-m’en part… Humains et Elfes peuvent manifestement se reproduire – comme chiens et loups – mais ont des durées de vie radicalement différentes, et ne font donc pas partie de la même espèce). L’analogie avec l’espèce humaine, dans ce cadre précis, est en fait raciste et fait fi de la réalité scientifique (une seule espèce humaine), mais je n’ai pas l’impression que vous en ayez conscience.

    Par ailleurs, Tolkien situe ces espèces comme figées dans des échelles de temps très longues (l’immortalité en ligne de mire pour certaines d’entre elles), donc là encore, l’analogie avec l’espèce humaine me pose un vrai problème.

    Je crois qu’il est important de s’en tenir aux propos de l’écrivain (pas de parallèle avec notre monde) et voir plutôt le réel comme une source d’inspiration évidente, ce qui est une démarche assez différente sur le fond.

    • VOLUME

      Aragorn est un semi elf Shen-Te.

      Je pense que tu ignores tout simplement l’histoire de la terre du milieu, de ses peuples et les convictions de Tolkien.

      Voilà deux liens pour approfondir.
      http://www.tolkiendil.com/
      http://pourtolkien.fr/spip.php?rubrique6

      • Shen-Te

        Et vous n’avez rien compris à mon propos. Pour vous répondre, mon propos ne porte pas sur le contenu de l’oeuvre de Tolkien mais sur le sens de l’interprétation proposée ici (et sur la rhétorique utilisée, tendance victimaire d’extrême droite).

        2 choses toutefois par rapport à votre réponse :
        – le fait qu’Aragorn soit un semi-Elfe n’exclut nullement le fait qu’Elfes et humains puissent être deux espèces différentes (le chien et le loup sont deux espèces différentes, et pourtant leurs rejetons sont fertiles);
        – le fait que Tolkien ait écrit une lettre (d’Angleterre, avant même la signature des accords de Munich, qu’on m’explique où est le courage là-dedans ?) taclant les Nazis n’exclue pas qu’il ait pu faire preuve par ailleurs d’un racisme « bienveillant » dans ses histoires, mais encore une fois, ce n’est pas mon propos ! Je dis justement qu’il serait plus sage et intelligent de s’en tenir à la volonté de l’auteur, qui disait ne pas vouloir faire d’analogie avec notre monde (et il avait bien raison, sur un plan purement éthique).

  12. Fest

    « Rédigé à partir de la fin des années 20 et publié en 1937, LE HOBBIT date d’une époque où il n’était pas encore tacitement interdit de considérer que les peuples avaient une Histoire et une identité culturelle. »

    Nulle part dans cette phrase il n’est fait mention de cultures absolument « figées, fixées et absolues » (le terme « Histoire » a son importance).

    Sinon Shen-Te je crois que tu sur-interprètes beaucoup trop ce qui n’est qu’une simple analogie.

    Quand Tolkien se définissait lui-même comme un Hobbit, je ne crois pas qu’il prétendait appartenir à une espèce à part. La Terre du Milieu est un monde IMAGINAIRE à partir duquel on doit pouvoir se permettre toutes les analogies possibles sans se voir taxer de racisme.

  13. Nikolai

    « Le combat entre les deux montagnes, la poursuite de malade dans la caverne des gobelins… Il y a pourtant pour moi des trucs jamais vus avant sur un écran de cinéma. »

    La poursuite dans la caverne des gobelins, ça te fait pas penser à la poursuite dans la Moria de la communauté ? C’est pas très éloigné et même si elle est loin d’être dégueue, elle ne me surprend jamais (je suis peut-être blasé, c’est possible).

    La séquence du combat avec les géants de pierre (tu dois faire référence à ça), j’avoue elle est impressionnante. Mais elle est mal intégrée ou de manière artificielle.
    En terme de dramaturgie, c’est léger. Il la case n’importe comment cette scène. On sent bien d’ailleurs que c’est un vestige d’une idée de Del Toro que Jackson a voulu intégrer (je peux me tromper).
    Ça fait vraiment penser à du Hellboy 2 quand il balance un combat (sublime) avec l’Elementale. Mais je me demande ce que ça fout la malgré tout.

    Pour moi le film n’est pas mauvais hein, il est juste bancal et globalement assez artificiel. C’est un film qui contrairement à la Communauté de l’anneau, n’arrive pas à trouver le ton juste pour raconter son histoire de manière fluide et cohérente. Le changement de réal doit jouer, on est constamment partagé entre des ambiances souvent opposées qui ont du mal à trouver un équilibre ou une harmonie (le ton enfantin, léger mélangé à une ampleur épique à la SDA). On étire trop de scènes un peu inutiles, le rythme en pâtit vraiment à certains endroits. Sans compter cette impression de parodie parfois qui m’agace (l’arrivée à fondcombe avec les joueurs de harpe et le repas vegan.. sérieusement ?).
    Bref.. assez déçu hélas.

  14. Fest

    Oui bien sûr certaines scènes renvoient à LOTR, sauf que PJ pousse à chaque fois le bouchon un peu plus loin dans la démesure. Du coup, même si sur le papier il y a des similitudes, je maintiens que visuellement pour moi c’est du jamais vu.

    Quant au récit en lui-même j’avoue n’avoir jamais tiqué sur un quelconque manque de fluidité. Les ruptures de ton (le burlesque qui alterne avec le tragique ou l’épique) ne m’ont pas plus choqué que celles présentes dans certains contes de fées, voire même dans certaines pièces de Shakespeare… Je ne sais pas si c’est de l’aveuglement de ma part, mais le plaisir total que j’ai ressenti lors de la projection n’était pas feint, ça c’est sûr !

  15. Eglantine

    Article très intéressant !

    « Pour moi le film n’est pas mauvais hein, il est juste bancal et globalement assez artificiel. C’est un film qui contrairement à la Communauté de l’anneau, n’arrive pas à trouver le ton juste pour raconter son histoire de manière fluide et cohérente… »

    Assez d’accord, et beaucoup de personnes avec qui j’ai parlé m’ont dit la même chose. Il y a aussi le fait, je pense, que les personnages sont moins beau que dans LSDA. Pour une trilogie de trois films, je trouve ca délicat. J’ai aimé, mais c’est moins bien partie que LSDA.
    Je ne savais pas que finalement Jackson faisait 3 films, et non 2. J’avoue être inquiet sur la tenu sur une trilogie. J’y prendrais surement plaisir, mais les personnages et les quelques soucis de rythme évoqués me tracassent.

  16. elzecchio

    Merci pour ces deux articles passionnants, qui rendent pleinement justice à ce film époustouflant.

  17. Xirius_Thir

    Et ben il y a du pour et du contre, au moins cela fait discuter, c’est déjà pas mal 😀

    Etant un gros fan de l’oeuvre de Tolkien, de sa rigeur scénaristique et de son enorme travail d’imaginaire, j’ai été dèjà « froissé » par certaines « libertés » que les films sur SdA avaient pris. Qu’il fallait que cela « rende » bien au cinéma et qu’il fallait garder un « rythme » visuel et d’action, je m’y suis fait et j’ai quand même trouvé la Trilogie SdA une bonne adaptation, surtout dans les decors et le visuel (sauf pour les Orcs.. qui ne correspondent pas du tout). ce qui m’avait exasperer c’etait surtout de voir un Gandalf en « gentil père noel » alors que dans l’oeuvre original il est plutot colérique, taciturne et renfermé mais bon passons 😀

    pour Bilbo et ben… c’est un SdA … encore plus « libéré » (Peter Jackson se sent surement plus a l’aise pour encore plus de liberté !) et de voir un Bilbon en bouffon (la tête de Turcs ?), des Nains comme des joyeux gamins bordéliques et Gandalf comme le « Mono qui emmene ses gamins en excursion de colo » mouais …
    Mais les scènes étirées (il ya beaucoup de choses pour … rien ! .. ba oui, il faut faire une trilogie quand même) et les dialogues creux ça en rajoute une bonne couche quand même

    Là où je me crispe complètement c’est quand je vois ces scènes (malheureusement pas mal à la mode actuellement) qui surenchérisse de n’importe quoi ! sous excuse de faire du cinéma, les protagonistes peuvent se permettent de tomber de 60 m de haut, ou faire de la luge à 13 sur un morceau de « pont » en bois (digne d’un bricolage de Valérie Damidot) sur les abords d’un ravin sur 200 m de profondeur (minimum) le tout sans une égratignure bien sur …

    Que dire aussi du combat de « geant de pierre » entité gigantesque et assez malvenue dans les terres du milieu (c’est assez incohérent en fait, dans le scenario surtout) et cette rimbambelle de petits être sautillant accroché au pieds de ses colosses en plein combat (se permettant, en plus de ne jamais tomber et d’esquiver toutes les pierres tombante, de bondir entre chaque jambe) Oui c’est spectaculaire, oui c’est « cinématographique » .. mais non ce n’est pas crédible ni honnête avec le spectateur… de trouver ce genre d’effet dans des film de pur action comme expendable oui, c’est logique… mais pas dans Bilbo ou SdA … Heroïc – Fantasy ne veut pas dire n’importe quoi non plus !
    Je ne parlerais pas des autres « largesse » scenaristique et d’un radagast frisant le n’importe quoi !

    Enfin bref, malgré tout, je trouve quand même que c’est un bon film quand même, assez esthétique et bien réalisé.. mais il y a clairement une grosse demi heure en trop.. la supression des certaines scenes « abusés » le raccourcissement de certaines scène « trop longue » un traitement plus serieux et moins « granguignolesque » des personnages et le film aurait bien gagné assurément

  18. zebra3

    Bel article,

    j’ai apprécié pour ma part que l’aspect initiatique et symbolique soit si bien retranscript à l’écran. L’histoire du Hobbit, celle de l’enfant appelé à grandir, à s’extraire de son trou,(gentil,nid douillet, foyer chargé d’héritage) pour courrir le vaste monde se confrontant aux coutumes et aux moeurs des autres cultures. Le Hobbit plus que encore que le SDA est un livre qui initie l’enfant à l’acceptation de lui-même et des autres. je trouve que les co-scénaristes du Hobbit ont particulièrement bien cernés ce thème de l’altérité et ce passage de l’enfance à l’adolescence.

    Je suis impatient de voir la suite.

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