L’ARÈNE DES MORTS

Jouissif croisement « a la Mexicana » entre le CARMEN de Bizet et le mythe d’Orphée, LA LÉGENDE DE MANOLO fait partie de ces films d’animation finalement assez rares qui parviennent à s’émanciper de leurs financiers hollywoodiens pour refléter avant tout le travail et le talent de leurs créateurs. Une vraie réussite.

L’industrie de l’animation hollywoodienne semble actuellement tellement formatée qu’il est toujours agréable de voir l’un de ses représentants proposer quelque chose de neuf. En choisissant de plonger dans la mythologie mexicaine du Jour des morts et dans l’imagerie macabre qui y est attachée (notamment les calaveras, ces figurines à têtes de morts), LA LÉGENDE DE MANOLO impose d’emblée sa différence. Certes, impossible de ne pas penser à L’ÉTRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK, ne serait-ce que dans la trajectoire de son héros à cheval sur deux univers parallèles. Mais force est de constater que le film de Jorge R. Guttierez possède sa propre personnalité, beaucoup plus chaleureuse, colorée et bouillonnante que le chef-d’œuvre de Tim Burton et Henry Selick. L’intrigue part d’un classique triangle amoureux : depuis leur enfance, Manolo, doux rêveur dont les ambitions de guitariste entrent en conflit avec la lignée de toreros dont il est issu, et Joaquin, aventurier viril et sûr de lui qui reprend le flambeau de son défunt héros de père, s’affrontent pour conquérir le cœur de la belle Maria. La situation va se compliquer lorsque deux divinités rivales vont parier sur la réussite de l’un ou de l’autre : d’un côté, La Muerte, figure féminine qui règne sur le joyeux Royaume des morts et qui choisit Manolo comme champion, et de l’autre, Xibalba, un sombre personnage qui gère le triste Royaume des oubliés et qui va jeter son dévolu sur Joaquin. Rajoutez à cela un terrifiant bandit à la tête d’une bande de malfrats, une troisième divinité – le rigolard Chandeleur, un bibendum en cire qui fait la balance entre La Muerte et Xibalba – et une flopée d’autres personnages secondaires hauts en couleur, et vous aurez une idée à peu près précise de la richesse et de la complexité de l’univers qui est celui de LA LÉGENDE DE MANOLO.

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Sans jamais être perdu dans les enjeux multiples de cette histoire se déroulant dans trois mondes différents (quatre si l’on rajoute le récit-cadre contemporain dans lequel intervient le fameux Livre de la vie qui donne son titre original au film et qui contient donc l’histoire de Manolo), le spectateur est aspiré dans une sarabande grisante, peuplée d’un certain nombre de scènes d’anthologie, comme cette monstrueuse corrida que devra effectuer Manolo au Royaume des morts, affrontant un taureau titanesque composé d’une multitude de ses semblables morts. Au milieu de ce maelstrom d’idées plane indéniablement l’ombre bienveillante du producteur Guillermo Del Toro, qui a aidé Jorge R. Guttierez à accoucher de ce projet porté depuis quatorze ans. La conclusion de la corrida infernale mentionnée à l’instant (qui renvoie au final opératique de BLADE II), les jeux d’échelle offrant une vision impressionnante de la cosmogonie liée au folklore mexicain ou encore le personnage rabelaisien du Chandeleur, tous ces éléments portent à n’en pas douter la marque de Del Toro. Mais le film de Guttierez réussit pourtant à intégrer ces idées à sa narration sans que cela ne nuise à la cohérence interne de son récit (comme cela a pu être le cas d’autres productions Del Toro). Une cohérence admirable qui s’illustre jusque dans le choix graphique de faire de ses personnages des marionnettes de bois. Car si ce parti-pris permet évidemment de renvoyer le spectateur à la nature de conte pour enfants qui est celle du spectacle auquel il assiste, il offre également deux avantages non négligeables : d’une part, une jolie mise en abyme métaphysique lorsque l’on s’aperçoit que La Muerte, Xibalba et le Chandeleur (trois personnages qui évoquent l’archétype mythologique des divinités jouant avec la destinée des mortels) sont traités graphiquement davantage comme des entités organiques que comme des marionnettes, et d’autre part, la transformation des pantins de bois en squelettes, une fois franchie la frontière du royaume des morts, qui permet paradoxalement d’humaniser les personnages et de rendre d’un coup leurs enjeux beaucoup plus prégnants.

L’animation en images de synthèse, elle aussi, s’avère pertinente, tant elle permet d’unifier le nombre assez impressionnant d’éléments disparates présents à l’écran, et notamment le traitement de la lumière chargée de les mettre en valeur. Des visions kaléidoscopiques du Royaume des morts aux superbes contrastes du monde des vivants (illustrés notamment par ces plans nocturnes où les personnages au premier plan sont éclairés frontalement, comme s’ils étaient en face d’un feu de camp), la facture visuelle de LA LÉGENDE DE MANOLO est un véritable bonheur pour les yeux, évoquant à l’occasion un trip sous acides ou bien l’esthétique chargée d’un vitrail d’église latino. Ce carnaval chatoyant qui revendique à la fois son identité mexicaine et sa nature de spectacle éminemment théâtral, au carrefour de la corrida, de la tragédie méditerranéenne et du bel canto, est à peine entaché par quelques défauts gênants. Comme ce récit cadre pas très intéressant (une gardienne de musée bien roulée fait découvrir le Livre de la vie à une bande de morveux agaçants) qui justifie sa présence par la volonté d’atténuer le caractère macabre du conte (et rassurer ainsi les familles inquiètes qui scrutent habituellement l’univers de l’animation enfantine) et sans doute aussi par le rôle introductif que le bouquin en question pourrait jouer dans une hypothétique franchise à venir en cas de succès. Ou comme cette bande sonore où la présence de quelques tubes anglo-saxons tels « Do Ya Think I’m Sexy » ou « Creep » jure clairement avec la sensibilité profondément latine du film et nous rappelle à deux ou trois reprises les heures les plus sombres de l’histoire de DreamWorks (c’est d’autant plus regrettable que, a contrario, lorsque les choix musicaux s’avèrent cohérents – comme dans la première corrida de Manolo, illustrée par le mythique « Estasi dell’ Oro » d’Ennio Morricone – ça fonctionne du tonnerre). Pourtant, ces petits problèmes n’empêchent pas LA LÉGENDE DE MANOLO d’être clairement l’un des films les plus dépaysants de cette année cinéma plutôt tristounette. Raison de plus pour courir le voir en salles.

TITRE ORIGINAL The Book of Life
RÉALISATION Jorge R. Guttierez
SCÉNARIO Jorge R. Guttierez et Douglas Langdale
DIRECTION ARTISTIQUE Paul Sullivan
MUSIQUE Gustavo Santaolalla
PRODUCTION Aaron Berger, Brad Booker, Guillermo Del Toro et Carina Schulze
VOIX Diego Luna, Zoe Saldana, Channing Tatum, Ron Perlman, Christina Applegate, Ice Cube…
DURÉE 95 mn
DISTRIBUTEUR 20th Century Fox France
DATE DE SORTIE 22 octobre 2014

17 Commentaires

  1. Moonchild

    Cette critique me laisse perplexe tant le film est en réalité médiocre et déceptif (oui, j’y plaçais quelques espoirs).

    Tous les symptômes du film d’animation lambda hollywoodien y sont présents : narration à l’emporte-pièces, enjeux à peine esquissés, humour et chansons merdiques …

    Et puis, je suis désolé, tout l’univers culturel (et religieux) propre au syncrétisme (rencontre de la tradition catholique et du culte des esprits) mexicain n’est absolument pas traité, jamais le film n’interroge cela. Quant au côté fantastique, macabre, tout passe à la trappe, il ne faut surtout pas effrayer (et du coup faire réfléchir les enfants sur la peur, la mort), pensons à ratisser large pour faire des entrées.

    Alors oui, pour le coup, on est très loin de L’étrange Noël de Mr. Jack, des Noces funèbres ou du récent et excellent Boxtrolls (pourquoi ce dernier ne bénéficie-t-il pas d’une petite audience sur Capture mag ?).

  2. jackmarcheur

    Moonchild : non mais en fait faut que tu saches que Arnaud (et toute l’équipe de Mad Movies d’ailleurs) est probablement un gros fan de Guillermo Del Toro, et donc tout ce que touche le réal mexicain est forcément un peu de l’or.

    Pacific Rim par exemple a été encensé (un peu partout d’ailleurs), mais je l’ai trouvé d’un chiant en fait…

    Le dernier bon film de Del Toro pour moi, c’est Hellboy. Mais bon, la question que je me pose c’est est-ce que j’emmene mes gosses voir ce Manolo ou pas, parce que dans tous les cas, les enfants se posent moins de questions ?
    Moi je suis un vieux con un peu aigri de voir trop bousins sur les ecrans !

  3. Arnaud

    Jackmarcheur, vu que cette critique de favoritisme revient de temps en temps chez certains, je vais juste préciser un petit truc : oui, Del Toro nous semble clairement être l’un des maîtres du cinéma fantastique moderne mais non, tout ce que touche Del Toro n’est pas forcément de l’or. À titre personnel, pour prendre par exemple son travail de consultant créatif chez DreamWorks, j’adore Les Cinq Légendes mais je trouve irrémédiablement nul Megamind. Et pour ce qui est de son travail de producteur, si j’aime beaucoup La Légende de Manolo ou si j’adore L’Orphelinat, je trouve assez anecdotique Don’t be Afraid of the Dark, je n’aime pas du tout Splice et Les Yeux de Julia m’avait paru plutôt raté. Voilà, c’était juste histoire de calmer un peu la machine à contre-vérités et à raccourcis faciles.

  4. jackmarcheur

    Salut Arnaud, du coup, on est certain que tu as vraiment aimé Manolo non pas pour Del Toro , mais pour le film lui même !
    Merci pour cette mise au point.

  5. Moonchild

    Pour des gamins, évidemment Manolo peut faire la blague, le côté enlevé (tout va assez vite, trop vite à mon goût) et l’humour (bien que naze) pourront les satisfaire.
    J’avais quand même occulté un point positif du film, à savoir la palette de couleurs et l’utilisation du bois pour les personnages.

    Après, Manolo me fait fortement penser à Hôtel Transylvanie, même emballement narratif, même humour lourdingue et, plus grave, même tendance à affadir, édulcorer et même piétiner un univers fantastique et mythologique (ici les vampires, loups-garous et consorts).

    Si tu as le choix, Jack, emmène tes gamins voir les Boxtrolls, c’est top.

    Pour finir, et pour alimenter le post d’Arnaud, il est vrai que nous avons tous tendance à défendre nos idoles, parfois avec aveuglement et/ou mauvaise foi.
    Toutefois, il est difficile de prendre au sérieux quelqu’un qui va trouver des qualités au Rollerball de McT (tant ce film est une purge infinie où il n’y a rien à sauver).

    Concernant del Toro, dont je suis un grand fan, Pacific Rim est un film qui ne cesse de gratouiller mes méninges ; je crois n’avoir jamais autant fantasmé sur un film (moi, le mioche biberonné aux Goldorak, Spectreman et Bioman) ; si on me demande si j’aime le film, je réponds oui sans hésitation, sans doute pour les scènes, les séquences fortes qu’on y trouve, et aussi pour le côté iconique) ; mais, je me dis souvent que cela aurait pu être tellement mieux (les personnages, la narration, l’impression de fin du monde pas vraiment bien rendue, certains combats qui nous laissent sur notre faim). Pour pas mal de raisons, avec le recul, je pense que Hellboy 2 (comparable car film de studio lui aussi) est carrément supérieur à Pacific Rim.

    • tangoche

      Oui « Rollerball » est une purge infinie.
      Oui « Rollerball » à deux idées potables et deux séquences qui laissent voir ce que le film aurait pu (du) être.

      Non, je ne vois pas pourquoi je ne prendrais pas quelqu’un en sérieux en raison de goûts que l’on jugerait « déplacé » (j’ai même pu converser avec quelqu’un qui adorait Rohmer, que j’exècre, et dont le point de vue passionné et argumenté m’as fait relativiser le mien; franchement, je considère que c’est une chance de pouvoir penser contre soi même en laissant la possibilité d’avoir tort. C’est un stimulant intellectuel assez puissant, je trouve.).

  6. jackmarcheur

    Moonchild: Ok je montrerai Boxtroll à mes gamins.
    Mais aussi Manolo (de toute façon, ils prennent toutes les nouveautés en pack, bien ou pas bien)

    Faudrait que je revoie Rollerball, mais aussi 13eme guerrier, car je n’ai pas revu depuis la sortie ciné et ces 2 films m’avaient déçu à l’époque.

    Sinon, concernant tout ce qui est Pacific Rim, Godzilla, et tant d’autres blockbusters actuels, c’est que ce n’est que du CGI, et aussi bien faits qu’ils peuvent être, ça me gave.

    Je revoyais un bout de Top Gun l’autre fois, alors je me disais au moins ça c’est authentique, alors que de nos jours, ce ne serait que des CGI de merde !

    Je fais un rejet total des cGI depuis quelques années, depuis je pense AVATAR (qui n’est que du CGI à 98 %)
    qui m’a largement déçu.

    J’aimerais qu’on revienne à des films de la trempe de Abyss où 98% du film était en dur.

    Le projet de Tom Woodruff je crois qui veut faire un film d’horreur sans CGI, ça c’est excitant !

    Meme la BA de MAD MAX qui m’a dechiré la rétine,ça sent le CGI !

    Hellboy 2 c’est pas mal, mais tellement moins profond que le 1 ! Enfin c’est un avis personnel !

    Si t’as le temps, voilà ce que j’avais écrit à chaud sur HB2 à l’époque :

    http://www.gamekult.com/blog/jackmarcheur/125646/giclee-of-ze-week-end-hellboy-2.html

    et sur AVATAR

    http://www.gamekult.com/blog/jackmarcheur/164762/Mon+naavi+sur+avatar.html

    • tangoche

      Je vois que certains ont encore du mal avec cette idée : « Le cinéma c’est pour du faux »

      Mais on va y arriver…j’espère…Un jour !

      • jackmarcheur

        Tangoche : je n’ai pas vraiment de probleme avec l’idée que le Cinéma c’est pour du faux, car le cinéma EST faux, mais n’empeche, lorsque je suis au cinéma, j’aime bien CROIRE un peu à ce que je regarde.

        Alors que j’étais un fan des making of jadis, (j’achetais tous les SFX magazines, j’enregistrais tous les reportages de making of AVANT d’avoir vu les films eux meme sur VHS – oui je suis un vieux con je sais ), depuis que je me suis fait pourrir Cast Away de Robert Zemeckis (l’un des plus grands réalisateurs en activité) en regardant le making of, depuis je fais un rejet total des CGI et des Making of.

        Lorsque je vois 10 avions passer dans le ciel dans Indiana Jones et le crane de Cristal, je SAIS que c’est faux, et ça me sort tout de suite du film.
        Maintenant il y a du CGI meme dans les comédies, alors ça commence à bien faire non ? (cf Le Mytho et la scene du sourcil !)

        Et là c’est pas une question de faux ou pas faux, c’est une question de crédibilité du film, qui devient débile en fait (meme si j’ai adoré Le Mytho)

    • tangoche

      @JackMarcheur :

      « Je revoyais un bout de Top Gun l’autre fois, alors je me disais au moins ça c’est authentique, alors que de nos jours, ce ne serait que des CGI de merde !  »

      Grosse couche T_T’

  7. Moonchild

    Je pense m’être mal exprimé avec ce terme « sérieux ». Evidemment, je ne jette pas le discrédit éternel sur quelqu’un qui pourrait apprécier Rollerball de McT, après tout il peut avoir ses raisons et ses arguments.

    Ce qui me gêne, c’est plutôt l’idolâtrie institutionnalisée, l’aveuglement de certains. En effet, de nombreux cinéastes sont devenus des labels, des marques, des statues du commandeur impossibles à déboulonner.
    C’est bizarre, parce qu’aujourd’hui, plus personne ne défend Argento ou Carpenter, et c’est normal tant ils paraissent cramoisis.

    Pour ma part, j’adore Peter Jackson, mais je n’aime pas du tout The lovely bones (laid et cul-cul), j’aime beaucoup Terrence Malick mais déteste A la Merveille (une parodie de son cinéma) ; quant à Eric Rohmer, je suis très partagé sur son œuvre (j’aime beaucoup Le rayon vert mais suis très embarrassé devant Les amours d’Astrée et de Céladon).

  8. tangoche

    On va arrêter deux secondes avec les « amha » et les « je pense » : qui idolâtre qui de manière aveuglante ?

    (pardon, c’est juste pour qu’on aille droit au but car je sens que tu as quelque chose à dire mais que tu te retiens par peur d’ennuyer, ou de blesser quelqu’un ^^)

  9. Moonchild

    Je n’ai pas peur d’ennuyer ni de blesser qui que ce soit, ce n’est pas le but. Je fais juste un constat personnel et les personnes que je vise sont les fans aveuglés et la presse par exemple.

    Après, j’estime avoir le droit de dire que Capture mag me semble bien trop indulgent avec McT, mais ils ne sont pas les seuls.
    Par exemple, Télérama encense systématiquement les films de Woody Allen, pourtant quelle différence entre le très bon Blue Jasmine, le très moyen Magic in the moonlight et le médiocre Midnight in Paris ; de même, Positif a vanté les qualités des derniers Clint Eastwood, même des purges comme Invictus et Au-delà.

    Donc, je me pose des questions, peut-on faire preuve de si peu de discernement (de la part de cinéphiles en plus) ou y a-t-il (et la balance penche plutôt de ce côté pour moi) de l’aveuglement et/ou de la mauvaise foi ?

    Mais comme je l’ai dit, ce n’est qu’une impression personnelle, certains la partagent, d’autres pas.

    PS : tiens, un petit lien avec le foot, si on demande aujourd’hui qui est le meilleur joueur au monde, beaucoup répondront Messi (qui est devenu un label, une marque), alors que cela fait deux ans qu’il n’en branle plus une. Quel scandale, d’ailleurs, qu’il ait reçu le ballon d’or au dernier mondial.
    Une raison de plus pour se méfier des discours pseudo-majoritaires et officiels.

  10. jackmarcheur

    Au delà de l’idolatrerie aveuglée, finalement, la vraie question que tu poses, Moochild est :
    quel est le rôle du journaliste à notre époque ?
    Comment se situe l’avis du journaliste par rapport à nous, spectateur lambda?

    C’est Jean Pierre Putters qui dans les années 80, m’avait appris à ne pas dire que « tel film c’est de la merde », mais plutôt « JE n’ai pas aimé tel film, que JE considère comme de la merde ».

    Donc il avait bien remis les points sur les i : tout avis est subjectif (en tous cas c’est comme ça que je l’ai compris).

    Donc quand Telerama ou Capturemag ou Positif ou Les Cahiers du cinéma disent que tel film est bien, ce n’est pas Telerama ou … qui dit que le film est bien, mais juste le journaliste de Telerama …

    Du coup j’ai appris à me fier aux avis de ceux avec qui j’ai un peu les mêmes goûts.

    Mais en quoi un avis de journaliste prime sur ton avis à toi ? Pourquoi l’avis d’Arnaud Bordas qui encense Manolo est plus important que le tien ?
    C’est juste parce qu’on connait Arnaud et ses goûts plus que les tiens car il écrit dans MAd Movies et qu’on lit MAd Movies et Capturemag, donc on commence un peu à le connaitre l’animal !…

    Apres, on peut se demander pourquoi certains journalistes descendent des films alors que leur metier c’est justement de défendre les films pour inciter les gens à aller VOIR les films au cinéma.

    Je ne trouve pas tellement d’intérêt à faire 5 pages sur un film qu’on n’a pas aimé. C’est une perte de temps pour moi.

    Mais y’a forcément le coté financier qu’il faut prendre en compte : tu ne peux pas faire l’impasse sur Avatar au moment de sa sortie, même si tu n’as pas aimé le film, sinon ce serait suicidaire : c’est ce que STARFIX avait fait à l’époque : mettre en couverture un film mineur et laisser tomber le film majeur : Starfix n’existe plus alors que Premiere et Studio sont toujours la.

    Je suis abonné à So Film depuis quasiment le début, c’est un super journal, mais je me demande combien de temps il va tenir tant les sujets traités sont totalement hors du temps !

    J’aimerais bien que tu nous donne Arnaud ton point de vue sur la question : c’est quoi ton rôle de journaliste cinéma au final ?

  11. tangoche

    @Jackmarcheur :

    un petit détail que tu sembles omettre : Capturemag est un site de bénévoles (ça me semble avoir son importance dans ce que tu dis)

  12. jackmarcheur

    Tangoche: non non je sais très bien que Capturemag est un site de bénévoles, et c’est d’ailleurs extraordinaire que ce soit gratuit avec toutes ces interviews et analyses assez recherchées (je pense à Gravity par exemple) !

    Tu veux dire que les critiques sont peut être plus libre, et j’avais eu l’occasion d’en discuter avec l’un des redacteurs au moment de La Belle et La Bete de Gans,
    Le redacteur en question (je ne me souviens plus qui c’est et j’ai la grosse cosse d’aller rechercher le lien), me disait justement qu’il n’adoptait pas le même ton ici et dans le magazine où il écrivait….

    Mais gratuit ou pas, j’aimerais bien avoir un point de vue à ma précédente question !

    • ginger

      (je me permet à risquer un début de réponse à la place de l’intéressé ^^)

      Vu le nombre de fois ou on à du lui poser la question et pouvant penser (à juste titre ou pas) que cela cache plus une remise en cause de sa légitimité, en tant que critique, je pense qu’il est probable (AMHA/Selon moi/si j’osais/etc) qu’il soit passé au dessus (sachant qu’une réponse n’est jamais un du)

      ah oui, ton message comporte une grossière erreur : l’idée que l’avis de Arnaud serait plus important que n’importe qui.

      Pour une double raison, je crois :

      1 : aucun avis n’est fondamentalement plus important que celui d’un autre indépendamment de l’importance qu’on attache à la personne qui l’émet (à partir de ce principe, je connais quelqu’un qui m’as foncièrement donné envie de voir du Rohmer car ses arguments m’ont touchés et étaient d’une sincérité sans faille. De là, à dire que j’ai aimé…)

      2 : pour contrebalancer la cuculterie de 1, réduire la critique à un avis, une opinion, est un formidable malentendu (celui qui conduit un commentaire à reprocher à un Stéphane Moissakis de s’étendre sur le contexte marketing du film plutôt que sur le film en lui même ou celui qui conduit certains à envoyer des menaces à un autre parce que ce dernier à préféré axer sa critique sur un producteur, et son éviction, plutôt que sur le film qu’il à, par ailleurs, trouvé atrocement nul !) sur ce qu’est une « Critique »

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