L’ABSENCE DU DRAGON

Finie la télé réalité un peu trop intrusive (l’émission anglaise BEHIND CLOSED DOORS) et les petites apparitions dans des comédies russes ou françaises. En attendant de se faire botter le train par Sly dans EXPENDABLES 2, Jean-Claude Van Damme revient aux affaires, à savoir les DTV qui distribuent les gnons sans compter. C’est du moins ce que DRAGON EYES de John Hyams tente de nous faire croire.

On pensait qu’il n’y avait rien de plus « rassurant » qu’un bon vieux DTV d’action : un titre quelque peu interchangeable, un héros solitaire qui souffre un peu mais cartonne beaucoup, des méchants diaboliques et une intrigue simple, mais suffisamment linéaire pour enchaîner les patates dans la tronche à intervalles réguliers. Et c’est d’ailleurs sous cette forme que DRAGON EYES nous est vendu (voir la bande-annonce ci-dessous). C’était sans compter sur l’âme d’artiste du réalisateur John Hyams, fils de Peter Hyams donc (OUTLAND, et accessoirement TIMECOP et MORT SUBITE dans un registre plus proche de notre sujet). Avec un sujet aussi balisé que UNIVERSAL SOLDIER, le monsieur tentait déjà de jouer l’angle « réaliste » pour une suite qui, sur le papier, cumule pourtant les mêmes poncifs que les précédents épisodes. Et avec DRAGON EYES, il tente également de s’approprier le pitch de base (un quidam arrive dans une petite ville, avec l’idée de la débarrasser des gangs et de la corruption policière) pour en faire quelque chose d’un peu plus… ambitieux.

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Admettons. Mais s’il est certain que John Hyams a suffisamment de métier pour pouvoir proposer des cadrages et des compositions un peu plus soignées qu’à l’accoutumé dans des films aux budgets aussi modestes, son aspiration est ailleurs, dans le mélange des genres et des influences qu’il tente d’insuffler dans son film. Et c’est tout le problème de DRAGON EYES, qui manque à ce point de cohérence au final qu’il semblerait que chaque partie présente sur le tournage (les acteurs, le réalisateur et le producteur, ce vieux roublard de Moshe Diamant) ait tenté de faire son propre film. Nous avons donc d’un côté le film de gangster rempli de pieds nickelés, à la façon du Guy Ritchie de SNATCH, notamment grâce à la performance en roue libre d’un Peter Weller qui joue un flic corrompu aux origines italiennes, costard trois pièces et borsalino à l’appui. Et de l’autre côté, nous avons quelques gros bras du MMA aux oreilles en choux fleurs qui font face à Cung Le, le héros aux « yeux de tigre » (et ouais, tant pis pour la cohérence du titre) qui a juré de tous les ratatiner un par un. Et notre bon vieux JCVD dans tout ça ? Il envoie un kick, s’offre un petit flashback en plan séquence, donne quelques conseils « philosophico-martiaux » de sensei à Cung Le et disparaît dès qu’il a atteint son petit quota à l’écran, à savoir quinze minutes à tout péter. Et dans l’absolu, il résume toute la problématique de DRAGON EYES, qui ne se serait certainement pas monté sans son nom, mais qui aurait très bien pu se passer de sa présence sans que cela ne nuise au projet global. Entre ça, et le service minimum assuré dans EXPENDABLES 2, on peut dire que les essais méritants de IN HELL, JCVD et REPLICANT n’ont pas vraiment porté leurs fruits pour ce bon vieux Jean-Claude.

TITRE ORIGINAL Dragon Eyes
RÉALISATION John Hyams
SCÉNARIO Tim Tori
CHEF OPÉRATEUR Stephen Schlueter
MUSIQUE Michael Krassner
PRODUCTION Alan Amiel, Moshe Diamant, Joel Silver & Courtney Solomon
AVEC Cung Lee, Jean-Claude Van Damme, Peter Weller, Johnny Holmes, Sam Medina…
DURÉE 91 minutes
ÉDITEUR SPHE
DATE DE SORTIE 18 juillet 2012 (en DVD et Blu-ray)
BONUS
Les coulisses du film

1 Commentaire

  1. gb

    Depuis le temps que j’essaie de convaincre les gens autour de moi que In hell est un des meilleurs films de Van Damme, ça fait plaisir de lire quelqu’un qui partage mon avis.

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