LA THÉORIE ET LA PRATIQUE

Y a-t-il projets cinématographiques français plus ambitieux et enthousiasmant que ceux de Christophe Gans ? Permettez-nous d’en douter. D’ailleurs, comme ce fut déjà le cas à l’époque du PACTE DES LOUPS, LA BELLE ET LA BÊTE s’impose sur le papier comme un projet en tout point euphorisant. Ces belles promesses ont-elles été tenues ? Notre verdict.

La cinéphilie française doit énormément à Christophe Gans. Tribun d’exception bénéficiant d’une culture qui semble ne connaître aucune limite et armé d’un discours souvent très articulé, cette personnalité forte nous a ouvert quantité d’horizons avec, entre autres choses, le magazine Starfix et plus tard la fabuleuse collection HK qui était accompagnée d’un magazine tout aussi mémorable. De même, chaque promotion de ses films, à l’exception de SILENT HILL sur lequel il s’était volontairement mis en retrait, nous offre un argumentaire moderne et, malheureusement, quasi unique dans le paysage cinématographique français. On se souvient ainsi qu’à l’époque de la sortie de CRYING FREEMAN, Gans avait été l’un des premiers, si ce n’est le premier, à signaler la nécessité de défendre un cinéma de genre français. Et il suffit de voir cet extrait d’entretien accordé à Vodkaster lors de la promotion de LA BELLE ET LA BÊTE pour se convaincre de la nécessité de son discours :

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Il est finalement logique que sa vision du septième art contamine son œuvre de réalisateur. Porté par pléthores d’envies souvent légitimes et nécessaires, ses films, surtout lorsqu’ils sont produits sur le sol français, promettent de faire avancer notre industrie lénifiante et réactionnaire. Et LA BELLE ET LA BÊTE ne fait pas exception à la règle : osant replonger dans les œuvres de l’imaginaire tricolore, cet audacieux projet promet de dépoussiérer le film en costumes avec une mise en scène en totale adéquation avec les dernières avancées technologiques cinématographiques, performance capture comprise, puisque la Bête est conçue via un masque numérique « porté » par Vincent Cassel. Armé d’un budget impressionnant, à l’échelle de l’industrie hexagonale, de 35 millions d’euros, Gans ambitionne ainsi de faire un grand spectacle rassembleur, proposant quantité de niveaux de lectures et capable de propulser le blockbuster français dans une modernité de bon aloi.
Ça, du moins, c’est la théorie. Malheureusement, la pratique est nettement moins enthousiasmante.

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Au sortir de la salle, la déception est une nouvelle fois à la mesure de l’attente. LA BELLE ET LA BÊTE est, au mieux, un beau livre d’images glaciales, qui n’est pas dénué de quelques idées amusantes, mais surfait et souvent très mal interprété. Si Léa Seydoux est un miscast évident (pour la figure virginale, on repassera), Cassel est aberrant de nullité, avec un jeu théâtral grandiloquent que même le filtre du visage en CGI ne parvient pas à atténuer. Et au pire, le film sombre dans le rococo kitsch et, comme à son habitude, Christophe Gans se montre à la fois victime de la mode et incapable de ménager ses effets, en particulier lors d’un final écœurant de numérique (et c’est moi qui le dit !). On mettra volontiers cet écueil sur le compte de son enthousiasme débordant, de même que nous sommes tentés de dire que tout le film possède les défauts des qualités de Gans.

Belle (Léa Seydoux), un choix discutable pour un personnage de jeune fille simple, vierge et au coeur purOn est en effet en droit de se demander si le spectateur en tout point exceptionnel qu’est Christophe Gans ne l’empêche pas d’être un cinéaste pertinent. Un peu comme si, contraint de par sa nature à observer son film de l’extérieur, le réalisateur ne parvenait pas à l’investir de l’intérieur. Car c’est bien là que réside le principal problème de LA BELLE ET LA BÊTE : une incapacité totale à prodiguer la moindre émotion. Qu’il s’agisse de la peur que doit inspirer le monstre, de la romance naissante entre ces deux êtres situés aux antipodes du spectre humain, ou de la tragédie du prince, rien ne ressort de ce morne catalogue de bonnes intentions. D’ailleurs, pour la première fois de sa carrière, Gans s’essaie réellement à l’humour avec un résultat pathétique : on défie quiconque de sourire devant les pitreries des sœurs de Belle. Ce souci n’est pas uniquement frustrant, il est aussi à l’occasion irritant, en particulier lorsque le cinéaste incite dans son récit-cadre à découvrir le film avec un regard d’enfants. Un rappel à l’ordre surgissant à intervalle régulier dans l’intrigue au cas où nous aurions oublié quel était le but initial du film, et qui ne fait que surligner le gouffre qui sépare les intentions du réalisateur, des mécanismes de son œuvre.

Alors, faut-il aller en salles soutenir LA BELLE ET LA BÊTE ? Absolument, et le fait que les spectateurs français lui aient pour l’instant préféré la suite des TROIS FRÈRES est une nouvelle affligeante qui en dit long sur l’état de notre industrie cinématographique. Est-ce pour autant un bon film ? Rien n’est moins sûr.

TITRE ORIGINAL LA BELLE ET LA BÊTE
RÉALISATION Christophe Gans
SCÉNARIO Christophe Gans et Sandra Vo-Anh d’après l’œuvre de Gabrielle-Suzanne de Villeneuve
CHEF OPERATEUR Christophe Beaucarne
MUSIQUE Pierre Adenot
PRODUCTION Frédéric Doniguian, Romain Le Grand, Florian Genetet-Morel, Richard Grandpierre, Vivien Asianian, Henning Molfenter, Christoph Fisser, Daniel Marquet, Charlie Woebcken
AVEC Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier, Eduardo Noriega, Myriam Charleins, Audrey Lamy…
DURÉE 1h52
DATE DE SORTIE 12 février 2014

18 Commentaires

  1. malàstrana

    « Alors, faut-il aller en salles soutenir LA BELLE ET LA BÊTE ? Absolument »

    Oui… mais non: le militantisme cinéphile consistant à soutenir malgré tout un mauvais film, je trouve cela aberrant. On ne rend pas service au cinéma de genre en excusant tout sur l’autel du « au moins c’est ambitieux ». Il y a 10 ans des « maléfique » et autres « haute tension » restaient de bons films en dépit de leurs défauts, là je n’ai même pas l’intention de vérifier ce qu’il en est avec le nouveau Gans tant votre – très intéressant – papier confirme toutes mes craintes.

  2. Alphonso

    Soutenir le film, ne serait-ce que pour prouver aux décideurs qu’un grand film populaire et ambitieux en France est viable, est en soi louable et même nécessaire.
    Mais que faire quand un tel militantisme n’est pas suivi d’effets? Comment réagir quand le succès énorme du Pacte des loups, qui aurait logiquement dû ouvrir la voie à ce genre films, n’a débouché sur rien?
    C’est triste à dire, mais soutenir un grand film français populaire et ambitieux, est-ce réellement utile? 🙁

  3. Tirry

    J’avais apprécié Crying Freeman et Silent Hill. (avoir des comédiens étrangers est définitevement un avantage) Le Pacte des Loups malgré ses soit disant « grands acteurs » et un Le Bihan à côté de la plaque, était une claque 100 fois plus audacieuse que La Belle et La Bête. Ceci étant, ce dernier ne fait pas un score honteux au box office (660 000 entrées pour sa première semaine). Et vu sa faible différence prévu pour sa deuxième semaine (-25%)… le film peut espérer atteindre la barre des 2.000.000 d’entrées.

    En faite, je me pose une question… La Belle et La Bête n’est il pas une commande proposé à Gans ? Sa condition: se faire plaisir avec son final.

  4. CMF

    @Tirry
    Evidemment ce n’était pas un premier choix comme projet. Gaumont/Pathé ont demandé à Gans quel remake il souhaiterait faire, en replacement de FANTOMAS…

  5. jackmarcheur

    « un beau livre d’images glaciales »

    « une incapacité totale à prodiguer la moindre émotion »

    bin c’est un peu ça le probleme du cinéma de Gans depuis Crying Freeman : plastiquement beau, mais dénué de toute émotion.
    Or ce qu’on (je) recherche dans le cinéma, c’est justement l’Emotion.

    Apres j’ai du mal à comprendre la notion de « film de GENRE français ». En quoi La Belle et La Bete est un film de genre?

    Y’a autre chose encore, on savait que Gans avait bossé sur Rahan un temps, une bédé française jamais portée à l’écran. L’intention était louable en soi !

    Au moins un Français qui adapte une bédé française (alors que Tintin et le Schtroumphs ont été phagocytés par le cinéma US!)

    Mais pourquoi avoir choisi de remettre le couvert avec une histoire déjà vu et revue : wikipédia recense 12 adaptations ciné et 5 adaptations télé de l’histoire de la Belle et la Bete AVANT celle de Gans.

    Et si le probleme, c’etait juste le choix des projets en France?

    On n’arrête pas de cracher sur la pauvreté des idées du cinéma américain, ouais y’en a que pour des suites, des remakes et des reboots, c’est de la merde, ça tire par le bas, et là en France, on a quoi ?

    3 freres 2, le coeur des hommes 3, et … La Belle et La bête !

    Avant de regarder la poussiere dans l’oeil de ton voisin, regarde donc la poutre qui est dans ton oeil !

    En quoi le remake de Gans est il plus defendable que.. bon au hasard Robocop version 2014 ?

    Et si vous avez à choisir entre Robocop et La belle et La bête, qu’est ce qui vous excite le plus ? Personellement mon choix est fait : Robocop m’excite bien plus !

    Le problème avec Gans, c’est qu’on a envie d’aller voir un film DE Gans, et non pas un film tout court.

    Gans dit aussi dans son interview Vodkaster que pleins de jeunes talentueux essaient de pousser la porte qui ne s’ouvre pas, mais j’ai envie de dire BORDEL Christophe, qu’est ce que tu attends pour les aider ???

    A la limite tu serais encore journaliste à Starfix, je comprendrais, mais là t’es en plein dedans, tu ES le cinéma français actuel, alors sur les 35 millions de la Belle, prends donc 500 000 euros et donne les aux jeunes qu’ils s’expriment !

    Ok ok ,je sais bien que ce n’est pas aussi simple que ça, mais quand meme, tout le monde crache sur Luc Besson, sur son cinéma de genre qualifié de bouze, mais n’empeche, un film comme Le baiser du Dragon, ou meme Banlieue 13, c’est quand meme sympa, c’est parfois totalement français, ça marche en france, ça s’exporte.

    Avec le recul, peut etre que LE Pacte des Loups a juste été un accident ? un coup de chance.

    Et je pose la derniere question qui tue : et si Christophe Gans n’était pas un bon cinéaste / directeur d’acteur ? (désolé Christophe, mais je t’adore quand même !)

  6. jackmarcheur

    PS : Julien, je suis assez d’accord avec malastrana : en gros tu dis à tes lecteurs : « si si, c’est un film pourri, mais comme c’est un genre français moribond et c’est de Gans, allez le voir donnez vos brouzoufs quand même ! »

    Du coup, ton rôle de journaliste c’est quoi finalement ?
    Ta reaction n’est pas un peu limite?

  7. Julien DUPUY

    Salut les gars,
    Je réponds à jackmarcheur et malàstrana d’un coup !
    Mon rôle de journaliste, ou ici de critique plutôt, c’est aussi d’adapter l’angle de mon papier au support qui le publie. En l’occurrence, cette critique n’est pas destinée à 3 Couleurs ou Première.fr, pour prendre deux autres supports auxquels je collabore, mais à Capture Mag. Or, Capture touche quoi ? Quelques centaines, quelques milliers de gens au mieux ? Or, je pense que les gens qui viennent ici sont des spectateurs avertis, actifs et qui ont une démarche militante vis-à-vis d’un certain type de cinéma. Et donc, oui, je pense que d’une part un projet comme La Belle et la Bête, comme Le Pacte des loups en son temps d’ailleurs, tu n’en as juste pas en France, ou alors un tous les cinq ans (au mieux). Par conséquent je pense également qu’il n’est pas déplacé de conseiller à ces spectateurs militants : « Allez-y, il faut montrer à Pathé qu’il vaut mieux dépenser 35 millions d’euros dans ce type de film, même s’il est raté, que dans une adaptation de Pagnol ou une comédie de Dany Boon. » C’est un achat de ticket utile. Mais je ne crois pas être tendre avec le film pour autant hein. Par contre, si nous (et tous les groupes équivalent en France hein, évidemment) on ne va pas soutenir un film comme La Belle et la Bête, qui va le faire ?

  8. Malàstrana

    Je comprends la démarche, reste qu’à la lecture de ton papier, il est bien difficile de se motiver à aller voir un film que tout indique raté. Je n’ai pas encore vu MINUSCULE, donc mon sens des priorités pour soutenir les œuvres nationales différentes passera d’abord par celui-là !

  9. jackmarcheur

    Salut Julien, merci beaucoup pour ta réponse.

    Comme Malastrana, je comprends ta demarche, mais en fait, tu aurais peut être dû aller jusqu’au bout de ta logique (soutenir le film) et ne parler que des aspects positifs du film (décors, CGI des décors,projet d’envergure …) sur 3 paragraphes et mettre juste 2 lignes sur ce qui est pourri (direction d’acteur, emotion, …), -et non l’inverse- ça aurait donné plus envie d’aller le voir !

    Qu’entends tu par : « cette critique n’est pas destinée à 3 Couleurs ou Première.fr » ?
    Ca veut dire que tu vas plutot encenser le film sur ces magazines et embobiner le spectateur ? 2 poids 2 mesures?

    Je sais que ces magazines à gros tirage (que je lis assez souvent d’ailleurs) ont une ligne editoriale à respecter, et je sais qu’à L’ecran Fantastique par exemple, certains redacteurs ont été obligés d’ecrire le contraire de ce qu’ils pensaient à propos d’un film, pour justement rentrer dans le moule de la ligne editoriale (dictatoriale ?).

    « Si nous , on ne va pas soutenir un film comme La Belle et la Bête, qui va le faire ? »

    Bin justement des mag’s comme L’EF, Premiere, Teaser, Studio Cine Live… et surtout le public !

    D’apres ce que j’ai compris, toutes les critiques ont chié sur 3 frères 2, mais le succès est là.
    Est ce à dire que finalement, l’impact du journaliste est negligeable ? (une copine vient de le voir et me dit cet aprem que c’est vraiment marrant, et mieux que le 1 !)

    Loin de moi, l’idée de remettre en question l’importance du rôle du critique de cinéma,

    mais dans tous les cas, je persiste à croire que le choix du remake d’une histoire vue et re re re (x12) revue est un MAUVAIS choix, quand bien même c’est notre Christophe Gans adoré qui s’y colle !

    Non désolé, je n’ai pas envie de soutenir de tels projets réchauffés !
    Sans déconner, lorsqu’on regarde la filmo de Gans : à part le Pacte des Loups qui est une histoire originale (et que je n’ai pas aimé d’ailleurs), et ses 2 court-metrages, y’a que des adaptations de jeux video (Silent Hill) / mangas (Freeman) et là La belle et la Bete.

    Je n’ai pas envie que ses prochains projets soient un reboot de Fantomas, ou Nemo, ou Tarzan

    ou des adaptations de Bob Morane ou Rahan, Diabolik , onimusha …. que sais je encore ?

    Y’en a un qui fait tres bien ça, d’adapter des choses existantes : Uwe Boll ! (putain la comparaison !)

    Moi je veux que Gans arrête de se fourvoyer dans des projets de merde !

    Je veux qu’il fasse des films comme Gravity !

    D’ailleurs pourquoi un mexicain (Cuaron) est capable de faire du Gravity et pas Christophe ? Hein pourquoi ? Est ce qu’il s’agit VRAIMENT/SEULEMENT d’un manque de moyens en France comme il le dit dans son interview ?

    Je veux des histoires originales, jamais vue/vécues et pas des redites !

    donc voilà pourquoi je pense qu’il NE FAUT PAS soutenir et aller voir La Belle et La bête de Christophe Gans au cinéma, parce que sinon, il va continuer ses projets de merde.

    C’est un coup de gueule envers Christophe mais j’attends sincerement le jour où il arrêtera de se regarder le nombril

    (« ouais les gars je me fais trop plaisir en tournant ça, c’est ma cinéphilie, ah ouais ce plan est trop bien, et ce ralenti non de diou ! trop beau » – c’est ce qu’il dit en substance dans les suppléments du Pacte des loups hein, j’invente rien !- le narcissisme n’expliquant pas tout!),

    Vraiment j’attends impatiemment le jour il arrêtera de se faire plaisir à lui et où il cherchera à faire plaisir au spectateur et qu’il sortira VRAIMENT son Gravity à lui, ou son Abyss, ou son Django, bref SON VRAI film qui me retournera le cerveau,
    et pas des reboots ou adaptations de merde qui refletent la pauvreté actuelle des idées originales!

    (merci de lui transmettre !)

  10. jackmarcheur

    PS : Christophe, tu mérites mieux que tous ces projets merdiques !

  11. Poivre

    D’accord avec cette critique: une ambition et de belles intentions derrière mais qui ne se concrétisent jamais.
    J’ajouterais également un script vraiment pas terrible, balayant d’un revers de la main certains passages obligés, comme pour tenter de se démarquer et d’être « original », mais qui à côté de ça se vautre dans une introduction longue et chiante, avec en plus certains défauts déjà présents dans le Pacte des Loups (trop de personnages mal écrits qui ne servent à rien).

    Pour autant je me retrouve complètement dans l’idée de soutenir ce film: oui j’ai été le voir alors que la bande annonce m’a refroidi et que les avis étaient plus que mitigés, mais bordel un nouveau film de Gans je pouvais pas rater ça en salles. Par contre de là à en inciter d’autres à aller le voir…

  12. jackmarcheur

    J’étais comme toi Poivre, depuis son 1er long metrage : « ouaaiiissss Gans tourne un nouveau film, vivement !  »

    Je lisais les news de Crying Freeman dans Kameha magazine, Le Pacte dans Impact magazine, Silent Hill dans Mad Movies…

    J’ai tous les DVD collectors chez moi, meme le Necronomicon, mais j’ai jamais revu les films depuis la sortie ciné, parce qu’à chaque fois je suis sorti déçu de la salle.

    Avec la Belle et La Bete, et ce texte de Julien, c’est vraiment la premiere fois que je revois la filmo et les projets de Christophe de façon globale, d’où ma deception et mon coup de gueule du dessus, non pas pour descendre Gans, mais pour lui dire que j’attends un peu mieux de lui !

    Peut être que je devrais quand même payer ma place de ciné cette fois encore et aller voir le film avant d’ouvrir ma grande gueule, mais franchement le sujet me gave, les CGI me sortent par le trou de nez depuis un bon moment, l’histoire je la connais déjà (à la limite je veux bien me taper la version de Cocteau), Vincent Cassel me gave (en fait depuis Dobermann !) Lea Seydoux ne m’attire pas du tout, ajouté à tout ça vos critiques qui descendent le film, ..
    Ca donne pas envie quoi …

    La question c’est : si c’était pas de Gans, est ce que tu serais allé voir cette nouvelle version ? (es tu allé voir par exemple Hansel et Gretel ? ou Blanche Neige et les Chasseurs?)

    Un autre pour terminer : si Gans se lance sur un projet intitulé « Martine va à la Plage », tu vas payer ton ticket quand même mon Poivre?

    • Poivre

      Pour « Martine à la Plage » faut voir: tu m’aurais dit il y a quelques années que j’allais un jour payer pour aller voir un biopic sur Claude François (et kiffer le truc), je t’aurais ri au nez !

      J’ai été voir le film parce que c’était effectivement Gans derrière la caméra. On a tous des réalisateurs qu’on affectionne, dont on ne peut s’empêcher de suivre le parcours car leur vision du cinéma nous parle. Tout comme Florent Emilio Siri, Christophe Gans fait parti de cette short list de réals français que j’affectionne et qui me fascinent tant dans leurs réussites que dans leurs échecs.

      Mais sur le fond on a des points d’accord. Oui Gans n’a pas eu la carrière qu’il méritait: il a passé trop de temps à développer des projets qui n’ont jamais vu le jour et qui avaient beaucoup plus de potentiel que La Belle et la Bête (si t’as jeté un oeil à l’artbook Axis Mundi de Mathieu Lauffray, tu sais de quoi je parle). Et c’est pas pour le défendre, mais malheureusement l’expérience je pense qu’elle s’acquière sur les tournages, Gans il a pas fait suffisamment de films en 20 ans pour être vraiment à l’aise avec certains trucs basiques. Et quand un de ses projets a la chance d’être greenlighté, on a l’impression que le planning est hyper serré, que tout devrait déjà être fini pour la veille. Il faudrait certainement comme tu le dis qu’il reparte d’un projet original, sans licence étouffante, avec un plus petit budget et moins de pression.

  13. Julien DUPUY

    Oh non Jackmarcheur, je vais surtout pas revoir mon jugement selon mon support. C’est sur la façon de l’exposer et de l’étayer que je vais m’adapter. Mais mon avis reste le même, et mes écrits demeurent cohérents (en tout cas, j’essaie).

  14. jackmarcheur

    Julien, merci bien pour la précision. Je lis Premiere de temps à autre mais je ne savais pas que tu écrivais autre part que dans Mad Movies !

    Poivre, bin parlons en justement de la mode des Biopics en France , entre celui de Coluche, Cloclo, Coco Channel, Yves St Laurent et les biopics like comme celui sur Sarko … sans compter ceux sur les serials killers comme Roberto Succo…

    Mais pourquoi on produit de tels films ? Je t’avoue que je n’ai vu que celui sur Sarko, mais c’est ma moitié qui avait choisi le film (au demeurant interessant, car il confirme que tous nos chefs d’état sont vraiment des bouffons ! cet avis n’engage que moi bien sûr)

    Que c’est chiant alors les biopics! Bon il en faut pour tous les goûts hein ! mais c’est vrai que je n’adhere pas à l’evolution de Siri (son Otages m’avait impressioné, tout comme son Nid de Guepes), ni celui de Kounen (Ah Dobermann, Ah Blueberry ! Aaahhh Capitaine X et Vibroboy ! ). En vieillissant, leur interet evolue d’accord, mais bon, je ne suis pas.

    Le seul qui n’a pas encore perdu sa rage, pour moi, c’est Matthieu Kassovitz. Je n’ai pas encore vu l’Ordre et la morale, mais j’ai vu un bout du making of, et ça m’a l’air gratiné.
    J’ai bien aimé Babylo Ad qui s’est fait descendre partout, mais putain, c’est un français qui l’a réalisé quoi !

    Pour revenir a Gans, 200 % d’accord avec toi pour « un projet original, sans licence étouffante, avec un plus petit budget et moins de pression », mais surtout qu’il arrête de ne tourner que de belles images, et qu’il injecte une grosse dose d’émotions dans ce qu’il fait !

    Je suis certain qu’il en a la capacité, mais il lui faut une bonne remise en question !
    Comment un gars qui a su mettre en avant certains metteurs en scene importants à l’époque de Starfix, ne puisse pas choisir de bons projets ???
    C’est un vrai mystere ! Ou alors il est vraiment mal entouré !

  15. jackmarcheur

    Hey Christophe, si t’as 2 minutes, viens donc discuter un instant avec nous s’il te plait ! ^^

  16. Foodstuff

    Petit aparté dans ce débat très intéressant: Dans la série « metteur en scène français ayant du mal à monter des projets », ce serait bien de faire un papier sur Nicolas Boukhrief. Plus de nouvelles depuis son Gardiens de L’Ordre qui maintenant date de 2009… Un mec talentueux avec une vision personnelle du cinéma qu’on devrait placer de nouveau sous les projecteurs et qui mériterait (très largement) de pouvoir s’exprimer.

  17. jackmarcheur

    hey Foodstuff, bin figure toi que je pensais à lui hier soir apres avoir eteint mon ordinateur ! j’ai pas vu tout de lui , mais son Convoyeur m’avait pas mal scotché !
    Encore un ancien Starfix qui a du mal à monter ses projets ??? Mais pourquoooaaaaaaa à la fin ?

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