LA RÉVOLUTION EN COULEUR

On se plaignait récemment du manque de jeux de plateformes sur les consoles HD, mais c’était sans compter sur THQ et sa licence DE BLOB. Après un premier épisode uniquement disponible sur Wii, l’éditeur entreprend avec DE BLOB 2 de produire un titre multi-consoles, qui gagne en définition ce qu’il perd en maniabilité (sans la Wiimote s’entend). Pourtant, avec son univers chatoyant et son design simple mais attrayant, le jeu développé par les australiens de Blue Tongue ne manque pas de charme…

N’empêche, drôle de projet que ce DE BLOB 2, dont le principe reste le même que le jeu original, puisque le joueur incarne toujours un sympathique petit blob absorbant chargé de redonner des couleurs à des univers assombris par des ennemis au fonctionnement quelque peu totalitariste. Sur le papier, et même sans la Wiimote, la formule est toujours aussi efficace et sympathique, avec son style visuel délicieusement naïf et sa logique de gameplay utilisant des codes couleurs pour permettre au joueur d’évoluer à travers les divers niveaux. Le blob est donc amené à absorber diverses peintures et faire des mélanges, pour écrabouiller certains ennemis moroses, ou encore repeindre les buildings et les bicoques des divers endroits qui ont été ravagés par une forme de marée noire volontairement causée par un certain prêtre qui se fait appeler « Papa Blanc », le nouvel alias du diabolique « Camarade Noir », le méchant du premier jeu. Puisque les défauts du premier jeu n’ont pas vraiment été corrigés, et notamment cette caméra particulièrement problématique qui bute sur le moindre élément de décor, il faut cependant reconnaître que les passages les plus agréables sont donc les moments ou le protagoniste principal passe en mode 2-D pour être dirigé de façon plus traditionnelle avec des niveaux de plate-forme à l’ancienne dans lesquels il s’agit de descendre en souterrain pour débloquer la peinture et les couleurs sabotés par les tristes sires qui œuvrent pour « Papa Blanc ».

Conçu dans un esprit « bon enfant » assez évident, DE BLOB 2 a ceci de particulier que sa narration est conçue dans une logique politisée, du moins autant que ce soit possible dans une production familiale de la sorte. Qu’il s’agisse de l’intrigue, du look des ennemis comme de la mise en place des différents niveaux, les développeurs accrochent donc le joueur avec autant d’éléments et de mises en place inattendus. L’évolution des niveaux, qui passent du sénat au détournement d’une centrale nucléaire, et l’évocation de certains ennemis, comme des gourous de sectes et des soldats qui portent des casques à pointes (!) sont donc relativement décalés dans le cadre d’un jeu pour tous, même si celui-ci n’hésite pas à plonger dans la politique récente (le décompte des votes très critiqué de l’élection à la présidence américaine de 2000 est clairement référencé) pour nourrir son intrigue. Certes, il s’agit ici d’une toile de fond relativement vague, mais le propos des développeurs n’en est pas moins présent, et d’une certaine manière, c’est aussi ce qui fait le charme de leur projet quelque peu à contre-courant de la norme du genre. Vraiment un drôle de jeu que ce DE BLOB 2

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