LA NUIT AMÉRICAINE

Sorti dans nos salles il y a à peine une semaine, l’impressionnant ZERO DARK THIRTY de Kathryn Bigelow méritait sans aucun doute que l’on prenne un peu de temps pour vous en parler. Voici donc avec un peu de retard notre critique d’un des films les plus attendus de ce début d’année. Certes, la conclusion du film est connue de tous mais néanmoins, pour ceux qui n’ont pas encore vu ZERO DARK THIRTY, on leur déconseillera de lire le dernier tiers du dernier paragraphe puisqu’il évoque le dernier plan du film (qui n’est pas un rebondissement en soi mais bon, on préfère quand même vous prévenir).

Étonnant parcours que celui de Kathryn Bigelow. Il y a encore dix ans, suite au bide carabiné de son pourtant superbe K-19, elle sombrait peu à peu dans les profondeurs de la cinéphilie, écharpée par les critiques et oubliée par le public qu’elle avait pourtant si bien diverti avec son célèbre POINT BREAK. Évidemment, ses admirateurs l’avaient un peu mal, tentant par tous les moyens de convaincre les derniers adeptes de ne pas s’en aller (« Enfin les mecs, la seule réalisatrice de films d’action ! Merde quoi ! »). Et pourtant, dix ans plus tard donc, ladite réalisatrice, visage de cariatide, tailleur pantalon strict, affiche sa rayonnante soixantaine sur la mythique couverture bordée de rouge du Time Magazine. Que s’est-il passé entretemps ? Un film, DÉMINEURS, activement soutenu par la critique et récompensé de six Oscars (dont ceux du meilleur scénario, du meilleur réalisateur et du meilleur film), malgré une carrière en salles très mitigée. Un impressionnant exercice de style, dans lequel Bigelow axait entièrement sa mise en scène autour du concept qui servait de phrase d’accroche à son film (« la guerre est une drogue »), filmant les scènes de caserne ou de retour au pays de manière terne et naturaliste alors que les scènes d’action, et notamment celles de déminage, grouillaient d’artifices visuelles et sonores destinés à décupler leur impact, à donner au spectateur l’impression d’un shoot d’adrénaline. DÉMINEURS illustrait ainsi l’un des thèmes de prédilection de la cinéaste, déjà abordé dans AUX FRONTIÈRES DE L’AUBE, POINT BREAK ou STRANGE DAYS : la quête, à la fois galvanisante et destructrice, d’une réalité parallèle capable de transcender le quotidien.

S’il aborde des thèmes voisins (notamment les conflits moyen-orientaux de l’après 11 septembre) et s’il reconduit la fructueuse collaboration entre Bigelow et son scénariste Mark Boal, ZERO DARK THIRTY n’a finalement pas grand chose à voir avec son prédécesseur. Principalement parce qu’il s’agit avant tout d’un projet à la narration beaucoup plus ample et beaucoup plus complexe, en l’occurrence celle d’un film-dossier prétendant résumer près de dix années de la traque d’Oussama Ben Laden, l’ennemi numéro 1 des États-Unis depuis sa revendication des attentats du 11 septembre 2001. Forcément, en affichant de telles ambitions, qui plus est alors que la construction du nouveau World Trade Center n’est même pas encore achevée, le film prêtait le flanc à la polémique. Et cela n’a pas loupé. Tout d’abord taxé de propagande pro-Obama par quelques Républicains excités avant même que la moindre image du film ne soit visible, le film s’est finalement vu accuser par certains intellectuels de gauche de célébrer les gaietés de la torture dès sa sortie sur les écrans. C’était notamment le propos de l’acteur engagé et membre de l’Académie des Oscars David Clennon (sans doute plus connu des lecteurs de Capture pour avoir incarné le malheureux Palmer dans THE THING – celui qui révélait son infection au cours du fameux test du sang), qui, dans une tribune pas piquée des hannetons, a carrément accusé ZERO DARK THIRTY de faire la promotion de la torture, le comparant notamment à un documentaire pro-nazi de Leni Riefenstahl. Évidemment, le film est bien loin de ce genre d’élucubrations : ne servant la soupe ni au Président des Etats-Unis, ni au Chancelier du IIIe Reich, il ne prend en fait qu’un seul parti, auquel on pouvait légitimement s’attendre de la part de Kathryn Bigelow.

Car s’il fallait à tout prix comparer ZERO DARK THIRTY à un autre film de Kathryn Bigelow, ce serait plus volontiers à K-19, qui illustrait avec maestria l’un des autres thèmes fondamentaux de la réalisatrice : le sens du devoir et du sacrifice chez les hommes de terrain. En suivant le parcours de Maya, une analyste de la CIA qui mettra tout en œuvre pour retrouver Ben Laden et qui ne lâchera jamais le morceau au fil des années, il est évident que la réalisatrice souhaitait mettre ses pas dans ceux d’une femme qui croit dur comme fer en ce qu’elle fait, se battant pour cela contre ses ennemis mais aussi contre sa propre hiérarchie. De même qu’elle nous montrait dans K-19 des sous-mariniers russes devant faire face à l’incompétence de leurs supérieurs, qui les ont fait embarquer dans un submersible nucléaire pas encore prêt à prendre la mer, Bigelow nous décrit ici la quête d’une femme qui ne vit que pour retrouver le leader terroriste qu’elle traque, contrairement à ses patrons et aux politiciens, qui se sont tous résignés à la voie de l’inaction et des basses manœuvres servant uniquement leurs propres intérêts. Malgré les épreuves qui s’accumulent et les camarades qui tombent au champ d’honneur, Maya et le capitaine Polénine (le héros de K-19 campé par Liam Neeson) n’auront de cesse de ne jamais perdre de vue leur raison d’être, leur devoir de combattant : maintenir son bâtiment en état de marche pour l’un, trouver sa cible pour l’autre. Et tous deux n’auront de cesse de signifier à leur hiérarchie son manque flagrant de clairvoyance, de compétence et de constance lorsqu’il s’agit de passer à l’action. Maya ira même jusqu’à dire à son chef direct en poste à Islamabad : « Vous ne connaissez pas le Pakistan et vous ne connaissez rien à Al-Qaïda ! ». Mais il y a une autre phrase encore plus importante dans ZERO DARK THIRTY. Une phrase qui a été oubliée par la plupart des laudateurs du film alors qu’elle situe parfaitement le propos de Bigelow, à la fois beaucoup plus humain et beaucoup plus complexe que n’importe quel pamphlet pacifiste ou brûlot belliciste.

Cette phrase, c’est Maya qui la prononce en portant un toast en compagnie de sa collègue Jessica : « Aux gros coups et au petit personnel qui les provoque ». Un toast qui renvoie à un autre toast : celui que Liam Neeson porte à la fin de K-19, entouré des survivants du sous-marin, et qui dit « Aux hommes qui sont toujours de patrouille ». Il y a là une idée finalement assez peu courante, qui veuille que l’Histoire soit finalement faite non par les grands conquérants ou par les hommes politiques visionnaires mais par les petits, les sans grades, ceux qui s’agitent dans l’ombre et qui font leur devoir envers et contre tout, ceux à qui on laisse le soin de mettre les mains dans la merde, ceux qui pratiquent la torture pour obtenir des informations ou ceux qui sont chargés de lancer un missile susceptible de déclencher l’Apocalypse nucléaire. Tandis que leurs dirigeants paradent et communiquent. Dans ZERO DARK THIRTY, le seul et unique moment où l’on aperçoit Barack Obama a lieu dans la salle de réunion de l’équipe de Maya, alors que le Président apparaît à la télévision pour répondre aux questions d’un journaliste et nier du même coup l’emploi de la torture au sein des services de renseignements américains. L’écran de télévision diffuse ces images dans une indifférence généralisée, tandis que les agents présents dans la pièce vaquent à leurs occupations, comme si tout cela était dans l’ordre des choses, les politiques et les soldats évoluant chacun dans une sphère hermétique. Ce discours sur la vérité de la fiction opposée à la réalité des images d’archives court à travers tout le film et ce dès son ouverture, constituée d’un écran noir sur lequel on entend la bande son désespérée des échanges radio et téléphoniques du 11 septembre (notamment les appels d’adieu des passagers des deux avions qui finiront dans les tours jumelles). Comme pour mieux faire ressortir l’horreur de la situation en occultant des images de fin du monde que chaque spectateur connaît par cœur. Mais aussi et surtout comme pour mieux amener ce qui va suivre (en l’occurrence une longue séance de torture et d’humiliation pratiquée par un agent de la CIA) : Bigelow semble nous dire que son film ne tentera pas de reconstituer ce que nous avons déjà tous vu mais essaiera au contraire de nous montrer ce que nous n’avons pas pu voir.

Évidemment, une telle note d’intention implique forcément une dose de suspicion plus ou moins forte de la part du spectateur quant aux événements relatés, en particulier lorsque l’on aborde un sujet aussi polémique que les conséquences du 11 septembre 2001. Un carton nous prévient ainsi dès l’ouverture du film que ce dernier est « inspiré de comptes-rendus de faits réels de premières mains ». Comptes-rendus recueillis auprès des personnes concernées (agents qui ont enquêté, soldats qui ont tué Ben Laden…) par le scénariste Mark Boal, par ailleurs journaliste d’investigation peu suspect d’être complaisant vis-à-vis de la vérité officielle puisqu’il s’est fait connaître, entre autres, en signant des papiers décrivant les crimes de guerre de soldats américains en Afghanistan. Les faits relatés se limitent donc la plupart du temps à la quête de Maya, personnage inspiré lui-même d’une femme ayant réellement pris part à la recherche d’Oussama Ben Laden, à l’exception de la mission finale et d’un échange significatif entre un responsable de la CIA campé par Mark Strong et un conseiller gouvernemental interprété par Stephen Dillane. Dans cette scène se ramasse toute la dualité entre le monde politique, qui reproche à l’espion ses dix années d’errements, et le monde des renseignements, qui renvoie son interlocuteur à son hypocrisie par rapport à la torture et à son incapacité à prendre une décision. Tentant de convaincre l’envoyé de Washington d’approuver le raid sur le repaire de Ben Laden, l’agent finit par le mettre face à ses responsabilités en lui disant : « Comment évaluez-vous le risque de ne pas agir ? ». Ce à quoi le politique rétorque par une réponse à la Ponce Pilate : « Donnez-nous des options. ». Une fois de plus, les responsables se déchargent sur les hommes de terrain. Car ces options seront évidemment celles offertes par l’enquête minutieuse et fastidieuse de Maya, dont le film aura l’intelligence de ne pas excéder les limites (notamment en ne nous montrant pas la destinée du cadavre de Ben Laden). Une enquête au cours de laquelle le personnage va perdre beaucoup et va se sacrifier dans le seul but d’accomplir quelque chose qu’elle estime plus grand qu’elle-même : son devoir.

Car Maya se fait une idée obsessionnelle de la mission qui lui est dévolue. Une idée presque mystique lorsqu’elle devient l’unique force motrice capable d’ébranler la lourde machine des renseignements. Une scène, là encore, sort du lot et vient magnifiquement résumer la trajectoire du personnage. Celle du conseil de la CIA au cours duquel le big boss (impeccable James Gandolfini) réunit ses hommes face à une maquette de la villa d’Abbottabad où serait caché Ben Laden pour savoir s’il doit, oui ou non, ordonner le raid punitif. Chaque conseiller assis autour de la table, y compris l’agent incarné par Jason Clarke que l’on a vu pratiquer la torture au début du film, se montre indécis quant à la certitude de la présence du leader terroriste dans l’endroit suspect. Maya, tout d’abord positionnée à l’écart, debout devant le drapeau américain, est la seule à être sûre d’elle et à donner à son patron un taux de certitude de 100 %. Galvanisée par la perte de certains de ses collègues, se présentant elle-même auprès du chef de la CIA comme le « motherfucker » qui a localisé le repaire de Ben Laden, Maya devient peu à peu une incarnation de la vengeance, une figure féminine de la guerre, une sorte de Jeanne d’Arc des temps modernes. Jeanne d’Arc ? Justement, on sait que Bigelow a travaillé sur un projet qui lui tenait particulièrement à cœur au cour des années 90 : un biopic de la Pucelle d’Orléans titré COMPANY OF ANGELS, qui lui aurait été hélas ravi par son producteur exécutif, un certain Luc Besson. À la vision de ZERO DARK THIRTY, impossible de ne pas penser à l’une des plus grandes figures de la mythologie française. Outre le physique gracile et le regard intense de la comédienne Jessica Chastain, la puissance de conviction de Maya qui met à genoux ses supérieurs comme les soldats du commando d’Abbottabad (qu’elle exhortera à lui ramener la tête de Ben Laden) renvoie directement à la Pucelle persuadant ses chefs militaires circonspects d’affronter les Anglais à Orléans ou convainquant le Dauphin d’aller se faire sacrer roi de France à Reims. De même, le parcours intime de Maya, réduit au strict nécessaire lorsqu’on comprend qu’elle n’a ni amis ni vie sexuelle, évoque indubitablement celui de Jeanne d’Arc, qui ne vit que pour la mission dont elle se sent investie.

Entre les ténèbres cacophoniques du plan d’ouverture et l’obscurité tumultueuse de l’assaut final (un monstrueux morceau de bravoure tendu comme une corde à linge, sculpté dans une lumière noire de toute beauté et porté par la musique formidablement immersive d’Alexandre Desplat), Kathryn Bigelow aura retracé dix années d’une traque sans répit à travers le regard obstiné et habité d’une femme qui a tout donné pour faire son devoir. Évidemment, la brûlante actualité des faits qu’elle illustre aura influé sur la confection du projet, obligeant Boal et Bigelow à tout reprendre depuis le début lorsque Ben Laden sera tué en mai 2011 alors qu’ils avaient jusque-là conçu un film sur la traque forcément inaboutie du leader terroriste. Mais aussi sur sa réception, le manque de recul empêchant un certain nombre d’observateurs de prendre le film pour ce qu’il est (à savoir le récit de la traque d’un terroriste par un agent de la CIA) et les poussant à essayer à tout prix de cerner le message politique qu’aurait essayé de faire passer la réalisatrice. Évitant intelligemment tout message préfabriqué, Bigelow, elle, a préféré laisser les historiens enquêter sur ce qui a suivi l’histoire qu’elle raconte. Et choisit de terminer son film sur son personnage principal, silhouette frêle perdue dans le ventre gigantesque d’un avion militaire qui la ramène au pays. Alors que le pilote vient de lui demander où elle veut aller, la réponse ne vient pas et la quête, désormais accomplie, laisse notre héroïne seule, une larme coulant le long de sa joue, son expression et son port de tête évoquant indubitablement la Jeanne d’Arc douloureuse de Dreyer. Un gros plan magnifique, dans lequel le visage de Jessica Chastain se découpe sur fond d’un filet au quadrillage rouge qui rappelle la bannière étoilée l’ayant souvent accompagnée à l’écran au cours du film. Mais cette fois-ci, les étoiles se sont envolées. Ne restent que les striures rouge sang qui semblent emprisonner le personnage. Maya ne sait plus où elle doit aller, elle a atteint la fin de son voyage au bout de la nuit. Ayant accepté de sacrifier sa vie pour mener sa mission à terme, elle est désormais prisonnière de l’Histoire de son pays. Son chemin s’arrête là. Et le film avec.

RÉALISATION Kathryn Bigelow
SCÉNARIO Mark Boal
CHEF OPÉRATEUR Greig Fraser
MUSIQUE Alexandre Desplat
PRODUCTION Kathryn Bigelow, Mark Boal et Megan Allison
AVEC Jessica Chastain, Jason Clarke, Joel Edgerton, Jennifer Ehle, Mark Strong, Edgar Ramirez…
DURÉE 157 mn
DISTRIBUTEUR Universal Pictures International France
DATE DE SORTIE 23 janvier 2013

5 Commentaires

  1. Ayons une pensée pour The Siege, film qui prophétisait les attentats du 11 Septembre, et pour son héros interprété par Denzel Washington, qui jusqu’au bout nous expliquait que les « vrais » USA ne pouvaient s’abaisser à la torture.

  2. Greg

    Excellente critique!! Ca fait du bien de lire quelque chose d’intelligent et précis sur le film.
    Peu importe finalement les différentes polémiques, le film en soi démontre la capacité assez hallucinante de Bigelow à éviter les fautes de goûts et à livrer avant tout du cinéma tendu et passionnant!!

  3. LordGalean

    C’est aussi que Maya en représentante de l’Amérique n’a plus d’ennemi à combattre, donc sa quête n’a plus vraiment de sens, j’ai peur de dire une bêtise grosse comme moi, mais la fin de ZDT (dans lequel je me suis connement endormi, à revoir donc sans plus tarder) m’a longuement évoqué la fin de Arkham City le jeu, lorsque Bruce sort SPOILER SPOILER

    le cadavre du Joker dans les bras.

  4. Jerome

    qques spoilers inside.

    J’ai été bien déçu. Pourtant, je vénère la réalisatrice.
    La première partie m’a laissé de marbre. On ne ressent pas vraiment la violence de la torture. Tout le monde a vu Abu Grahib et Guantanamo, donc on ne nous apprend rien non plus. Alors à quoi bon ?

    Les attentats des 10 dernières années sont exécutés comme des passages obligés en quelques minutes. Le pire étant le bus londonien, dont on voit un dizième de seconde de l’explosion derrière un buisson. A quoi bon le montrer alors ? La suggestion me paraît ici faible.
    De même l’explosion de l’hôtel et la fuite ne me paraissent pas du tout inspirés niveau mise en scène.
    Le pire étant l’arrivée de l’informateur où l’on devine ce qui va se passer grâce à des indices gros comme des maisons.

    Quant à la musique de Desplats, ça sent le pompage sur des scores bien connus (de la musique de bande-annonce à Seven lors de l’assaut)

    Pourquoi ne pas montrer clairement Ben Laden alors que l’on voit tous ses sbires ? A mon avis, il y a toujours une aura autour de lui, une diabolisation, un tabou. Que le film aurait pu briser mais non.

    La réalisatrice a su transformer des moments de réel à priori chiants dans Démineurs (Le duel au fusil de sniper dans le désert). Juste par le biais de la mise en scène. De même, Fincher parvient à rendre passionnant une traque qui ne mène nulle part dans Zodiac.
    Mais je n’ai rien ressenti ou vu de tel ici. Excepté peut-être lors de l’assaut, assez palpitant mais là aussi qui sent le déjà vu (cf Battle for Haditha qui faisait déjà de la docu-ficition).

    Quant au personnage de workaholic, j’ai trouvé Jeremy Renner bien plus convaincant que Jessica Chastain. Jamais on ne parle de ses motivations tandis que dans Démineurs il se questionnait (pourquoi je kiffe ce boulot?) ou quand il revenait à la vie normale on le voyait clairement désorienté.

    Pour finir, ce que j’aime chez Bigelow, c’est son sens de l’image, faire de belles images (Point break, démineurs, les soleils levants ou couchants de Near dark) et rien ne m’a marqué ici.

  5. david bergeyron

    J’en sors à l’instant et j’ai trouvé ce film IN-CROY-ABLE !
    Pas une seule faute de gout, maitrisé de bout en bout, sans manichéisme aucun, avec une Jessica Chastain magnifique (la scène où elle engueule son chef les larmes aux yeux quoi …) et un final haletant au possible.

    Bien vu Arnaud pour la figure féminine de la guerre et l’incarnation de la vengeance … par contre, je pense que ce n’est pas Maya qui dit « Aux gros coups et au petit personnel qui les provoque » mais plutôt sa collègue Jessica. Mais bon, cette phrase illustre parfaitement une des visions de Bigelow sur ce film. Chef d’oeuvre moi je dis.

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