LA MORTE DANS LA PEAU

Omniprésent dans la fiction de genre depuis quelques temps, le zombie se décline désormais à toutes les sauces. La comédie romantique ne fait pas exception à la règle, surtout depuis que SHAUN OF THE DEAD est venu prouver la viabilité du concept de « rom-zom-com ». Rien d’étonnant à ce que d’autres films comme LIFE AFTER BETH s’engouffrent donc dans la brèche.

En 2013, Jonathan Levine tentait avec WARM BODIES un concept de comédie romantique dans laquelle l’un des deux protagonistes était zombifié. LIFE AFTER BETH reprend cette idée en inversant le sexe du personnage concerné puisque c’est ici la jeune fille qui devient le mort-vivant du couple. La Beth en titre (Aubrey Plaza) succombe à ses blessures alors qu’elle est mordue par un serpent pendant une randonnée. Son petit ami Zach (Dane DeHaan) est plongé dans le désarroi, jusqu’au jour où il découvre Beth revenue d’entre les morts. La relation reprend son cours mais le comportement de plus en plus agressif de Beth amène Zach à reconsidérer la situation.

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Hélas, LIFE AFTER BETH est particulièrement antipathique dans sa façon totalement je-m’en-foutiste de traiter le genre zombiesque. Là où le sujet demandait justement de prendre le genre à bras le corps pour en exploiter les possibilités, l’auteur/réalisateur Jeff Baena ne s’en sert que comme d’un simple vernis destiné à se donner une caution auprès des amateurs. Il suffit pour s’en convaincre de voir comment le réalisateur débutant ne se soucie jamais d’établir la moindre règle relative au processus de zombification, sabotant par là même tout le potentiel dramatique de la lente dégénérescence de Beth. L’échec à investir le genre devient même particulièrement flagrant dans un troisième acte qui vire à une apocalypse zombie qui compte parmi les moins convaincantes et les moins crédibles que l’ont ait pu voir sur un écran. En prime, Baena s’avère incapable de conférer à son film un aspect émotionnel satisfaisant en traitant la romance de façon si unilatérale qu’il finit par rendre toute empathie avec son personnage masculin impossible, la prestation exécrable de Dane DeHaan n’aidant pas non plus. En l’état, LIFE AFTER BETH cumule surtout les tares de la petite comédie indépendante calibrée pour Sundance, ne proposant rien d’autre que le « personnage secondaire excentrique™ » crispant, ou encore de nombreuses scènes où les comédiens sont dirigés pour se parler les uns par dessus les autres. L’omniprésence des films de zombies – ainsi que la qualité de certaines œuvres du genre – tendent à rendre LIFE AFTER BETH totalement inintéressant, d’autant que le film ne tient aucune de ses promesses et prend le genre de haut en prime. On ne saurait que trop vous conseiller à la place de vous pencher sur THE BATTERY qui démontre ce qu’il est possible de faire dans une économie de film indépendant, sans casting trois étoiles mais en respectant et en utilisant intelligemment le genre.

TITRE ORIGINAL Life After Beth
RÉALISATION Jeff Baena
SCÉNARIO Jeff Baena
CHEF OPÉRATEUR Jay Hunter
MUSIQUE Black Rebel Motorcycle Club
PRODUCTION Elizabeth Destro & Michael Zakin
AVEC Aubrey Plaza, Dane DeHaan, John C. Reilly, Molly Shannon, Cheryl Hines, Paul Reiser, Anna Kendrick, Matthew Gray Gubler…
DURÉE 88 min
ÉDITEUR Universal Pictures Vidéo
DATE DE SORTIE  1er Juillet 2015 (en DVD et Blu-ray)
BONUS
Scènes coupées

3 Commentaires

  1. LeRoms

    Merci pour la chronique.
    Moi qui est grandi dans l’adoration de la mythologie zombie, je suis partagé entre les rares réussites actuelles tous média confondus (The Last Of Us – The Walking dead) et la médiocrité d’une bonne partie de la prod.

    Je passerai sûrement mon chemin comme sur 80% des nouvelles prod dans ce genre.

    Je me rappelle que l’intimiste et dépressif I Zombie – chronicle of pain a eu le mérite d’explorer cette logique jusqu’au bout (malgré un cachet cheap très 90’s) en traitant aussi bien de la décomposition du corps que du basculement mental du héros/zombie.

  2. Joe Dante vient de sortir un film dans ce genre particulier, BURYING THE EX…

    • ElG

      … qui a quasiment le même pitch à une apocalypse près !
      C’est une « rom-zom-com » à la lisière du Z sans ambitions particulières, à part quelques clins d’œil poussifs et nostalgiques. ça reste sympa (vite fait !) mais elles sont loin les 80’s ….
      Pas encore vu ce Life After Beth, mais j’en ai déjà marre de ce sous-genre !

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