LA LUMIÈRE AU BOUT DU TUNNEL

Les développeurs de 4A Games offrent une seconde chance à leurs jeux METRO 2033 et METRO : LAST LIGHT. Les deux FPS ont donc les honneurs d’un lifting « next-gen » de qualité et qui sait, cela pourrait même leur permettre de trouver un nouveau public.

Avec moins d’un million de ventes par jeux, on ne peut pas vraiment dire que METRO 2033 (sorti en 2010) et sa suite METRO : LAST LIGHT (qui date de 2013) aient chamboulé le petit monde du FPS et ce malgré une différenciation marquée d’avec la concurrence. Jouant habilement de ses racines littéraires (il s’agit de l’adaptation d’un roman russe homonyme datant de 2005), le premier jeu avait réussi à installer une ambiance délétère plutôt convaincante. Quelques années après la bombe, l’air de la surface est devenu totalement irrespirable et des nouvelles créatures issues des radiations dévorent ceux qui tentent tout de même de s’y aventurer. Une société de survivants s’est formée dans les entrailles du métro de Moscou et chacun tente de survivre comme il peut, mais les dirigeants de cette nouvelle société ont peur des « sombres », des créatures douées d’intelligence qui partagent un lien psychique avec le jeune Artyom. Celui-ci est envoyé à la surface pour rentrer en contact avec eux. Sa mission est de les détruire, mais les « sombres » veulent-ils vraiment nuire à l’humanité, ou ce qu’il en reste ? La réussite de METRO 2033 provient certainement de la façon dont le gameplay puise son design dans cette toile de fond pour rendre l’expérience la plus immersive possible. Les balles servent de monnaie d’échange, les munitions sont donc très rares et les ennemis irradiés sont encore plus coriaces. Mais derrière cette logique de « survival horror », ce sont encore les humains qui sont les plus dangereux, une notion classique ici remise en avant à travers le clivage de la société, en opposant ainsi les « rouges » aux néo-nazis qui dominent les différentes stations de métro qu’Artyom va devoir traverser pour rejoindre la surface. On le voit, le fait que METRO 2033 soit adapté d’un roman influe sur la façon dont l’intrigue est ici racontée (à travers de brefs chapitres introduits par une voix-off d’Artyom, qui ne s’exprime d’ailleurs jamais durant les phases de jeu), ce qui s’avère plutôt plaisant dans le cadre d’un FPS. Mais il faut reconnaître que le système de METRO 2033 était beaucoup trop punitif pour permettre aux joueurs d’apprécier toutes ces qualités, notamment à travers une interface rigide qui ne permettait pas aux différents éléments de gameplay de se compléter avec harmonie.

Les développeurs ont pris cette problématique en compte et ont corrigé le tir avec METRO : LAST LIGHT, notamment à travers une navigation plus intuitive. Malheureusement, ce que cette suite a gagné en clarté, elle l’a perdu en respect du matériau d’origine. Plus linéaire dans son approche de la narration, METRO : LAST LIGHT ne cherche plus à suivre la trame des romans et emploie au contraire des artifices communs à la norme actuelle des FPS, allant même jusqu’à s’offrir une petite déviation pour « sauver la princesse » et un grand climax final sous forme de bourrinage intensif. On le voit, ces enjeux sont plus en phase avec les habitudes du jeu vidéo et la représentation sociétale de METRO 2033 laisse ici sa place à quelques interactions plus classiques, notamment avec des personnages archétypaux qui représentent les différentes factions de cet univers post-apocalyptique. Plus immédiat, METRO : LAST LIGHT se différencie moins du tout-venant du FPS et, de fait, exploite beaucoup moins les possibilités induites par sa toile de fond.

Image de prévisualisation YouTube

METRO REDUX propose le contenu intégral de la licence, à savoir les deux jeux revus et corrigés en termes graphiques, ainsi que tous les DLC qui ont été créés pour poursuivre l’aventure. Mais plutôt que de se borner à être un simple packaging complet, cette édition marque sa différence par un apport important : l’implémentation du système de navigation de METRO : LAST LIGHT dans METRO 2033, qui, en plus de rendre l’expérience de ce dernier plus prenante, souligne le souci d’homogénéisation manifesté par les développeurs de 4A Games. Pas de doute : METRO 2033 en ressort grandi, tandis que METRO : LAST LIGHT reste égal à lui-même, comme cette tentative de draguer les joueurs de FPS plus classiques pour les emmener dans un univers inconnu à travers des codes facilement assimilables. Mais la possibilité de les faire à la suite et dans des conditions optimales permet clairement d’estimer la licence à sa plus juste valeur. Si seulement tous les liftings « next-gen » pouvaient avoir le même souci du service après-vente !

TITRE ORIGINAL Metro Redux
GENRE FPS
ÉDITEUR Deep Silver
DÉVELOPPEUR 4A Games
CONSOLE Xbox One / PS4 / PC
DATE DE SORTIE 28 août 2014

Pas encore de commentaire

Laissez un commentaire