LA FILLE EN JAUNE

En salles ce mercredi, BLACKOUT TOTAL offre enfin un véritable premier rôle à la talentueuse Elizabeth Banks, après une décennie passée à enchaîner les seconds rôles et à partager les têtes d’affiches avec d’autres vedettes. Un bon moyen de démontrer son talent comique ? Oui, si seulement le film n’était pas complètement nul !

Meghan Miles est une jeune animatrice télé talentueuse sur le point de décrocher le poste de ses rêves : présenter le journal télévisé national. Mais les patrons de la chaîne veulent s’assurer que Meghan ne traîne aucune casserole qui pourrait faire scandale dans les médias, et la compétition est rude. Pour noyer un chagrin d’amour, celle-ci décide de sortir entre copines et tombe sur le sympathique Gordon, avec lequel elle passe une nuit alcoolisée. Quand elle décide de quitter l’appartement de son amant au beau milieu de la nuit et qu’elle découvre que sa voiture a été enlevée par la fourrière, les emmerdes commencent !

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Réalisateur de l’innoubliable LITTLE NICKY (respect éternel !), Steven Brill saborde très rapidement le pitch de BLACKOUT TOTAL, dont il semble pourtant être à l’origine. Ce qui aurait pu donner une version comique du AFTER HOURS de Martin Scorsese (toutes proportions gardées, évidemment) se transforme en mixe louche entre VERY BAD TRIP et MES MEILLEURES AMIES, sans aucune once d’inventivité. L’impulsion du projet est bel et bien d’émuler le succès des deux films cités, plutôt que de se laisser porter par le potentiel du point de départ. Cela se ressent particulièrement quand le jour se lève enfin, et qu’il devient de plus en plus difficile de trouver des prétextes comiques pour laisser Meghan dans sa galère, même dans une grande ville aussi déshumanisée que peut l’être parfois Los Angeles. Les diverses rencontres que fait l’héroïne ne donnent d’ailleurs jamais lieu à des scènes truculentes et Steven Brill préfère se reposer sur un casting déjà éprouvé dans le genre comique, plutôt que d’écrire des personnages pittoresques et un tant soi peu marquants. Ainsi, il n’est pas étonnant de retrouver Ethan Suplee (la série EARL) en flic simplet, Gillian Jacobs (COMMUNITY) en copine braillarde, Ken Davitian (BORAT) en chauffeur de taxi poilu (donc répugnant) ou encore Kevin Nealon (du SNL) et ses remarques toujours étranges et déplacées, comme James Mardsen dans son éternel emploi de gendre idéal. Chacun vient faire ici une petite panouille et donner un peu de cachet à un film sans aucune saveur.

De fil en aiguille, il apparaît clairement que BLACKOUT TOTAL s’apparente à un « coup » pour les producteurs, une bonne affaire rapidement emballée (on serait étonné d’apprendre que le scénario soit parti en réécritures quelconques tant on dirait une V1) pour être vendue en priorité sur les marchés connexes, comme la VOD et les territoires étrangers. Et l’actrice principale dans tout ça ? Elle porte très bien une robe jaune seyante, et c’est à peu près le seul trait de caractère qui restera de son personnage suffisamment stupide pour se mettre tout seul dans la panade, même quand l’intrigue la confronte aux différentes couches sociales de Los Angeles, sans aucunes conséquences tragi-comiques dignes d’être relevées. Moi je dis : la Banks méritait mieux !

TITRE ORIGINAL Walk of Shame
RÉALISATION Steven Brill
SCÉNARIO Steven Brill
CHEF OPÉRATEUR Jonathan Brown
MUSIQUE John Debney
PRODUCTION Tom Rosenberg, Gary Lucchesi & Sidney Kimmel
AVEC Elizabeth Banks, James Mardsen, Gillian Jacobs, Sarah Wright, Ethan Suplee…
DURÉE 95 mn
DISTRIBUTEUR Metropolitan Filmexport
DATE DE SORTIE 21 mai 2014

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