JE RÈGLE MON PAS SUR LE PAS DE MA MÈRE

Il y a plus dangereux que le succès, et c’est le succès critique. Fort de la gloriole rapportée par BRONSON, VALHALLA RISING – LE GUERRIER SILENCIEUX ou encore DRIVE, Nicolas Winding Refn continue de travestir des sujets de série B pour les transformer en objets profondément chiants et vidés d’une quelconque intelligence émotionnelle (pour ne pas dire d’une quelconque intelligence tout court dans certains cas), histoire de draguer les festivaliers du monde entier. ONLY GOD FORGIVES n’échappe pas à la règle. Attention aux quelques spoilers !

Avec son culot légendaire, Paul Verhoeven avait très bien compris – avant tout le monde – ce qui fait mouiller les critiques du monde entier. Avec LE QUATRIÈME HOMME, il commettait un ultime pied de nez assez salvateur avant de quitter son pays et d’entamer une seconde  et brillante carrière aux États-Unis. Résultat des courses ? Il s’agit de sa seule œuvre de jeunesse qui trouvera grâce auprès des scribouillards de son pays. Et pour cause : le film regorge de symboles religieux interprétables à loisir, mais pas forcément dans leur sens premier. Mais pour le futur réalisateur de ROBOCOP et SHOWGIRLS, il ne s’agissait pas tant de niveler son cinéma par le bas, histoire de flatter quelques plumes acerbes, mais bien au contraire d’affirmer son style avec panache, au mépris de ses nombreux détracteurs. Paul Verhoeven n’est peut-être pas le seul à avoir tenté de se mettre l’intelligentsia dans la poche, mais sa tentative est probablement la plus louable : après tout, peu de réalisateurs seront parvenus à mettre le nez des critiques dans leur propre merde. Et ça, si ce n’est pas clairement l’effet recherché par le cinéaste !

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D’apparence, on pourrait croire que les réactions concernant ONLY GOD FORGIVES ne font pas dans la demi-mesure. Pourtant, la réception reste relativement convenue dans le sens où les détracteurs du film parlent généralement de « déception » (sûrement en comparaison à la réception de DRIVE), quand les fans évoquent un « trip sensitif », probablement du fait de la photo très agressive de Larry EYES WIDE SHUT Smith. Si on peut reconnaître que le nouveau film de Nicolas Winding Refn a tout pour diviser, est-ce que l’on peut ajouter que c’est probablement parce qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un énième foutage de gueule de la part du cinéaste de BRONSON ? Comme Lars Von Trier, David Cronenberg et d’autres cinéastes de talents qui ont abandonnés le cinéma pour la gloriole cannoise, NWR a bien intégré les grilles de lecture de la critique de festival, avec tout ce que cela comporte de symbolisme évident et de condescendance intellectuelle vis-à-vis du spectateur avide de sensations fortes. Et c’est très exactement ce qu’il propose avec ONLY GOD FORGIVES : détournement des codes du genre abordé, renvois symboliques insistants et martelés à longueur de bobines, regards perdus dans le vague, longs plans introspectifs qui ne racontent absolument rien, rythme lancinant et explosions d’ultra-violence qui ont fait sa réputation auprès des bisseux du monde entier.

L’intrigue du film concerne Julian (Ryan Gosling, si peu expressif qu’on a l’impression que ses plans sont des inserts !), un occidental habitant à Bangkok et ayant grandi dans l’ombre de son connard de frère (un violeur pédophile, c’est la seule caractérisation du personnage dans le film). Lorsque ce dernier finit par se faire tuer comme la merde qu’il est, Julian réclame vengeance, sous l’impulsion de Crystal, sa mère castratrice (Kristin Scott-Thomas dans un grand numéro en roue libre). Pour cela, il (enfin, sa mère) décide de retrouver et éliminer le responsable, à savoir le redoutable Chang, flic corrompu et grande figure du mal indestructible. Sur un pitch digne de KICKBOXER, NWR brode ainsi des saynètes qui ne racontent rien, des trajectoires de personnages qui ne vont nulle part et des images lourdes de signification, mais totalement déconnectées du sujet. Pire encore, parce qu’il faut bien meubler l’heure et demie de ce (non) film de (non) vengeance, le cinéaste cumule les procédés de mise en scène faciles, avec une régularité qui tue dans l’œuf le moindre effet percutant. Sous couvert de poser une ambiance, NWR filme donc ses personnages en train de marcher au ralenti avec une telle constance que cela en devient totalement absurde, surtout quand ils n’arrivent pas forcément au point de rendez-vous ! Dès lors, les quelques scènes qui pourraient raconter quelque chose tombent totalement à plat, comme cette tentative d’assassinat contre Chang qui aurait pu être une belle scène de tension… si elle n’était pas filmée comme toutes les autres scènes du film ! À court d’arguments, NWR se laisse alors aller à une petite psychanalyse pour les nuls, en signant haut la main la scène la plus débile de l’année, celle où son protagoniste principal fait face au cadavre éventré de sa mère, et plonge la main dans la plaie béante, avec la volonté de revenir dans le ventre maternel. Une caractérisation en accord total avec le sujet, donc…

Résumons la situation : il est objectivement difficile d’évoquer le nouveau film de NWR sans tomber dans le piège de la sur-analyse critique, puisqu’il ne propose rien d’autre qu’une succession de séquences artificielles, reliées par une vague cohésion psychanalytique digne d’un forum de Doctissimo. Pourtant, on l’a dit, le film divise gentiment l’opinion publique. Les spectateurs conquis (d’avance ?) parlent de cinéma « exigeant » pour justifier sa langueur. Les déçus argueront que le film est « hermétique », pour ne pas dire qu’ils sont passés à côté. Pour nous, il n’en est rien : ONLY GOD FORGIVES est tout simplement un film chiant, pompeux et poseur. Et ça, si ce n’est pas clairement l’effet recherché par le cinéaste !

L'affiche de Only God Forgives

TITRE ORIGINAL Only God Forgives
RÉALISATION Nicolas Winding Refn
SCÉNARIO Nicolas Winding Refn
CHEF OPERATEUR Larry Smith
MUSIQUE Cliff Martinez
PRODUCTION Lene Børglum, Sidonie Dumas & Vincent Maraval
AVEC Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Yayaying Rhatha Phongam, Vithaya Pansringarm…
DURÉE 1h30
DATE DE SORTIE 22 mai 2013

24 Commentaires

  1. Mat

    Merci pour cette critique. Juste par curiosité, qu’avais tu penser de Drive, Bronson et Valhalla Rising?

    • Je crois que la réponse se situe dans l’introduction de l’article 😀

  2. Même question que Mat, de mon côté.
    Je n’ai pas vu le film, donc je me garde bien de donner mon avis pour l’instant, mais c’est vrai que pendant toute la critique, je me posais la même question.

  3. baka

    Merci. Après avoir lu maintes critiques, je me sentait seul. Je pensais n’avoir compris à ce film. En fait c’est juste un clip où le réal se masturbe sur chacun de ses plans (comme dans ses films précédents d’ailleurs)et où tout ce qui caractérise l’idée même d’oeuvre cinématographique est bafoué. Limite une insulte aux cinéphiles. Mais une gaterie aux critiques.

  4. Jerichal

    J’ai trouvé cette critique particulièrement facile, attendue et prévisible.

    Comme quoi, il n’y a pas que les cinéastes qui perdent de leur superbe.

  5. Tranquillo Barnetta

    On peut trouver tous les défauts au film mais l’attaquer sur son opportunisme c’est n’importe quoi. Si vous connaissez un minimum sa carrière vous pouvez pas dire ça, ce mec est le mec le plus terrifié par les concessions et l’opportunisme ça le tue.
    Evidemment qu’il n’a absolument aucune chance de gagner un prix à Cannes avec Only God Forgives, et si Frémaux le prend car il se dit que le couple Refn/Gosling de retour ça va buzzer il y peut rien.
    Ca aurait été facile pour lui de faire un film que le public aurait aimé ou un film plus conventionnel. Mais il s’en fout c’est tout, il fait des films qui l’obsèdent.
    Evidemment que des films doivent être commerciaux et être un peu le cul entre deux chaises, type Iron Man 3 ou Oz ou pour le coup on peut vraiment interroger la démarche de vos chouchous.
    Mais là on est face à un mec obsédé par Anger et Jodorowsky ( qui au passage est amoureux de son cinéma), et qui par un malentendu arrive à faire un cinéma quasi expérimental dans le circuit mainstream.
    Je vois pas en quoi on peut le blâmer et critiquer son cinéma pour ça.
    Et puis quand le mec veut faire des sentiments, il te pond Pusher 2 qui est un film bouleversant. Ou un Bleeder prodigieux dans sa modestie et sa simplicité.
    Simplement ce cinéma ne l’intéresse plus.

  6. hugo

    J’ai pas encore vu le film, mais à propos de l’histoire de l’utérus à môman, j’avais lu une info marrante dans Premiere (c’est le pass gaumont qui m’a abonné c’est pas ma faute):
    Ryan Gosling : « Avant de tourner, Nicolas m’a demandé comment je voulais la jouer : « tu veux rire ? tu préfères pleurer ? » Je lui ai suggéré que, pour voir d’où il vient, Julian ouvre plutôt le ventre de sa mère et en extrait l’utérus. Sans réfléchir, il a répondu « Ok cool »  »

    Sans avoir vu le film, je me souviens m’être dit que ça risquait d’être une scène propice à générer de la branlette auteurisante journalistique: ironique vu que l’idée ne vient pas de l’Ôteur Refn… qui pour le coup semble faire plutôt preuve de snyderisme aigu : « Ok cool »……

  7. Tranquillo Barnetta

    Et puis bon, des films ultra violents, ultra stylisés, ultra iconiques qui s’inscrivent dans des genres ultra codifiés pour n’en garder que la sève la plus jouissive, depuis quand ce sont des films qui triomphent en festival ou chez la critique ?
    Si on peut le rapprocher d’un film c’est valhalla rising, qui n’a été un triomphe ni chez la critique, ni pour le public ni en festival. Refn creuse son sillon c’est tout.

  8. Gornas

    Ryan Gosling, si peu expressif qu’on a l’impression que ses plans sont des inserts ! la formule est excellente et j’aimerais tant que se pose la vraie question concernant cet acteur : Ne s’agit-il pas de la plus belle escroquerie de ce 5 dernières années.
    Quant à Refn, j’attends, sans le condamner, de voir comment il va évoluer dans le monde qu’il a choisi, celui des surréalistes, celui dans lequel il va devoir y laisser des plumes.

  9. Dabdas

    En même temps, dès 2003 avec Fear X (Inside Job), il faisait déjà son auteur (genre David Lynch mais chiantissime)…

  10. Arnaud BORDAS

    Tralala Rising, pas un triomphe critique ? Vraiment ?

    20 Minutes
    Par Caroline Vié

    Différent, ce film brillant l’est certainement dans la façon dont il malmène les codes d’une narration classique pour plonger dans un monde de sensations. Les amateurs de sensations fortes et d’oeuvres singulières trouveront leur bonheur dans cet univers de bruit et de fureur.

    Excessif
    Par Romain Le Vern

    Si tous les films dégageaient autant d’énergie, le marché de la cocaïne s’effondrerait.

    Filmsactu
    Par Elodie Leroy

    Expérience singulière habitée par le regard énigmatique de Mads Mikkelsen, Le Guerrier Silencieux fait poindre subtilement l’émotion en fin de parcours et laisse juste ce qu’il faut de questions en suspens pour stimuler l’imagination. Une nouvelle claque de Nicolas Winding Refn.

    Libération
    Par Bruno Icher

    (…) une fresque sauvage aux effets hypnotiques.

    Metro
    Par Jérôme Vermelin

    Le Danois Nicolas Winding Refn signe une fresque barbare et brutale, magnifiée par l’acteur Mads Nikkelsen.

    Positif
    Par Philippe Rouyer

    Le Guerrier silencieux est un choc, un film hors norme. Toutes proportions gardées, on pourrait dire qu’il est au film de Vikings ce que 2001 : L’Odyssée de l’espace est à la science-fiction : (…) une réinvention du genre (…).

    Brazil
    Par Franck Unimon

    C’est un film qui sort de la brume tel un navire dont les voiles peuvent se charger de mysticisme ou de métaphysique et, au choix, larguer pas mal de spectateurs ou, au contraire, les remorquer.

    Le Monde
    Par Jean-Luc Douin

    Dire que Nicolas Winding Refn réinvente le film de Vikings est un euphémisme.

    Mad Movies
    Par Laurent Duroche

    (…) une oeuvre transgenre hallucinée qui ne cède à aucune facilité. Préparez-vous à un voyage à nul autre pareil.

    Première
    Par Alex Masson

    Une épopée guerrière quittant les rives du classique film de Vikings pour aborder d’autres terrains, plus ambitieux (…) Refn transcende un pitch d’ heroic fantasy pour roman de gare en trip métaphysique.

    Cahiers du Cinéma
    Par Stéphane Delorme

    Un bon petit film de Vikings, ça change un peu.

    Critikat.com
    Par Sébastien Chapuys

    Sous ces sanglantes scories se cache une oeuvre singulière, dont la radicalité narrative et formelle intrigue – à défaut de toujours convaincre.

    Le Parisien
    Par Hubert Lizé

    La fascination du metteur en scène pour l’esthétique de la violence atteint cette fois des sommets. Le film est néanmoins sauvé par l’atmosphère sauvage des paysages de fjords et par la performance physique impressionnante de Mads Mikkelsen.

    Paris Match
    Par Alain Spira

    Beau à trancher le souffle mais violent à retourner l’estomac, ce film primitif se veut expérimental.

    TéléCinéObs
    Par Lucie Calet

    Le tout peut prêter à rire (…) mais Nicolas Winding Refn affirme là un vrai geste de cinéma. Ce film, où flotte une constante odeur de mort, tranche – et de quelle façon – sur la production habituelle.

    Télérama
    Par Jérémie couston

    Le fan club de Nicolas Winding Refn n’est pas près de s’élargir. Un film-trip sans véritable scénario et presque sans dialogues, d’une austérité toute nordique.

  11. Tranquillo Barnetta

    Ba non toujours pas un triomphe. T’as pris sur allociné les critiques positives en coupant les négatives, et même dans les positives y en a un bon 1/3 où c’est contrasté. Et moi de Nantes je sais que Duroche et Rouyer sont de grands fans de Refn, sans doute beaucoup plus que la majorité de leur rédac. Donc ça veut pas dire grand chose.
    Les gros consensus critiques sont sur des films français et auteurisants que vous pourfendez à juste titre.
    Refn y a pas de scénario, que du style, complètement dans du genre même si ça finit par le pervertir.
    On peut prendre le problème dans tous les sens jamais y aura de triomphe critique parisien sur ces films. Dès qu’il y a 3 effets de mise en scène les mecs lâchent l’affaire.
    C’est pour ça que only god forgives ou le guerrier silencieux je peux comprendre que vous détestiez.
    Mais Bronson franchement ? C’est follement ludique, et vous êtes capables d’aimer un cinéma que les critiques élitistes qualifient de poseur merde.

  12. Tranquillo Barnetta

    Et je suis une groupie du mr donc pas très objectif c’est certain, et je connais par coeur sans oeuvre donc ça arrange pas les choses. Mais ça sert à rien d’émettre des jugements définitifs et péremptoires sur son oeuvre et sa personnalité. Son versant expérimental ne me dérange pas, mais ce mec a prouvé avec bleeder et pusher 2 qu’il pouvait faire des films bouleversants et tout en simplicité. Pas trop d’effets, des personnages, de l’émotion. Bleeder c’est kevin smith qui rencontre Tarantino c’est bluffant.

  13. Moi, je n’ai pas vu le film, donc je ne dis rien dessus. Je ne suis ni pour ni contre. Ce qui me dérange, c’est la manière dont le film est descendu. Je trouve ça assez indigne de la qualité habituelle de Capture Mag, et des texte de Stéphane Moïssakis, dont j’admire par ailleurs le talent. Pour moi, c’est le texte qui est décevant, pas le fait que Capture n’aime pas le film.

    • Jerichal

      On est d’accord c’est bien le contenu de la critique qui est décevant.

      Mais il est moins évident de descendre un film avec talent, que de lui faire des éloges.

  14. Tranquillo Barnetta

    Enfin je vais faire un trois à la suite et c’est ridicule, mais j’aime beaucoup ce mr et c’est sincère, et j’aime beaucoup votre conception du cinéma et c’est sincère.
    Le cinéma pour critique et pour festival que vous honnissez, c’est un cinéma naturaliste, de dialogue, figé etc
    Refn qu’on aime ou pas c’est ultra violent, tout est style et c’est iconique à mort. Le mec se qualifie de pornographe car il veut juste filmer ce qui l’excite, des geysers de sang ou des poses entre autre. Son film préféré c’est massacre à la tronçonneuse et son prochain film doit être un pur film d’horreur. Vous savez très bien que ça a beau être rêche et prise de tête jamais l’intelligentsia parisienne aimera ce cinéma.

  15. Fest

    Pour une fois je vais être en désaccord avec Capture Mag…

    Pour autant je comprends les arguments, je conçois tout à fait qu’on puisse trouver les films de Refn (Valhalla, Bronson et OGF en tête) trop « poseurs », Gosling inexpressif (même si c’est voulu)…

    N’empêche je trouve qu’il a un talent fou ce réal. Il nage en plein ego-trip certes, il fait dans le symbolisme évident et dans le décalage ironique en même temps, donc en temps normal il aurait tout pour me déplaire, et pourtant j’aime quasiment tout ce qu’il fait, malgré quelques réserves. Dans ce cas particulier, OGF donc, jai été pris dans l’ambiance cauchemardesque ET je me suis franchement marré à certains moments. Bizarre mais pas désagréable.

    Sans doute parfois le plaisir esthétique est-il plus fort que l’analyse.

  16. Petit Jean

    En tous cas c’est au moins aussi raté et chiant que Zero Dark Thirty, mais moins long donc un peu moins chiant. je comprend plus rien, c’est quoi ces série de film qui pètent plus haut que leur cul et encore les 3/4 des critiques ont leurs langues fourrés à l’intérieure. Bravo Steph pour ce papier.

  17. Fest

    (Petit Jean je suis pas sûr que Stéphane goûte la comparaison avec le Bigelow)

    (n’empêche un film avec de la torture à base d’aiguilles ne peut pas être complètement mauvais)

  18. JLP

    Je trouve que c’est une bonne critique, et à mon sens, la conclusion de l’article, même si elle peut sembler facile, est on ne peut plus juste.
    Le cinéma de Refn ne raconte plus rien depuis déjà un bon petit moment . Ça se regarde filmer et c’est à peu près tout ce qu’il y a à en dire, sinon tenter d’en tirer de la mauvaise poésie (?)

    Certes, on peut toujours être fasciné ou être scotché par l’ambiance de ses dernières péloches; mais on a tout autant le droit d’être ennuyé par son cinéma, surtout lorsque l’on porte une tout autre estime du cinéma de genre (vous savez, lorsque l’on kiffe les vrais films de bagnoles, ou les vrais films avec des vikings dedans… qu’on les aime sincèrement et sans retenue)
    Refn a investi le genre mais visiblement le genre ne l’intéresse pas. Les bonnes histoires? euh ben pas plus… les personnages? Ah ben non plus.
    Dommage… On n’est pas non plus aveugles, il me semble qu’on reconnait tous le talent du bonhomme, seulement le mettre à profit pour illustrer du vide et ensuite expliquer sa démarche en affirmant le plus simplement du monde aspirer au néant (!) – lire les interviews qu’ils a livrées pour Ouha la la Rising pour le croire, cela laisse pantois- ben en attendant m’est avis que c’est quand même un sacré beau gâchis..

  19. Leto

    J’ai trouvé qu’avec OGF, Refn y allait tellement à fond les ballons dans le ridicule, le grotesque et le pachydermisme visuel et symbolique que ça passait foutrement mieux que Valhalla rising (cte purge) ou Drive (cte somnifère).

    Ça ne pardonne pas les aspects totalement gol du film mais c’était une « bonne surprise » de la part d’un réalisateur dont les dernières tentatives m’indiffèrent..

  20. Christian

    Dommage que ce texte respire la haine d’une certaine conception du cinéma, par la faute d’une sphère de mondains antipathiques qui se l’approprie – et non pas l’inverse comme semble l’énoncer cet article.
    Refn fait le cinéma qui lui plaît et prétendre que ce dernier calque ses créations sur les goûts de la critique, c’est un procès d’intention nauséabond qui aurait peut-être une assise plus solide si la carrière de Refn ne démontrait pas exactement le contraire. Le gaillard a refusé de très gros cachets pour faire ce film qui le « hantait ». Preuve en est qu’il fait avant tout des films pour lui que pour les autres.

    Ensuite, reprocher au film qu’il manque d’émotion, revient à reprocher à une tarte aux citrons qu’elle manque de pommes. Si pour vous l’émotion (en tout cas l’émotion propagée par un processus d’identification et de projection de soi) est consubstantielle au Cinéma, alors certes, Only God Forgives a tout de la sombre merde. Néanmoins, cette définition reste votre et probablement que Refn la trouve, à juste titre, extraordinairement réductrice dans la mesure où le Cinéma revêt d’autre qualités qui lui permettent d’exhaler les émotions par d’autres moyens. La splendeur des images et le sens du montage peuvent largement suffire à cela. Refn instaure une véritable ambiance, au point qu’on a l’impression d’assister à un film shooté à l’opium.

  21. Dany

    J’ai pas vu le film mais comme je te kiff mon petit stéphane, ca fait plaisir de voir des gens qui n’ont pas peur de dire ce qu’ils pensent et de jouer carte sur table (Refn chie du néant, du néant joli si on veut, mais il se la raconte genre ta vu moi, je fais un ciné autre un ciné exigant….), enfin je dis tout ça j’ai pa vu Drive (que je crois va devenir mon refn préféré hormis les 3 Pusher) mais le reste de ça filmo….. J’irais le voir, et j’espère aimer mais j’en ai marre de ces réals qui te font du rien et que certains encensent (noooooon c’est n’est pas du rien c’est immense simplement Toi tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas laisser le film entrer en toi….. Au secours).

    • Christian

      @dany

      Nul besoin de posséder une grosse paire de couilles pour chier sur la gueule d’un réalisateur depuis son canapé.

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