IMAGINATIONLAND

Second long-métrage live du grand Brad Bird, À LA POURSUITE DE DEMAIN est une démonstration d’excellence, qui embarque son spectateur dans un grand huit grisant où chaque détour révèle une surprise. Aussi, nous avons tenté de ne pas déflorer les tenants et aboutissants du film tout en célébrant l’extraordinaire talent, et le militantisme, de son auteur Brad Bird.

« Allons. L’optimisme peut être un acte subversif. Touche ce pin’s. » (@BradBirdA113 – 26 mai 2015).

Alors que son dernier film À LA POURSUITE DE DEMAIN fait un démarrage plus que décevant au box-office (à la suite d’une promo objectivement nulle, qui prouve pour la 50ème fois que les majors ne veulent plus, ou ne savent plus, vendre des productions originales), le cinéaste Brad Bird tente d’encourager ses followers sur Twitter à répandre sa vraie note d’intention, simplement résumée : « Acte subversif ». Quelque part, l’artiste devait se douter de la difficulté qui l’attendait car le propre des œuvres véritablement subversives n’est pas de créer le remous médiatique mais, au contraire, de rencontrer l’apathie d’une foule qui ignore la nature de son asservissement et qui est donc infichue de reconnaître la subversion qui s’offre à elle tant que celle-ci ne lui met pas des coups de massue sur la tête. Pourtant, À LA POURSUITE DE DEMAIN n’est pas avare en coups de massue ; pas assez si l’on juge les contresens ahurissants auquel le film a donné lieu dans la presse et sur les réseaux sociaux. Tout d’abord, À LA POURSUITE DE DEMAIN est un blockbuster estival et familial, produit par la maison Disney et vaguement inspiré de ses parcs d’attraction. La subversion débute ici, dans sa condition de film accessible à tous et fabriqué au sein d’un des plus puissants groupes médiatiques au monde. Mais il y a Disney et Disney. La multinationale actuelle, détentrice des licences Marvel, Pixar, Lucasfilm et machine à fabriquer de la Teen Idol n’est PAS, loin s’en faut, le studio où Brad Bird a été formé, c’est-à-dire celui du California Institute of the Arts, des « Nine Old Men » ou des ingénieurs du centre Epcot. Ce sont bien deux conceptions du divertissement et de l’imaginaire qui s’affrontent ici, à deux générations d’intervalle, et À LA POURSUITE DE DEMAIN ne parle au fond que de cela : le type d’imaginaire que l’on choisit de transmettre.

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Mais avant d’aller plus loin, il est impératif de se débarrasser du plus désespérant. Dans la semaine entourant sa sortie, À LA POURSUITE DE DEMAIN s’est vu qualifié d’œuvre « eugéniste », de « propagande », de « pub Benetton » et a subi le « Reductio at Hitlerum » dont sont familiers ceux qui ne savent pas quoi penser d’une œuvre culturelle qui ne les borde pas dans leurs convictions. Il convient donc d’abord de revenir sur l’idéologie qui charpente réellement le film, à savoir l’objectivisme. Inconnue car inadaptée à notre Histoire européenne, cette doctrine libertarienne est un mélange singulier d’anarchisme (qui ne reconnaît ni Dieu, ni Maître) et d’élitisme aristocratique. Elaborée par la romancière et philosophe Ayn Rand, dont la famille avait fui l’Union soviétique, l’objectivisme a pour ennemi tous les systèmes de collectivisation dont le rôle supposé serait d’empêcher les individus d’atteindre leur plein potentiel créatif ; créativité qui, immanquablement, changerait les institutions au lieu de les prolonger. Pour résumer vulgairement, l’objectivisme est ultra-libéral (au sens originel), farouchement individualiste et radicalement antifasciste, anticlérical, anticommuniste. Le fait qu’une telle idéologie se voit taxée, en France, de « fascisme » en dit long sur l’amnésie politique et les à-peu-près que l’on plaque sur l’Histoire. Car le fascisme est précisément l’incarnation du collectif poussé à son paroxysme, un système totalitaire qui broie l’individu au profit du groupe et impose une structure rigide dominée par un Maître incontesté. Ainsi, le fait de dire comme on a pu l’entendre que À LA POURSUITE DE DEMAIN « est un film qui aurait plu à Adolf Hitler » n’est pas seulement l’occasion d’un facepalm cosmique, il souligne le caractère nécessaire du film de Brad Bird dans une société où l’imaginaire a été tellement conditionné qu’il ne réagit plus que par associations de mots-clés vidés de toute substance ; le genre de réflexe conditionné qui fait immédiatement crier le nom d’une marque de vêtements dès lors qu’apparaissent à l’image des individus d’origines ethniques différentes. Triste constat de paralysie de l’imaginaire que le film va tenter d’ébranler par ses coups de massue.

Dans son roman LA RÉVOLTE D’ATLAS (ATLAS SHRUGGED en version originale), publié en 1957, Rand imaginait une sorte de grève cataclysmique où tous les grands « hommes d’esprit » (scientifiques, artistes, intellectuels, entrepreneurs) décidaient subitement de disparaître et de laisser l’humanité se confronter au résultat de leur absence. Portée par un idéal de dépassement (de soi et des autres), l’œuvre d’Ayn Rand a logiquement marqué des entrepreneurs, surtout ceux qui ont créé le mythe de la Silicon Valley, mais également certains artistes versés dans le mythe des super-héros, de Steve Ditko à Frank Miller, avant d’être appréhendée d’une façon plus critique par Ken Levine dans le jeu BIOSHOCK en 2007. C’est au scénariste Damon Lindelof, à l’origine du projet TOMORROWLAND, que l’on doit l’élaboration d’une intrigue qui emprunte beaucoup à Ayn Rand. Lindelof émulait déjà la romancière à travers le personnage de James Ford, dit Sawyer, dans la série LOST (personnage que l’on pouvait voir lire LA SOURCE VIVE, autre roman de Rand) ainsi qu’à travers sa vision de l’entrepreneur Peter Wayland dans PROMETHEUS. Son intérêt pour Rand rejoint ici les thèmes qui ont parsemé la carrière de Brad Bird, qui s’est souvent retrouvée à jouer sur l’ambivalence de ces concepts. Souvenons-nous de la famille des INDESTRUCTIBLES, groupe d’individus surdoués obligés de mutiler leurs talents pour se conformer à l’exigence médiocre de la société (« tout le monde est exceptionnel – autrement dit, personne ne l’est »); et bien sûr le héros de RATATOUILLE condamné à se battre contre la rigidité des institutions, et même contre sa famille, pour triompher des croyances et superstitions liées à son allure et exercer pleinement son génie créatif. À sa façon, À LA POURSUITE DE DEMAIN prolonge l’exploration des aspects exaltants et inquiétants de cette doctrine : exaltants à travers le portrait de Casey, formidable héroïne qui refuse de se laisser entraîner vers le bas et de céder au défaitisme ; inquiétants à travers la dérive du gourou David Nix, dont le regard « objectif » ignore le concept bien trop versatile d’Espoir qui pourrait sauver son monde.

Dans sa construction scénaristique comme dans sa réalisation, À LA POURSUITE DE DEMAIN va donc demander à son spectateur de se hisser à la hauteur créative de son héroïne Casey, rêveuse idéaliste qui vient de récupérer un petit médaillon lui permettant de passer d’une dimension à une autre, dans un monde merveilleux qui l’invite à nourrir son imagination fertile et à développer son esprit pionnier et optimiste. Dans la double narration qui débute le film, c’est Frank Walker (George Clooney) qui nous accueille en tant que référent (pessimiste) régulièrement interrompu et recadré par la voix-off de l’optimiste Casey (Britt Robertson). Et lorsque le film nous projette aussitôt à l’exposition universelle de New York en 1964, il nous indique cette date comme une plateforme de lancement, celle de l’intrigue mais aussi celle de la note d’intention. Car ce retour en arrière est là pour raviver l’esprit conquérant d’une nation et mesurer la distance qui nous en sépare. Il sert également de projection autobiographique puisque le jeune Frank Walker qui nous y est présenté dans sa première confrontation à Nix (Hugh Laurie) renvoie de façon à peine déguisée au jeune Brad Bird qui, à 11 ans, débutait son premier film d’animation en amateur, faisant fi des réactions condescendantes du monde adulte alentour. Et puisqu’à ce stade, il faut vraiment nous prendre par la main et secouer notre apathie infantile, Bird et Lindelof vont nous faire visiter l’attraction la plus infantilisante, celle qui nous chante « It’s a small world after all », soit le prélude d’une ouverture vers un monde beaucoup plus large et plus excitant : celui de notre imaginaire.

Dans la formidable séquence de découverte qui suit, et jusqu’à la fin du film, la mise en scène trépidante de Bird va mêler d’une façon organique toute son expérience du live et de l’animation en s’obligeant, au minimum, à développer une idée (visuelle, rythmique, thématique) toutes les vingt secondes. La façon avec laquelle il projette les corps de ses personnages, cul par-dessus tête et dans les coins d’écrans (en jouant à l’extrême limite de la violence tolérée dans un film familial), la façon avec laquelle sa caméra distille les informations scénaristiques à la faveur de travellings panotés (une région montagneuse à un nom sur une boîte aux lettres à un panneau « No Trespassing », dans le même mouvement qui suit son héroïne volontaire et sans peur), l’incroyable aisance avec laquelle il dirige notre regard (le petit nœud blanc dans les cheveux d’Athena au début, qui nous permet de ne pas la perdre de vue au milieu du parc; le chiffre 100% que notre regard appréhende immédiatement en entrant dans le bureau de Frank) ou encore la façon avec laquelle il intègre quantité de gags et de « props » directement issus de la tradition du cartoon (la séquence d’invasion de la maison de Frank) tout ceci témoigne de la maturation d’un artiste en pleine possession de ses moyens mais également de sa détermination à agir selon sa propre doctrine : rechercher constamment la créativité, ne pas faire de cadeaux au spectateur paresseux et le faire participer au développement du récit. Ainsi, pas question de céder au « show-off ». Si le film nous propose un plan-séquence assez dingue (qui nous fait traverser toute une ville, métro compris, et en détailler toute la structure) c’est avant tout pour que notre point de vue adopte tout en élégance celui de son héroïne exaltée et qu’il puisse, comme elle, se souvenir plus tard de cette séquence lorsque le film nous révèlera sa vraie nature. Chaque choix scénique de À LA POURSUITE DE DEMAIN est motivé par ce que le film veut nous transmettre, sur le plan du récit comme de la thématique. Pas question de céder à la moindre facilité. Si une séquence demande à nous présenter un personnage et son background (l’histoire de Frank, par exemple) et qu’elle risque de nous imposer un bête échange dialogué, alors Brad Bird court-circuite aussitôt cette facilité pour nous raconter l’essentiel sans se reposer sur les mots mais en développant une situation scénique. Bien évidemment, cette exigence s’accompagne d’un effort dans la direction d’acteurs qui atomise la concurrence dans le domaine du blockbuster. Difficile de retrouver récemment des scènes aussi dynamiques et à ce point chargées en palettes d’émotions que celles qui opposent Britt Robertson à la très jeune Raffey Cassidy (incroyable Athéna) en une relation mère-fille inversée et complètement déstabilisante.

On l’aura compris, À LA POURSUITE DE DEMAIN fonctionne à un niveau d’excellence rarissime qui est précisément motivé par l’excellence qu’il promeut thématiquement. Et si le film agace ses détracteurs au point de leur faire dire d’énormes contre-vérités et cumuler les points Godwin, tout en évitant au maximum (ce qui est très révélateur) d’incriminer directement son réalisateur, c’est qu’il affiche une réelle arrogance face à la société à laquelle il s’adresse. Nul doute que Brad Bird se voit lui-même comme un individu éminemment talentueux (ce qu’il est, assurément !) et qu’il ait douloureusement vécu ses longues années – presque vingt ans ! – à devoir se conformer aux règles, au marché et à l’anonymat avant que sa carrière ne décolle enfin. À la façon du héros de LA SOURCE VIVE d’Ayn Rand, sa détermination à faire aujourd’hui les choses comme il l’entend, c’est-à-dire à la hauteur de son talent, ne peuvent être vécus par ses collègues que comme de l’arrogance. N’oublions pas que cet homme a refusé de réaliser le nouveau STAR WARS (!), parangon de la nouvelle politique Disney d’exploitation ad nauseam des franchises, pour s’emparer d’un concept original qui rend ouvertement hommage au vrai Walt Disney, personnage éminemment « randesque ».

Aussi Bird n’hésite-t-il pas à tirer À LA POURSUITE DE DEMAIN vers une voie qui l’apparente à un manifeste jeté à la face d’une société qui promeut des valeurs strictement inverses aux siennes. À une société qui ne fait que contempler son passé culturel en suçant son pouce, il répond avec une création originale où la nécessité « d’aller de l’avant » est un enjeu vital. Aux études de marché qui préconisent de ménager le public, de le prendre par la main et de le prévenir de ce qui va se passer, il préfère nous obliger à constamment courir après l’intrigue, comme le fait son héroïne, et à assimiler sans cesse de nouveaux paramètres, d’une façon ludique mais qui réclame toute notre attention. Et lorsqu’il s’amuse à nous prévenir effectivement de ce qui va se passer (dans une astuce scénique que nous ne révèlerons pas) c’est pour mieux permettre à ses héros de faire preuve d’une inventivité supplémentaire. Dans un monde où les super-héros traînent des pieds à l’idée d’aller sauver le monde et préfèrent se retrouver à manger un chawarma, il impose l’une des héroïnes les plus volontaires et les plus têtues qui soient, véritable anomalie quantique dans un Hollywood où les bovins sacrificiels tiennent le haut de l’affiche (si le film était un dessin animé, Casey aurait des yeux deux fois plus grand que la normale et le nez pointu d’un renard à l’affût).

Difficile d’évoquer plus avant le contenu du film sans risquer de le déflorer pour les spectateurs qui ne sont pas encore allés le découvrir en salles (et il faut aller le voir, bordel !) mais il convient tout de même de préciser qu’en certaines occasions, le cinéaste et son co-scénariste Damon Lindelof n’hésitent pas à placer quelques piques à l’encontre de la politique actuelle du studio qui les produit, comme en témoigne l’incroyable séquence dans la boutique de comics au nom évocateur : « Blast from the Past ». Cette scène d’action cristallise à elle-seule les enjeux du film, à la fois dans son inventivité et dans son discours symbolique. La boutique propose un étalage de produits qui résument ce qui a construit l’imaginaire de Brad Bird : les robots de PLANÈTE INTERDITE et du JOUR OÙ LA TERRE S’ARRÊTA, des figurines SIMPSON, la famille des INDESTRUCTIBLES, une étagère complète du GÉANT DE FER et bien sûr du STAR WARS en pagaille. Le thème de John Williams y souligne l’entrée en scène foirée d’un couple de geeks âgés et vaguement inquiétants qui, à la faveur d’une bombe temporelle, se retrouveront littéralement figés dans le temps. Blast from the PAST ? Figés dans le TEMPS ? TOMORROW-Land ? Vous avez dit « coups de massue » ?

Non seulement Brad Bird donne l’exemple, en brûlant son propre attachement au passé, mais il nous offre l’opportunité de le suivre dans une course folle vers la régénération de notre imaginaire et l’exigence de notre créativité. Il faut donc voir À LA POURSUITE DE DEMAIN comme un acte effectivement subversif, comme une œuvre qui ne s’accommode pas de la médiocrité ambiante dans sa volonté de préserver le futur du cinéma. Et s’il est bel et bien question d’héritage culturel (mais pas seulement celui de Disney ; l’imaginaire cinématographique français en prend aussi pour son grade en découvrant ce qu’il n’a jamais osé faire de la tour Eiffel), il est surtout question de la façon dont cette imaginaire a été « retourné » vers le public (le récit du film est explicite sur ce point) pour nous mener au désastre culturel actuel, principalement dans un paysage cinématographique où ce type d’excellence fait figure d’acte militant, mitraillant ses quinze idées à la minute pour mieux surprendre – et divertir – le spectateur. Ou comme le dit Casey : « choisir de nourrir le bon loup ».

TITRE ORIGINAL Tomorrowland
RÉALISATION Brad Bird
SCÉNARIO Brad Bird et Damon Lindelof
CHEF OPÉRATEUR Claudio Miranda
MUSIQUE Michael Giacchino
PRODUCTION Brad Bird, Jeffrey Chernov & Damon Lindelof
AVEC Britt Robertson, George Clooney, Rafey Cassidy, Hugh Laurie, Pierce Gagnon…
DURÉE 130 mn
DISTRIBUTEUR The Walt Disney Company
DATE DE SORTIE 20 mai 2015

36 Commentaires

  1. Moonchild

    Pas fou du film mais je l’aime assez quand même, simple, limpide (dans sa narration, son découpage), bourré d’idées et de beaux moments de mise en scène. Vrai coup de cœur pour Raffey Cassidy, très touchante, j’ai toujours un peu de mal avec Clooney …
    Après, est-ce que le film est subversif ? Cela reste discutable ; certes l’optimisme, la foi en l’homme et en l’avenir peuvent être considérés comme tel, surtout en ces temps de « déclinisme » ambient (et un peu tendance).
    En revanche, le discours « écolo » du film me semble très simpliste et dans l’air du temps ; en témoigne cette séquence très maladroite et lourdingue où l’avenir funeste de la Terre nous est dévoilé, les mauvais agissements de l’Humanité pouvant ainsi justifier une disparition (méritée) ; on se sentirait presque prisonnier d’une niaiserie culpabilisatrice à la Yann Arthus-Bertrand … mais le meilleur devrait arriver en décembre lors de la conférence sur le climat à Paris …
    Pour finir, on peut voir dans ce métrage un véritable hommage à la philosophie positiviste d’Auguste Comte, où tout progrès scientifique, technologique, voire même artistique dans ce Tomorrowland, serait forcément vecteur de progrès et de bonheur pour l’humanité ; on peut regretter que le film ne discute pas et ne tempère pas assez ce point (éminemment discutable), ce que parvient à faire par exemple L’homme au complet blanc (d’Alexander MacKendrick, avec l’excellent Alec Guinness), qui sur ce point est beaucoup plus complexe, pertinent et poil à gratter …

    • Moi

      Attentio, gros spoiler…

      « En revanche, le discours « écolo » du film me semble très simpliste et dans l’air du temps ; en témoigne cette séquence très maladroite et lourdingue où l’avenir funeste de la Terre nous est dévoilé, les mauvais agissements de l’Humanité pouvant ainsi justifier une disparition (méritée) ; on se sentirait presque prisonnier d’une niaiserie culpabilisatrice à la Yann Arthus-Bertrand … mais le meilleur devrait arriver en décembre lors de la conférence sur le climat à Paris … »

      Je crois que tu as mal compris cette partie du film. On nous montre un discours qui correspond exactement au discours actuel, mais cette histoire de fin de la terre est finalement dut au agissement de Nix, qui impose littéralement son pessimisme à toute la population, grâce à ça machine. Je trouve ça plutôt fin, au contraire. Et plutôt subversif.

      • Moonchild

        Même si cet avenir à très court terme de la fin de la Terre (2, 3 mois si je me souviens bien) est de l’ordre du mensonge, de la manipulation, crois-tu que cela soit innocent et pas vecteur d’un petit message du style : attention, la Terre et ses ressources ne sont pas éternelles, prenez-en soin chers petits Humains ?
        Après, je n’ai rien contre les films candides, optimistes, volontaristes, là j’ai juste trouvé ça un peu neuneu et grossier, et en plus présenté d’une manière abrupte et maladroite …

        • Moi

          Oui, peut-être. Pour moi ça servait surtout le propos du film (le monde deviendra pas meilleur en promouvant la peur et le pessimisme), mais tu as peut-être raison.

          Sur le coup ça m’a pas plus marqué que ça, et pourtant le politiquement correct actuel (entre autre écologiste) me sort par les yeux.

          • Moonchild

            Je chipote sans doute, je trouve le film bon, aucun souci là-dessus ; ça fait plaisir de voir ça comparé à un Avengers 2 nullissime et qui se fout bien de la gueule de son spectateur ; d’un autre côté, c’est vrai qu’après le choc Mad Max : Furry road, je relativise l’excellence de ce Tomorrowland …

        • Jackie Choun

          Mais du coup c’est quoi qui est neuneu, de dire que les ressources de la Terre ne sont pas illimitées et que l’Homme est responsable de la dégradation de son environnement ? Ou de dire qu’on peut encore y changer quelque chose ?

          • Senz-Lo-G

            Voilà enfin quelqu’un qui pense comme il le faut 😉
            PS: Ne baisse pas les bras

  2. Dicky Moe

    Ça y est, j’ai envie de le revoir maintenant, c’est malin…
    Aussi fouillé et pertinent qu’à l’accoutumée, merci Rafik !

    Une perle ce film, ça faisait longtemps que j’étais pas ressorti d’une salle avec une telle banane. Tu le vois, t’es juste heureux. C’est fun tout du long, touchant, et ça raconte vraiment quelque chose.
    Concernant le propos, la scène dans la boutique est effectivement assez éloquente, mais même si on n’a pas capté à ce moment, on nous le dit textuellement plus loin, vers la fin du film : quand Nix – soit le personnage qui refuse littéralement de vieillir – revoit Walker, il lui lance qu’il a pris un coup de vieux, ce à quoi Walker répond : « Tu devrais essayer. »

  3. Lyes

     » À LA POURSUITE DE DEMAIN « est un film qui aurait plu à Adolf Hitler »  »

    Rafik tu viens de me tuer là….J’allais demander le nom de l’auteur de cette connerie mais en fait non j’ai pas envie de savoir.

    Sinon j’acquiesce a 200% pour dire que c’est juste une merveille comme on en voit rarement. Être aussi frondeur, sincère, jusqu’au-boutiste, que sais je encore et cela même au sein de ce golgoth qu’est Disney ( parceque le système se change de l’intérieur ! Pas en prenant la pose dans son petit coin. ), ça ne peut que forcer le respect.
    Les petites piques aux blockbusters actuels c’est juste ce qu’il faut sans être démago, j’ai bien rigolé d’ailleurs en tombant sur l’affiche de San Andreas pile en sortant de la salle.

    Je suis juste un peu dubitatif par rapport à Ayn Rand, pour m’être tapé Atlas Shrugged l’année dernière, donc récemment, je trouve qu’on est assez proche du parti pris de BioShock même si on est pas non plus dans la critique.
    Pour moi, l ‘essence est vraiment de combattre la morosité ambiante ( les scènes de classes, c’est juste énorme! Dommage que tu n’en parles pas, c’est pas du spoiler je pense) , en appelant à chacun à résister(!), et l’imagination est le vecteur de cette libération, c’est elle qui nous a amené si loin.

    Et ce fameux « united colour of Benetton » ben moi ça m’a bien humidifié les yeux donc je dois être abruti au yeux de certain ?

    Enfin bref, ça risque d’être le children of men de la décennie mais ça sera intéressant de voir le Box Office monde, certains pays pourrait nous surprendre ( et ça en dirait long !!).

  4. Bengal

    Super article pour une œuvre passionnante ; résumer le propos du film sans le spoiler, chapeau. Ça me donne envie de le revoir.

    C’est triste à dire mais ça m’étonne pas que ce soit mal vendu et mal accueilli, étant donné que c’est complètement à contre-courant de ce qui se fait aujourd’hui. En fait, ce film est une anomalie par rapport à la concurrence (le pied de nez aux fans de Star Wars, fallait quand même oser !).

    Je me trompe peut-être mais j’ai eu l’impression qu’il y avait quelques références à Superman : Frank qui apprend à « voler » dans la campagne américaine, l’espoir triomphant du défaitisme ambiant (j’ai même crû apercevoir un pin’s avec un S au lieu du T de Tomorrowland à la fin)…

    Par contre, c’est moi ou l’expérience du film serait bien plus jouissive en 3D (avec le découpage virtuose, la gestion de l’espace, l’immersion pour la découverte d’une autre dimension) ? A moins que Brad Bird n’aime pas la 3D, mais ça me surprend de voir un tel blockbuster non tourné ou converti à ce format.

  5. Jesse Pinkman

    Whoo…une merveille cet critique (analyse de fous furieux).

    J’ai honte de laisser la mienne maintenant ^^.

    Est bien trés beau film pour ma part.

    Les quel que petite fausse note pour ma part sont les quel petite baisse de rythme que j’ai ressentie par accoues (bon faut dire que j’était déja fatiguer), et a quel que moment le flot d’information qu’on nous immerge…alors qu’on avait eu jusque la que des miette…ca surprend. Le début du film aussi est bizarre (quand Franck veut parler de sont histoire et se fait couper plusieurs fois…2 fois c’est rigolo, plus ca devient lassant)!

    Mais alors le reste, ouep un beau coup de cœur. La réalisation de Brad Bird (love you), est a la fois ludique et magnifique, le réal n’a rien perdu de sont talent. De même que ca narration et l’ambiance du film, j’avais l’impression d’être dans un des films des année 80’s (je comprend mieux le rapprochement avec Amblin), ces films qui nous transporter, nous faisait rêver…

    Il serait sortie a cette époque, il serait devenu culte je pense. Enfin bon, il sort en 2015…est au final…beaucoup de choses ont changer…mais aussi et malheureusement pas tant que ca (guerre, famine, ect), et c’est la que je trouve le script vraiment malin et remplie d’espoir…(trop?), au final ces sans doute le pire cauchemar des cynique se film.

    Même si le discourt de Hugh Laurie dans le film, serait plus dans le vrais…(en tout cas actuellement, c’est plutôt ce qui se passe), mais le film force le trait a toujours étre optimiste, ce qui j’en convient peut étre rébarbatif…mais tellement rare, ou encore maintenant ont adore tout ce qui est chaos, dark, ect…ICI on a un film remplie d’optimisme, est avec en plus un vibrant hommage au films SF des année 80’s.

    Bref, le film a fait ce que j’attendais de lui….il m’a fait redevenir un gosse, un rêveur, un aventurier…quel qu’un qui a de grand espoir…car oui, c’est le GRAND message du film…l’espoir qu’on décide de nourrir…ou non.

    « Deux loups s’affrontent.

    Le premier loup est méchant : il représente la peur, la méchanceté, la violence…

    Le second loup est bon : il est gentil, il représente la bonté…

    Lequel des deux loups va gagner et survivre » ?

    Celui qui est nourrit.

  6. Jerome M.

    Depuis l’annonce du projet et la note d’intention (« parler du futur tel qu’on l’envisageait dans les annees 50/60 »), j’attendais le nouveau Brad Bird avec impatience et j’ai reussi a ne rien lire/voir avant de « forcer » toute la famille a aller voir le film le week-end dernier. Mes filles, agées de 7 et 13 ans, ont adoré le film, ainsi que mon epouse e moi-meme. Apres avoir pas mal discuté du message offert par le film, mes filles ont elles-memes reconnu que le film se suivait avec un interet reel, car l’histoire progressait logiquement sans qu’on sache jamais dans quelle direction elle pouvait bifurquer. Des qualités qui ne s’appliquent pas a Avengers 2 pour ne stigmatiser que ce film… Tomorrowland est un film universel et familial, au sens le plus positif et noble du terme, et ne vise jamais le denominateur le plus bas. Au contraire.

    Cher Rafik, le miltitantisme passionné qui émane de votre article est communicatif, et je souscris a 200% a vos propos. Il faut encourager les gens a aller voir ce film original et vertueux, afin de ne pas conforter les studios dans leur politique mercantile de remakes/reboot/adaptation trop souvent desincarnées et infantilisantes.
    Bravo et merci pour cet article.

  7. runningman

    Pour résumé la critique de Rafik, par ailleurs excellente, cet un film sur la liberté de création, et que certaines mauvaises langues ont qualifié trop facilement de « libéralisme », ce qu’il n’est pas et encore moins de « totalitaire », d’ailleurs pour ceux qui connaissent un peu la filmo. de Brad Bird il est bien trop malin pour se laisser séduire par ce genre d’idéologies; ce que son dernier film montre magistralement.
    je tenais à dire et surtout en raison de son INJUSTE mauvais démarrage en salle, que si vous en avez marre de vous taper des remakes faisandés ou des marveleries formatés, je vous conseille de COURIR voir « A la poursuite de demain »

  8. Moi

    Juste une précision concernant Ayn Rand, pour être complet, en plus du coté élitiste, il y’avait aussi l’idée que c’est les plus faibles qui ramassent le plus à cause des dérives collectivistes, les plus doués ayant les moyens de s’en tirer (par exemple c’est eux eux qui font la grève, dans la Grève, les gens normaux n’ont aucune solution, et se retrouvent tous à crever de faim).

    L’idée, c’est qu’en n’entravant pas l’élite, c’est toute la société qui en profite. Ce n’était pas du simple élitisme. Tant qu’on y est, parce que j’ai lu ça un peu partout, Rand ne condamne pas la solidarité ou l’altruisme, seulement la solidarité et l’altruisme forcé.

    Maintenant, on peu penser ce qu’on veut de tout ça, mais tant qu’à être clair…

    • Moi

      Je m’aperçois que je n’ai pas parlé du film, du coup…

      Pour faire court, pour moi, ce serai facilement le film de l’année, voir de la décennie, si Mad Max était pas sorti en même temps. Je suis sorti de Mad Max vanné, comme tout le monde, tant le film est exigent et intense, et de Tomorrowland avec une pèche infernale. Ce film est vraiment jubilatoire. Moi qui ne plus saquer le pessimisme et l’anxiété ambiants, j’ai été servis. Un film nécéssaire, à une époque où on ne regarde plus le futur qu’avec crainte.

      On a vraiment eu 2 semaines de ciné mémorable.

  9. Jerome M.

    Puisque quelqu’un a parle des annees 80 et d’Amblin, vous ne trouvez pas justement que le film renvoie au meme volontarisme et determinisme de Retour Vers Le Futur? Dans les deux films, il y est question de la jeunesse qui prend son avenir en main tout en prenant conscience des erreurs/manquements de ses ainés?
    La relation des heros avec leur mentors respectifs (Frank et Doc) ajoute a cette similitude. Et pour enfoncer le clou, le look et l’attitude de Casey ne sont pas sans rappeler Marty McFly a plusieurs reprises.

    Quel joli mois de Mai en tout cas! Mad Max et Tomorrowland a deux semaines d’intervalle? le pied! d’autant que ces deux films ont ce potentiel qu’ont les vrais classiques, de ne pas livrer tous leurs secrets a la premiere vision. et plus on les revoit, et plus on y repense a-posteriori, plus les films apparaissent riches et donnent envie d’etre revus!

  10. Remy

    Très belle analyse pour l’un des plus beaux films de cette première moitié 2015 🙂

    Précisons une chose sur l’objectivisme qui peut amener à de sales dérives (comme n’importe laquelle philosophie, sans doute) : je me réfère aux paroles de l’un des grands porte-paroles de ce courant de pensée en la personne de Terry Goodkind, célèbre auteur de Fantasy (entre autre, le cycle L’ÉPÉE DE VÉRITÉ). Dans cette interview [http://www.terrygoodkind.fr/interviews.php?id=17] il explique (voir simplifie) carrément la chose suivante : « Si vous choisissez de vous sacrifier, si vous voyez quelqu’un se noyer dans une rivière et que vous décidez de vous jeter à l’eau et de tenter de sauver cette personne au risque de votre vie, c’est très bien… mais on ne devrait pas vous demander de vous sacrifier. « Sacrifice requis » est un autre mot pour « esclavage ». Quand on vous demande de vous sacrifier pour les autres, cela veut dire que votre vie n’a aucune valeur, sauf de servir les autres. Qui décide quelle vie vaut plus que la vôtre ? C’est l’Etat, ou la religion, et ils disent que vous n’avez aucune valeur en tant qu’individu ; votre seule valeur est de vous sacrifier pour le bien commun. »

    C’est pourquoi dans leur dernier travail et bien que le point de départ du film soit clairement du Ayn Rand, je pense que Bird et Lindelof se détachent de cette idée, [LÉGER SPOILER] laquelle est clairement représentée par le personnage de Hugh Laurie, refusant d’user de son génie pour sauver le monde, mais plutôt le laisser à l’abandon [FIN DU LÉGER SPOILER].

    Dans son désir de se détacher de l’analyse de l’objectivisme, il faut aussi souligner la défense de Bird himself : « Some people said it was Ayn Rand or something like that, which is ridiculous. other people threw Nietzsche around, which I also find ridiculous. But I think the vast majority of people took it the way I intended. Some people said it was sort of a right-wing feeling, but I think that’s as silly of an analysis as saying The Iron Giant was left-wing. I’m definitely a centrist and feel like both parties can be absurd. » [http://www.ign.com/articles/2005/03/10/an-interview-with-brad-bird?page=3]

  11. (Je précise que je n’ai pas lu l’article ni les commentaires pour éviter les spilers.)

    Je suis assez stupéfiant de l’accroche de l’article, car je ne m’attendais pas à cela de la part de ce film qui a l’air super-classique sur au moins un point politique : les minorités et l’attribution genrée des rôles.

    Le leader est un homme âgé et très célèbre,
    le second rôle est donnée à une actrice jeune, moins connue ; et le second role masculin est un autre homme blanc mûr bien connu.
    TouTEs les trois sont blancHEs.

    En fait j’en ai marre de ce cinéma ces temps-ci, où tout le monde est blanc, les mecs toujours dominants (j’en suis venu à lister les films menés par une femme: https://paf.lu/women ), les QUILTBAGs restent invisibles, les bandes annonces se ressemblent toutes et vous spoilent des images de la seconde partie du film… Marre!! Du coup c’est une excellente raison de ne plus aller au cinéma. Peut-être que celui-ci inversera la tendance ?

    • nicco

      Pas lu l’article, pas lu les commentaires, pas vu le film. Belle ligne éditoriale Mathias.

      (j’ai le droit de me moquer je suis noir)

  12. Nico

    Une phrase amusante de Clooney « tu ne crois pas que je vais passer mon temps à tout t’expliquer, contente toi d’halluciner »

    • Moi

      Ca sonne comme une note d’intention pour le film…

    • Rafik DJOUMI

      Tout à fait d’accord avec cet article.
      Il y a des thèmes randesques dans ce film mais cela ne veut pas dire que ses auteurs en font la promotion. Maformulation n’était peut-être pas assez claire.

      • Ash

        Non au contraire votre article est très clair, c’était plutôt pour confirmer et renforcer le point de vue qui me semblait être le votre. Votre article est très intéressant, je suis allé voir le film en me basant sur celui-ci uniquement! La bande annonce m’avait frigorifié… En dehors des thématiques empruntées à Rand, j’ai surtout aimé le brin de folie à la Joe Dante que j’ai retrouvé dans quelques plans (les robots un peu trop souriants ressemblent à des personnages de Eerie Indiana, une série sur laquelle Dante a participé) et également dans l’écriture de certains personnages (le couple du magasin, le petit frère..). Plus globalement, c’est l’approche décomplexée de Brad Bird sur son sujet qui m’a le plus scotché, car il parvient à traiter d’un sujet dramatique et actuel tout en restant vraiment divertissant, quitte à envoyer ses personnages dans l’espace, dos à la pelouse, ou même dans un camion façon cartoon (les jeux de mouvements constituent un des gros points forts du métrage, je vous rejoins complètement la dessus).

  13. jackmarcheur

    Jerome M : si c’est un film familial, j’amene toute ma famille le voir alors ? Pas trop de violence quand même?

    Sinon quelqu’un l’a vu en 3 D ou pas ? Qu’est ce qu’elle vaut (la 3D je veux dire ?)

  14. Poivre

    Super film, mais des petits problèmes de rythme m’ont empêché de totalement décoller.

    J’ai trouvé le triple démarrage du film avec les 2 flashbacks un peu lourdingue, la découverte de Tomorrowland par Casey trop redondante pour le spectateur avec celle de Walker enfant et la mi-film un peu molle avec les différents tunnels de dialogues dans le pick-up (mais pourquoi ne vont-ils pas à Paris directement depuis la maison de Frank ?). Enfin le combat final m’a paru un poil cheap.

    Pour le reste l’univers est excellent, beaucoup de scènes sont sacrément jubilatoires et le casting est au top (la gamine qui joue Athéna est démente). Quant à l’idéologie développée elle offre une vraie bouffée d’oxygène par les temps qui courent, mais vu le degré de cynisme qu’on a atteint (il n’y a qu’à voir les exemples que Rafik cite dans sa critique) le film n’a malheureusement pas fini de se faire basher.

  15. En tout cas j’avais raison le scénario est strictement identique à JUPITER ASCENDING, avec la nana élue qui doit sauver la terre, son ange gardien qui la sauve d’une première attaque, lui explique la situation, l’amène dans une ferme où l’attend un ermite, re-attaque sur la ferme (avec à chaque fois une grosse insistance sur les champs alentours), puis l’emmène dans l’espace/temps où l’attend un méchant dans une grande ville avec des vaisseaux spatiaux et qui veut la destruction de la terre, désolé mais même si le traitement diffère si ça c’est pas du copié-collé je ne sais pas ce qu’il vous faut !…

  16. … et j’avais oublié le plus drôle : « bon les gars, là on a des séquences en jet-pack, comment copier sans que ça se voit trop ?… » « … Ben facile on lui colle des patins à roulettes de l’espace, tranquille personne ne s’en apercevra, yeah !… »

  17. … Ou encore la séquence de « révélation » comme quoi l’élue est bien l’Elue : « Bon les gars on est dans la ferme et là elle a fait baisser le pourcentage sur l’écran, nous il faut qu’on trouve autre chose… » « Ben facile on est dans une ferme, on va dire que c’est la reine des abeilles et hop, le tour est joué !… »

  18. bruttenholm

    Bon ben maintenant que ce captcha remarche, je refous mon commentaire ici (du coup j’ai un peu l’impression de faire une redite par rapport à d’autres commentaires) :
    Je ne suis pas sûr que le film soit à ce point un plaidoyer en faveur des thèses d’Ayn Rand.
    Assurément, le scénario inclue cette référence mais, à mon sens, plutôt pour la retourner… David Nix me semble être l’avatar « Randien » ici, et le film me semble plutôt développer une critique de cette idéologie poussée à l’extrême.
    D’ailleurs, ce n’est sûrement pas une surprise si Brad Bird a déjà combattu les rapprochements entre son œuvre et celle d’Ayn Rand ( http://www.ign.com/…/03/10/an-interview-with-brad-bird… « Some people said it was Ayn Rand or something like that, which is ridiculous. other people threw Nietzsche around, which I also find ridiculous. « )… En effet, je vois plus Tomorrowland comme un nouveau chapitre intime que Brad Bird voudrait nous dévoiler…
    On a assez montré (encore dans ce papier) les parallèles entre les trajectoires des héros des Indestructibles ou de Ratatouille et la carrière de Brad Bird pour ne pas voir dans Tomorrowland le prolongement de cette « auto-analyse »… Les personnages sont ainsi un aspect de la personnalité de Bird, ce qu’il aimerait être (Casey), ce qu’il a peur d’être (Nix) et ce qu’il a été (Walker) : difficile de ne pas voir en Frank Walker le Brad Bird désabusé qui est arrivé à CalArts des rêves de films plein la tête pour se rendre compte que l’empire Disney était sur le déclin avant de partir sous d’autres cieux, de mener une carrière relativement anonyme (et peut-être mêlée d’amertume) avant de revenir sur le devant de la scène en redécouvrant ses rêves de jeunesse… Vu par ce prisme là, l’idéologie « Randienne » de Nix ne serait qu’un moyen pour Bird de répondre à ses détracteurs en leur montrant la différence subtile entre ce qu’il pense réellement et l’idéologie qu’on lui prête.

    • Moi

      Je ne pense pas du tout que Nix soit un personnage Randien. J’ai plutôt l’impression qu’il représente la peur de l’avenir et le pessimisme.

      Pour commencer, un personnage Randien ne peut pas être un gouverneur. Ce serait aussi absurde qu’un banquier communiste.

      Je pense que Bird se réclame plus de Disney, et Disney était un personnage très Randien par certains cotés, c’est peut-être de là que ça vient…

  19. Marce

    J’y suis allé car vous aviez communiqué dans votre dernier podcast un enthousiasme tout à fait communicatif, mais quelle déception.

    En d’autres mots: qu’est-ce que je me suis fait chier!
    J’ai trouvé en ce film l’inverse d’absolument tout ce qui m’a réjoui dans Mad Max. (Oui je suis d’accord, un calendrier pareil, c’est criminel).

    [SPOILER]

    Déjà, je ne comprends pas la direction artistique du film, j’ai tout trouvé cliché (et laid): les acteurs, les décors, les costumes, les FX. Je peux comprendre que cet avis là peut paraitre indéfendable, mais putain comment défendre la réalisation? C’est pas des tunnels de dialogue dans la voiture, mais des bombes temporelles! (exagération typiquement post-Fury Road)

    Non mais vous n’avez vu aucun point négatif dans le film? Sérieusement? Le combat final indigent, les nombreux clichés, les scènes qu’on dirait tournées dans la gare TGV de Lyon St Exupéry vide, les robot bâtisseurs dont les capacités ne sont pas utilisées. Quel dommage que les deux meilleures scènes du film (la maison et la découverte du badge) soient présentes en quasi intégralité dans les trailers.

    Merci tout de même de défendre le film envers les accusations débiles qu’il subit. Bon, des journalistes qui ne font pas la différence entre Ayn Rand et le fascisme/nazisme, j’imagine qu’il y en a légion. Mais ils pourraient au moins la faire entre une pub Benetton et une pub EDF. Car la scène avec les éoliennes et la sélection de talents aux quatre coins du monde, c’est du pur style corporate green bien dégueulasse comme on en a tant vu (Areva, Cisco, Total…). Du moins je n’ai pas perçu le fond qui contredirait la forme.

    Et puis je me demande si j’ai compris quelque chose au film, sérieusement:

    1 Jules Verne, Gustave Eiffel, Nicola Tesla et Thomas Edison (cliché alert!) décident de créer un monde alternatif dans lequel des cerveaux d’élite pourront créer sans entrave. (En quoi ont-ils été entravés sachant qu’ils sont TRES connus et reconnus dans notre monde?)
    2 Le gamin en échange culturel invente une machine pouvant prédire l’heure de la mort de la civilisation du monde original
    (S’il devait se produire ce genre d’extinction, il y a fort à parier qu’elle aurait lieu en premier dans le monde sans entrave, étant donné qu’il n’y a pas… d’entrave)
    3 Le monde alternatif envoie des alertes au monde original, qui non seulement les ignore, mais s’en goinfre.
    (Point intéressant, continue…)
    4 Déçu, le monde alternatif décide de ne pas les aider, abandonne ses échanges culturels et vit en autarcie
    5 Un robot qui a apprit les émotions humaines (cliché) recrute des dans l’ancien monde en loucedé et élabore un plan pour aller botter le cul de Hugh Laurie et reprendre les échanges culturels.
    6 Générique. Scénario Damon Lindelof. Ah d’accord…
    (Mais quand l’imposture de ce mec sera-t-elle dévoilée?)

    Ma sensibilité attendrait qu’ils veuillent rompre le cycle, qu’ils changent de paradigmes, eux foncent pour le relancer.

    Conclusion: J’y ai surtout vu des vieilleries, un réal qui peine à s’égaler, une histoire tordue qui n’offre que trop peu de réflexion sur ses nombreuses influences et une naïveté désolante.
    J’aurais du retourner voir Fury Road…
    [/SPOILER]

  20. Oui assez d’accord, le film est plutôt sympa et émouvant mais l’article passait un peu trop sous silence ses nombreux défauts, cela dit j’ai ressorti mon exemplaire de BIOSHOCK INFINITE pour refaire quelques parties, ah, ah…

  21. J’étais assez réticente à l’idée d’aller le voir, la bande annonce ne mettant pas du tout le film en valeur… mais c’est un Disney et je me suis dit que ça ne pouvait pas être complètement naze.
    Du coup je suis allée le voir et j’ai été déçue. Le film n’est pas mauvais mais l’univers est ultra survolé… Ce film donne l’impression qu’il aurait du durer 4 heures pour avoir le temps de faire le tour de tout l’univers car tout est bâclé, on nous présente un super univers inspiré de l’imaginaire Disney et des parcs Disneyland mais on voit tout rapidement et ensuite on nous dit que cet univers n’a jamais vraiment existé.
    Il y a des scènes d’action mais pas vraiment excitantes et le film est du coup assez lent (pas long, juste lent).
    Pour rajouter un bémol à tout ça, la voix française de Casey (aka la voix française d’hannah montana) est insupportable et ce, dès les premières secondes du film à cause d’une scène au montage ultra cheap…
    Enfin bref, un super univers mais développé trop succinctement, j’attendais un chouilla mieux 🙁

  22. Poivre

    Au détour d’une interview donnée dans le dernier Charlie Hebdo, Christophe Gans nous livre sa grille de lecture concernant le dernier film de Brad Bird:
    « […] le cinéma américain est devenu un parc d’attractions, sous couvert d’une idéologie commerçante et sectaire – je pense au récent Tomorrowland, qui nous vend la Scientologie et Disney ! »

    Faudrait quand même qu’on arrive à savoir si c’est un film pro-nazi, pro-scientologue ou pro-Benetton (moi perso j’suis largué).

  23. Ksiq

    Sérieux, Ayn Rand, subversive alors que partout elle triomphe avec ses néo -libéralisme, conservatisme sa révolution des riches et son choc de civilisations. Sa Rand Corp. archétype du think tank (10 personnes influencent mieux que 10 millions). C’était un sous Orwell Ayn. J’espère que vous vous plantez, que le film s’en inspire pas (en même temps disney faut donner des gages) car le trail m’a quand même donné envie de regarder.

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