DUEL DANS LES ÉTOILES

Compte tenu du fait que WARHAWK fut un des premiers jeux notables de la PS3, et qu’il avait su s’attirer une communauté fidèle, on peut s’étonner de ce qu’il ait fallu cinq ans pour qu’un successeur lui soit donné. Cette arrivée tardive n’empêche cependant pas STARHAWK d’avoir des arguments à faire valoir pour justifier son existence.

Orientation multijoueur only oblige, WARHAWK se passait fort logiquement de toute ambition narrative, sorti d’une (très vague) contextualisation des forces en présence. D’emblée, STARHAWK se démarque donc nettement de son prédécesseur puisque, si le mode multi en reste la composante principale et l’attrait premier, les développeurs ont cette fois pris soin d’intégrer une campagne solo. Un choix qui nait autant d’une volonté de proposer une expérience plus riche que de la nécessité. Car là où WARHAWK proposait un gameplay immédiatement assimilable, STARHAWK vient rajouter une mécanique de simili-RTS qui va nécessiter une période d’apprentissage de la part du joueur. Un apprentissage qui passera donc par le mode solo, qui introduit graduellement les différents éléménts propres à cette mécanique afin que les joueurs puissent se lancer dans le multi en toute quiétude à son issue.

La campagne agissant donc comme une forme de tutorial géant, il était cependant à craindre qu’elle soit traitée comme quantité négligeable, comme on l’aura déjà vu faire chez d’autres titres essentiellement axés multi au sein desquels l’inclusion d’un mode scénarisé apparaissait comme une arrière-pensée (dernier exemple en date, BATTLEFIELD 3). Fort heureusement, les développeurs de Lightbox ont visiblement pensé que la mission « éducative » de ce mode ne les dispensait pas obligatoirement pour autant d’impliquer le joueur et on donc fait un effort notable en ce sens. En soi, la trame narrative n’a cependant rien de révolutionnaire et se contenterait même de marcher dans des sillons bien traçés. Néanmoins, la bonne idée du studio est d’avoir choisi de placer ladite trame dans un contexte propre à lui conférer un regain d’originalité. L’univers science-fictionnel dans lequel le jeu prend place se voit ainsi teinté de western, pour un résultat qui va immanquablement évoquer le FIREFLY de Joss Whedon, une référence parfaitement assumée par les créateurs qui vont même jusqu’à décalquer pour créer leurs bad guys les Reavers du show télé, ici renommés en Scrappers (voir la bande-annonce de SERENITY, l’adaptation ciné de FIREFLY, ci-dessous).

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Alors certes, il sera difficile de considérer, au vu d’une inspiration aussi clairement marquée, que le tout est original à proprement parler, mais dans le contexte d’un shoot multi, il est tout aussi indéniable que cela nous change agréablement des univers militaro-militaires qui constituent la norme du genre. D’autant plus que cela permet en sus à Lightbox de varier les plaisirs lors de la campagne, en nous rejouant à la sauce futuriste les moments classiques du western. Et force est de constater que l’attaque du train ou la défense du fort contre les Indiens prennent une toute autre ampleur dès lors qu’on y rajoute des robots bipèdes capables de se changer en machine volante ou des tanks. Et quand le tout est accompagné par les accords d’un Christopher Lennertz déchaîné dont le score réussit la synthèse entre la tradition du western spaghetti et le son du film d’action moderne, il y a largement de quoi se laisser prendre au jeu.

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Qu’on ne s’y trompe pas pour autant, STARHAWK ne viendra rien révolutionner avec son solo, et son intrigue, pour prenante qu’elle soit, reste avant tout fonctionnelle. Néanmoins, Lightbox a le mérite de réussir à prouver que l’inutilité d’un mode solo dans un jeu purement destiné au multijoueur n’est pas une fatalité mais qu’il peut au contraire être aussi utile qu’agréable. Souhaitons que la leçon porte ses fruits.

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