DE PÈRE EN FLIC

Si COPS – LES FORCES DU DÉSORDRE vous semble familier, c’est peut-être bien parce que vous avez déjà vu le film. En fait, ça fait même plus de trente ans que vous le voyez, ce film !

Deux zigotos découvrent qu’ils passent pour des vrais flics en portant des costumes de flics, et cela suffit à leur donner de l’assurance. De l’assurance pour parler aux filles et faire un peu ce qu’ils veulent, mais aussi et surtout pour casser la gueule au malfrat du coin. Voilà pour l’argument principal de COPS – LES FORCES DU DÉSORDRE, une comédie d’un autre temps signée Luke Greenfield, auteur de l’amusant et autobiographique GIRL NEXT DOOR avec Emile Hirsch et Elisha Cuthbert. Autant vendre la mèche tout de suite, COPS – LES FORCES DU DÉSORDRE ne risque pas de développer le même capital sympathie, puisqu’il s’agit d’une comédie pantouflarde, sinistre et effroyablement mal rythmée, qui exploite son pitch sans aucune originalité et saborde totalement le talent de ses comédiens (notamment celui de Rob Riggle, complètement sous-employé), ce qui est d’autant plus dommageable que le film se réclame du buddy-movie, un genre aux ficelles usées par des décennies d’exploitation éhontée. La bande-annonce ci-dessous est un bon indicateur de la prise de risque minimale du projet, ainsi que de sa propension à jouer la carte de l’humour pachydermique tellement éprouvé dans d’autres comédies à succès que la crudité des gags ne choquerait même plus votre arrière grand-mère : on pense notamment à cette scène de combat contre un obèse dénudé qui frotte ses parties génitales sur nos héros – un concept déjà exploité, et en bien plus drôle, dans BORAT.

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Mais COPS – LES FORCES DU DÉSORDRE ne s’applique pas seulement à piquer des gags aux autres films. Il opte également pour le cumul en castant Damon Wayans Jr dans l’un des deux rôles principaux, histoire de capitaliser sur une tradition familiale presque aussi vieille que le genre en lui-même. Comme son papa dans LE DERNIER SAMARITAIN, ou encore ses tontons Keenen Ivory (A LOW DOWN DIRTY SHAME, L’OMBRE BLANCHE, WANTED : RECHERCHÉ MORT OU VIF), Shawn (FBI : FAUSSES BLONDES INFILTRÉES) ou encore Marlon (MO’MONEY), Damon Wayans Jr s’offre donc son propre buddy-movie et perpétue un certain héritage familial dans la comédie d’action. Sans se fouler, ni même proposer quelque chose d’un peu consistant à cette formule usée jusqu’à la corde. Peut-être que son nom familier, associé à un genre pour lequel sa famille est reconnue, est à l’origine du succès inattendu de COPS – LES FORCES DU DÉSORDRE au box-office américain (le film a quadruplé la mise au moment de sa sortie aux États-Unis en août dernier), mais on lui souhaite déjà de trouver un partenaire plus charismatique à l’écran (Jake Johnson, plutôt énervant) et surtout un matériau qui lui permette de se réclamer un peu du talent de ses aînés. Allez, je vais me refaire I’M GONNA GIT YOU SUCKA, histoire de faire passer la pilule tiens !

TITRE ORIGINAL Let’s be Cops
RÉALISATION Luke Greenfield
SCÉNARIO Luke Greenfield, Nicholas Thomas
CHEF OPÉRATEUR Daryn Okada
MUSIQUE Christophe Beck & Jack Monaco
PRODUCTION Luke Greenfield, Simon Kinberg & Aditya Sood
AVEC Jake Johnson, Damon Wayans Jr, Rob Riggle, Nina Dobrev, James D’Arcy…
DURÉE 105 mn
DISTRIBUTEUR 20th Century Fox France
DATE DE SORTIE 21 janvier 2015

1 Commentaire

  1. JLP

    Perso je me suis vraiment bien poilé alors que je n’en attendais strictement rien. Les situations ont beau être convenues (ça n’invente clairement pas la poudre) , elles restent tout de même bien amenées et efficaces. Je trouve que le concept de départ est solidement exploité dans le cadre d’une humble comédie.
    L’alchimie entre les persos fonctionne bien, et si la prestation de Jake Johnson est effectivement un tantinet crispante, on est tout de même en droit d’halluciner devant son personnage qui kiffe tellement l’uniforme qu’il finit par le porter vraiment, le scénario allant jusqu’au bout de sa logique pour son parcours.
    On aurait bien aimé en revanche, un véritable climax de vrai film d’action à la manière des Bad Boys de Michael Bay histoire de conclure la péloche en beauté, il faudra donc se contenter ici d’une fusillade et d’un mano à mano assez perraves, minimum syndical requis convoquant malgré tout une bien belle imagerie (la sortie du bâtiment triomphale de nos deux comparses, visages égratignés et gilets pare-balles maculés de poudre)
    C’est quand ils veulent pour une suite bigger & louder en tout cas, perso je signe direct.

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