DE L’OR POUR LES BRAVES

Disponible un an jour pour jour après la sortie du jeu en mars 2009, RESIDENT EVIL 5 GOLD EDITION propose aux fans de la célèbre licence horrifique de prolonger l’expérience originale (légèrement décevante en ce qui nous concerne) avec du contenu additionnel plutôt alléchant. Parmi les packs de nouveaux costumes et les améliorations du mode Mercenaries, ce sont surtout les deux nouvelles mini-campagnes, PERDU DANS LES CAUCHEMARS et UNE FUITE DÉSESPÉRÉE qui nous ont évidemment tapé dans l’oeil !

Basé sur les flashbacks de Chris Redfield et sur sa première rencontre avec Wesker (qui se soldera par la disparition de Jill Valentine), PERDU DANSLES CAUCHEMARS nous plonge directement dans l’exploration d’un manoir sombre et flippant, sans réelle introduction. Ça vous rappelle quelque chose non ? C’est normal, c’est voulu, puisque les créateurs du jeu cherchent ici à retrouver l’essence du premier RESIDENT EVIL : la flippe pure. Exit l’action à gogo donc, les boss gigantesques qui envahissent l’écran et les décors épiques où l’on voit arriver une horde de zombies qui en veulent à notre peau. Ici, tout le début de l’intrigue est dédié à l’exploration des différentes pièces du manoir et à la lecture de plusieurs manuscrits, ce qui contribue à installer une ambiance de peur viscérale tellement prégnante qu’on se croirait presque dans une nouvelle de Lovecraft. Cette « agréable » descente aux enfers se joue d’ailleurs des connaisseurs du premier jeu (il est d’ailleurs possible de jouer en caméra fixe !), puisque certains passages anthologiques (le chien qui saute par la fenêtre) sont de nouveau cités et remaniés, comme ce fut déjà le cas dans le remake développé sur Gamecube. Et ça marche à chaque fois ! Malheureusement, ce retour aux sources est loin d’être une réussite totale, notamment car le mystère s’essouffle vite, au moment de la découverte d’un des coins les plus malfamés du manoir. Même si l’intérêt est relancé par l’attaque d’un nouveau monstre (qui a une méchante envie d’encastrer sa grosse ancre dans votre petite tête) et par un niveau plutôt bien pensé qui vous prive d’armes et vous met en face de ces satanés molosses, les mécanismes limités de RESIDENT EVIL 5 font que le défi n’est pas tout à fait à la hauteur de la mise en condition : il est facile d’éviter ses ennemis, et l’IA du partenaire est toujours aussi désastreuse (autant jouer avec un pote en coop quoi !). Mais c’est dans son climax et la fameuse rencontre avec Wesker que ce nouvel épisode confine par moments au foutage de gueule. Alors que le jeu s’amuse généralement à mettre en scène ses passages les plus épiques, cette confrontation n’est jamais mise en valeur par un quelconque crescendo, et les développeurs nous livrent un combat plutôt banal, à l’image de celui de la quête principale : il suffit de tenir un certain temps sans mourir, et aucun QTE ne vient dramatiser l’ensemble pour justifier cette petite heure de jeu supplémentaire, du moins sur le plan narratif. La cinématique de fin de ce contenu additionnel est d’ailleurs le plus grand désaveu des développeurs, puisque le joueur a simplement le droit de revoir le flashback de Chris Redfield, servi de la même manière que dans la quête principale. Ce DLC aurait pu apporter un regard neuf sur ce qui constitue le coeur de la quête principale, mais il n’en est rien. Reste le plaisir simple de jouer, sans en retirer rien de plus sur le plan émotionnel. Et c’est bien dommage.

Fini la subtilité, fini l’exploration de couloirs vides, fini l’angoisse latente. Avec UNE FUITE DÉSESPÉRÉE, on revient à la formule qui a fait ses preuves : le bourrinage à gogo qui caractérise si bien le dernier opus de la saga RESIDENT EVIL. Malgré le passif de la licence, il s’agit bien du meilleur des deux DLC qui nous sont proposés ici, d’autant que c’est celui qui amène sa pierre à l’édifice. Ici, l’intrigue reprend juste après que la belle Jill Valentine ait retrouvé ses esprits, et le joueur a le droit à une version longue de la même cinématique présentée dans la quête originale, si ce n’est que le membre du BSAA Josh Stone revient porter secours à Sheva. Ce dernier va cependant devoir changer son fusil d’épaule et aider Jill à rejoindre un hélicoptère, situé quelques niveaux plus loin. Premier bon point de ce second DLC, nous avons le droit à un minimum d’effort d’identification, ce qui permet de rentrer direct dans le vif du sujet sans être largué pour autant. Les niveaux infestés de zombies s’enchaînent ainsi dans un rythme effréné, reprenant d’ailleurs les meilleurs idées de Resident Evil 5 avec une conception impeccable. Il n’y a peut-être rien de très original dans UNE FUITE DÉSESPÉRÉE, mais cela n’empêche pas les développeurs de livrer l’un des meilleurs passages du jeu, qui culmine lors d’un climax qui semble emprunté à LEFT 4 DEAD, puisque le joueur va devoir attendre l’hélicoptère qui doit l’exfiltrer en tenant bon face à une horde de zombies et de boss qui se passent le mot à intervalles réguliers pour lui faire passer un sale quart d’heure. Là aussi, le défi est tel qu’il vaut mieux en profiter à deux, en coopération, car l’expérience peut rapidement devenir frustrante, surtoutdans un mode de difficulté élevée, la faute à une IA toujours aussi incompétente. Quoi qu’il en soit, ce DLC se termine avec les honneurs, par une cinématique de fin digne d’un gros blockbuster, toute en trémolos et en explosions. Exactement ce qu’on attend d’un RESIDENT EVIL depuis ces dernières années, non ?

Reste qu’on aimerait savoir maintenant pourquoi ces deux DLC ne sont pas directement intégrés dans la trame principale du jeu, que ce soit en vente dématérialisée comme sur cette fameuse « Gold Edition », dans une sorte de version longue/director’s cut de RESIDENT EVIL 5. Certes, dans l’état, PERDU DANS LES CAUCHEMARS n’apporte rien à la trame principale ni à la caractérisation des personnages, et il n’est pas étonnant de le retrouver en « scène coupée ». Mais avec un peu plus de travail d’écriture et une logique de rythme différente (RESIDENT EVIL 5 est globalement trop bourrin pour jouer sur l’ambiance et le mystère pendant une heure), il aurait certainement été possible d’intégrer les flashbacks de Chris Redfield de façon jouable, un peu comme cela a été fait dans BAYONETTA récemment. Même topo pour UNE FUITE DÉSESPÉRÉE : il est peut-être difficile d’intégrer la fuite de Jill et de Josh sans déséquilibrer le climax où Sheva et Chris s’en vont mettre quelques mandales bien senties à Wesker, mais une alternance des deux parcours (un peu à la façon de MODERN WARFARE 2) aurait pu booster la dernière partie de la quête principale, pas aussi fun qu’elle aurait du l’être. Malgré tout, on prend quand même son pied à vivre ses deux DLC antagonistes, qui fonctionnent chacun comme une véritable profession de foi de la saga dans son ensemble. Par contre, un prochain épisode avec uniquement Jill et Sheva, c’est possible ?

3 Commentaires

  1. David BERGEYRON

    J’avais bien aimé Resident Evil 4 et sa version sur Wii. Mais ce 5ème épisode m’a bien déçu moi aussi. Pis un jeu où on ne peux pas tirer en marchant moi ça m’énerve ^^

  2. absinthe

    Mais la WII c’est pas une vrai console ^^
    Moi ça me stressait trop les zombies de RE, dés qu’ils se précipitaient sur moi, je lachais la manette.
    Alors la fin de l’épisode Une fuite désespérée je le sens pas trop là !

  3. The Guest

    Cet épisode fut loin d’être inoubliable, remplacer l’ambiance angoissante par du bourrinage casse le charme de cette licence, heureusement que le coop est amusant et arrive à sauver le jeu.

    Par contre, le manque d’idée était flagrant, la resucée de plusieurs passages du quatre montre surtout que sans Shinji Mikami à la baguette, on doit s’attendre à bouffer des plats réchauffés pendant encore longtemps.

    Pour ce qui est des DLC, récemment le développeur de The Witcher, CD Projekt, avait donné le bon exemple, en offrant la possibilité aux premiers acheteurs de télécharger un patch de 900 mo qui contenaient tous les ajouts de la nouvelle édition, gratuitement. Et là, je dis respect.

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