DE LA POUDRE AUX YEUX

Certains attendent avec impatience chacun des nouveaux films de Ridley Scott. Ici, nous les redoutons. À l’occasion de la sortie de son dernier navet, CARTEL, retour sur la carrière pour le moins déceptive de celui qui fut, en un temps lointain, un génie du septième art.

Malgré l’incommensurable respect que l’on doit aux quatre premiers longs-métrages de Ridley Scott, on a tout de même du mal à expliquer l’inoxydable immunité critique qui protège cette filmographie qui alterne depuis TRAQUÉE (un quart de siècle tout de même), le nanar embarrassant (HANNIBAL, PROMETHEUS), le film à Oscar consensuel et soporifique (1492, THELMA & LOUISE), le blockbuster ringard et mou du genou (G.I. JANE, ROBIN DES BOIS) quand il ne livre pas de vilains téléfilms humanistes d’une bêtise atterrante (LAME DE FOND, UNE GRANDE ANNÉE). Personne ne niera ici qu’ALIEN, LE HUITIÈME LE PASSAGER, BLADE RUNNER et, dans une moindre mesure, LES DUELLISTES et LEGEND sont des œuvres majeures du septième art. Mais que quatre chefs-d’œuvre puissent excuser plus d’une dizaine de mauvais, voire de très mauvais films, voilà un pacte que beaucoup de cinéastes peuvent envier à Scott.

Cameron Diaz et Javier Bardem : ri-di-cules !Et pourtant, cette curieuse équation continue de se vérifier année après année et il suffit que Scott s’investisse un peu plus que de coutume dans des projets prometteurs mais emballés sans ambition ni inspiration (les très surestimés LA CHUTE DU FAUCON NOIR ou GLADIATOR), pour réalimenter cette impunité. Mieux encore : lorsque ses faux pas sont trop flagrants, ses cohortes de défenseurs s’échinent à oublier très vite le film ou à lui trouver des excuses. Ce refus forcené d’admettre le naufrage artistique de Scott fut encore plus flagrant avec le risible dérapage artistique du très attendu PROMETHEUS, un navet grand cru qui fut quasi intégralement imputé à Damon Lindelof. Or, si ce vilain scribouillard a mérité les rires moqueurs du monde entier, il devrait partager le poids de cette croix avec Scott qui est autant, si ce n’est plus, responsable de cette horreur. Mais non, encore une fois, Scott se tire de ce naufrage sans grand dommage. La preuve : c’est sans méfiance, mais par contre avec un enthousiasme débordant, que les médias annoncent que le cinéaste s’apprête à bafouer une nouvelle de ses grandes œuvres en planchant sur une suite à BLADE RUNNER. À Capture, et pour le bien de ce chef-d’œuvre, on espère de tout cœur que cette suite ne verra jamais le jour.

Un script de McCarthy en main et deux acteurs d'exception en face : malgrè ces atouts, Scott va de nouveau foirer son coup.Dans ce contexte, CARTEL apparaît comme une nouvelle mise à l’épreuve de l’aura dont bénéficie Ridley Scott, et ce à plus d’un titre : on sait que ce film est cher à son cœur, que le réalisateur a, comme souvent, bénéficié d’une liberté totale de la part de Fox et du soutien d’un casting de très haute volée, mais aussi du premier scénario signé par, excusez du peu, Cormac McCarthy en personne ! D’ailleurs, pour être parfaitement honnête, c’est surtout pour McCarthy que l’auteur de ces lignes s’est risqué dans la salle de projection. Et c’est à cause de McCarthy qu’il en est sorti dépité. Car le génial auteur de La Trilogie des confins nous démontre ici de façon flagrante qu’un homme de lettres ne fait pas forcément un homme d’images. Porté par des personnages clichés agrémentés de fioritures narratives parfois pittoresques mais toujours saugrenues, son scénario laborieux et verbeux camoufle mal une intrigue archi convenue : un avocat s’acoquine avec des trafiquants de drogue en espérant récolter facilement une petite fortune. Mais il s’aperçoit trop tardivement qu’il n’a pas les armes pour affronter la sauvagerie de ce milieu et la duplicité de ses interlocuteurs.

Image de prévisualisation YouTube

McCarthy en échec, le pire est à craindre. Car comme on pouvait le redouter, ce script est desservi par une mise en image désincarnée qui ne parvient jamais à retranscrire l’univers terrien, tendu et cruel des néos westerns du romancier, y compris dans les quelques rares scènes purement visuelles (la préparation d’un assassinat routier notamment), des séquences qui semblent ajoutées in extremis et de façon très artificielle par McCarthy, et emballées en mode automatique par un cinéaste qui pointe aux abonnés absents. Seuls surnagent de ce marasme quelques numéros de comédiens très professionnels (Fassbinder simule très bien la souffrance par exemple) et une première scène agréablement érotique. Et puis, pour les amateurs de cinéma « autre » – et pour ceux-là seulement – CARTEL propose un personnage de femme forte comme Scott, élevé par une maîtresse femme, les affectionne. Interprété par une Cameron Diaz plus désinhibée et vulgaire que jamais, ce poncif de l’œuvre du réalisateur vire au ridicule, en particulier lors d’une scène grotesque, mais qui se rêverait malsaine, durant laquelle Diaz se livre à un strip-tease très spécial pour son Javier Bardem de conjoint. Une séquence ridicule certes, mais au moins suffisamment étonnante pour que CARTEL laisse une micro trace dans notre mémoire cinéphilique. Que Scott en soit à sombrer dans le risible pour toucher son public, voilà un constat bien affligeant. Décidément, on souhaite bien du courage à tous ceux qui continuent de croire dans le potentiel du cinéaste.

Une des affiches teasers du film

TITRE ORIGINAL THE COUNSELOR
RÉALISATION Ridley Scott
SCÉNARIO Cormac McCarthy
CHEF OPERATEUR Dariusz Wolski
MUSIQUE Daniel Pemberton
PRODUCTION Michael Costigan, Mark Huffam, Teresa Kelly, Cormac McCarthy, Michael Schaefer, Paula Mae Schwartz, Ridley Scott, Nick Wechsler
AVEC Michael Fassbender, Penélope Cruz, Cameron Diaz, Javier Bardem…
DURÉE 1h51
DATE DE SORTIE 13 novembre 2013

34 Commentaires

  1. olivier

    Va au diable avec ton article débile. ‘Gladiator’ est un chef d’oeuvre et Black Hawk Dawk, Kingdom of Heaven et American Gangster d’excellents films.

  2. Youpi matin

    Une critique en carton car prévisible et ça verse dans du bashing excessif, comme d’habitude !

  3. Thibaud

    Huhuhu les chiens de garde sont à l’affût !
    Olivier, re-matte Gladiator, je te défie de ne pas bailler devant.

    J’admets apprécier Black Hawk Dawn comme un bon actioner de guerre, mais Kingdom est bien culcul, et American Gangster se la joue The Wire en étant bien moins renseigné….

    • Youpi matin

      Ton message pue le pet foireux, yurk !!!!

      • Thibaud

        Pipi caca popo ?

    • TC

      Non mais j’hallucine? Pour qui vous vous prenez pauvre petit prétentieux journaleux à deux balles? Petit français minable sans aucun talent (à part pour déverser votre venin périmé) vous avez fait quoi dans votre vie à part critiquer et être jaloux de ceux qui réussissent et s’en sont donné les moyens pour? Julien Dupuy vous n’êtes qu’un petit bobo parisien nouveau genre à la recherche de ses phrases dans le dico (plutôt que de véritablement visionner les films chroniqués) pour faire on genre. Sincèrement, retournez à l’école ou changez de métier: dans le domaine des usines, vous savez, ils cherchent beaucoup d’ouvriers avec un cerveau limité mais à l’arrogance flagrante: en clair, des beaufs tout comme vous.

      • Stéphane MOÏSSAKIS

        Bah alors mon gars, t’as oublié de prendre tes médicaments ? C’est ton amant Ridley Scott, c’est ça ? En tout cas, tes insultes, tu peux te les carrer au cul, c’est compris ?

        Bon jusqu’ici, le débat était resté civique sur ce site, et on avait même réussi à éviter au maximum le concerto de trous du cul en flute mineure, donc on ne va pas commencer maintenant. La courtoisie, c’est pas fait pour les chiens.

        Pour la première fois dans l’histoire de ce site, on va donc censurer. Je laisse le commentaire injurieux du gus du dessus encore quelques temps, histoire que tout le monde comprenne bien ma réponse, puis je vais le virer à grand coups de latte dans le cul.

        Histoire que le message soit bien clair : les commentaires de merde dans ce genre là, ON EN VEUT PAS !

      • Je travaille dans une usine, et je trouve assez déconcertante votre appréciation des ouvriers.

        Mais pas autant que votre appréciation de Ridley Scott.

  4. Fest

    D’accord sur le propos général concernant la carrière du monsieur à l’exception de Black Hawks Down qui reste pour moi un excellent travail de metteur en scène.

    Après faut tout de même avouer qu’en mode déviant Hannibal ou Prometheus c’est sacrément fendard (pour le second la rencontre entre Muscle-Man et Poulpy je m’en suis toujours pas remis).

  5. AlainJ.

    Tacler des Hannibal, Une Grande Année, G.I Jane etc OK…Tacler Gladiator, Kingdom of Heaven, La Chute du Faucon Noir voir même Thelma et Louise (et en quoi le film est un « film à oscar consensuel et soporifique » ? Si le film a obtenu une reconnaissance public et critique, c’est parce qu’il est très bon non ?).

    Scott est inégal, mais chaque décennie il réaliste un classique. Dans les 70′, il réalise Alien. Dans les années 80, Blade Runner, dans les années 90, Thelma et Louise, dans les 2000, Gladiator, et nul doute que dans les années 2010 il va sortir une petite bombe (Exodus ? La Guerre Eternelle ?). Mais je suis d’accord qu’il est capable du pire comme du meilleur mais si Ridley Scott est un gars surestimé, me fait quand même rire que c propos sort d’un site qui hurle au chef-d’oeuvre un truc comme Pacific Rim uniquement parce qu’il y a l’autre derrière la caméra qui fait bandé les geeks avec ses robots de merdes. Si pour vous, le cinéma s’appelle « Pacific Rim » ou autre connerie du style « Le Monde Fantastique d’Oz » (mais si ! A chaque Raimi ou Del Toro : 6/6 cash ! Même pour Spider-Man 3 ou Pacific Rim !), et que Scott réaliste des navets depuis 25 ans, faut clairement avoir de la merde dans les yeux.

    • Fest

      Thelma et Louise et Gladiator des classiques ? Vraiment ? C’est bourré de défauts… Esthétiquement le second vieillit super mal, ça passe moins bien sur mon écran que la dernière édition d’Alien ou Blade Runner, c’est tout de même un signe…

  6. « Ce refus forcené d’admettre le naufrage artistique de Scott fut encore plus flagrant avec le risible dérapage artistique du très attendu PROMETHEUS, un navet grand cru qui fut quasi intégralement imputé à Damon Lindelof. Or, si ce vilain scribouillard a mérité les rires moqueurs du monde entier, il devrait partager le poids de cette croix avec Scott qui est autant, si ce n’est plus, responsable de cette horreur. »

    Enfin quelqu’un qui voit clair. Merci ^_^

  7. Trululu

    Tous ça ne nous rendra pas Tony Scott TT

  8. JZ

    « me fait quand même rire que c propos sort d’un site qui hurle au chef-d’oeuvre un truc comme Pacific Rim uniquement parce qu’il y a l’autre derrière la caméra qui fait bandé les geeks avec ses robots de merdes. Si pour vous, le cinéma s’appelle « Pacific Rim » ou autre connerie du style « Le Monde Fantastique d’Oz » (mais si ! A chaque Raimi ou Del Toro : 6/6 cash ! Même pour Spider-Man 3 ou Pacific Rim !), et que Scott réaliste des navets depuis 25 ans, faut clairement avoir de la merde dans les yeux. »

    Et voila c’est reparti, l’éternel argument du « Pacific Rim c’est pas bien mais vous l’avez aimé parce que c’est Del Toro… bla bla bla… geeks aveugles… bla bla bla…. Sam Raimi… bla bla bla… de la merde », nan mais sérieux vous vous relisez les gars ou pas? Y a une ligne éditoriale clair sur Capture Mag, t’es pas obligé d’être d’accord avec, mais manifester son désaccord en remettant sans arrêt en cause l’intégrité de ceux qui écrivent avec des arguments tout faits, c’est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle. Essaie plutot d’expliquer pourquoi tu aimes Ridley Scott (sans ramener tout ça a Pacific Rim… qui soyons clair n’a rien a voir avec tout ça), ça devient soulant cette manière de débattre, ça ne mene a rien et en en plus ça fait passer les cinéphies pour des gros bourrins débiles.

    Bref…. au revoir.

  9. jackmarcheur

    tain les gars, Ridley Scott va avoir 76 ans cette année,
    SOIXANTE SEIZE ANS ! c’est normal qu’il soit un peu moins performant ! Mais je trouve qui’l se debrouille encore pas mal (moi j’ai bien aimé Prometheus!)

    Et ne me parlez pas de Clint, parce que les 2 ne font pas le meme genre de film quand meme !

  10. pouetpouet

    Assez d’accord avec toi JZ, mais de la même façon je pense qu’il faut arrêter de systématiquement classer les gens qui aiment les films de Ridley Scott comme des aveugles qui laisse tout passer.

    Moi j’ai vu Gladiator à 14 ans, et pour être honnête ça a été mon premier Scott avant Alien ou Blade Runner. Je l’ai adoré, et depuis j’ai adoré Black Hawk Down, Kingdom of Heaven (director’s cut), Les associés, American Gangster et Mensonges d’Etat. Je n’ai par contre pas aimé Hannibal, Robin des bois, Prometheus et aujourd’hui Cartel qui est, il faut le dire, franchement mauvais.

    Tout ça pour dire que les gens qui n’aiment pas les mêmes films que nous ne sont pas forcément des adorateurs aveugles, des incultes, des illettrés ou des nazis 😉

    • Moi

      J’ai bien aimé Cartel, mais c’est vrai qu’objectivement, il est mauvais.

  11. Mola Ram

    Merci Julien; malgré les aboiements, on se sent moins seul.

  12. Julien DUPUY

    Merci à vous tous pour vos réactions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Je ne sais pas si telle était l’intention d’Olivier, mais son « Va au diable » m’a bien fait rigoler.
    Je constate – avec étonnement d’ailleurs – que le « présupposé » sur lequel se basait le papier (l’aura extrêmement positive de Scott) est bel et bien réel. Les nombreuses réactions épidermiques au papier le prouvent et je ne pense pas que nous aurions reçu autant d’avis exacerbés si nous avions écrit le même genre d’article sur un autre cinéaste de sa génération. Je pense que l’attachement affectif que nous avons tous pour les premiers films de Scott rend le sujet très, très sensible, comme Star Wars en son temps (cette comparaison, très pertinente je trouve, vient de Stéphane).
    Ensuite, effectivement, le papier n’est pas méga étayé, il aurait peut-être fallu que je prenne plus le temps de le faire mais et d’une, mon objectif était plus de resituer Cartel dans l’œuvre de Scott que de faire un papier à charge et je crois que cet article remplit son objectif à ce titre. Ensuite, le temps m’aurait manqué, tout simplement (n’oubliez pas que Capture est un site de bénévoles).
    Et donc, je prends deux secondes pour étayer mon avis, puisque c’est ce qui semble prêter à débat.
    En gros, Scott n’a jamais été pour moi, même durant son heure de gloire, un cinéaste à « grand sujet ». Et je mets Blade Runner dans le tas, je pense que le film a plus marqué comme projet esthétique, que comme film sur l’intelligence artificielle, même si ce dernier point reste passionnant. Autrement dit, qu’il choisisse un grand thème (les croisades et leur écho dans notre situation actuelle, la position de la femme dans la middle class américaine, etc.) est pour moi une erreur : ce qu’il dit est à chaque fois convenu, politiquement correct et n’apporte aucun point de vue réellement ambitieux. Finalement, le seul réel point de vue intéressant qu’il a pu avoir dernièrement est celui de Prometheus. Par contre, le traitement de ce thème, c’est un autre souci…
    Il n’est pas non plus un grand « cinéaste » dans le sens où il n’est pas un incroyable maître de la grammaire cinématographique et qu’il n’est pas non plus très habile pour gérer la scénographie de ses films. C’est, à mon sens, l’un des grands soucis de Black Hawk Dawn, alors que la topographie du combat est au cœur même du projet cinématographique du film.
    Par contre, Scott fut un véritable esthète, dans tout ce que ce terme peut avoir de positif. C’est ce qui fait la force de son œuvre, y compris lorsqu’il débarrasse son film de toute charge émotionnelle et de réelle ambition narrative. Je pense en particulier au très conceptuel Legend, que j’adore mais qui semble également avoir marqué un point de rupture dans sa filmo.
    Or, à partir du moment où Scott a sombré dans un système visant l’efficacité en priorité (je me souviens d’un documentaire genre Envoyé Spécial sur le tournage de 1492, où l’on vantait le fait qu’il cumulait un nombre énorme de minutes utilisables par journées de tournage, un comble quand on sait qu’il tournait super lentement pour Legend), il a sacrifié tout ce qui faisait le prix de son cinéma. Pour reprendre l’exemple de Kingdom of Heaven qui est un film qui semble prisé de ses laudateurs, j’étais atterré de voir avec quelle grossièreté il abusait de l’étalonnage (numérique, si mes souvenirs sont bons). C’est du niveau de Traffic pour moi, et ça fait quand même de la peine quand on repense aux compositions qu’il faisait avec Jordan Cronenweth sur Blade Runner. À ce titre, je ne crois pas qu’aucun de ses films ait réellement fait école depuis Legend : esthétiquement, Scott est un suiveur depuis un quart de siècle. Quand il joue sur les contrastes de Black Hawk Dawn par exemple, il le fait des années après les premiers films de Khondji. Quand il ouvre à mort l’obturateur pour les scènes de bataille de Gladiator ou de Kingdom of Heaven, il le fait plusieurs années après la scène du débarquement de Ryan.
    Bref, Ridley Scott est un réalisateur qui, depuis 25 ans, ne prend plus de risques, dans les thèmes abordés (ou du moins, dans sa façon de les aborder) comme dans la confection de ses films. Et quand on se souvient du talent dont il a pu faire preuve dans le passé, on est en droit de lui en vouloir d’avoir à ce point revu ses ambitions à la baisse.
    Et j’estime en outre, qu’il n’a plus non plus le sens du ridicule. Et c’est con, parce qu’il a souvent de super techniciens (nom de dieu, le maquillage de Gary Oldman dans Hannibal) et de bonnes références (j’aurais tellement aimé que la citation à Moebius dans la scène du pipeau de Prometheus ne fasse pas ricaner la salle entière, moi compris).

    • Reda

      Je pense que l’erreur de ce papier est de ne pas avoir anticipé le foin qu’il allait faire* alors qu’intégrer cette analyse de la filmo de Scott aurait permis de minimiser (on peut rêver !) certaines réactions épidermiques.

      * pourtant avec Prometheus on avait un bel exemple de lever de boucliers pour un nanar pareil, notamment sur facebook où les insultes allaient bon train.

      Après comme tu dis :

      « Ensuite, effectivement, le papier n’est pas méga étayé, il aurait peut-être fallu que je prenne plus le temps de le faire mais et d’une, mon objectif était plus de resituer Cartel dans l’œuvre de Scott que de faire un papier à charge et je crois que cet article remplit son objectif à ce titre. Ensuite, le temps m’aurait manqué, tout simplement (n’oubliez pas que Capture est un site de bénévoles). »

      En tout cas merci pour le boulot toujours passionnant !

  13. Fest

    Merci Julien pour avoir pris le temps de répondre et d’argumenter, d’autant plus que tes arguments sont très pertinents (c’est pas pour faire la lèche, je le pense vraiment).

    Ce que tu expliques sur son statut de suiveur depuis quelques années (décennies ?) et son manque de rigueur topographique (la déception de la bataille au début de Gladiator, passée la superbe mise en place et la phrase « Déchaîne les enfers » me reste encore en travers de la gorge).

    Par contre là encore mon seul point de désaccord porte sur Black Hawk Down, puisque justement j’y voyais une remarquable exception dans sa carrière, avec une gestion de l’espace qui m’a toujours semblé impeccable et qui contrastait avec le montage bordélique des scènes d’action de ses autres films « récents » (le gunfight au début d’Hannibal, les batailles de Gladiator mais aussi Robin des Bois, etc). Après je ne suis certes pas un expert en montage…

  14. Fest

    Ce que tu expliques sur son statut de suiveur depuis quelques années (décennies ?) et son manque de rigueur topographique […] notamment est très vrai (manquait la fin de ma phrase).

  15. jpk

    Enfin tout ce déballage pour dauber sur Ridley Scott, à quoi bon…
    AMERICAN GANGSTER moins bien que THE WIRE ? Ca rappelle les arguments du type « ouais GRAVITY c’est bien mais pas autant que 2001 ». Ca reste un bon film, et qui a plutôt bien vieilli. Dans la vie on a aussi le droit de prendre du plaisir…
    Ca me rappelle un article « Michael Bay est-il un auteur ? ». Qu’est-ce qu’on en a à foutre ? C’est vraiment des trucs à la Alain Bergala / François Bégaudeau.
    Certes Scott est devenu, de son propre aveu, un réalisateur artisan, mais bon c’est loin d’être un débile. Et même ses films ratés (Robin des Bois, Prometheus) contiennent des images hyper puissantes, des scènes très belles, des trucs franchement réussis.
    Et son « étalonnage dégueux » sur certains films (parce quand même en général la photo chez lui c’est pas de la merde), c’est toujours moins laid que le très vilain MONDE D’OZ de Sam Raimi et le final aux couleurs « compil techno des années 90 » de PACIFIC RIM. Je dis pas ça pour faire de la provoc – j’adore Del Toro et Sam Raimi, simplement je trouve les arguments de mauvaise foi, et la charge contre Scott abusive. C’est pas non plus Louis Garrel…

    • Moi

      « AMERICAN GANGSTER moins bien que THE WIRE ? »

      Oui, clairement. Pour 2001 et Gravity, pour moi, c’est moins évident. Ces deux films me parraissent très difficiles à comparer dans ce sens. Mais quand on voit le soucis du détail, la variété des thèmes traités, l’ambition du script de the Wire sans parler de la qualité et de la précision des dialogues, ça paraît difficile de dire qu’American Gangster est autre chôse que moins bien.

      On peut très bien prendre du plaisir à regarder American Gangster, et reconnaitre l’évidence, qui est que the Wire c’est mieux.

      2001, je n’aime pas. Je trouve ça térriblement ennuyeux. Pourtant il ne me viendrais pas à l’esprit de dire que Gravity (que j’ai adoré) est meilleur. En vérité je serais incapable de dire lequel est le meilleur objectivement dans ce cas.

      Maintenant, si vraiment y’a que 2001 qui est meilleur que Gravity, ça en fait déjà un sacré film, parce qu’il n’y a pas grand chôse qui soit mieux que 2001.

  16. @Dailyddx

    Quelques frustrés qui beuglent pour compenser leur impuissance argumentative.

    Il n’y a pas de viagra pour compenser ça, les petits gars. Et Dupuy est un démonte-pneu.

    Heureusement que d’autres pro-Ridley montrent qu’on peut échanger des avis divergeants avec une camaraderie cinephilique.

    • LordGalean

      « Julien Dupuy vous n’êtes qu’un petit bobo parisien nouveau genre à la recherche de ses phrases dans le dico (plutôt que de véritablement visionner les films chroniqués) pour faire (b)on genre »

      « Sincèrement, retournez à l’école ou changez de métier: dans le domaine des usines, vous savez, ils cherchent beaucoup d’ouvriers avec un cerveau limité mais à l’arrogance flagrante: en clair, des beaufs tout comme vous ».

      Hum hum, intéressante vision du monde prolétarien, et de ses constituants 🙂 Et c’est Julien Dupuy qui est censé être un « petit bobo parisien nouveau genre », mince 😉

  17. bruttenholm

    Je pense que ce qu’on évite de voir chez Ridley Scott, c’est qu’il a toujours pris ses inspirations chez les autres… Dans son argumentaire dans les commentaires, Julien Dupuy précise qu’il a repris les solutions d’autres cinéastes plus novateurs dans ses dernières années mais c’était aussi le cas avant… Sauf qu’il ne reprenait pas les solutions d’autres réalisateurs, il reprenait les solutions d’autres dessinateurs : Alien, Blade Runner et Legend a un autre degré, c’est un précipité de l’esthétique Métal Hurlant. Scott ne s’en cache pas d’ailleurs (la ligne esthétique de Blade Runner vient principalement de « The long tomorrow » de O’Bannon et Moebius, qui ont aussi bossé sur Alien -O’Bannon ramenant au passage l’équipe artistique du Dune de Jodorowsky (*)). C’est ce qui a fait de lui un si bon réalisateur de pub, sa capacité à aspirer l’air du temps esthétique et à le restituer. Seulement, quand l’air du temps esthétique devient moins intéressant (ou quand Ridley Scott manque de curiosité pour retrouver ce qui était amalgamé dans une seule source- Métal Hurlant -qui met la clé sous la porte à l’époque de Legend), les films de Scott deviennent aussi moins intéressants.

    P.S : Pour l’anecdote, The Long Tomorrow a aussi servi d’inspiration pour Prometheus : http://le-zouave-interplanetaire.blogspot.fr/2013/08/la-bande-dessinee-revolutionne-le-monde.html
    c’est dire à quel point Scott est bloqué sur Métal Hurlant et n’a pas de vision propre.

    • Moi

      « du Dune de Jodorowsky »

      Bon sang, si ce film avait put se faire…

  18. Moi

    « et on avait même réussi à éviter au maximum le concerto de trous du cul en flute mineure, »

    Très bien dit, ce qui va être dommage quand les messages vont disparaitre, c’est que cette phrase va y passer aussi.

    Tu m’as bien fait marrer sur ce coup-là.

    • Moi

      Désolé, mal visé.

      Le commentaire précédent n’est pas à sa place. Si une bonne âme veut bien le déplacer? Et virer celui-ci, tant qu’on y’est.

  19. jpk

    On est d’accord que THE WIRE c’est mieux que AMERICAN GANGSTER.
    Ce que je voulais dire, c’est que je vois pas l’intérêt de la comparaison.
    Speed, c’est moins bien que Die Hard. Mais c’est quand même très fun et très jubilatoire.
    Et Police Story, c’est moins bien que Le Mécano de la Générale, mais c’est quand même dément.
    Simplement, à quoi bon comparer certains trucs, je suis pas trop convaincu…

    • Moi

      Non, c’est clair. Et surtout, comparer un film à un des plus grand chefs d’oeuvres incontesté du genre pour prouver qu’il est nul c’est à la fois très déloyal (par definition ça fait pas le poids) et très con (vu que de toute manière y’a rien au dessus).

      Là ou je voulais en venir, c’est qu’il y’a tout de même des éléments objectifs qui font la qualité d’un film, ce qui n’a rien à voir avec le fait de l’aimer ou pas. j’ai bien aimer Cartel qui est vraiment pas térrible, et j’ai pas aimer 2001, qui est pourtant un chef d’oeuvre. Tout n’est pas qu’affaire de gout.

      Mais je vois qu’on est d’accord la-dessus.

      Je réagissais surtout parce qu’aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on à plus le droit d’analyser un film pour y reconnaitre ses qualités ou ses défauts. on est dans la dictature des gouts, il faut surtout respecter ceux de chacun (en fait le problème c’est que ça va bien au-delà du respect), et, avec de nombreuses personnes, on ne peut plus avoir une conversation sérieuse sur le sujet.

      Je trouve qu’on y perds.

      Maintenant, encore une fois, je suis d’accord ce que tu dis.

  20. LordGalean

    http://www.canalplus.fr/c-cinema/c-emissions-cinema-sur-canal/pid6306-le-cercle.html?vid=972402

    pour un mec en odeur de sainteté, il s’est quand même bien fait taillé.

    Et sinon, la fille blonde dans la review, faut la débaucher pour Capture Mag ^^, Elle pense exactement la même chose que Julien, que Scott est un récupérateur de tendance 😉

  21. Laura

    Je tenais simplement à signaler qu’une petite faute s’est glissé dans le dernier paragraphe de la critique.
    « Fassbender » s’est transformé en « Fassbinder »
    Rien de bien méchant puisque les deux noms sont relié au cinéma, mais quand même ! 🙂

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