DE GUERRE LASSE

L’expérience BATTLEFIELD est désormais retranscrite sur consoles : avec la version « next-gen » du nouveau blockbuster de DICE, les joueurs peuvent donc s’étriper à 64 sur une seule et même map, en jouant au pad Xbox One ou PS4. Mais en dehors de cette remise à niveau bienvenue, BATTLEFIELD 4 ne change pas vraiment son fusil d’épaule. Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes.

Avec BATTLEFIELD 3, DICE et EA s’étaient mis en tête d’offrir le « full package » aux nombreux fans de la licence : du multi bien sûr, mais également du coop et du solo, dans l’idée de mettre CALL OF DUTY à l’amende. Évidemment, sur la partie multi, rien à reprocher au jeu, d’autant que l’expertise du studio suédois en matière de modes compétitifs n’est plus vraiment à démontrer. Par contre, c’est une toute autre affaire sur les modes plus narratifs, d’autant que la campagne solo de ce BF3 bouffait absolument à tous les râteliers, en reprenant des morceaux entiers des jeux de la compétition. Nous n’irons pas jusqu’à prétendre que les développeurs ont appris leur leçon et que le solo de BATTLEFIELD 4 remet l’intérêt d’un tel mode en perspective, mais il faut tout de même prendre en compte les efforts fournis ici, dans les petits détails qui font tout de même la différence. Enfin, autant que possible dans un contexte aussi frileux que celui du FPS moderne.

Donc oui, nous sommes toujours dans un contexte de guerre moderne, et oui, la volonté de singer la narration d’un CALL OF DUTY en racontant l’histoire à la première personne est toujours prégnante, à défaut d’être maîtrisée : bien malin sera celui qui parviendra à résumer dans le détail cette intrigue relatant un coup d’État en Chine, alors que l’on ne voie jamais le général qui l’a mis en œuvre ! Mais avec ces contraintes, et malgré l’envie de se faire la concurrence, les développeurs de DICE ont enfin compris qu’il fallait transposer dans ce solo ce qui fait le sel du gameplay d’un BATTLEFIELD. À défaut de pouvoir jouer en coopération avec ses amis, BATTLEFIELD 4 propose néanmoins quelques niveaux aux étendues plus ouvertes, entre deux passages dans des couloirs, ainsi que la possibilité de conduire plusieurs véhicules armés (tanks, jeeps et bateaux) qui ont une importance primordiale dans les modes multi. De plus, les informations visuelles susceptibles de favoriser l’immersion sont mieux gérées, là où BATTLEFIELD 3 jouait la carte de la surenchère des défauts (flairs, gouttes sur l’écran, etc.) au point d’obstruer la vision générale du joueur. De fait, certains niveaux jouant avec les éléments naturels (on pense à une charge sous un typhon) parviennent réellement à impressionner, même si on se doute déjà que la Xbox One et la PS4 en ont forcément plus sous le capot.

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Malgré des événements scriptés qui continuent d’alimenter encore et encore le complexe hollywoodien du jeu vidéo (à ce titre, le premier niveau « Pêche à Bakou » se pose là), BATTLEFIELD 4 est donc un cru plus équilibré que l’édition précédente, ou que le MEDAL OF HONOR WARFIGHTER sorti l’an dernier. Mais à l’heure où les éditeurs de FPS guerriers se plaignent des chiffres décevants (à ce jour, BATTLEFIELD 4 et CALL OF DUTY GHOSTS accusent des chutes de ventes de 50% par rapport à leurs licences respectives) et qu’une nouvelle génération se met en place, il ne propose finalement pas grand-chose de plus pour remporter l’adhésion des joueurs déjà habitués à flinguer du troufion étranger. Bref, la guerre moderne n’est peut-être plus aussi moderne que ça, et il n’est pas dit qu’elle survive à la génération actuelle sans un considérable apport de sang neuf.

TITRE ORIGINAL Batttlefield 4
GENRE FPS
ÉDITEUR Electronic Arts
DÉVELOPPEUR DICE
CONSOLE PC / Playstation 3 / Xbox 360 / Xbox One / Playstation 4
DATE DE SORTIE 29 Octobre 2013 / 22 novembre 2013 (sur XBox One) / 29 novembre 2013 (sur PS4)

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