COURS RAYMAN COURS !

En 2012, pour des raisons diverses et variées, nous avons raté quelques jeux majeurs, sur lesquels il nous semblait cependant important de revenir. Aujourd’hui, petit retour sur RAYMAN JUNGLE RUN, disponible depuis septembre dernier.

On pourra reprocher bien des choses à Apple, mais il faut au moins leur reconnaître que sans eux, le jeu sur mobile ne serait pas ce qu’il est à l’heure actuelle. Auparavant considéré comme la dernière roue du carrosse, le secteur aura littéralement explosé du fait de la popularité des iPhones et iPads, au point de s’imposer du jour au lendemain comme un marché clé. Rien de plus logique dès lors que les grands acteurs de l’industrie se soient mis à lui accorder plus de considération, surtout pour ce qui est d’y exporter leurs plus importantes licences. Une transition qui ne se sera cependant pas faite sans heurts, les résultats de ces portages ayant souvent été peu probants, pour des questions d’ergonomie. Dans leurs tentatives de transposer des gameplay classiques sur des machines qui ne leur sont pas adaptés, les développeurs en sont souvent arrivés à des solutions peu élégantes, au premier rang desquelles les horribles manettes virtuelles. Les transpositions directes apparaissaient ainsi généralement comme des versions au rabais et celles qui parvenaient à tirer leur épingle du jeu le faisait le plus souvent en reprenant simplement le nom d’une licence pour l’accoler à un genre radicalement différent (tel ASSASSIN’S CREED qui devenait un jeu de plateau).

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La réussite aussi éclatante qu’inattendue de RAYMAN JUNGLE RUN vient donc précisément de ce que ses géniteurs, les français de chez Pasta Games, ont su se poser les bonnes questions quant à la manière de concevoir leur jeu. Peut-être plus que tout autre, la plateforme est un genre qui ne tolère nullement l’imprécision, et essayer de retranscrire tel quel le gameplay de la série aurait fatalement été voué à l’échec. L’intelligence des concepteurs aura été de réussir à identifier au sein de RAYMAN ORIGINS un élément spécifique à même de soutenir à lui seul une expérience sur tablettes et téléphone mobiles. Qui se sera essayé au petit bijou de Michel Ancel gardera en effet le souvenir des niveaux diaboliquement ardus qui nous voyaient courir après un coffre fuyard, autant de petites merveilles de design nécessitant des réflexes aiguisés et une attention de tout les instants. Le concept de la course d’obstacles qui les dirigeaient se voit donc repris ici et décliné sur un jeu entier, avec une méthode de contrôle héritée pour sa part du genre dit « infinite runner ». En automatisant la course de Rayman et en demandant au joueur de ne gérer que les mouvements annexes, Pasta Games apporte une solution aussi simple qu’élégante à la problématique principale qui sous-tend le jeu.

Parfaitement adaptée à la plateforme, ce gameplay rend le joueur libre de se concentrer uniquement sur le timing de ses actes, ce d’autant qu’il s’inscrit au sein d’un level design fignolé et qui ne se livre pas immédiatement. Car simple ne signifie pas simpliste, et la courbe de progression qu’offre JUNGLE RUN est considérable, notamment en ce qu’il faudra apprendre à maîtriser progressivement les différentes capacités qui font leur apparition au fur et à mesure (vol plané, course sur les murs et coup de poing) et que les niveaux eux-mêmes demanderont à être parcourus plusieurs fois pour qui voudra y dénicher tous les lums et débloquer ainsi le stage final de chaque monde, dont le challenge est aussi relevé que leurs équivalents dans ORIGINS. Si l’on ajoute à cela que le moteur Ubi Arts Frameworks est lui aussi de la partie, offrant le même degré d’excellence visuelle que sur consoles HD, on comprendra aisément que JUNGLE RUN n’a en rien à rougir de la comparaison avec son aîné, bien au contraire. Cerise sur le gâteau, à l’heure où certains éditeurs ne voient les joueurs sur mobile que comme des vaches à laits potentielles et truffent leurs titres de micro-transactions jusqu’à la nausée (tel Square-Enix pour ne pas les citer), il est d’autant plus agréable de voir un développeur récompenser ceux qui ont fait du jeu un succès en leur offrant gratuitement un nouveau pack de niveaux juste avant les fêtes. Le genre d’attitude que l’on aimerait voir plus souvent. Au-delà de toutes ses qualités, RAYMAN JUNGLE RUN est donc un véritable modèle, un exemple à suivre en matière d’adaptation intelligente car sachant quelles sont les forces et faiblesses de son support et comment en tirer le meilleur parti. Reste à espérer que d’autres sauront retenir la leçon.

RAYMAN JUNGLE RUN est disponible sur plateformes iOS et Android.

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