COUP DÉMONTÉ

Le film d’action indonésien THE RAID 2 est enfin arrivé sur nos écrans, précédé d’une « hype » savamment entretenue qui l’a d’ores et déjà installé au sommet de l’Olympe du genre. Autopsie d’un coup monté de toutes pièces.

La vague de polars et de films d’action hongkongais qui a déferlé sur l’Occident au tournant des années 80-90 fut principalement déclenchée par des initiés, des passeurs et des praticiens du genre. Journalistes, distributeurs et cinéastes (comme Sam Raimi ou Quentin Tarantino) ont ainsi tout fait pour faire connaître auprès du public ce cinéma totalement révolutionnaire et décomplexé qui outrepassait toutes les limites. Ceux qui ont découvert le HARD BOILED de John Woo dans une salle française au début de l’été 1993 se souviennent encore de la déflagration qu’a représenté pour eux cette expérience. C’était tout bonnement du jamais vu et la rumeur n’avait donc pas menti, tout simplement parce qu’elle était partie, à la base, de passionnés influents. Deux décennies plus tard, à l’heure d’Internet, la rumeur a été remplacée par le buzz. Exit les passionnés, bonjour les as du marketing. THE RAID, petit film d’action indonésien réalisé par un Gallois, était déjà le produit de cette nouvelle manière de communiquer. Filmé, photographié et monté avec les pieds, bénéficiant d’un script inexistant et d’un casting à faire passer celui de PLUS BELLE LA VIE pour la troupe de Laurence Olivier, le film de Gareth Evans a néanmoins fait son petit effet au moment de sa sortie, notamment auprès des amateurs de films d’action, qui hurlaient tous au nouvel HARD BOILED et à la révolution du genre. Organisant des avant-premières événementielles pour les twittos et les blogueurs, notamment durant les festivals, les distributeurs ont peu à peu fait monter la sauce, offrant une visibilité à ces champions de l’avis à chaud en placardant leurs dithyrambes sur les affiches internationales du film. D’un petit film de frappe uniquement basé sur le concept de l’accumulation des coups (chorégraphie des combats quasi inexistante au profit d’une répétition ad nauseam des mêmes figures) et sur le caractère ininterrompu de leur débit, les promoteurs de THE RAID ont su faire en sorte que la souris accouche d’une montagne. Et ça a marché. À partir de là, pourquoi ne pas reconduire la même formule ?

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Bien que suite directe du premier film, THE RAID 2 n’en est pas moins un film hybride. Le sous-titre original du film, BERANDAL, est en fait le titre d’un film de gangsters que devait réaliser Gareth Evans avant THE RAID. Son producteur lui ayant demandé de se concentrer sur ce dernier dans un premier temps, le réalisateur décida, suite au succès de son film d’action, de faire de BERANDAL la suite de THE RAID. Il fallut donc réécrire le scénario et y intégrer le flic Rama, héros de la franchise. Là réside déjà le problème principal de cette séquelle dans laquelle voisine difficilement deux films : une histoire de rivalités entre clans mafieux (l’intrigue de l’ancien BERANDAL) et l’infiltration de l’un de ces clans par Rama. Les deux intrigues ne parviennent jamais vraiment à fusionner, la faute à un rafistolage bien trop voyant qui laisse le héros disparaître carrément de l’histoire pendant une bonne demi-heure ou à des apartés totalement déconnectées de la trame générale (le long passage sur la destinée tragique d’un homme de main séparé de sa famille et réduit à l’état de clochard). Gareth Evans semble ne s’être jamais préoccupé de la tenue globale de son récit et avoir simplement envisagé de faire rentrer au chausse-pied le héros de sa franchise dans son scénario d’origine. Au milieu de ce patchwork mal rapiécé, les longues séquences de baston, toujours aussi violentes et répétitives, ne justifient leur présence que par la volonté de nous rappeler qu’on est bel et bien devant la suite de THE RAID. Le film progresse ainsi sur ses 2h30 avec le même schéma narratif grossier et primaire : la mission de Rama/une baston/la guerre des mafieux/une baston/etc. – avec, en guise de variante, une longue poursuite de bagnoles en lieu et place de la baston rituelle au beau milieu du film. Évidemment, THE RAID 2 a beau bénéficier d’un budget bien plus costaud que son prédécesseur et étaler comme de la confiture ses nobles références (qui vont du Ringo Lam malpoli de PRISON ON FIRE aux polars froids et « nouveau riche » de Johnnie To ou Andrew Lau, en passant évidemment par le sentimentalisme exacerbé d’un John Woo), Gareth Evans continue pourtant de faire preuve du non-style qui est le sien, incapable qu’il est de raconter une histoire intéressante et de faire fructifier ses prestigieux emprunts, beaucoup trop disparates pour pouvoir se mélanger en un tout cohérent.

En fait – et c’est le deuxième défaut majeur du film – ce qui frappe le plus dans THE RAID 2, c’est sa prétention. Le premier volet avait beau être d’une indigence rare, cela restait basique et quasi exclusivement porté par l’abnégation des cascadeurs et des artistes martiaux impliqués. Ici, même si ces derniers ont une fois de plus mouillé la chemise, l’ambition d’Evans se situe à un tout autre niveau : pondre une fresque criminelle de l’ampleur du PARRAIN. Évidemment, pour les raisons précédemment évoquées, et étant donné que le réalisateur prétend anoblir son matériau de base uniquement par l’apport de longues scènes de discussion autour d’une table où tous les acteurs affichent un air exagérément pénétré, on est à l’arrivée plus proche d’un téléfilm compassé que des manigances shakespeariennes à la Coppola. Au milieu de ce foutoir ennuyeux et ramenard, il n’est donc pas étonnant de constater qu’Evans ne parvient jamais à mettre sur pied des personnages dignes des figures qui l’ont inspiré. Tout au plus est-on en présence de marionnettes inscrites dans une progression narrative en entonnoir héritée du jeu vidéo et reprise du premier chapitre (avec les ennemis de plus en plus dangereux jusqu’au boss final). À partir de là, ces pantins ont beau s’habiller en Armani et échanger de longs regards silencieux, rien n’y fait : ils sonnent creux et s’avèrent la plupart du temps totalement interchangeables. « Tu crois que tu es tout seul dans cette histoire ? Personne n’est indispensable » dit à Rama l’un de ses adversaires, avouant ainsi involontairement le caractère complètement vain et factice de ce qu’on nous raconte. Et pourtant, ça marche. Les fans du film, relayés et largement récupérés par la promotion bien racoleuse du film (voir notamment l’affiche récente du distributeur français, s’adressant carrément aux djeun’s qui piratent les films : « Tu l’as déjà téléchargé ? Et pourtant tu n’as encore rien vu… Au cinéma, c’est puissance 10 »), hurlent une nouvelle fois au film révolutionnaire, certains piliers des réseaux sociaux allant même jusqu’à invoquer Kubrick – ce pauvre Stanley étant devenu un label de sophistication que l’on ressort désormais à tout bout de champ dès qu’il faut imposer à tout prix la pseudo maestria de la première boîte de conserve venue. Au final, derrière toute cette écume promotionnelle et cet enthousiasme disproportionné, THE RAID 2 reste, comme son prédécesseur, un médiocre film de baston opportuniste. Mais c’est aussi – et c’est en ça qu’il se démarque du premier volet – un film antipathique, dans la manière qu’il a de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Une bien belle arnaque en somme.

TITRE ORIGINAL THE RAID 2 : BERANDAL
RÉALISATION Gareth Evans
SCÉNARIO Gareth Evans
CHEF OPÉRATEUR Matt Flannery, Dimas Imam Subhono
MUSIQUE Aria Prayogi, Joseph Trapanese et Fajar Yuskemal
PRODUCTION Nate Bolotin, Ario Sagantoro et Aram Tertzakian
AVEC Iko Uwais, Arifin Putra, Tio Pakusodewo, Oka Antara, Alex Abbad, Cecep Arif Rahman…
DURÉE 150 mn
DISTRIBUTEUR The Jokers/Le Pacte
DATE DE SORTIE 23 juillet 2014

23 Commentaires

  1. D’accord pour le fond et le scénario, par contre vous êtes durs pour les bastons (comme Dahan dans sa critique du premier) qui sont quand même pas mal (même la fight dans la cuisine est nulle ?!?…), et je précise que j’ai vu – presque – tous les films d’arts martiaux HK, Shaw Brothers compris…

    • moi

      Tout à fait d’accord. En dehors de l’énorme erreur d’avoir engagé Mamie et son parkinson pour filmer les combats, je les trouve quand même bien foutus. Je ne les ai pas trouvés répétitifs, au contraire ils me semblent très techniques. Même si le Silat est en effet moins spectaculaire que le Kung Fu, il en ressort une impression de brutalité qui m’a bien plut.

      C’est pas le film d’action du siècle, c’est clair. C’est très loin d’être le nouveau John Woo, mais je l’ai trouvé pas mal.

      J’ai l’impression que vous lui faites un peu payer la façon dont il à été vendu, non?

  2. pacclerouge

    Je ne serais pas aussi sévère, car contrairement à toi Arnaud, je n’ai pas trouvé le film prétentieux. Cela a beau dragouiller les classques du genre mafieux, du film d’infiltration ou de prison, The Raid 2 garde toutes les scories de l’outrance asiatique qui plombent (à mon avis sciemment) toute tentative de dramaturgie émotionnelle. Cela donne un scénario bancal et prétexte (mais pas forcément désagréable) pour enchaîner les scènes de bagarre. Mais parlons-en de ces séquences. Moi elles m’ont plu, les deux premières dans la prison sont très efficaces et assez inventives (en tout cas moi j’en ai pas vu de semblables), et il y a ce côté beat them all décomplexé et violent qui apporte son lot de satisfaction. Sans parler de ces persos tout droit sortis de Rival School qui rajoutent cette dose de fan service appréciable.
    Comprenons-nous bien :ceux qui y voient du Kubrick sont des crétins finis. Mais c’est très loin d’être la purge « inregardable » que tu pointes. Un bon film de baston à partager entre potes, ou à mater avec avidité dans son coin.

  3. Oui la « hype » de festival dont vous parlez je pense que le grand public n’en a jamais entendu parler, le premier THE RAID a une note de 3.7 (public) sur Allociné, si c’était la zèderie dénoncée par Dahan dans son émission à l’épouqe (je viens de la revoir) je pense que ça serait vite retombé, pareil pour celui-là qui, s’il a un scénario mal construit et prétentieux saura aussi garder une bonne moyenne, attendons juste que Evans trouve la bonne histoire et améliore encore ses scènes d’action pour torcher le film qui mettra tout le monde d’accord…

    • wakoprod

      En parlant de la critique de Dahan défonçant le premier The Raid, je remarque que La Horde partage énormément de points communs avec celui-ci : grosses ambitions pour un petit budget , sujet quasi-similaire (des flics partis déloger des enfoirés au sommet d’un immeuble) et promo pas dégueu, qu’on se le dise. Les deux films n’auront malheureusement pas le même destin. L’aura sympathique que j’accorde à La Horde a tendance à s’effriter avec le temps lorsque des reproches pouvant parfaitement s’appliquer aux deux films ne le soit que pour l’un d’entre eux.

      Reprocherait-on à La Horde ses influences sans parvenir à atteindre ses modèles? Bien sûr que non. Il faut le prendre pour ce qu’il est : un petit film sympathique qui donne tout avec peu.

      Et puis j’ai envie de dire que pour une fois, c’est l’intention qui compte. Et l’intention dont La Horde et The Raid font preuve est noble.

  4. Fasola

    Certains le comparent à Hard Boiled ou Drunken Master 2, alors qu’il a déjà du mal à lâcher dans la montée les premiers In The Line Of Duty…

  5. Dan

    Comme le dirait un ami:la prétention ça n’existe pas au cinéma, l’ambition oui, ce qui peut donner quelque chose de raté j’en conviens…

    Perso film EXCELLENT qui mérite TOUTES c’est bonne critique, un exemple a suivre pour tout Hollywood…tant les scénes d’action sont hallucinantes(filmer avec des pied….wtf)!!!!

    55

    • moi

      J’aime bien la real des scènes d’actions, mais j’aimerais bien que ça tremble moins.

  6. burotch

    Là-dessus je vous trouve mais alors complètement à la masse. A tel point que je trouve ça effrayant.
    « les longues séquences de baston, toujours aussi violentes et répétitives, »
    Au contraire, chaque baston est caractérisé, tant par ses personnages, ses décors, que ses chorégraphies. Et d’ailleurs ce n’est jamais gratuit, mais ça raconte toujours quelque chose.

    Bon, puis comme dans cette critique, rien ne va, il faudrait y répondre par une contre critique positive, qui affirme au contraire qu’il y a bel et bien une histoire forte et cohérente dans ce métrage, qu’on peut y trouver un style certes jeune, mais plein d’inventivité et de dynamisme, ainsi qu’une vraie dramaturgie, qui passe par les bastons (et oui).

    Là va falloir m’expliquer comment on peut se permettre en ces lieux de ne pas défendre un film aussi généreux, aussi dynamique, qui prend autant de risques et fait autant plaisir à voir.
    Parce qu’invoquer Hard Boiled, Le Parrain ou Drunken Master 2 (la dramaturgie dans DM2, on pourrait en parler hein…) pour traiter The Raid d’opportuniste, ça n’a aucun sens. C’est pas le même cinéma, c’est pas le même genre, et c’est pas la même ambition. Gareth Evans n’a pas la prétention d’être le nouveau Coppola contrairement à ce qui est dit ici, mais simplement d’offrir un bon film de combat vénère, classe et pas complètement décérébré. Sur ce point, il réussit sur toute la ligne, et franchement, c’est un accomplissement majeur quand on voit la production de films de baston de ces 10 dernières années.

    • Fasola

      Pour ce qui est des comparaisons foireuses aux classiques du genre, allez vous plaindre aux laudateurs fumés dans leur tête du film.

  7. MoiMoIMOIETMOI

    Je trouve que cette critique n’est pas très gentille. Elle critique un flm que j’aime bien et je trouve que le scénario, il est super et que les bastons font parties des meilleurs depuis dix ans.

    Soyez pas des rats et écrivez une critique gentille qui irait dans mon sens pour que je ne sois plus énervé parce que vous m’avez pas mis dans un bon étant et que même si vous êtes bénévoles, c’est pas une raison pour pas me satisfaire.

    Merci.

  8. tangoche

    A ceux qui sont pas content de la critique et qui se permettent de s’en prendre à la légitimité de la personne qui l’as écrite, je vous conseille de taper « The RAID 2 » sur Google et vous trouverez moult articles élogieux faisant de ce film un summum du film d’action.

    (voilà, voilà ^^)

  9. tangoche

    (vivement le jour ou chaque lecteur s’arrêtera de croire qu’une critique est écrite pour lui même, c’est juste usant et ça ne rends pas service au film)

  10. wakoprod

    Je pense qu’Arnaud Bordas fait un mauvais procès au film de Gareth Evans. Il ne faudrait pas confondre ambition et prétention. Ça ne veux pas forcément dire que le film est bon (enfin moi perso, je l’ai trouvé jouissif, hype ou pas hype). Le type écrit son scénario lui-même, à son petit niveau. C’est parfois maladroit, un peu naïf, un mix action-mafieux certes pas franchement harmonieux, The Raid 2 a au moins le mérite d’une mise en scène dynamique et d’une générosité rare dans la fight. Evans a juste eu « l’affront » de tenter d’essayer siouplaitpardonseigneurdieutoutpuissant de raconter une histoire.

    Ne faisons pas l’erreur de faire payer une œuvre pour sa promo.

  11. burotch

    Ou juste ne faites pas preuve de mauvaise foi totale ? Un film pareil aurait été pondu en France on aurait eu droit à un orgasme collectif monstrueux en ces lieux. Mais là c’est indonésien et ça bénéficie d’un soutient du public sur le net (forcément, un coup des « djeun’s  » décérébrés accrocs à tweeter. Salauds de jeunes qui pourrissent le cinéma !).
    Avec tout le respect que j’ai pour Monsieur Bordas, je ne suis pas d’accord avec sa critique, et je ne vois pas en quoi c’est mal de lui dire.

  12. David

    Ne comprenez vous pas que Bordas, Dahan et compagnie sont devenue les vieux critiques hermétique qu’ils denonçaient (et dénoncent encore).
    C’est ce qui arrive à tout les cinéphiles, au bout d’un moment, ils ont l’impression d’avoir tout vu en mieux.

  13. Un article bien plus nuancé et juste sur Rockyrama…

    http://www.rockyrama.com/the-raid-2-annihilation/

  14. Sheamus

    Je suis bien d’accord sur le fait qu’une critique est purement personnelle. Mais au-delà du désaccord de base -j’ai adoré le film- , je pense que la critique est critiquable ^^ sur des défauts que j’oserai dire « objectifs » :

    Sur le fond : on nous annonce « Filmé, photographié et monté avec les pieds ». Bon, après ma phase d’étouffement devant ces mots (car je trouve que la réalisation est très bonne), je continue à lire la chronique, persuadé de lire les reproches détaillés du rédacteur.
    Mais cela ne viendra pas. Tout au plus, on saura que les bastons sont « violentes » (?) et « répétitives » (second étouffement, j’arrête de bouffer :). Mais là encore, sans en rajouter, sans y revenir par la suite. La réalisation et les combats passent donc à la trappe de la critique d’un film d’art martiaux…

    Et c’est la que vient, je trouve, le défaut sur la forme : au lieu de précisions sur le contenu et l’aspect du film, il doit y avoir 20% de la critique consacré aux méthodes promotionnelles (perso, vu les difficultés d’audience du genre, je ne vais pas chier là dessus…) dont au pire des cas, on se contrefout ici.

    A titre perso, je n’ai pas trouvé Berandal répétitif et encore moins prétentieux, mais plutôt généreux et ambitieux, transpirant l’amour pour le(s) genre(s). Mais là, on revient dans l’affect personnel 😉

  15. MOI MOI MOI ET MOI

    Site de vieux cons qui ne vont pas dans mon sens

    . Vous n’avez pas honte de travailler bénévolement pour ne même pas vous justifier le pourquoi vous défoncez un film que moi, j’aime ?

    (marrant ces gens qui ne se réveillent que pour leurs films chouchous: comme l’impression que l’affect prends le pas sur la raison et le débat).

    • moi

      Tes accusations sont ridicules. Je n’ai pas remis en cause Bordas ou le reste de l’équipe de capture mag, j’ai réagi à un article, ça s’arrête là. A quoi servent les commentaires si on peut pas dire pourquoi quand on n’est pas d’accord?

  16. s@nzissu

    Moi moi moi moi moi, on peut se tutoyer?
    Très bien : t’es lourd.
    Ta façon de passer la brosse à reluire à l’équipe de Capturemag (quel rapport avec leur bénévolat, sans déc’???) est pour le moins irritante…

    Ce qui est, entre autre, reproché à A. Bordas et que je partage est son cynisme (la comparaison avec Plus belle la vie) mais également l’aspect « vieux con » (et oui) induit par son côté je-vous-parle-d’un-temps-où-l’on-découvrait-Hard-Boiled-dans-une-salle-française-au-début-de-l’été-1993-ha!-on-n’avait-pas-internet-à-l’époque-ma-bonne-dame-maintenant-les-djeuns-qui-aiment-ce-film-ne-sont-que-des-twittos-décérébrés-et-inculturés.

    Perso, je n’ai pas encore vu ce film donc n’émettrai pas la moindre objection sur cette critique.
    (en revanche, je me souviens également de celle de Yannick Dahan sur le 1er volet… pour l’avoir revu récemment : dire que les chorégraphies de combat sont pourries, ben faut l’faire!)

    Cet article constitue de plus un gros tacle, d’après moi bien mérité, aux campagnes marketing agressives et autres dithyrambes idiotes s’invitant parfois même jusque sur les affiches des films (remember le triste « Meilleur Batman de tous les temps » ornant l’affiche de DKRises. Misère…).
    En prenant EN PLUS de ses qualités/défauts intrinsèques cet aspect en considération, A. Bordas n’y va pas avec le dos de la cuillère et défonce littéralement ce film, qui est la sensation action/baston du moment (bien plus que les papys d’Expendables 3, apparemment).

    C’est beau, c’est louable l’intégrité critique. Mais on récolte ce que l’on sème : il ne faut pas s’étonner de recevoir plein de commentaires tout aussi virulents en retour.

  17. J’en ai vu une pétée de film d’action, j’ai à peu près le même âge que ceux qui écrivent dans Capture, donc biberonnés aux mêmes classiques, et les bastons que j’ai vus dans The Raid 2 sont dans le top 3 de ce que j’ai vu (celle de la prison putain !). Le dernier film que j’ai vu avec des baston qui décalquaient vraiment c’était Flash Point avec Wilson Yip.
    Ici chaque scène de baston du film colle le spectateur au mur (sauf celle dans la boîte de nuit qui est toute molle) et n’est-ce pas avant tout ce que l’on demande à un film de tatane ? Ok pour les piètres qualité d’acteur de certains et le scénario maladroit, mais pour le reste, c’est de très bon niveau : jolie photo, combats lisibles, une excellente poursuite en voiture bien filmée, des méchants bien badass…
    Edwards est en train de monter quasi à lui tout seul une industrie cinématographique en Indonésie (il n’y avait littéralement aucune infrastructure avant), un peu d’indulgence que diable !

  18. Hiroshiman

    Une chose est sure pour moi, cette critique et les réactions outrées pour la plupart qu’elle a déclenché m’ont vraiment donné envie de regarder ce diptyque pour m’en faire mon propre avis.
    Après même si elle est particulièrement virulente j’ai peine à croire qu’un journaliste de Capture Mage et en particulier Arnaud Bordas fassent payer à un réalisateur une promo mensongére si son film était vraiment réussi et son attitude sincère et honnête. Il doit il y avoir un fond de vérité dans cette crtique (si ce n’est plus), après ne pas oublier que les critiques de Capture mag sont la plupart du temps à contre courant des consensus (Cf les critiques de Man of Steel, du dernier Ridley Scott et de Godzilla) et surtout que les différents intervenants du site ont réussi à créer une ligne éditoriale cohérente. Il ne faut pas s’attendre à toujours être brossé dans le sens du poil.

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