AU FEU LES POMPIERS

Après trois opus plus où moins réussis sur PS3 et un premier spin-off sur PSP, c’est au tour de la PS Vita d’accueillir la licence RESISTANCE avec ce BURNING SKIES qui se présente comme un nouveau gros jeu potentiel pour la portable de Sony.

Ayant annoncé après RESISTANCE 3 qu’il en avait fini avec la série, le studio Insomniac reste fidèle à sa parole et c’est donc Nihilistic qui se retrouve en charge de ce deuxième spin-off après l’opus RETRIBUTION de la PSP. Et la tâche qui leur incombe n’est pas aisée, puisque BURNING SKIES se devait rien moins que prouver à lui seul la viabilité du genre FPS sur une console portable, malgré toutes les autres tentatives peu convaincantes dans le domaine. Évidemment, on peut penser que la tâche était aisée pour les développeurs, la simple présence des deux sticks analogiques garantissant à elle seule la possibilité de reproduire fidèlement l’expérience d’un FPS console, mais il faut reconnaître néanmoins que les développeurs s’acquittent plutôt bien de leur tâche, la prise en main de BURNING SKIES s’avérant tout à fait agréable et les sensations bien présentes. En termes de gameplay, ce spin-off n’a donc pas à rougir de la comparaison avec ses équivalents sur machines de salon, d’autant plus que les éléments marquants habituels de la série (notamment son arsenal inventif) se voient reproduit ici très fidèlement, et que Nihilistic ne sacrifie pas le sens du spectacle inhérent au genre, multipliant les « set-pieces » et les combats contre des boss gigantesques. On ne trouvera certes rien de bien neuf dans le lot, surtout pour qui s’est déjà essayé à un RESISTANCE auparavant, mais au moins l’expérience ne souffre pas de son passage à un autre format. Qui plus est, les fonctionnalités propres à la console bénéficient ici d’une implémentation solide, qui ne se fait jamais au détriment du gameplay et renforçant par là même la démonstration des capacités de la Vita à se faire hôte de ce genre de titres.

Malheureusement, cet aspect « historique » sera bien la seule chose qu’on pourra retenir de BURNING SKIES puisque pour le reste, le titre s’avère dans la droite lignée qualitative à laquelle la franchise nous avait habitué jusque-là. RESISTANCE 3 avait été une heureuse surprise, mais ses leçons n’auront visiblement pas été appliquées puisque ce spin-off se contente de dérouler le parfait petit manuel du FPS lambda fait de fusillades répétitives et de situations monotones. Le plus rageant dans l’histoire étant surtout que les développeurs semblent en permanence vouloir saborder leurs quelques bonnes idées. Ainsi, s’il y avait un certain potentiel dans le fait de faire incarner au joueur un pompier, plutôt que les soldats des précédents épisodes, cela ne se traduit en rien dans les faits, que ce soit dans la narration comme dans le gameplay (hormis l’adjonction d’une hache comme arme secondaire) et Tom Riley reste une non-entité tout au long du jeu. Les scénaristes tentent bien, très timidement, de lui fournir un parcours que l’on pourrait rapprocher de celui du Joe Cappelli de RESISTANCE 3, en ce que sa motivation principale à se battre est sa famille, mais les personnages de sa femme et de sa fille n’étant jamais réellement posés, le tout tombe à plat, surtout lorsque cela culmine dans une tentative de moment émotionnel transparente (et pompée lourdement sur GEARS OF WAR 2, déjà pas un sommet de subtilité). Quant aux quelques fans de la série qui espéreraient en apprendre un peu plus sur l’invasion des Chimères, ils en seront pour leur frais, l’intrigue ne s’inscrivant jamais dans un contexte plus global et laissant au final l’impression d’une simple note de bas de page, en dépit des efforts des vidéos de propagande qui servent d’introduction à chaque niveau pour nous faire croire le contraire.

RESISTANCE BURNING SKIES n’a donc à faire valoir que le fait d’être le premier vrai FPS sur une portable. Etant donné qu’il y a fort à parier que de futures tentatives dans le genre se révèlent bien plus réussies à tous les niveaux, probable que cet aspect « curiosité historique » ne suffise malgré tout pas à faire rester dans les mémoires un jeu emblématique de la franchise dans laquelle il s’inscrit : premier à occuper le terrain, mais trop peu abouti pour vraiment convaincre.

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