À LA FRAÎCHE

Après une sortie en salles totalement sabordée (sur quatre salles dans toute la France) et une exclusivité FNAC temporaire pour sa diffusion en DVD et Blu-Ray, FPE distribue enfin DOM HEMINGWAY dans toute la France. Une bonne occasion de revenir sur ce sympathique petit film, porté par un chouette personnage de connard attachant.

Dom Hemingway (Jude Law) a fermé sa gueule pendant 12 ans. Maintenant qu’il sort de prison, il veut récupérer sa part du butin. Il s’agit évidemment d’une somme rondelette, mais Dom aimerait également avoir quelques intérêts supplémentaires. Et ça tombe bien, puisqu’il a flashé sur Paolina, la plantureuse épouse de M. Fontaine (Damien Bechir), un baron de la pègre qu’il vaut mieux ne pas faire chier. Dommage, car Dom est bien décidé à ne plus garder sa langue dans sa poche.

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Intrigué par les failles de ses personnages principaux (voir l’addiction sexuelle de Maura Tierney dans OXYGEN) comme par leur exubérance (Pierce Brosnan dans MATADOR), Richard Shepard est le cinéaste idéal pour les stars qui veulent casser leur image publique. Mais même si DOM HEMINGWAY est principalement axé sur son protagoniste en titre, il serait dommage de s’arrêter uniquement sur la performance de Jude Law, même si celui-ci est plutôt touchant dans le registre du casse-couilles irrécupérable et violent. En effet, plus que le jeu convaincant de l’ancienne idole des magazines féminins qui n’en est pas à sa première tentative de contre-emploi (voir le pitoyable REPO MEN), c’est l’attitude réfractaire du personnage qui dicte les moments phares relativement surprenants de l’intrigue, au point de faire dévier cette comédie de mœurs assez noire vers une étude de caractère plutôt convaincante. Certes, on aurait préféré que le film ne vire pas forcément à la chronique rédemptrice dans son dernier tiers, mais Dom Hemingway s’avère régulièrement plus nuancé qu’il n’y paraît au premier abord et finit même par révéler une forme d’intelligence instinctive qu’il parvient à imprimer au projet, sans jamais trahir ses origines de petit gangster nerveux à l’accent cockney prononcé, ce cliché popularisé par des films comme ARNAQUES, CRIMES ET BOTANIQUE et SNATCH. Et ça, on ne peut pas en dire autant des personnages complètement demeurés des films de Guy Ritchie !

TITRE ORIGINAL Dom Hemingway
RÉALISATION Richard Shepard
SCÉNARIO Richard Shepard
CHEF OPÉRATEUR Giles Nuttgens
MUSIQUE Rolfe Kent
PRODUCTION Jeremy Thomas
AVEC Jude Law, Richard E. Grant, Demian Bechir, Emilia Clarke, Kerry Condon…
DURÉE 93 mn
ÉDITEUR FPE
DATE DE SORTIE 04 juin 2014 (en salles) 02 janvier 2015 (en DVD et Blu-Ray)

5 Commentaires

  1. ElG

    Repo Men mon cher ! Repo Man étant le film d’Alex Cox avec Emilio Estevez … ça arrive, c’est pas bien grave !
    Dans le registre du connard mais écossais ce coup-ci, il y avait aussi Filth (Ordure) qui était plutôt sympa. Pas très bien réalisé et pas si « extrême » que prévu mais relativement sympa.

    • Stéphane MOÏSSAKIS

      Merci EIG, tu as raison et c’est corrigé !

  2. guiyomus

    Il y a eu un remake de Repo Man avec Jude Law!

  3. guiyomus

    Ah c’était sur l’orthographe la remarque flute! mais ca en est bien le remake non, je suis pas fou? XD

    • Stéphane MOÏSSAKIS

      Non Guiyomus, Repo Men n’est pas un remake du film d’Alex Cox.

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